”si notre armée n’était pas dans la place, Abu Mazen n’y ....”
que ce soit clair : ”si notre armée n’était pas dans la place, Abu Mazen n’y serait plus.”
avr 07 2009 Par Mati Ben-Avraham
ISRAËL-PROCHE-ORIENT ELI AVIDAR :
” Il y a dans le monde arabe, des hommes, des femmes, mais aussi des dirigeants et des médias à l’écoute de ce que nous pensons.”
Eli Avidar est originaire d’Egypte. IL est imprégné de culture arabe. Il fut conseiller politique d’Ariel Sharon, ainsi que diplomate de haut rang. Il est présentement Directeur-général de l’Institut du diamant à Tel-Aviv.
Mati Ben-Avraham : En tant qu’ancien conseiller politique d’Ariel Sharon, comment voyez-vous les choses, aujourd’hui au Proche-Orient, après la mise en place du nouveau gouvernement israélien ?
Eli Avidar : D’une manière générale, je dirais que chaque élection israélienne entraîne une réévaluation de la situation par les dirigeants arabes. Il leur faut se familiariser avec les personnalités nouvelles, étudier ou réétudier les profils de ceux qui comptent…Ce ne pas facile pour eux. Cela nécessite du temps. C’est là un décalage inévitable entre un régime démocratique comme le nôtre et les pseudo-démocraties qui nous environnent.
MBA : C’est d’autant plus nécessaire quand le nouveau chef de la diplomatie israélienne emploie un langage qui n’a rien de diplomatique…!
Eli Avidar : Avigdor Lieberman, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est une forte personnalité. Il vient avec son style à lui qui, il est vrai, n’a rien de feutré. Il dit ce qu’il pense. Et apparemment, il n’agit pas de la manière généralement en usage dans le monde. Il faut comprendre : il ne vient pas se plier aux coutumes, il vient pour impulser une nouvelle dynamique, réorienter la politique et il le fait à sa manière. Il sera jugé, en fin de compte, sur les résultats qu’il obtiendra, sur ses succès diplomatiques ou ses échecs, et non sur son style.
MBA : L’initiative de paix saoudienne, adoptée par la Ligue arabe, revient sur le tapis. Peut-on la considérer comme effective?
Eli Avidar : Il faut la voir comme une déclaration d’intention : les pays arabes envisagent une paix globale contre le retrait des Israéliens de tous les territoires conquis en juin 1967. Cette initiative, cependant, ne s’appuie et n’apporte rien de concret quant au fond. Ce serait une toute autre affaire si elle spécifiait que toutes les factions palestiniennes reconnaissaient l’Etat d’Israël, mettaient fin au terrorisme. Ce qui n’est pas le cas. Nous savons bien que différents mouvements palestiniens ne veulent pas entendre parler de reconnaissance d’Israël, de paix avec lui, refusent d’entériner les différents accords conclus à ce jour, prônent la lutte armée à outrance. C’est pour cela que, personnellement, j’estime que cette initiative n’est pas pertinente.
MBA : Du côté palestinien, des voix, dans le camp pragmatique, accusent les dirigeants israéliens de ne pas jouer le jeu. Beaucoup d’engagements au plan verbal mais non suivis de concrétisation. Ce qui joue, disent-ils, en faveur du Hamas.
Eli Avidar : Je ne partage pas ce point de vue. Les deux derniers gouvernements israéliens ont démontré leur volonté de progresser vers la paix. Le gouvernement Sharon a opéré le retrait de la bande de Gaza. Le gouvernement Olmert a adopté les principes dégagés à Annapolis. Son intention était de parvenir à un accord global. Constat : il n’y a pas eu, côté palestinien, une direction politique capable de prendre ses responsabilités. La classe dirigeante palestinienne a témoigné, et témoigne encore de faiblesse. Il est possible de nous accuser de tous les maux d’aujourd’hui à demain, il n’en reste pas moins que nous avons quitté Gaza, mais que au lieu et place de l’Autorité palestinienne, c’est le Hamas qui a pris le contrôle de cette région. L’Autorité palestinienne a démontré, à cette occasion, qu’elle était incapable d’imposer sa loi. En résumé, deux gouvernements israéliens étaient disposés à aller de l’avant. Ils l’ont prouvé par des actes. En face, rien n’est venu concrétiser l’intention palestinienne de parvenir à un accord équitable. Il ne faut pas s’y tromper : si le terrorisme ne sévit plus comme par le passé, ce n’est pas en raison d’une lutte menée par l’Autorité palestinienne, mais de la vigilance de notre armée dans les territoires. Et que ce soit clair : si notre armée n’était pas dans la place, Abu Mazen n’y serait plus. Le scénario de la prise de pouvoir par le Hamas dans la bande de Gaza se serait reproduit à l’identique. Maintenant, il est vrai que le nouveau gouvernement est davantage, disons patriotique, s’ancre à droite. Mais ce n’est pas aux Palestiniens de se plaindre. L’occasion leur a été donnée par deux gouvernements successifs. Ils ne l’ont pas saisie. [.......]
