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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 09:37

Par  CAROLINE B. GLICK 

Jerusalem Post 17/09/2010
http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=188361

Adaptation française de Sentinelle 5770 ©

Netanyahou est l’homme qui nous conduit aujourd’hui sur la pente de la dégradation et de la défaite.

La tourbillon actuel d’activité diplomatique est profondément troublant. Ce n’est pas seulement parce que le gouvernement Obama a contraint le Premier ministre Benyamin Netanyahou à participer à la pièce de théâtre diplomatique avec l’OLP, dont l’achèvement réussi rendra Israël plus faible et moins défendable. Ce n’est pas seulement que le tout nouveau « processus de paix » distrait l’attention de nos dirigeants de l’Iran et de son programme d’armes nucléaires.

  

L’aspect le plus troublant du tout dernier round de ‘kabuki’ diplomatique est que les dirigeants d’Israël et les amis les plus fervents d’Israël aux USA participent avec enthousiasme à ce dangereux projet.

C’est vrai, Netanyahou n’est pas dans une situation enviable, placé comme il l’est entre le roc et la dure position du président des USA Barack Obama. Au lieu de faire face à ce dirigeant américain hostile, Netanyahou cherche désespérément une concession magique pour ne plus avoir Obama sur le dos.

La préférence de Netanyahou pour l’apaisement est à la fois ironique et destructive. Elles est ironique parce qu’il a fait le choix de l’apaisement au moment même où la notion qu’il est possible de satisfaire Obama s’est autodétruite.

Il y dix mois, Netanyahou a trouvé ce qu’il espérait être une concession magique. Capitulant face à Obama, le dirigeant de l’Etat juif a interdit toute construction juive en Judée et Samarie pour une période de 10 mois. Cette décision sans précédent de discrimination contre des Juifs était supposée libérer Netanyahou de la pression d’Obama. Sans  succès.

L’affirmation publique par Obama cette semaine que Netanyahou prolonge l’abrogation des droits de propriété juive démontre qu’il ne sera pas rassasié.

Il n’existe pas de concession magique. Chaque concession à Obama – comme chaque concession israélienne aux Arabes – est considérée comme à la fois permanente et le point de départ de nouvelles concessions.

Ainsi Netanyahou en concède davantage. Non seulement a-t-il  effectivement donné son accord à une extension d’interdiction discriminatoire contre les Juifs. Netanyahou a décidé de concessions encore plus scandaleuses.

Selon les media libanais, Netanyahou a donné son accord pour céder de larges portions des Hauteurs du Golan à la marionnette arabe de l’Iran, le dictateur syrien Bashar Assad. Selon les articles, Netanyahou a donné mandat à l’émissaire d’Obama George Mitchell de présenter son offre à Assad à Damas, et même donné à Mitchell des cartes détaillées de la restitution proposée.

Si Netanyahou pense que cette décision diminuera la pression des USA sur un retrait total de Jérusalem, de Judée et de Samarie, il doit s’attendre à une surprise déplaisante. Mitchell l’a fait clairement savoir lors de sa conférence de presse mercredi, en déclarant : « Les deux pistes peuvent être complémentaires et mutuellement bénéfiques si nous pouvons parvenir à une paix élargie sur plus d’une piste ».

En bon anglais, cela signifie que le gouvernement Obama se sent parfaitement à l’aise en mettant la pression sur Israël pour céder aux Syriens et aux Palestiniens en même temps.

Si on laisse de côté la folie stratégique de pourparlers de restitution avec la Syrie, on ne peut pas affirmer trop fortement  que les pourparlers avec les Palestiniens ne sont pas un bouleversement pour Israël.

Beaucoup d’observateurs ont souligné qu’il est peu probable de parvenir à un accord avec le chef de l’OLP Mahmoud Abbas. Et cela est sûrement vrai. Avec le Hamas à la tête de Gaza et largement soutenu en Judée et Samarie, Abbas ne risquera certainement pas de signer un accord de paix avec Israël qui lui servira probablement d’arrêt de mort. Mais les mêmes observateurs qui déplorent les maigres chances d’un traité ignorent le fait que l’alternative – qu’Abbas signe un traité de paix avec Israël – serait un désastre pour Israël. Tout accord qu’Israël signe avec l’OLP rendra le pays plus faible. Nous savons cela parce que nous avons déjà signé des accords avec l’OLP. Et tous ces accords ont affaibli Israël.

Tous les accords entre Israël et l’OLP ont été fondés sur des restitutions territoriales israéliennes et des promesses de modération palestinienne.

Israël a exécuté ses engagements et cédé de la terre à l’OLP. L’OLP ne s’est jamais plié à son engagement de modérer son comportement. Au contraire, la réponse de l’OLP après chaque accord a été l’escalade politique et de la guerre terroriste contre Israël.

La guerre terroriste palestinienne contre Israël qui a commencé en septembre 2000 était le résultat direct de l’accord  de « paix d’Osto » de septembre 1993 qui a créé le cadre des cessions de terre israélienne à  l’OLP, et le cadre des accords suivants. Les attaques terroristes qui ont tué et blessé des milliers d’Israéliens ne seraient jamais survenues – de fait elles auraient été inconcevables – si Israël ne s’était pas retiré de Gaza, de Judée de Samarie à la suite des accords de paix signés avec l’OLP. L’historique des 17 dernières années démontre que les retraits sont dangereux. Pourtant, « l’accord de paix » aujourd’hui sur la sellette est fondé sur des retraits.

Obama et ses conseillers prétendent que ces pourparlers vont améliorer les relations d’Israël plus largement avec le monde arabe. Mais de nouveau, les 17 dernières années démontrent la stupidité et la fausseté de cette prétention. Les cessions de terre israélienne en échange de morceaux de papier n’ont pas convaincu les Etats membres de la Ligue Arabe d’accepter Israël comme Etat permanent du Moyen Orient. Elles ont convaincu les voisins arabes d’Israël de sa faiblesse et de son affaiblissement. Au-delà, cela a montré au monde arabe en général que leur meilleur atout est de joindre leurs forces avec les émules du Hamas et de financer et de soutenir par ailleurs activement la guerre contre l’Etat juif.

S’engager dans le « processus de paix » mensonger n’est pas seulement mauvais parce qu’il y a peu de perspective de parvenir à un accord ou parce que tout accord potentiel serait un désastre pour Israël. Il existe trois raisons supplémentaires qui rendent dramatique pour Israël la décision du gouvernement de s’engager dans ce psychodrame diplomatique. 

D’abord, entrer en pourparlers est un grand mal. Parler à Abbas et à ses adjoints confère une légitimité à une direction palestinienne qui est totalement vouée à la destruction d’Israël. Comme Abbas et ses porte-voix le démontrent quotidiennement, ils n’acceptent pas le droit d’Israël à l’existence. Ils ne condamnent ni ne s’opposent au meurtre d’Israéliens par des Palestiniens. Ils n’accepteront pas d’accord si Israël dispoe d’un contrôle suffisant pour se défendre lui-même contre des attaques palestiniennes ou d’autres Arabes dans l’avenir.

Et ils ne cesseront jamais ni ne désarmeront leur guerre diplomatique contre Israël. L’acte même de légitimer les émules d’Abbas étend leur capacité de mener une guerre diplomatique contre Israël.

Ensuite, exactement comme les concessions magiques de Netanyahou aux Américains ne sont qu’un point de départ pour de nouvelles concessions magiques, de même la volonté d’Israël de s’engager dans des pourparlers avec ses adversaires palestiniens oblige nos dirigeants à concéder encre davantage de points importants pour les maintenir. Par exemple, aujourd’hui, face à une offensive terroriste du Hamas parfaitement claire, qui a déjà coûté la vie de quatre Israéliens et en a obligé des dizaines de milliers à courir dans les abris anti-bombes, Israël est contraint de rester coi. Une campagne efficace contre des jihadistes palestiniens affaiblirait l’OLP parce que la plupart des Palestiniens soutiennent le jihad contre Israël. Dans l’intérêt de la « paix », le Hamas est autorisé à attaquer à volonté.

Ainsi, uniquement en acceptant de parler avec les Palestiniens, le gouvernement a rendu simplement impossible d’assurer sa fonction primaire – défendre le pays et ses citoyens contre une agression.

La troisième raison pour laquelle les pourparlers sont intrinsèquement contraires aux intérêts d’Israël, c’est parce qu’ils sapent la démocratie israélienne. Des enquêtes depuis des années, constantes, montrent que le public rejette massivement davantage de retraits. Le public rejette tout compromis sur Jérusalem. Le public rejette le maintien de l’interdiction de la construction juive. Le public rejette l’expulsion de Juifs de leurs foyers. Et le public rejette le retrait des Hauteurs du Golan.

