Israël a servi de ‘plat principal’ au dîner de l’UE
Par HERB KEINON
Jerusalem Post
http://www.jpost.com/DiplomacyAndPolitics/Article.aspx?id=226157
22/06/2011
Adaptation française de Sentinelle 5771 ©
Préoccupation d’Israël sur les concessions à l’AP : l’UE veut passer par le Quartette pour abandonner la requête à l’ONU ; Jerusalem frustré de l’absence israélienne au dîner de l’UE.
Les envoyés du Quartette doivent se rencontrer à Bruxelles à la fin de la semaine avec une préoccupation croissante à Jerusalem : l’UE espère éviter une proposition d’Etat palestinien à l’ONU en septembre en «donnant quelque chose » de significatif aux Palestiniens, comme l’a dit un officiel israélien de haut rang mercredi.
Selon l’officiel, le problème était que l’UE pousse à l’adoption de la formule du président des USA Barack Obama, soit une reprise des négociations en utilisant les lignes d’avant 1967 avec des échanges de terre mutuellement consentis comme point de départ, mais sans pression sur les Palestiniens pour détailler des arrangements de sécurité pour tout futur accord avec Israël.
Cet officiel a aussi déclaré que les Palestiniens ne seraient pas obligés de reconnaître Israël comme l’Etat-nation du Peuple juif comme point de départ des négociations.
Beaucoup en Europe perçoivent que quelque chose de significatif doit être donné aux Palestiniens pour obtenir qu’ils abandonnent leur tentative d’obtenir de l’Assemblée Générale des Nations Unies la reconnaissance d’un Etat palestinien, a dit cet officiel.
C’est apparemment ce qu’a évoqué le Premier ministre Binyamin Netanyahou, dans des conversations privées avec des dirigeants étrangers, disant que les Palestiniens étaient traités en Europe comme un « enfant spolié ». Netanyahou a répété cette phrase – utilisée d’abord dimanche lors d’une réunion avec le ministre des affaires étrangères bulgare Nikolay Mladenov – et lors d’un entretien mercredi avec le président en visite de la République Dominicaine Leonel Fernandez.
L’argument de Netanyahou, selon un officiel du gouvernement à cette réunion, est que le monde habitue les Palestiniens à croire qu’ils peuvent gagner des concessions sans rien donner en échange.
Les Européens semblent vouloir donner aux Palestiniens ce qu’ils voulaient sur la base des pourparlers, sans même avoir des assurances que cela sera suffisant pour les dissuader de la quête de la reconnaissance à l’ONU, sans parler d’exiger la moindre flexibilité du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas sur la question des réfugiés ou sur Israël en tant qu’Etat juif, dit l’officiel.
La frustration d’Israël avec l’UE, ou au moins avec une partie de l’UE, a été soulignée cette semaine quand le ministre des affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, qui accueillait la réunion mensuelle des ministres des affaires étrangères de l’UE, a tenu un dîner informel samedi soir sur le Moyen-Orient avec la responsable de la politique étrangère de l’UE Catherine Ashton, dîner auquel il invita des représentants de la France, de la Grande Bretagne, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne, de la Belgique, de l’Autriche, de la Suède, du Danemark, du Portugal, de la Grèce, de l’Egypte, de la Jordanie, du Maroc, de l’Irak, des Emirats Arabes Unis, d’Arabie saoudite, du Bahreïn, du Koweït, du Qatar, de Russie, des USA, d’Indonésie, de la Ligue Arabe et de l’AP – mais pas Israël.
Le ministre suédois des affaires étrangères Carl Bildt, dans un texte posté sur un blog décrivant le dîner, fit clairement savoir qu’Israël était en grande partie l’objet de la discussion.
Bildt écrivait qu’il était évident “que de larges fractions du monde arabe ont désormais abandonné tout espoir de progrès » avec le gouvernement israélien actuel.
Il écrivait aussi qu’une réunion du Quartette au niveau ministériel « pour exprimer ce la politique non seulement de l’Europe, mais aussi du président Obama, signifie : indubitablement un important pas en avant ».
Ce qui exaspéra Jerusalem, ça a été qu’au dîner traitant du Moyen-Orient, où comme un officiel l’a dit, « Israël était le plat principal », aucun représentant israélien ne participait.
Dans le même temps, le conseiller pour le Moyen-Orient à la Maison Blanche Dennis Ross déclara à la conférence du président à Jerusalem mercredi : « le plus grand risque dans une ère de changement radical au Moyen-Orient était de croire que c’était le moment de rester tranquillement assis sans rien faire ».
Ross dit qu’alors qu’il comprenait la tendance à rester en « coup d’attente » en évitant de prendre des risques, certaines réalités – comme les courants démographiques qui seront pour Israël le dilemme d’être soit un Etat juif soit démocratique – ne pouvaient pas être négligés ».
Les commentaires de Ross sont apparus comme une aimable critique des voix du gouvernement israélien disant qu’alors que tout est en train de changer au Moyen-Orient, ce n’est pas le moment pour Israël de prendre des risques à longue portée, en ignorant de quoi demain sera fait dans des pays comme la Syrie, l’Egypte et même la Jordanie.
Obama, dans son discours sur le Moyen-Orient au département d’Etat le mois dernier, a fait une déclaration très semblable.
Ross, qui a été au pays pendant une semaine en essayant de trouver une formule pour pouvoir reprendre les pourparlers israélo-palestiniens, a déclaré qu’il y « a plus de pièges sur le chemin de la paix » qu’il ne pouvait en détailler, cela ne signifiait pas que s’attaquer aux défis était impossible.
Ross a souligné dans son discours que, alors qu’Obama a déclaré qu’un accord devrait être fondé sur les lignes d’avant 19657 avec des échanges de terre mutuellement agréés, sa formule devait permettre aux parties de prendre en compte « des changements sur le terrain » en dessinant les frontières définitives.
Ross dit que l’approche d’Obama “trouvait son préambule dans la conviction que si les Palestiniens connaissent le contour territorial général de leur futur Etat et que les Israéliens savent que leurs besoins de sécurité de base peuvent être obtenus, cela apportera le fondement pour la réussite des négociations ».
Selon Ross, Obama comprend que pour qu’Israël prenne des risques pour la paix, il doit se sentir en sécurité et capable de se défendre lui-même, contre toute combinaison de menaces.
Ross, qui souligna qu’il a travaillé pour cinq administrations des USA, dit que « le soutien actuel pour, et la coopération avec Israël sur les questions de sécurité, est tout simplement sans précédent. Et c’est un fait »
Un fait qui na pas été suffisamment remarqué, dit-il.