MBA : Quels ont été les moments forts, pour vous, sur les plateaux de télévisions arabes ou s’exprimant en arabe? Eli Avidar : L’un des moments les plus chargés d’émotion a été, pour moi, lors d’une émission sur la chaîne française 24, diffusant en arabe. Mon interlocuteur était syrien et, à un moment donné, il a dit que l’honneur arabe commandait aux Palestiniens de la bande de Gaza de refuser tout cessez-le-feu. Un propos qui m’a tout à la fois interpellé et énervé. J’ai répliqué vertement, lui signifiant que je savais parfaitement ce que “honneur arabe” veut dire, et que cela n’avait rien à voir avec le fait d’envoyer des pauvres Palestiniens à la mort, en étant bien à l’aise dans un bureau à Damas. Je lui ai encore dit qu’il était trop facile de parler tout le temps de guerre au nom de l’honneur arabe, que celui-ci avait d’autres domaines où se manifester, et non pas sur le dos des Palestiniens. C’est là, d’ailleurs, un point sur lequel je suis revenu sans cesse au cours de mes interventions sur ces chaînes, à savoir que les Palestiniens de Gaza ou de Judée-Samarie ne sont pas nos ennemis. Ce n’est pas contre eux que nous nous battons. Notre combat est dirigé contre les dirigeants extrémistes, le Hamas, le jihad et autres mouvements terroristes qui refusent tout dialogue, qui ne nous reconnaissent pas, dont l’ambition est de nous faire disparaître et de percevoir argent, armement, entraînements de l’Iran. Notre ennemi, je répète à l’envie, est l’Iran et ses acolytes, et non pas les habitants palestiniens.[.........]
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avr 07 2009 Par Mati Ben-Avraham
ISRAËL-PROCHE-ORIENT ELI AVIDAR :
” Il y a dans le monde arabe, des hommes, des femmes, mais aussi des dirigeants et des médias à l’écoute de ce que nous pensons.”
Eli Avidar est originaire d’Egypte. IL est imprégné de culture arabe. Il fut conseiller politique d’Ariel Sharon, ainsi que diplomate de haut rang. Il est présentement Directeur-général de l’Institut du diamant à Tel-Aviv.
Mati Ben-Avraham : En tant qu’ancien conseiller politique d’Ariel Sharon, comment voyez-vous les choses, aujourd’hui au Proche-Orient, après la mise en place du nouveau gouvernement israélien ?
Eli Avidar : D’une manière générale, je dirais que chaque élection israélienne entraîne une réévaluation de la situation par les dirigeants arabes. Il leur faut se familiariser avec les personnalités nouvelles, étudier ou réétudier les profils de ceux qui comptent…Ce ne pas facile pour eux. Cela nécessite du temps. C’est là un décalage inévitable entre un régime démocratique comme le nôtre et les pseudo-démocraties qui nous environnent.
MBA : C’est d’autant plus nécessaire quand le nouveau chef de la diplomatie israélienne emploie un langage qui n’a rien de diplomatique…!
Eli Avidar : Avigdor Lieberman, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est une forte personnalité. Il vient avec son style à lui qui, il est vrai, n’a rien de feutré. Il dit ce qu’il pense. Et apparemment, il n’agit pas de la manière généralement en usage dans le monde. Il faut comprendre : il ne vient pas se plier aux coutumes, il vient pour impulser une nouvelle dynamique, réorienter la politique et il le fait à sa manière. Il sera jugé, en fin de compte, sur les résultats qu’il obtiendra, sur ses succès diplomatiques ou ses échecs, et non sur son style.
MBA : L’initiative de paix saoudienne, adoptée par la Ligue arabe, revient sur le tapis. Peut-on la considérer comme effective?