En reconnaissant cela, le gouvernement Obama a insisté pour que le contenu des pourparlers actuels demeure caché au public. Pour Obama et la secrétaire d’Etat Hillary Clinton et Mitchell, ils sont meilleurs juges des perspectives et de la sagesse de ces pourparlers que le public israélien qui devra vivre avec ses conséquences. En donnant son accord à ces exigences, Netanyahou collabore à un projet qui est intrinsèquement anti-démocratique et nuisible au bon ordre politique d’Israël.

Il existe un autre aspect contrariant de cette saison diplomatique. Cet aspect implique le rôle délétère des négociations sur la formation de la position et des options d’Israël aux USA.

Quand Netanyahou a annoncé qu’il cédait à la pression de la Maison Blanche en empêchant la construction juive en Judée et en Samarie en novembre dernier, ses défenseurs arguaient que c’était nécessaire selon la force politique relative d’Obama à l’époque.

Mais beaucoup de choses ont changé depuis dix mois.

Aujourd’hui, Obama est profondément impopulaire. Il est probable que les Démocrates perdent le contrôle de la Chambre des Représentants, et au minimum, leur emprise sur le Sénat sera diminuée.

Aujourd’hui, Israël n’a rien à gagner et beaucoup à perdre en s’inclinant et en s’agenouillant devant Obama.

C’est vrai, il est peu probable que les positions d’Obama sur les questions liées à Israël changent après le 2 novembre. Mais la capacité d’Obama d’exécuter sa stratégie politique sera sérieusement entamée. En effet, la résurgence prévisible des Républicains l’a déjà handicapé.

En poursuivant le jeu d’imposture d’Obama de pourparlers de paix, Netanyahou a rendu difficile pour les partisans d’Israël aux USA d’expliquer pourquoi ces pourparlers sont dangereux et pour offrir une alternative politique fondée sur l’expérience et sur la réalité. Pire encore, Netanyahou a encouragé les amis d’Israël à soutenir ce que fait Obama.

Cela a été démontré très clairement dans un articlé rédigé la semaine dernière par l’éditorialiste diffusé dans nombre de journaux, Charles Krauthammer, intitulé : « Votre décision, M. Abbas ».

Krauthammer est largement perçu au sein du public américain comme un ferme partisan d’Israël. Ses nombreux lecteurs – qui dans l’ensemble ne sont pas des observateurs attentifs des évènements du Moyen Orient – se rendent à son jugement. Hélas, son dernier éditorial monte que sa confiance est mal placée. Krauthammer écrit : « Aucun acteur politique sérieux ne croit qu’Israël puisse s’accrocher pour toujours à la Rive Occidentale ».

Non seulement beaucoup d’acteurs sérieux croient vraiment qu’Israël le peut – et en effet  devrait – se maintenir pour toujours en Judée et en Samarie, mais les observateurs les plus proches des évènements du Moyen Orient reconnaissent que la leçon centrale des 17 années écoulées est qu’Israël doit s’accrocher à la Judée et à la Samarie. Les cessions territoriales partielles qu’Israël a menées dans les années 1990 ont conduit au meurtre de plus d’un millier d’Israéliens. Céder totalement ces zones mettrait en péril le pays. Même Clinton a reconnu cette semaine que la situation actuelle peut continuer pendant 30 ans. Et comme tous les proches observateurs et les acteurs sérieux du Moyen Orient le savent, 30 ans sont équivalent de ‘pour toujours’.

Avec l’immense influence de Krauthammer sur la formation de l’opinion publique et la stratégie politique aux USA, son tableau présomptueux et faux de la réalité est débilitant. 

Cela est particulièrement vrai dans la période électorale présente, où les Américains s’interrogent sérieusement sur la sagesse prêtée leur élite politique pour la première fois en une génération. Maintenant, non seulement les partisans d’Israël doivent battre le gouvernement pour que les USA adoptent une politique rationnelle à l’égard des Palestiniens et d’Israël. Il devront battre leurs alliés supposés sur la Droite.

Mais bien que dévastatrice, la position de Krauthammer est une question marginale en fin de compte. Krauthammer n’est pas l’homme en charge de la défense d’Israël. C’est l’éditorialiste d’un journal et un commentateur de télévision.

L’homme en charge de la conduite et de la défense d’Israël, c’est Netanyahou. C’est l’homme qui a gagné l’élection. Netanyahou est l’homme responsable de diriger et de défendre ce pays.

Et Netanyahou est l’homme qui nous conduit aujourd’hui sur la pente de la dégradation et de la défaite.

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mordeh'ai - dans Politique
20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 00:21

source :  JSS

Rachel Franco – 17 Septembre 2010

Hier, veille de Yom Kippour, je suis allée me recueillir sur le tombeau de Rachel, l´épouse tant aimée de Jacob.
Pourquoi Rachel et pourquoi en cette veille du jour du Grand Pardon ?
Connaissez-vous l´histoire de Rachel, de cette jeune fille rencontrée aux abords du puits de la clarté intérieure par Jacob et du coup de foudre au premier regard d´un amour qui attache ses deux âmes bien au-delà de leurs vies terrestres ?

Rachel est cette jeune femme incroyable qui  en dépit de son amour pour Jacob, a cédé  la place à sa sœur aînée en lui transmettant les signes convenus avec Jacob pour se faire reconnaître de lui, signes qui devaient faire échouer la fourberie de Laban, son père.

Rachel a donc renoncé à Jacob pour éviter que Léa ne soit humiliée et Jacob a travaillé encore sept années supplémentaires pour pouvoir s´unir à elle.

Tombeau de Rachel

 

De me  trouver à BetLehem (La maison du Pain) dans ce lieu ou Jacob l´ a précipitamment enterrée (Elle est décédée en mettant au monde son deuxième fils Benjamin (Fils de ma droite, en traduction littérale hébraïque) a été pour moi,  un moment très fort. Je ne saurai vraiment décrire l´égrégore qui planait au dessus de moi et qui entourait toutes celles et tous ceux nombreux, venus prier ici en cette veille de  Kippour. Tant de mots murmurés, tant de prières déposées là, tant de larmes sur tant de visages, tant d´espoirs aussi qui traversent les murs pour en appeler à la clémence divine et à l´inscription sur le livre de la Vie donnent le sentiment de vivre un passage bien au-delà des lois humaines.

La Tradition enseigne que Rachel ne repose pas du sommeil des morts ni même des Justes. Elle refuse le repos et se lève chaque nuit pour pleurer sur l´exil de ses enfants. Rachel sait pleurer, elle connaît le secret des larmes et des supplications pour que la nuit de l´exil prenne enfin le chemin de l´aurore;

On dit aussi que les larmes ouvrent la porte du ciel et permettent aux prières de s´élever plus haut dans les cieux infinis de la lumière divine. C´est donc près de ma mère Rachel que je suis allée déposer mes espoirs de paix et de lumière.

En cette veille de Kippour, je me suis liée aux larmes de Rachel pour qu´enfin les hommes se réveillent de la nuit épaisse qui les enveloppe et que mon peuple, menacé à nouveau d´extermination totale, soit protégé des ruses d´Amaleck.

Les larmes du cœur sont un signe d´humanité profonde.

Mon peuple sait pleurer et sait prier. Il ne se réjouit pas des malheurs des civils palestiniens; Il ne fait pas la fête quand des palestiniens meurent, ni ne distribue des bonbons pour manifester sa joie du deuil de l´autre, fut-il celui qui veut notre mort;

Mon peuple sait pleurer et sait prier. Ces larmes signent l´ouverture des portes célestes ;  Mon peuple sait aussi se réjouir et rire,  même de ses propres défaillances; Il sait vivre de l´espoir qui nous porte en avant; Il sait que les tant de malheurs sur nos têtes ne peuvent qu´annoncer l´Aurore pour tous les hommes, car c´est de la nuit profonde que surgit la lumière.

C´est Rachel qui me montre le chemin de la persévérance; Si elle se lève la nuit, c´est pour résister à la nuit de l exil ; Elle est morte en donnant la vie à Benjamin qui est le plus beau cadeau qu´une mère puisse donner à son enfant;  Elle ne cesse de pleurer pour les enfants d´Israël parce que son cœur est une plaie qui refuse l´oubli; Elle se tient debout chaque nuit à la croisée des chemins pour veiller et se tenir prête le jour où enfin ses enfants reviendront à la Maison.

