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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

YVAN ATTAL : « J’aime Israël, d’autant plus que ce pays est mal aimé »

26 Juin 2010 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Société

Propos recueillis par Maxime Perez

à Tel Aviv / 21 Juin 2010
Pour IsraelValley

Yvan Attal

L’acteur et réalisateur se trouvait en Israël à l’occasion du festival du film français. Dimanche soir, à Haïfa, il a présenté « Rapt », dernier film réalisé par Lucas Belvaux et inspiré de l’affaire Empain qui s’est déroulée à la fin des années 70. Yvan Attal y interprète le rôle d’un puissant homme d’affaires kidnappé par des malfaiteurs. Pendant les deux mois que durera sa séquestration, l’enquête va révéler des aspects de sa vie privée inconnus de ses proches: grosses pertes aux jeux, parties de chasse, nombreuses maîtresses. La presse à scandale en fait ses choux gras, provoquant le déchirement de sa famille et sa décrédibilisation au sein de son entreprise.

Yvan Attal, vous avez la réputation de ne pas vous précipiter sur n’importe quel rôle. Qu’est ce qui vous a séduit dans ce film qui retrace avant tout un fait divers ?

Le rôle que j’interprète est très intense et l’affaire dont il est question m’a beaucoup intrigué. J’ai également beaucoup aimé la trajectoire du film et la façon dont les deux parties s’articulent. Lucas Belvaux, avec qui je souhaitais travailler depuis longtemps, m’a tout de suite précisé qu’il ne comptait pas faire un biopic mais davantage se concentrer sur un événement très précis. Il n’avait pas envie de coller totalement à une réalité et c’est pour cette raison que j’ai été choisi. En réalité, Belvaux adapte un fait divers et parvient à extraire sa vérité.

Laquelle ?

La logique de l’argent prime sur l’être humain. Finalement, même dans les classes aisées, on oublie la valeur de l’homme. Ce qui compte, c’est que le système puisse continuer à marcher. En ce sens, le film fait écho à certains maux de la société actuelle.

Le tournage a été difficile…

La préparation physique a été délicate, il a fallu que je perde 20 kilos. J’ai été isolé du reste de l’équipe, notamment pendant les repas pour ne pas être tenté. Sur le moment, j’ai compris que cet isolement était la meilleure façon de s’imprégner du rôle. Le retour à la réalité n’a pas été évident.

Venir présenter ce film ici, en Israël, cela a-t-il pour vous une signification particulière ?

D’abord, jouer la condition d’un homme en captivité me fait penser au soldat Gilad Shalit et à tous les enjeux qui tournent autour de sa libération. Ensuite, faire la promotion de « Rapt » en Israël, c’est particulier pour moi. Je suis né ici et j’aime ce pays, d’autant plus qu’il est mal aimé.

Comment définiriez-vous votre rapport avec Israël ?

Je suis né en Israël mais je suis un juif vivant en France qui se sent agressé à cause du conflit au Proche-Orient. Sa complexité échappe à beaucoup de gens et une partie de l’opinion est manipulée émotionnellement par une sorte de matraquage médiatique. Aujourd’hui, l’antisionisme a relayé l’antisémitisme. L’acharnement contre Israël remplace celui qui existait avant contre les Juifs. L’existence d’Israël et sa légitimité sont toujours remises en cause.

Vous ne craignez pas que ce positionnement porte atteinte à votre carrière ?

Non, absolument pas. Ça ne m’empêche pas de penser qu’Israël commet parfois des erreurs et d’être favorable à la création d’un Etat palestinien. Mais la condamnation systématique d’Israël me pose problème et même sur un plateau de télévision, je n’hésite pas à dire ce que je pense. Tout cela n’a rien à voir avec ma carrière et mes aspirations.

Le cinéma israélien a énormément progressé au cours de la dernière décennie. Il est beaucoup plus visible au niveau international. Est-ce que cela vous donne des idées ?

J’aimerais réaliser un film franco-israélien pour toutes les raisons que j’ai précédemment évoquées. Il y a aussi beaucoup d’acteurs israéliens que j’apprécie. Mais pour l’heure, mes projets sont en France, au cinéma comme au théâtre.

Yvan Attal, peut-on vous considérer comme un artiste engagé ?

Je ne me sens pas particulièrement engagé mais ce questionnement existe. L’artiste a certainement un rôle à jouer s’il estime qu’une cause est juste.

 

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