L'ancien chef des Forces de sécurité préventive du Fatah, Mohammed Dahlan, a exhorté mardi
le Hamasà ne pas reconnaître le droit d'exister d'Israël, en faisant remarquer que le Fatah
lui-même ne l'avait jamais reconnu.
Il s'agit de la première fois depuis le début du processus de paix, il y a 15 ans, qu'un haut
responsable du Fatah affirme ouvertement que sa faction ne reconnait pas Israël.
Dahlan a fait cette déclarationlors d'une interview sur la chaîne officielle de l'Autorité palestinienne.
Dahlan, qui s'était très peu exprimé depuis la prise de pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza
en 2007, a refait surface pendant l'opération "Plomb durci". Depuis, il a fait plusieurs apparitions
publiques, notamment vendredi dernier où il a été vu en train de prier avec le président Mahmoud Abbas.
Ce retour pourrait notamment indiquer son désir de jouer un rôle dans l'administration post-Abbas.
Il a par ailleurs été nommé conseiller spécial du président de l'AP, en particulier en vue des
pourparlers de réconciliation avec le Hamas au Caire.
Durant l'interview télévisée, il a été demandé à Dahlan si le Fatah demandait au Hamas
de reconnaître le droit d'exister d'Israël comme condition à l'établissement d'un gouvernement
palestinien d'"union nationale".
"Ils [le Hamas] ont dit que le Fatah leur avait demandé de reconnaître l'Etat d'Israël et c'est
une grande déception. Je répète que nous n'exigeons pas une telle chose. Nous demandons
plutôt au Hamas de ne pas se soumettre à cette condition", a-t-il répondu.
Il a également précisé que seule l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) avait reconnu
le droit d'exister d'Israël au moment de la signature des accords d'Oslo en 1993. En tant que
"parti de la résistance", le Fatah n'est pas tenu de s'y conformer, a poursuivi Dahlan.
Le Fatah est la plus grande faction de l'OLP, la deuxième étant le Front populaire de libération
de la Palestine.