On dit qu´elle était à Gaza lors de la dernière guerre et qu´elle a protégé nos soldats; Elle sera là quand Guilad reviendra près de nous.

Mes Chers amis, je vous souhaite une inscription dans le livre de la Vie, et la santé et tout le bien que l´on peut souhaiter pour vous, vos familles, vos amis, pour le peuple d´Israël et pour toutes les femmes et les hommes libres !

Puisse ceux qui sont retenus par les chaînes de la somnolence, s´éveiller enfin et s´engager sur le chemin de la résistance à Amaleck !

Puisse le Gardien du monde nous accorder la victoire contre les forces de la nuit islamiste !

 

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mordeh'ai - dans Monde juif (halakha-min'hag)
16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 20:45

Par CAROLINE B. GLICK Jerusalem Post 14/09/2010

 w.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=188019

Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

Personne n’aurait pu imaginer qu’en cinq ans, le jeune Premier ministre (PM) du Liban deviendrait l’esclave des assassins de son père. Personne, à part les assassins de son père. Le Liban est un endroit triste et désespéré. Et son destin désastreux est incarné aujourd’hui par son Premier ministre.

Tous ceux qui déclarent aimer la liberté, la démocratie, les droits de l’homme et la dignité devraient noter le destin de Saad Hariri. Ils devraient reconnaître que sa situation difficile est le testament de leur échec à se dresser pour les idéaux qu’ils prétendent défendre./ Tous ceux qui disent rechercher un Moyen-Orient en bons termes avec l’Occident devraient considérer la détresse d’Hariri comme un conte moral. Les décideurs politiques à Washington, Paris, Jérusalem qui ont une vision sur le long terme pour le 21ème siècle au Moyen-Orient, comme lieu où les USA et leurs alliés sont capables de projeter leur puissance pour défendre leurs intérêts, devraient étudier l’histoire d’Hariri.

Tous ceux qui défendent pour dire que la paix est possible et même naissante, doivent jeter un regard prolongé et insistant dans sa direction.

Son histoire démontre que tous leurs modèles de paix, d’apaisement et de compromis ne sont rien d’autre que les protestations creuses, gauches, arrogantes et hors sujet d’une classe dirigeante transnationale totalement détachée de la réalité du monde qu’elle conduirait./ Lundi, le journal ‘Yediot Aharonot’ a rapporté que les agences de renseignement iraniennes et syriennes mettent une pression massive sur Hariri pour qu’il rejoigne ouvertement l’axe iranien. Aujourd’hui, cet axe inclut le régime syrien, le Hezbollah et le Hamas. Si et quand Hariri le rejoindra ouvertement, le Liban deviendra son premier membre non volontaire.

Il y a de fortes chances pour que Hariri succombe à leur pression. Le ‘Yediot’ a rapporté que les Iraniens et les Syriens lui ont fait une offre qu’il ne peut pas refuser: « Si vous ne nous rejoignez pas, vous partagerez le destin de votre père ».

Son père, bien sûr, est l’ancien Premier ministre du Liban Rafik Hariri, assassiné à Beyrouth par des agents syriens et du Hezbollah le 14 février 2005. Un mois après, le 14 mars, Saad a conduit une manifestation de plus d’un million de Libanais pour protester à Beyrouth. Leur exigence était de libérer le Liban de la férule syrienne.

Chacun savait que le mouvement du 14 ma rs n’avait aucune chance de vaincre militairement la Syrie ou son allié le Hezbollah. Mais les USA et la France se sont rassemblés derrière le jeune Hariri et ses partisans. L’alliance improbable des gouvernements de Bush et de Chirac deux ans seulement après que les liens franco-américains parussent irréparablement effilochés suite à l’invasion de l’Irak dirigée par les USA, a suffi à intimider le dictateur syrien Bashar Assad.

Après 29 ans d’occupation syrienne, il ordonna à ses forces de se retirer du Liban.

Comme chef du mouvement du 14 mars, Saad Hariri semblait inaccessible. Personne n’aurait pu imaginer qu’en cinq brèves années, il deviendrait l’esclave des assassins de son père. Personne, sauf les assassins de son père.

L’Iran observa ce qui s’était passé au Liban et fit un pari. Face à l’unité franco-américaine, elle paria qu’ils bluffaient. Qu’ils ne soutiendraient pas les Libanais si on mettait leur volonté au défi.

L’Iran prépara bien son défi. Chez lui, le dictateur Ali Khamenei aligna ses pions. Il promut le maire fanatique de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad à la présidence. Avec cet homme au pouvoir, Khamenei et son régime relevèrent leur défi contre le USA en Irak.

D’abord il y avait al-Qaida. Son dirigeant en Iraq, Abu Musab al-Zarqawi, reçut ses ordres de la direction d’al Qaïda qui décampa d’Afghanistan vers l’Iran en 2002. De même le chef terroriste shiite Moqtada al-Sadr prit ses ordres au Hezbollah et dans le Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne (CGRI).

Leurs ordres étaient de transformer l’Irak en un bain de sang. Leur insurrection intensifiée affaiblit le crédit politique de George W. Bush aux USA. Car avec un Bush assagi, l’extension de sa campagne en Iran devenait de plus en plus impensable alors que le nombre des victimes américaines augmentaient.

Dans le même temps, l’Iran augmentait massivement ses liens militaires et son contrôle politique sur la Syrie. Dans l’Autorité Palestinienne, elle mit le Hamas sous son contrôle. Comme le Hezbollah, le CGRI se transforma de milice en armée de guérilla professionnelle./ Pendant ce temps, le régime iranien résista à la pression américaine et internationale de mettre fin à son programme illicite de développement d’armes nucléaires.

En 2005, Israël était trop occupé avec l’initiative d’Ariel Sharon d’expulsion et de retrait pour prêter suffisamment d’attention à ce qui se passait au Liban ou partout ailleurs dans la région. Israël salua le mouvement du14 mars avec à peine plus qu’un bâillement. L’historiette que Sharon et ses laquais Ehud Olmert et Tzipi Livni colportaient était que la plus grande menace pour Israël était interne. Qui avait le temps de prêter attention à l’Iran et à ses vassaux quand il y avait des « pionniers » [‘colons’] juifs défiant l’autorité légale de l’Etat de voulant les jeter hors de leurs foyers ?

A la suite des expulsions et du retrait de Gaza, Sharon et ses partisans s’engagèrent à répéter le programme d’expulsion/retrait sur une échelle dix fois supérieure en Judée et en Samarie. Après l’attaque cérébrale de Sharon, la plateforme électorale d’Olmert appelait à l’expulsion de quelques 100.000 Israéliens de leurs foyers en Judée et en Samarie./ Bien que distraits par les vassaux irakiens de l’Iran, les USA commencèrent d’armer et d’entraîner une armée palestinienne à la fin 2005. Dans le même temps, ils exigèrent qu’Israël autorise le Hamas à se présenter aux élections de janvier 2006 et à maintenir la frontière avec Gaza ouverte.

L’Iran observait la manière dont les USA et le reste d’Occident refusaient de reconnaître la signification stratégique de la victoire électorale du Hamas, à moins d’être obligés de reconnaître que le conflit palestinien avec Israël n’avait rien à voir avec le nationalisme palestinien. Les mollahs observaient aussi comment Israël refusait de reconnaître que la victoire du Hamas donnait le signal de l’échec des modèles de paix / retrait / expulsion.

L’Iran vit une opportunité dans la démence stratégique combinée de ses ennemis. Aussi, en juin 2006, elle se lança en guerre. D’abord elle attaqua Israël depuis Gaza. Une attaque à travers la frontière fit trois morts israéliens et Gilad Shalit fut pris en otage.

Deux semaines plus tard, alors qu’Israël bégayait des incohérences sur Gaza et qu’Olmert empêchait Tsahal de prendre des mesures pour libérer Shalit à moins que son espoir de futurs retraits ne soient révélés comme des absurdités stratégiques, le Hezbollah frappa. Ce qui est connu sous le nom de Deuxième Guerre du Liban commença.

Les seuls à reconnaître ouvertement les enjeux furent les dirigeants du mouvement du 14 mars. Le dirigeant druze Walid Joumblatt prévint de façon répétée que si le Hezbollah n’était pas totalement vaincu, le Liban deviendrait une colonie iranienne.

Mais le gouvernement dément d’Olmert favorable au retrait n’écoutait rien. Il ne pouvait pas écouter.

