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Plusieurs éléments de contexte s'opposent à des représailles massives immédiates, même si l'on reconnaît le caractère de « casus belli », présent dans l'exécution de cet acte de guerre. La violation délibérée de la résolution 1701 par une faction de l'armée libanaise est, techniquement suffisante, sur le plan du droit international. La fameuse « ligne bleue » de la frontière dessinée par la barrière entre les deux pays ne mord pas même sur la séparation géographique réelle entre le Liban et Israël. En réalité, elle concède 300 m de territoire israélien, justement pour éviter toute polémique incendiaire. Le rapport précis de la FINUL sur l'évènement et l'établissement des responsabilités a, comme il se doit, pris un temps de retard sur les mensonges goulus des principaux médias occidentaux, dont la corruption n'a d'égale que le renoncement au professionnalisme. Comme les chiens de Pavlov, Reuters, Yahoo lançaient leur « cocktail molotov » 0.2, et la meute des quotidiens comme « Libération » et consorts, s'empressaient de leur emboîter le pas de l'oie, avant qu'il ne soit « trop tard ». C'est-à-dire, avant que les rapporteurs sur place n'établissent les faits, tous les faits, rien que les faits.

Mais il n'y a pas de doute à avoir sur l'âpreté des échanges entre les protagonistes militaires sur place, durant tout ce temps, où d'un air penaud, certains journaux rectifiaient sans insister sur leur erreur d'orientation.

Lorsque le pas n'a pas encore été franchi, on parle de menace. Elle peut rester diffuse durant des années, dans une situation comme celle de la frontière nord. Ensuite, il s'agit d'ultimatum. C'est, désormais, le cas, après l'ordre donné à un sniper par le Commandant de la 9ème Brigade libanaise, chi'ite apparenté au Hezbollah, de faire feu, alors qu'aucun danger ne pointait à l'horizon, côté adverse. L'officier en question est, en effet, un familier des échanges fraternels avec les dirigeants paramilitaires de la milice pro-iranienne au Sud-Liban. Selon les sources des renseignements de l'excellent Debkafile, Israël aurait demandé aux autorité libanaises que cet officier soit jugé en cour martiale ou démis de ses fonctions. Sans quoi Tsahal se sentira les mains libres de détruire tous les avants-postes militaires du pays du Cèdre dans cette région conflctuellee. La rencontre trilatérale entre libanais, israéliens et témoins de la FINUL, aurait eu lieu au Quartier Général de celle-ci, à Naqurah, dans la nuit de mercredi 4 au jeudi 5.

Officiellement, Tsahal a laissé entendre aux médias que le Hezbollah lui-même avait été pris par surprise, au même titre que l'Etat-Major israélien et la plupart des décideurs et observateurs régionaux. Sur le fond du dossier, les milieux autorisés, dont les attachés militaires américains, français et allemands, envoyés pour freiner toute escalade, sont clairs sur l'état de guerre et ses préparatifs enclenchés, dès l'assassinat de l'officier israélien. Reste ce laps de temps accordé aux dirigeants du Liban, pour faire la lumière sur la chaîne de commandement impliquée dans ce meurtre programmé. Les responsables de la FINUL ont appuyé cette vive mise en garde à l'adresse de Beyrouth. Chaque partie prenante est ainsi informée de la ligne de fermeté de Jérusalem sur la promesse que « l'incident » ne restera pas impuni.

Personne ne croit, évidemment, que l'Etat-Major libanais oserait sanctionner le donneur d'ordre. Cela ne ferait que renforcer le poids du Hezbollah, l'érigeant en « héros » de sa cause, contre un gouvernement facile à désigner comme « corrompu par l'influence occidentale et israélienne ». Nasrallah n'a de cesse de renvoyer sur Israël l'accusation du Tribunal international contre plusieurs de ses lieutenants dans le meurtre de Rafic Hariri. Il prétend, à qui veut bien l'entendre, qu'il dispose de « preuves » d'une telle « manipulation » et exploite tant et plus l'arrestation de prétendus « espions » au service d'Israël, travaillant dans les services de télécommunications libanais.

Il n'y a donc plus d'autre alternative que de laisser cette atmosphère électrique courir le long de la frontière, sachant que la moindre opportunité peut être saisie, par un bord ou l'autre, pour déclarer que l'ultime limite a été franchie pour la seconde fois. Elle a toutes les chances d'avoir lieu dès que le Hezbollah ne saura plus comment se sortir de l'impasse dans l'affaire Hariri. Sauf à exfiltrer ses hommes de main vers Téhéran, de façon à ce qu'ils échappent à une Justice internationale que ne reconnaît pas Le front du refus anti-occidental dirigé par Ahmadinedjad.

