La pression de Kerry sur les israéliens pour un retour aux «frontières d’Auschwitz»
Par P. David Hornik
http://frontpagemag.com/2013/davidhornik/kerry-lauds-qatars-auschwitz-borders-plan/
3 mai 2013
Adaptation de Mordeh’aï pour le blog malaassot.com
Cette semaine le Secrétaire de d'Etat John Kerry a accueilli avec enthousiasme la proposition de la Ligue arabe, dirigée par le Premier ministre du Qatar le Cheikh Hamad bin Jassem Al-Thani, de relancer les négociations israélo-palestiniennes.
La proposition appelle à un retrait israélien aux frontières de 1967, qui sont caractérisées comme indéfendables par deux grandes études militaires américaines et surnommées les «frontières d'Auschwitz» par l'ancien ministre israélien des Affaires étrangères, Abba Eban. Il a été largement rapporté qu’Al-Thani avait cité la proposition " d’échanges mineurs de terres entre Israéliens et Palestiniens ."
Al-Thani a ainsi pris une position proche de celle prise par le Président Obama lors de son discours du 19 Mai 2011, lorsqu’il a déclaré : " les frontières d’Israël et de la Palestine devraient être basées sur les lignes de 1967 avec des échanges de terres mutuellement consentis….." Ce discours avait suscité une telle protestation et de crainte pour la sécurité d’Israël que trois jours plus tard, le 22 mai, dans un discours à l’AIPAC, Obama a semble-t-il quelque peu amendé ses paroles :
les parties israélienne et palestinienne négocieront une frontière différente de celle qui existait le 4 Juin 1967, convenue par le moyen d’échange mutuel de terres. C’est une formule bien connue de tous ceux qui ont travaillé sur cette question depuis une génération. Cela permet aux deux parties de tenir compte des changements qui ont eu lieu au cours de ces 44 dernières années. Ce moyen permet également d’inclure les nouvelles réalités démographiques et des besoins des deux parties sur le terrain.
Ceci aurait été pris comme signifiant, si un tel accord avait été atteint, qu’Obama soutenait Israël et lui permettait de conserver un territoire quelque peu plus substantiel, y compris de nouveaux blocs d'implantations.
Avec l’approbation de Kerry à cette proposition d’Al-Thani, l’Administration Américaine prend une attitude moins favorable envers Israël que celle initialement prise par Obama le 19 mai 2011 dont l’analyste des affaires du Moyen Orient, Robert Atloff, appelait ‘ un changement majeur de la politique américaine.’
Le Qatar bailleur de fonds des mouvements sunnites radicaux, est un bien étrange « champion de la Paix ». En Octobre dernier l’émir du Qatar s’était rendu à Gaza et promettait une aide financière au Hamas connu pour sa Charte de destruction d’Israël et officiellement désigné comme organisation terroriste par les Etats Unis. Cette semaine le Wall Street Journal a rapporté le soutien actif du Qatar à la prise du pouvoir en Syrie par les Frères Musulmans.
Comme une source israélienne l’a déclaré au journal Haaretz :
Les conseillers du Premier Ministre ne sont pas désireux de commenter l’annonce faite par la Ligue Arabe. Netanyahu et ses conseillers croient qu’il aurait mieux valu que cette annonce n’est jamais été faite…. Le fait que Kerry se tenait aux côtés du Premier Ministre du Qatar lors de la lecture du communiqué augmente les soupçons et les craintes de Netanyahu d’une dérive de Kerry.
Est-ce que cette nouvelle poussée de faire pression sur Israël pour des retraits périlleux vient d’une initiative de Kerry ou d’Obama ?
Selon Shimon Shiffer journaliste israélien expérimenté :
du côté israélien on croit percevoir comme une tension entre la Maison Blanche et le Département d’Etat. En d’autres termes ils croient comprendre qu’Obama n’a montré aucun intérêt pour la reprise des négociations. Le président américain, mes sources me le disent, ne croit pas – par opposition à Kerry – que la résolution du conflit permettra de résoudre tous les problèmes de la région.
Cet article est conforme à la déclaration faite cette semaine par une source diplomatique israélienne de haut rang " Obama comprend aujourd’hui que le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas n’est pas intéressé par la conclusion d’un accord de paix avec Israël."
Mais même si Kerry est le ‘ travailleur indépendant ’, il est un peu grotesque de croire que l’Administration ou qui que ce soit d’autre orchestre une autre campagne de pression sur Israël contre la volonté de ses dirigeants élus, exactement lorsque les menaces s’accumulent sur ses frontières Nord et Sud ou celles de.l’Iran.
La responsabilité suprême, bien sûr, reste celle d’Obama – pour faire sien le discours du 22 mai 2011 devant l’AIPAC pour qu'il ne soit pas que « fumée et miroirs aux alouettes »