De même, la secrétaire d’”Etat des USA Condoleezza Rice ignora les supplications des dirigeants du mouvement du 14 mars. Une victoire israélienne totale aurait nécessité un plein soutien des USA. Un soutien total des USA aurait requis d’admettre que l’Iran était engagé dans une guerre directe et dans une guerre par vassaux interposés contre les USA ; que la guerre contre Israël et celle contre les USA étaient deux fronts de la même guerre.

C’étaient des réalités que Rice n’aurait jamais acceptées.

Ainsi, avec ses homologues israéliens conduits par leurs fantasmes, Rice rechercha un cessez-le-feu qui laissa le Hezbollah en place.

Le reste était de l’histoire écrite d’avance. En 2007, le Hezbollah d’abord puis le Hamas menèrent des putschs au Liban et à Gaza en arrachant le contrôle de leurs gouvernements respectifs à leurs rivaux partisans de l’Occident du mouvement du 14 mars et du Fatah.

Les USA répondirent en augmentant massivement leur assistance militaire aux forces armées du Liban et au Fatah. Les attaques terroristes continues du Fatah contre des Israéliens en Judée et en Samarie, et l’embuscade mortelle du mois dernier contre des forces de Tsahal sur la frontière par l’armée libanaise a démontré la folie stratégique de cette politique. Pourtant elle continue.

Le mouvement du 14 mars de Saad Hariri jouit encore du soutien de la majorité des Libanais. Mais cela est sans conséquence. Hariri était tout juste capable de former son gouvernement en décembre dernier en accordant au Hezbollah un pouvoir de veto sur son action gouvernementale. Le prix payé pour sa primature n’est pas seulement sa liberté personnelle. Les dernières braises du mouvement d’indépendance libanais inspiré par l’assassinat de son père se sont aussi éteintes.

Depuis la formation de son gouvernement, Hariri est allé trois fois à Damas pour baiser l’anneau d’Assad. Ce faisant, il a délaissé l’appel à la justice pour les assassins de son père. Cela est apparu clairement quand le mois dernier, il a adhéré à l’allégation de Nasrallah sur le meurtre de son père par Israël.

Puis la semaine dernière, après son dernier voyage à Damas, Hariri a annoncé que ses déclarations antérieures sur l’assassinat de son père par le régime syrien étaient infondées.

Comme il le formula : « Nous avons commis des erreurs en certains lieux ; à un moment donné, nous avons accusé la Syrie de l’assassinat du martyr et c’était une accusation politique ». Hariri a poursuivi en affirmant ses sentiments chaleureux pour la Syrie. Comme il le dit, quand il visite Damas : « Je me rends dans un pays fraternel et amical ».

Evidemment, Hariri croit que sa seule chance de survie est de s’incliner devant ceux qui ont tué son père. Il est aussi évident que les assassins – l’Iran, la Syrie, le Hezbollah – vont continuer de l’utiliser comme leur homme lige et leur apologiste aussi longtemps qu’il peut les servir. Puis ils le tueront.

Aujourd’hui Hariri est utile. Ahmadinejad prévoit un voyage triomphal au Liban le mois prochain et Hariri sera un soutien de valeur. Ahmadinejad doit arriver le 13 octobre. Alors qu’il y fera un discours important à Bint Jbeil – la ville où l’ancien commandant en chef de l’Etat Major de Tsahal Dan Halutz voulait conduire une bataille à utiliser comme une « image de victoire ».

En l’occurrence, tout ce qu’obtint Halutz, ce fut un tir aux pigeons où des combattants de la brigade d’élite des Golani furent les pigeons.

Ahmadinejad a aussi programmé d’observer Israël depuis Maroun Aras, également le siège d’un rude combat, non concluant, en 2006.

En utilisant Hariri comme sa figure de proue pour l’accueillir, Ahmadinejad aura à fêter plus que la simple transformation du Liban en une colonie iranienne. Comme une série de rapports le montrent clairement, il est seulement à quelques mois de déclarer que son régime dispose de la puissance nucléaire.

Les allégations les plus récentes sur le fait que l’Iran dispose déjà d’une autre installation non déclarée d’enrichissement ne sont pas des racontars. Son patron Khamenei et lui ont pris la mesure de leurs ennemis et sont convaincus qu’ils n’ont pas de souci à se faire.

Pour sa part, Hariri peut être assuré que sa transformation humiliante de champion de la liberté en esclave restera largement non remarquée. Israël et les USA sont au beau milieu d’un nouveau processus de paix sans aucune valeur.

Ils se sont encore accordés sur la plus grande menace à la paix : « les pionniers » [colons] et leurs partisans qui veulent naufrager le paradigme paix / expulsion / retrait en construisant des maisons. De nouveau, nos dirigeants et les classes bavardes qu’ils satisfont pour avoir choisi d’adhérer à leurs fantasmes aux dépens de intérêts et de notre sécurité nationale. Bien sûr ce n’est pas seulement Hariri qu’ils ignorent. Ils ignorent le fait basique que la liberté doit être défendue par le sang et l’argent. Autrement, comme c’est arrivé au Liban, elle sera vaincue par le sang et l’argent.

 

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mordeh'ai - dans Politique
16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 16:56

Pierre Itshak Lurçat http://vudejerusalem.20minutes-blogs.fr/

16.09.2010

- La légitimité d'Israël ne se partage pas,

"L'État hébreu est confronté à une campagne de délégitimation tout autour de la planète. La dernière chose dont nous avons besoin, c'est d'une tentative de boycott au sein même d'Israël", a déclaré le Premier ministre Nétanyahou en ouverture du Conseil des ministres il y a quinze jours, faisant allusion à l'appel au boycott du centre culturel d'Ariel, signé par des artistes et gens de théâtre parmi les plus célèbres du pays.

 

Amos_Oz.jpgM. Nétanyahou a bien évidemment raison. L'appel au boycott lancé par les artistes, et soutenu par des écrivains comme Amos Oz ou David Grossman contribue à la délégitimation d'Israël sur la scène internationale et il constitue un véritable "coup de poignard dans le dos", de la part d'une frange non négligeable des élites intellectuelles et culturelles de l'État juif, en proie à une offensive internationale visant à le priver de toute légitimité.

 

[photo : Amos Oz]



 

Il n'est pas anodin que cet appel au boycott ait été rendu public deux jours avant le terrible attentat qui a coûté la vie à quatre civils israéliens, sur une route proche de Hébron : il y a, à cet égard, une véritable convergence de tirs entre les terroristes du Hamas et les intellectuels de gauche. Ces derniers disent, en substance, à leurs frères juifs de Judée-Samarie, "vous n'avez pas le droit de vivre au-delà de cette ligne [la fameuse "ligne verte"] tandis que les premiers disent, encore plus radicalement, "vous n'avez pas le droit de vivre".

 

 

assassinat samarie.jpg
Attentat palestinien : une convergence de tirs entre le Hamas et les intellectuels de gauche

 

Ceci nous amène à la question cruciale, que l'on peut énoncer ainsi : est-il possible de défendre la légitimité d'Israël sur une partie seulement de son territoire ? Peut-on, comme Amos Oz, A.B. Yehoshua ou D. Grossman, et les autres signataires de l'appel au boycott contre les Juifs d'Ariel, affirmer que la présence juive est légitime à Tel-Aviv et à l'ouest de Jérusalem, mais qu'elle ne l'est pas à Ariel, à Hébron ou dans les quartiers orientaux de la capitale juive ?

 

Les événements des vingt – voire des quarante – dernières années montrent que la réponse à cette question est négative. Toutes les tentatives pour obtenir une reconnaissance arabe et internationale de nos droits sur une partie d'Eretz-Israël, sur une étroite bande de terre longeant la Méditerranée, au prix du renoncement au cœur historique de notre patrie, c'est-à-dire à la Judée et à la Samarie (sans parler de Gaza), se sont soldées par une série d'échecs cuisants et sanglants.

 

Les compromis renforcent nos ennemis

Car en vérité, plus nous nous disons prêts à des concessions et à des "compromis douloureux", plus nos ennemis redoublent dans leurs efforts pour contester notre légitimité sur chaque parcelle de la terre d'Israël, comme l'a montré l'expérience tragique des années 2000, quand les concessions d'Oslo et de Camp David ont conduit directement à la Deuxième Intifada et – plus encore – l'amère aventure du "retrait unilatéral de Gaza", dont le "génial" architecte, Ariel Sharon, avait promis qu'il apporterait la paix et la sécurité et redorerait le blason d'Israël sur la scène internationale.