Sur le plan diplomatique, Israël doit encore dissiper bien des illusions persistantes, dans les esprits occidentaux, à propos du fonctionnement interne de la politique libanaise. Le Général Giora Eiland insiste sur ce point qu'Américains comme Européens persistent à diviser sa classe politique en deux clans opposés, dont aucun des intérêts de long terme ne coïncideraient. Ce qu'il appelle la théorie des « bons garçons » s'opposant aux « mauvais garçons ». Dans l'un, nous aurions les Sunnites d'Hariri fils, les Druzes de Joumblatt et les Chrétiens de Samir Geagea. Dans l'autre, le Hezbollah de Nasrallah, le Courant du Général Aoun, grand perdant des élections, Amal, les agents de l'Iran et de la Syrie. Jusqu'à un certain point, cette césure demeure correcte. Mais on sait aussi que Walid Joumblatt n'a pas hésité à franchir le Rubicon, de même que, gênés ou pas par la démarche, le Président Souleiman comme Saad Hariri sont des habitués de la cours de Damas. Aucun ne saurait officiellement prendre la moindre distance avec le commanditaire bicéphale irano-syrien du Hezbollah. Plus que de simple allégeance contrainte et forcée, et malgré la retenue imposée par les formes de protectorat occidental sur le Liban, cette configuration permet au cercle dirigeant libanais de faire avancer ses pions sur les deux tableaux, cumulant les ava ntages de chacun et rejetant ses inconvénients. A l'ancien Etat-Major libanais à forte dominance chrétienne, soucieuse de la progression des musulmans sunnites ou chi'ites en son sein, s'est substitué un leadership militaire forgé par près de 50% de Chi'ites favorables au Hezbollah, plus que soucieux de la souveraineté du Liban.

Le modèle de gouvernance libanais est identique aux profits tirés par Bachar al-Assad des avances européennes et américaines en sa faveur, afin qu'il se détache de l'influence iranienne. Cela laisse à la Syrie comme au Liban la marge de manoeuvre suffisante pour réclamer toujours plus d'aide financière, diplomatique et militaire aux Etats-Unis, à Nicolas Sarkozy et l'OTAN, pour renforcer leurs dispositifs, sans modifier leurs propres positions sur le fond des dossiers. Or, la posture n'a pas varié d'un iota depuis 1948 : elle équivaut à un état de guerre permanent, même quand il n'y a pas belligérance effective.

De fait, on a vu la France et les Etats-Unis offrir du matériel militaire électronique sophistiqué au Liban, pendant que Damas et Téhéran se chargeaient des « à-côtés » : Scuds, M-600, etc. La question du retournement de l'armée libanaise semble ne s'être jamais posée à Paris et Washington, enthousiasmés par les résultats très partiels de la « révolution anti-syrienne du 14 mars ». Celle-ci est totalement inconsistante, dès lors que les officiels se précipitent aux pieds du leader alaouite à Damas.

Ceci nous conduit à l'analyse raisonnable du crime du 3 août 2010 comme la conséquence structurelle, et non la cause contingente, de l'état des forces en présence et de leur préparation au « prochain round ». Un pouvoir de façade à Beyrouth ne peut qu'adopter la posture de la « victime », entraînée malgré elle dans un règlement de compte régional, alors qu'il n'aurait rien fait de probant pour garder le contrôle sur sa propre armée déployée au Sud-Liban, dont les objectifs ne se démarquent en rien de ceux du Hezbollah.

Le temps de cette « prise de conscience » à Beyrouth, Washington, Paris et Bruxelles, est l'objet de cet ultimatum, tout le reste n'étant que pourrissement annoncé de la situation frontalière, entre deux « incidents ».

L'évolution de la situation à Téhéran influe grandement sur ce renforcement de la « ligue du Levant », à laquelle s'est jointe la Turquie, ces dernières années. De la capacité des Pasdaran à rester maître du jeu dépendront les choix de leurs alliés. Chaque annonce de nouveau trouble en Iran, explosion dans une usine pétrochimique, menace sur la vie-même d'Ahmadinedjad, embuscade dans laquelle succombent des gardiens de la Révolution, fait à nouveau rouler les dés sur le tapis vert-islam d'une région au bord du chaos. Il resterait, néanmoins, surprenant, que l'Iran s'avère, très rapidement, être le « maillon faible » de cette alliance en partie construite sur les opportunismes des caciques locaux...

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