Eli Avidar : Il faut la voir comme une déclaration d’intention : les pays arabes envisagent une paix globale contre le retrait des Israéliens de tous les territoires conquis en juin 1967. Cette initiative, cependant, ne s’appuie et n’apporte rien de concret quant au fond. Ce serait une toute autre affaire si elle spécifiait que toutes les factions palestiniennes reconnaissaient l’Etat d’Israël, mettaient fin au terrorisme. Ce qui n’est pas le cas. Nous savons bien que différents mouvements palestiniens ne veulent pas entendre parler de reconnaissance d’Israël, de paix avec lui, refusent d’entériner les différents accords conclus à ce jour, prônent la lutte armée à outrance. C’est pour cela que, personnellement, j’estime que cette initiative n’est pas pertinente.
MBA : Du côté palestinien, des voix, dans le camp pragmatique, accusent les dirigeants israéliens de ne pas jouer le jeu. Beaucoup d’engagements au plan verbal mais non suivis de concrétisation. Ce qui joue, disent-ils, en faveur du Hamas.
Eli Avidar : Je ne partage pas ce point de vue. Les deux derniers gouvernements israéliens ont démontré leur volonté de progresser vers la paix. Le gouvernement Sharon a opéré le retrait de la bande de Gaza. Le gouvernement Olmert a adopté les principes dégagés à Annapolis. Son intention était de parvenir à un accord global. Constat : il n’y a pas eu, côté palestinien, une direction politique capable de prendre ses responsabilités. La classe dirigeante palestinienne a témoigné, et témoigne encore de faiblesse. Il est possible de nous accuser de tous les maux d’aujourd’hui à demain, il n’en reste pas moins que nous avons quitté Gaza, mais que au lieu et place de l’Autorité palestinienne, c’est le Hamas qui a pris le contrôle de cette région. L’Autorité palestinienne a démontré, à cette occasion, qu’elle était incapable d’imposer sa loi. En résumé, deux gouvernements israéliens étaient disposés à aller de l’avant. Ils l’ont prouvé par des actes. En face, rien n’est venu concrétiser l’intention palestinienne de parvenir à un accord équitable. Il ne faut pas s’y tromper : si le terrorisme ne sévit plus comme par le passé, ce n’est pas en raison d’une lutte menée par l’Autorité palestinienne, mais de la vigilance de notre armée dans les territoires. Et que ce soit clair : si notre armée n’était pas dans la place, Abu Mazen n’y serait plus. Le scénario de la prise de pouvoir par le Hamas dans la bande de Gaza se serait reproduit à l’identique. Maintenant, il est vrai que le nouveau gouvernement est davantage, disons patriotique, s’ancre à droite. Mais ce n’est pas aux Palestiniens de se plaindre. L’occasion leur a été donnée par deux gouvernements successifs. Ils ne l’ont pas saisie. [.......]
MBA : Quels ont été les moments forts, pour vous, sur les plateaux de télévisions arabes ou s’exprimant en arabe? Eli Avidar : L’un des moments les plus chargés d’émotion a été, pour moi, lors d’une émission sur la chaîne française 24, diffusant en arabe. Mon interlocuteur était syrien et, à un moment donné, il a dit que l’honneur arabe commandait aux Palestiniens de la bande de Gaza de refuser tout cessez-le-feu. Un propos qui m’a tout à la fois interpellé et énervé. J’ai répliqué vertement, lui signifiant que je savais parfaitement ce que “honneur arabe” veut dire, et que cela n’avait rien à voir avec le fait d’envoyer des pauvres Palestiniens à la mort, en étant bien à l’aise dans un bureau à Damas. Je lui ai encore dit qu’il était trop facile de parler tout le temps de guerre au nom de l’honneur arabe, que celui-ci avait d’autres domaines où se manifester, et non pas sur le dos des Palestiniens. C’est là, d’ailleurs, un point sur lequel je suis revenu sans cesse au cours de mes interventions sur ces chaînes, à savoir que les Palestiniens de Gaza ou de Judée-Samarie ne sont pas nos ennemis. Ce n’est pas contre eux que nous nous battons. Notre combat est dirigé contre les dirigeants extrémistes, le Hamas, le jihad et autres mouvements terroristes qui refusent tout dialogue, qui ne nous reconnaissent pas, dont l’ambition est de nous faire disparaître et de percevoir argent, armement, entraînements de l’Iran. Notre ennemi, je répète à l’envie, est l’Iran et ses acolytes, et non pas les habitants palestiniens.[.........]
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