 

 

synagogue goush katif.jpeg

Ce dernier épisode est sans doute le plus instructif quant à la psychologie de nos ennemis, arabes notamment. Le retrait de Gaza, soutenu par d'éminents commentateurs et "géopoliticiens" (dont je tairai le nom par charité) n'a non seulement pas amélioré la situation stratégique et politique d'Israël, mais il a, bien au contraire, entraîné une dégradation irréversible de l'image d'Israël aux yeux de ses ennemis et du monde entier. Lorsque les Arabes palestiniens, à Gaza et à Ramallah, ont assisté, le sourire aux lèvres, au spectacle affligeant de soldats juifs chassant leurs frères de leurs maisons et détruisant les localités florissantes du Goush Katif, ils ont compris que la meilleure manière de détruire Israël était encore de confier le travail aux Israéliens eux-mêmes…

 

Le refus obstiné de Mahmoud Abbas de reconnaître le caractère juif de l'État d'Israël n'est pas seulement la marque de son intransigeance et de sa tactique démoniaque pour exiger des concessions avant même d'entamer les négociations. Il est aussi l'expression d'une conception enracinée dans la culture politique arabo-musulmane, qu'aucun "processus de paix" occidental n'a pu modifier jusqu'à ce jour. En vertu de cet atavisme séculaire, le monde arabo-musulman refuse de reconnaître toute souveraineté juive en terre d'Islam, parce que les Juifs ne sont pas acceptés comme un peuple mais considérés comme une simple religion.

 

Or l'attitude défaitiste de ceux qui, en Israël même, prônent le renoncement à la Judée-Samarie et à la moitié de Jérusalem, ne fait que conforter nos ennemis dans leurs positions irrédentistes. Car si les Juifs eux-mêmes refusent d'assumer leurs droits souverains à Hébron ou à Ariel, cela veut dire – pensent unanimement Abbas et ses adversaires du Hamas – qu'ils n'ont aucun droit ni à Jérusalem, ni même à Tel-Aviv…. Plus Israël se dit prêt à des "concessions douloureuses", plus il apparaît aux yeux de ses ennemis comme un État fantoche et un usurpateur venu occuper illégalement la terre de Palestine, partie inséparable du "Dal al-Islam".

 

Jabotinsky.jpgDans ces conditions, le seul espoir ténu pour parvenir un jour à une paix hypothétique – dans 20, 50 ou 100 ans – est de clamer haut et fort à la face de nos ennemis arabes et du monde entier : "cette terre est à nous, et nous n'y renoncerons Eretz-Israël est tout entière à nous, 'koula sheli', selon les mots fameux du poème de Jabotinsky que M. Netanyahou a sans doute entendu de la bouche de son propre père, Bentsion Netanyahou… Le partage historique de la Palestine mandataire a déjà eu lieu en 1922, lors de la création de l'État transjordanien hachémite. Un nouveau partage ne peut amener la paix, mais au contraire, de nouvelles guerres et effusions de sang, comme le montre l'histoire du Moyen-Orient depuis 60 ans. La légitimité d'Israël ne se partage pas ; le destin des Juifs de Tel-Aviv et de Haïfa est inextricablement lié à celui des Juifs d'Ariel, de Sichem et de Hébron. Prions pour que nos dirigeants aient enfin le courage et la lucidité de tenir un tel langage, au lieu de nous bercer des mortelles illusions de la "paix" d'Obama et d'Abbas.

Gmar hatima tova !

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mordeh'ai - dans Réflexions
16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 11:20

Editorial par Richard Darmon

 Hamodia No 138 15 septembre 2010,

Il a cinq ans, la bande de Gaza a brutalement été vidée de ses Juifs ! Dans toute l'histoire des forces de défense d'Israël, cette expulsion fut l'objet de la plus grande opération menée sans aucun combat : 50 000 hommes ont été mobilisés dans le but d'expulser seulement 9 000 habitants et de détruire les 21 localités pionnières du Goush-Katif, dont certaines existaient depuis plus de 40 ans - 4 autres localités ont également été évacuées au nord de la Samarie. Le terme de « désengagement » fut donné à cette opération menée par le gouvernement d'alors sous la direction d'Ariel Sharon. En qualifiant ainsi cette opération, on voulait nous faire croire qu'en se retirant totalement de Gaza, Israël se libèrerait d'une relation devenue impossible avec les Arabes de Gaza, souvent hostiles et parfois violents. Or, la majorité des Israéliens y ont alors cru...

« Que nous a donc apporté de détruire ces communautés florissantes, de diviser gravement la société israélienne et de remplir d'amertume nos citoyens les plus idéalistes ?, se demande Yossi Klein Halevi, l'un des anciens commentateurs israéliens les plus réfléchis du Jerusalem Post. Le plus important, c'est que - pensions-nous alors - nous allions pouvoir nous débarrasser de plus d'un million de Palestiniens… ». On se souvient en effet que de nombreux Israéliens - et beaucoup de ceux qui les ont soutenus alors à l'étranger - ont avancé cet argument, encouragés, peut-être par la déferlante de félicitations internationales qui allaient abonder après cet acte pourtant si extrême de purification ethnique. « Ce sera bon pour nous et bon pour les Palestiniens !, avait alors affirmé sans hésiter le vice-Premier ministre de l'époque, Ehoud Olmert qui devait succéder à Sharon quelques mois plus tard. Cela apportera plus de sécurité, plus de sûreté, beaucoup plus de prospérité, et beaucoup de joie pour tous les habitants du Moyen-Orient ! ». Olmert rêvait ainsi tout haut qu'avec ce désengagement, « un nouveau jour d'espoir allait briller dans cette partie du monde » et qu'Israéliens et Palestiniens allaient faire ensemble du Moyen-Orient « ce qu'il aurait toujours dû être : un paradis pour le monde entier ! »…

Si cela s'était bel et bien réalisé, le traumatisme et la destruction causés par l'expulsion de tous les Juifs de Gaza auraient pu être d'une certaine manière justifiés. Mais au lieu de cela, le désengagement a constitué un échec cuisant et un véritable désastre à tous les niveaux ! Ainsi, a-t-il été considéré par la plupart des Palestiniens, non comme un acte courageux ou de bonne volonté, ni comme une " invitation à la paix ", mais comme une " retraite sous le feu ", un peu comme le retrait précipité de Tsahal du Sud-Liban cinq ans plus tôt. Alors que ce retrait devait faire baisser le terrorisme, il n'a fait que le renforcer, les Palestiniens ayant eu d'un coup tout le loisir de déployer leur arsenal de missiles, d'armes et d'explosifs, et de lancer des milliers d'attaques en tous genres vers Israël. Et donc, au lieu d'encourager les Palestiniens à la modération, le désengagement a donné des ailes aux plus extrêmes irrédentistes des habitants de Gaza ! Pire encore : cinq mois à peine après le départ des habitants juifs de Gaza, le Hamas a remporté une éclatante victoire électorale devant l'Autorité palestinienne… Puis un an plus tard, il contrôlait la totalité de Gaza, après avoir entraîné le Fatah dans une véritable et sanglante guerre civile.

Les conséquences du désengagement ne furent donc en rien « le nouveau jour d'espoir » que Sharon et Olmert avaient envisagé en chœur - tout comme leurs soutiens occidentaux -, mais elles ont provoqué la perte progressive sur le terrain de la force de dissuasion de Tsahal, ce qui a directement mené à la Seconde guerre du Liban de l'été 2006 contre le Hezbollah et à la guerre entre Israël et le Hamas à la fin 2008.

De surcroît, l'Iran des mollahs s'est retrouvé aux portes d'Israël par l'intermédiaire du Hezbollah au nord et du Hamas au sud… Les synagogues de Gaza ont été brûlées et ses fameuses serres si productives totalement détruites. Le soldat Guilad Shalit a été enlevé et il est l'otage de Gaza depuis plus de quatre ans d'un territoire qu'Israël a abandonné à ses ennemis et en même temps l'image de l'État hébreu allait subir son plus noir revers dans le monde entier. Parallèlement, les Palestiniens allaient être dirigés par les intégristes fondamentalistes du Hamas…

C'est un fait que la plupart des Israéliens qui avaient soutenu en 2005 le désengagement expriment aujourd'hui des " regrets ". Mais trop d'entre eux restent encore sous l'emprise de l'illusion de ce qu'ils appellent par une expression trompeuse le « processus de paix » : à savoir la chimère meurtrière d'Oslo qui avait fait miroiter une paix possible grâce à la diplomatie, aux concessions israéliennes unilatérales et à " l'échange de territoires pour la paix ".

Or, l'État d'Israël et tous ses amis de par le monde doivent commencer à le proclamer haut et fort : une telle illusion est impossible ! Au lieu de rabâcher sans cesse sa naïve volonté de négocier et de voir appliquée la fameuse " solution des deux États ", Israël doit dire la vérité toute crue : aucune paix ne sera jamais possible avec des « partenaires » palestiniens et arabes qui refusent d'accepter la légitimité d'une souveraineté juive sur des terres du Moyen-Orient ! Le retrait unilatéral de Gaza a été une véritable abomination pour de nombreuses raisons, mais une d'entre elles est particulièrement odieuse : ce désengagement aux si terribles conséquences partait du principe aberrant que tout futur État palestinien devait être purgé de ses Juifs. Israël doit-il seulement apprendre par la force, la désillusion et le désarroi que, dans ces conditions viciées dès le départ, la paix ne sera jamais au bout du chemin !

(*) Jeff Jacoby est éditorialiste au journal " The Boston Globe " dans lequel cet article a été publié.

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mordeh'ai - dans Point de vue
15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 22:57

par le prof. Ephraim Inbar, BESA Center,

Perspectives Paper No. 114

14 Septembre 2010 Titre original : Is Israel More Isolated than Ever?

Traduction : Objectif-info

Résumé : Israël n'est pas aussi isolé au plan diplomatique que ses critiques de l'intérieur et de l'étranger le font croire ; sa diplomatie et sa politique de sécurité ne doivent donc pas être dictées par un désarroi induit par cet "isolement." En attribuant une importance exagérée à la question palestinienne et en majorant l'isolement du pays, la gauche israélienne (et la diaspora juive) plaident pour un règlement dans l'urgence avec les Palestiniens, à un prix élevé pour les Israéliens. Une évaluation plus pondérée et plus réaliste de la situation d'Israël – qui est tentée ci-dessous – tempère les craintes infondées et peut contribuer à des positions sérieuses sur les questions de guerre et de paix.

Introduction

 Beaucoup d'Israéliens estiment qu'Israël est une fois de plus seul, et que l'état juif est de plus en plus isolé au sein de la communauté internationale. Un sondage d'août 2010 montre que sur la question du statut actuel d'Israël dans l'arène internationale, une majorité des Juifs pense que leur pays est totalement ou partiellement isolé.( 54% contre 46% pour qui il n'est pas isolé). Un scrutin semblable au sein de la diaspora donnerait probablement un sentiment bien plus aigu de cet isolement, car en tant que minorité, la diaspora est bien davantage exposée aux prises de position antisémites et anti-israéliennes. On peut comprendre l'existence de ces sentiments en Israël et dans la diaspora quand on prend en compte la couverture médiatique négative d'Israël. En effet, l'infâme rapport Goldstone et l'incident "de la flottille de Gaza", entre d'autres événements, fournissent la preuve suffisante d'un climat international hostile à Israël. D'ailleurs, la gauche israélienne soutient bruyamment que la poursuite du conflit avec les Palestiniens élève le prix à payer pour Israël et ravale le pays au statut d'une entité politique isolée et moins légitime. Cependant, ce discours reflète une vision déformée de la réalité. La gauche dure est principalement influencée par ses groupes de référence, la gauche occidentale et ses ramifications radicales. En attribuant une importante excessive à la question palestinienne et à l'isolement d'Israël, elle préconise un accord dans l'urgence avec les Palestiniens à un prix élevé. Les partisans de la gauche ont tort. Un regard plus attentif aux liens entre Israël, de nombreux états qui sont le siège de la véritable puissance, et certains organismes internationaux (pas aussi puissants), en donne l'explication. Un examen calme et soigneux de la situation fournit une image de la réalité plus nuancée et beaucoup moins pessimiste.

Une présence diplomatique israélienne plus ample [......]
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mordeh'ai - dans Politique
15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 22:33

source : http://www.geopolitiquebiblique.com/

 

La décision d’élever une Mosquée qui surplombera le Ground Zero où 3000 personnes ont été assassinées par des pilotes djihadistes est, disons le clairement, une insulte au souvenir des victimes et un pari gagné sur l’ignorance crasse des Americains de l’Histoire européenne la plus basique. C’est à peu près en ces termes que s’exprime le Sénateur Newt Gingrich

Par ailleurs, on veut faire croire aux Américains que le nom de « Cordoba » pour désigner la Mosquée est un choix de tolérance religieuse, alors que n’importe quel islamiste sait pertinemment que “Cordoue” fait référence à la conquête de l’Espagne par les Musulmans et à la transformation d’une Eglise en Mosquée.

L’escroquerie intellectuelle et l’impudence qui caractérise ce choix sont d’autant plus choquantes qu’Obama mandate et finance précisément l’Imam Rauf en charge de la Mosquée pour porter la voix de l’Amérique dans les pays arabes.

Un petit rappel historique permet de montrer que la Mosquée de Cordoue, soit la deuxième plus grande mosquée, après celle de la Mecque, fut commanditée par Abd al Rahman 1er, premier émir de Cordoue, et bâtie, sur l’emplacement de l’église catholique Saint-Vincent, construite en 584 par les Wisigoths. Mais là où l’Histoire, avec un grand H, montre tout son humour c’est que cette même église fut bâtie sut l’emplacement d’un Temple romain dédié à Janus

Or qu’est ce qui caractérise Janus si ce n’est qu’on le représente avec une seule tête et deux visages; l’un censé regarder vers le passé et l’autre scrutant l’avenir. Or, qui mieux que ce dieu grec illustre la stratégie d’Obama: “ce qui a été sera” pourrait-il dire, paraphrasant le roi Salomon: la Mosquée de Cordoba redevenue Cathédrale catholique après la défaite des Musulmans en 1236, est appelée à retrouver sa gloire passée, son ancien visage musulman, là précisément où des Islamistes ont défait le monde occidental, sur l’emplacement des Twin Towers. Tours jumelles ou tours à deux visages, comme les deux visages de Janus !! Pour Obama qui n’est pas étranger à la culture musulmane, la symbolique dou-faciale janusienne est une véritable stratégie de conquête. Ses engagements en faveur de l’Islam et le mépris souverain qu’il manifeste à la vieille Europe le prouvent suffisamment. Non, “l’Amérique n’entrera jamais en guerre contre l’Islam” nous dit-il, comme si un pays avait pour vocation de porter la guerre à une religion ? Certainement pas, mais l’Islam, par la main des pilotes qui se sont crachés sur le Pentagone et sur les Twin Towers, ont bel et bien porté la guerre à l’Amérique. Et pour couronner le tout, Obama, le nouvel émir de Cordoue aux deux visages, bâtit une mosquée sur les décombres encore fumantes de l’Eglise Saint Vincent, pardon, des Tours aux deux visages, pour mieux faire oublier la cathédrale de Cordoue.

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mordeh'ai - dans Réflexions
15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 19:53

Par Mati Ben Avraham

pour IsraelValley

Publié le 15 septembre 2010

ISRAËL PALESTINE -  Une défiance absolue caractérise les rapports entre Binyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas.

Le président Barak Obama envisage d’entrer dans la danse.

Les grandes déclarations sur la nécessité de mettre fin à la disputation israélo-palestinienne, au prix de concessions douloureuses, se sont effilochées au retour des deux grands dirigeants dans leur sphère locale respective. En cela, la rencontre tripartite de Sharm-el-Sheikh de mercredi a achoppé non pas sur des questions d’ordre technique, mais sur un point essentiel, à savoir la défiance absolue qui caractérise les rapports entre Binyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas, défiance mise entre parenthèses lors du sommet à la Maison blanche, mais qui grève lourdement toute possibilité d’avancée.

Ainsi, toute proposition est-elle d’emblée taxée de suspicion. Et il est donc dans l’ordre des choses que la deuxième étape de la relance des négociations directes se soit soldée par un sur-place. Il a été question, hier, du tracé de la frontière entre Israël et le futur Etat palestinien. C’est-à-dire de définir quoi appartient à qui. Mme Clinton a pesé lourdement sur le débat. Pour rien. Au point que le président Barak Obama envisage d’entrer dans la danse. La discussion tripartite se poursuivra aujourd’hui, à Jérusalem.

En attendant, les médias israéliens sont désenchantés. La rencontre d’hier n’a pas fait la une. Elle a même été reléguée en sixième page du quotidien numéro un du pays. Et le public israélien, lui, n’y croit plus. C’est ce qui ressort d’un sondage publié par Yédiot Aharonot, avec le concours de l’Institut de sondages Dahaf, dirigé par le Dr. Mini Tzemah./ 56%, en effet, des personnes interrogées ont estimé que Binyamin Netanyahou n’a pas l’intention de parvenir à un accord et qu’il n’a accepté de négocier que sous la pression américaine. Ils sont 70% à dire la même chose en ce qui concerne Mahmoud Abbas. 51%, contre 39, se sont prononcés pour la reprise de la construction dans les territoires, tandis que 52% s’opposent à une reprise partielle. Et 68% se disent convaincus que la reprise de la construction conduira à un gel des…négociations ! Mais qu’importe puisque 71% des personnes interrogées ont affirmé ne pas croire qu’un accord ponctuera l’actuel cycle de négociations. Davantage encore : 48%, contre 45%, s’opposent à tout accord, même s’il comporte une reconnaissance, par les Palestiniens, de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif.

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mordeh'ai - dans Société
15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 18:57

Par Daniel Haïk,

Hamodia No 138

15 septembre 2010,

Lorsque l'on demandait au Premier ministre Lévy Eshkol s'il voulait du thé ou du café, il répondait : « Moitié-moitié »…. Or à l'approche de la date butoir du 26 septembre qui doit marquer la fin des dix mois de gel de la construction en Judée- Samarie, il semble bien que Binyamin Nétanyaou ait été contaminé par l'indécision de son prédécesseur. En effet, à la veille même du sommet de Sharm-el-Sheikh, le Premier ministre israélien avait confié à l'émissaire du Quartet, Tony Blair : « La construction va se poursuivre, mais de manière discrète et réduite au sein des grands blocs d'implantation. Dans ce dossier tout n'est pas blanc ou noir… ». Une tournure destinée à satisfaire l'aile droite de son gouvernement, sans pour autant froisser les Américains, les Palestiniens et le monde arabe !

Car la grande inconnue - à l'heure où nous mettions sous presse au soir du 14 septembre - était de savoir si, à l'issue du sommet de Sharm-el-Sheikh, le Premier ministre israélien était parvenu à convaincre ses interlocuteurs d'adopter sa position. De prime abord, les dirigeants de l'Autorité palestinienne (AP) étaient arrivés dans la cité balnéaire égyptienne sans aucune illusion et prêts à repousser des deux mains le compromis israélien. Or on a pu constater que le dialogue entre Nétanyaou et Abbas en présence d'Hillary Clinton s'est prolongé. Une seconde rencontre entre les deux leaders, non programmée au départ, a même eu lieu dans l'après-midi, suite à quoi les deux parties ont convenu de se retrouver le lendemain à Jérusalem pour poursuivre les pourparlers.

Alors comment expliquer ce souffle d'optimisme aussi prudent que provisoire ? Deux réponses peuvent être avancées : soit Binyamin Nétanyaou a fait à Mahmoud Abbas une concession majeure sur un autre dossier - peut-être la libération massive de prisonniers du Fatah- en échange d'une acceptation tacite par l'AP de la reprise de la construction « discrète » dans les seuls blocs d'implantations. Soit Mahmoud Abbas a compris qu'il ne pouvait pas se permettre le luxe de mettre en difficulté l'administration Obama à l'approche des élections américaines décisives du 2 novembre en torpillant d'emblée les pourparlers. Et en échange, il aurait obtenu d'Hillary Clinton et de George Mitchell des déclarations plus fermes de Washington sur la nécessité de « poursuivre le gel » en cas de dialogue réellement constructif.

Bref, cette ardue question du gel de la construction - qui ne s'était en fait jamais posée comme condition de l'AP pour accepter de négocier avec Israël même à l'époque pourtant plus dure de Yasser Arafat - continuait à faire planer une ombre menaçante sur l'avenir des pourparlers…

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mordeh'ai - dans Réflexions
14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 23:09
  • Source : Le Figaro  10/09/2010 Par Alexandre Adler
    (crédits photo: Pete Souza/The White House)
    (crédits photo: Pete Souza/The White House)

    La marée noire, l'Afghanistan, l'économie qui reste en panne en dépit de tous les efforts de relance... Sans oublier ce projet de mosquée qui déchire l'Amérique! Alors qu'approchent les élections de mi-mandat, Alexandre Adler nous explique pourquoi une majorité d'Américains ne se reconnaît plus en Obama.

    Tout le monde connaît l'expression selon laquelle «une bouteille à moitié vide» n'est pas absolument l'équivalent d'une bouteille «à moitié pleine». Dans la physique quantique de la décision politique, le jugement oscille inévitablement entre la prise en compte des nécessités de l'époque, parfois impitoyables, et les erreurs personnelles, parfois criantes, de tel ou tel décideur politique.

    Il arrive aussi que les préjugés idéologiques soient compensés par un esprit de décision radical et contraire à ces préjugés: Churchill est le meilleur exemple de cette capacité à prendre des décisions qu'on n'aurait pas attendues de l'homme politique conservateur qu'il était encore en 1935. Mais la volonté farouche de vaincre le nazisme le poussa beaucoup plus loin qu'il n'aurait imaginé. Jimmy Carter, entre 1976 et 1980, est un parfait exemple du cas inverse: les préjugés subjectifs s'ajoutent aux difficultés objectives et provoquent de petites catastrophes -irrésolution face à la dernière vague agressive du tiers-monde révolutionnaire, laquelle culmine avec la révolution iranienne de 1979, et grandes difficultés à secouer l'Amérique de sa dépression postvietnamienne, que tout autre aurait, de la même manière, rencontrées.

    Le cas Obama n'est pas semblable. Ce jeune Président, à l'expérience gouvernementale plus que limitée, mais à l'intelligence brillante soutenue par une éloquence remarquable, ne pouvait engranger rapidement les bienfaits d'un relèvement économique qui est difficile à mettre en œuvre. La perception dans le monde islamique d'un George Bush isolé et incapable, où que ce soit, de poursuivre ses offensives, ne pouvait que le contraindre à une politique de repli élastique qui, là aussi, ne peut être bénéficiaire dans l'immédiat. Il n'en demeure pas moins que Barack Obama a dispersé sur son chemin une portion substantielle de la bonne volonté qui s'était exprimée en 2008 à son égard, et qu'il sera parvenu à polariser la vie politique américaine et aussi la vie internationale bien au-delà de ce qui était inévitable.

    Encore faut-il ne pas manquer de chance. Et ici, quelle que soit l'injustice de certains reproches, il est apparent qu'Obama n'a pas su très bien gérer, en matière d'image, la catastrophe de la marée noire du golfe du Mexique. A la volonté de ne pas mettre en danger la poursuite de la prospection off shore a succédé, devant la gravité des faits et l'exaspération des riverains, une sorte de pantomime impuissante où le Président mettait en scène sa colère sans avancer de programme précis, en pointant du doigt des responsabilités britanniques qui ne sont pas évidentes. Encore, dans cette affaire, s'agit-il d'une vraie fatalité, mal gérée en termes d'image comme en termes de substance. Mais dans les autres cas que nous envisageons, c'est la responsabilité présidentielle qui est beaucoup plus nettement engagée. Tels sont les «péchés capitaux» de l'actuel hôte de la Maison-Blanche. On ne sera guère surpris de constater qu'on peut, une fois de plus, en compter sept principaux.

     

     

    Sa politique économique

     

    En apparence, les décisions en ce domaine seraient toutes régies par l'urgence, la nécessité d'empêcher un effondrement déflationniste du marché intérieur et la nécessité de maintenir une croissance à peu près normale, nécessaire à l'équilibre de tout le système économique mondial. Certes, ces nécessités existent avec force depuis deux ans, et c'est aussi la raison pour laquelle la FED de Ben Bernanke s'est prêtée, avec complaisance, à cette politique de monetary easing (facilité monétaire). Mais ces mesures à court terme n'impliquaient pas la poursuite d'une politique keynésienne à l'ancienne, reposant sur l'acceptation de déficits très importants et le refus de relancer l'économie par des mesures initialement impopulaires. 

    La reprise économique se fait attendre et les chômeurs s'impatientent ou manifestent, alors que persistent les mauvais chiffres de l'emploi.
    La reprise économique se fait attendre et les chômeurs s'impatientent ou manifestent, alors que persistent les mauvais chiffres de l'emploi. Crédits photo : REUTERS

     

    La baisse de l'endettement, surtout si elle s'accompagne d'une remontée raisonnable des taux d'intérêt, actuellement maintenus à 0%, aura tout d'abord des effets sévères sur l'économie. Mais à terme, c'est le seul moyen de retrouver des capacités de financement autonomes, et de rendre aux banques les moyens pour financer l'activité industrielle. Faute de ces mesures, la facilité aura engendré deux effets pervers. Elle aura tari le financement bancaire de l'industrie, conduisant les principales entreprises à la recherche fébrile de marges d'autofinancement, ce qui produit, en ce moment même, un retour incontestable à la croissance, mais sans la moindre création d'emplois; quant aux banques, elles ont cherché frénétiquement à refaire leur croissance en se remettant à spéculer, même si certains excès semblent avoir été quelque peu limités.

    En résumé, la recherche de la facilité néo-keynésienne aura, par contrecoup, encouragé les facilités autrement redoutables de la croissance sans emploi et de la poursuite des gesticulations financières. Si l'on admet ce raisonnement, on peut même se demander si l'incontestable succès de la grande réforme de ce mandat, l'extension spectaculaire de la Sécurité sociale, pour nécessaire qu'elle ait été, n'a pas été arrachée sans égard pour le contexte économique global. Le sentiment de la classe moyenne centriste est qu'elle devra financer la couverture médicale des plus pauvres et des plus précaires (principalement des jeunes Noirs ou des immigrants mexicains récents), sans grande contrepartie. Les déficits ont en effet été alourdis d'un coup, sans que des mesures sérieuses soient prises en faveur des PME et des épargnants, ces catégories qui nourrissent la radicalisation de droite des Tea Party. Dans l'état actuel, l'opinion, sans partager l'extrémisme idéologique des amis de Sarah Palin, tient néanmoins Obama pour partiellement responsable de cette dynamique.

  •  

     

     

     

    Sa stratégie pacifiste

    Le retrait rapide du contingent américain en Irak a été rendu possible par la victoire militaire, à l'arraché, de George Bush et du général Petraeus en 2007-2008, et pourtant, la nouvelle Administration s'est avérée incapable d'imposer au moins une ligne d'unité politique et de concessions à la minorité sunnite et aux principaux partis chiites irakiens. La situation s'est plutôt dégradée à Bagdad par rapport à 2008, et la faiblesse politique américaine aura plutôt encouragé les provocations de l'Iran, lequel ne veut sans doute pas du maintien de l'actuelle intégrité territoriale de l'Irak. En Afghanistan, l'effet pervers est beaucoup plus fort et plus immédiat: Obama a fait mine d'apaiser les chefs militaires en y augmentant le contingent américain. Mais cette décision, assortie d'une date de retrait très rapide, ne pouvait avoir aucun effet durable sur des talibans retranchés dans leurs montagnes en attendant des jours meilleurs, et surtout sur une armée pakistanaise qui continue à les piloter de loin et attend, de la débâcle annoncée, non seulement le rétablissement d'un pouvoir islamiste à Kaboul, mais aussi et surtout le renversement déjà à moitié obtenu de ce qui reste du régime civil pakistanais. Ajoutons, pour mémoire, les velléités croissantes de retrait rapide de plusieurs contingents alliés de l'Otan. Tout en tenant le langage d'une certaine fermeté, Obama aura appliqué, en réalité, toute la logique de pacifisme unilatéral qui sous-tendait initialement sa campagne électorale, dirigée d'abord contre le réalisme prudent d'une Hillary Clinton.

     

     

     

     

    Son dédain pour les alliés

    Ici, il s'agit d'un étonnant paradoxe: la poursuite des pulsions de Bush et de Rumsfeld, au nom de l'idéologie apparemment opposée. Certes, c'est au nom d'un populisme du Middle West qu'Obama a dédaigné, d'emblée, une Angleterre qui incarne à ses yeux les préjugés conservateurs du vieux patricien wasp de la côte Est. Mais le même manque d'intérêt a pu se constater vis-à-vis des Allemands, snobés, des Français, écartés, des Espagnols, humiliés, et même des Japonais, ignorés. Les brassées d'éloges auront été réservées à la Turquie,

     

    présentée comme la vitrine de la modernisation de l'islam, et, dans un autre domaine, au Brésil, qui serait l'exemple même de la réussite d'une gauche réaliste. On sait que Brasilia et Ankara ont, depuis lors, décidé d'infliger aux Américains une humiliation sans précédent en négociant complaisamment avec l'Iran d'Ahmadinejad un pseudo-compromis qui ne visait qu'à saboter les mesures de sanctions, elles-mêmes très faibles, arrachées par la diplomatie américaine à Moscou comme à Pékin.

     

     

     

     

     

    Sa main tendue à l'islam 

    Conséquence imparable des erreurs de gestion précédentes, la grande politique de main tendue à l'islam en général, et à l'Iran en particulier, a elle aussi fait long feu. Ici, tout n'est, certes, pas faux. Le discours prononcé en début de mandat à l'université du Caire avait par exemple des moments de grâce, qui n'ont bien sûr pas nui à l'image des Etats-Unis. A l'inverse, le silence assourdissant observé par la Maison-Blanche lors du coup d'Etat semi-légal d'Ahmadinejad en Iran, a permis d'empêcher que Moussavi et ses partisans libéraux n'apparaissent comme les pions des Etats-Unis. Mais ces effets incontestablement bénéfiques, au moins initialement, commencent à se retourner assez vite. A force d'écarter toute pression sérieuse sur l'Iran, c'est au passage au nucléaire de Téhéran que l'on aboutit, tandis que le refus de toute distance sérieuse avec les Frères musulmans, notamment égyptiens, affaiblit inutilement une zone fragile.

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    Sa défiance envers Israël 

    Ces politiques de faiblesse envers des adversaires résolus ne seraient pas nécessairement incompatibles avec une politique de paix énergique sur le théâtre israélo-palestinien. Or, sur ce point aussi, malgré les récents espoirs d'entente, on observera tout de même que la situation s'est dégradée inutilement. En combinant une attitude idéologiquement hostile au gouvernement Netanyahu et l'absence de pressions sérieuses sur le gouvernement de Jérusalem (pressions qu'il vaut mieux confier à la diplomatie discrète), Obama aura nourri l'intransigeance israélienne sans renforcer les modérés palestiniens. Tel est, là aussi, le prix d'une idéologie implicitement antisioniste et d'une vulnérabilité que tout le monde constate envers le lobby pro-israélien, au Congrès. Sans prétendre que la solution soit facile, on pourra regretter l'absence de tout discours de main tendue vers le peuple israélien (qui serait bienvenu en symétrique de la main tendue à l'islam), laquelle a provoqué une défiance sans précédent envers le président américain de la part d'une opinion israélienne qui n'est pas toute à droite. En laissant la Turquie, alliée de l'Otan, faire campagne au côté du Hamas (situation aggravée par le soutien pétulant apporté à cette campagne par le Premier ministre britannique David Cameron), Washington apparaît à nouveau comme faible. Ce serait pourtant le bon sens même que de multiplier les égards formels envers Israël, auquel on demande par ailleurs les concessions les plus importantes. Là encore, le poids de l'idéologie est sûrement en cause.

     

     

     

     

    La mosquée de Ground Zero 

     

    C'est ici qu'intervient la malheureuse affaire de la mosquée de Ground Zero. Le maire de New York, Michael Bloomberg, s'est acquis le respect général en défendant les droits inaliénables de la communauté musulmane.

     

    Venant d'un homme politique juif affirmé, cette position de principe aurait dû dispenser le président Obama d'une nouvelle louche, inutile et incertaine. Dans une affaire qui ne concerne pas l'Etat fédéral, son rôle aurait dû être de provoquer une rencontre des deux parties et de ménager, y compris financièrement, un compromis acceptable qui sauve la face des uns et des autres. Ici, une fois de plus, Obama apparaît comme le défenseur unilatéral et maladroit de la communauté musulmane.

     

     

     

    La polarisation du débat politique 

    On peut résumer d'un mot le style Obama et les raisons pour lesquelles il porte à incandescence la colère de tous ceux qui ne sont pas ses partisans inconditionnels. Le Président fait en effet alterner une rhétorique conciliante et un discours apparemment unificateur avec une inflexibilité idéologique qui irrite d'autant plus ceux qui ne la partagent pas qu'elle n'est jamais présentée comme un choix personnel, mais plutôt comme une nécessité indiscutable. Cette mauvaise foi souriante et melliflue finit par agacer, après avoir initialement permis de convaincre. A quoi sert un discours modéré pour défendre une relance keynésienne extrême en matière économique, une politique d'apaisement généralisée envers toutes les formes d'islam, le raisonnement implicite selon lequel le démantèlement de la puissance militaire du pays (y compris avec la Nasa) serait la prémisse indispensable d'une politique sociale plus juste ? Refuser l'inévitable débat et noyer le poisson, ce n'est pas non plus faire avancer la cause de la démocratie en Amérique.

     

     

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mordeh'ai - dans Politique