Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Vers un Likoud plus « nationaliste »

10 Février 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Réflexions

Par Daniel Haïk,

Hamodia No 205 du 08 février 2012,

 

http://www.hamodia.fr/

 

Binyamin Nétanyaou a certes largement remporté les primaires pour la présidence du Likoud mais il a pu constater que son challenger Moché Feiglin consolidait sa légitimité à l’intérieur du parti. Analyse.

 

  Pas de véritable surprise au Likoud : lors des élections primaires pour la présidence du parti qui se sont déroulées le mardi 31 janvier, c’est Binyamin Nétanyaou qui l’a largement emporté sur son seul challenger, le leader du « groupe pour un leadership juif », Moché Feiglin. Le Premier ministre a obtenu 77 % des suffrages contre 23 % à Feiglin. D’une certaine manière, le président réélu peut être satisfait : il a franchi la barre des 75 % de voix que ses conseillers et lui-même s’étaient fixée comme objectif, et prouvé ainsi qu’il restait le puissant chef de file d’un parti qui n’est pas seulement au pouvoir, mais qui s’avère être aujourd’hui, et de loin, la formation politique la plus importante du pays.

  Cependant, cette élection ne renferme pas que de bonnes nouvelles. M. Nétanyaou aurait en effet tort de négliger les 23 % de votes obtenus par Moché Feiglin. /Ce dernier bénéficie aujourd’hui du soutien d’un quart des adhérents du Likoud. Et ce vote prouve que tous les efforts entrepris, ces dernières années, par le Premier ministre pour neutraliser le « groupe pour un leadership juif » au sein du Likoud se sont soldés par un échec. Au fil des élections, Moché Feiglin ne cesse de gagner en légitimité et en popularité et celui qui, il y a encore dix ans, était perçu comme une curiosité politique est en train de devenir une pièce maîtresse à la direction du grand parti de droite. D’ailleurs, une partie importante des ministres du Likoud ne s’y trompe pas : au cours des dernières années, leurs critiques envers Feiglin se sont de plus en plus nuancées.

Et même Binyamin Nétanyaou en réclamant aux Palestiniens la reconnaissance du caractère juif de l’État d’Israël s’est inscrit dans l’approche de Feiglin qui estime qu’avec persévérance il est possible de conduire le Likoud à adopter des positions conformes à l’esprit de la tradition juive et plus orientées vers un nationalisme pur et dur. Dans l’entourage du Premier ministre comme parmi les commentateurs politiques, on admet donc que les 23 % de Moché Feiglin se reflèteront très nettement lorsque le moment viendra de former, toujours dans le cadre de primaires, la liste électorale du Likoud à la prochaine Knesset. Et il ne fait aucun doute que les candidats à la députation devront composer avec le camp Feiglin s’ils souhaitent optimiser leurs chances de siéger au Parlement israélien. Ce qui permet de penser que le Likoud de ces prochains mois sera plus nationaliste qu’il ne l’était jusqu’à présent. Reste maintenant à savoir si cette réélection de Binyamin Nétanyaou doit être perçue comme un prélude incontournable à des législatives qui pourraient intervenir d’ici la fin de l’année 2012. Au soir de sa victoire, le Premier ministre s’est empressé de le démentir et a sous-entendu qu’il avait l’intention d’aller jusqu’au bout de son mandat c’est-à-dire, jusqu’en octobre 2013. Cependant, il sait pertinemment que toutes les cartes ne sont pas entre ses mains. Ainsi plusieurs développements nationaux et régionaux sont susceptibles de plonger Israël dans une période électorale : le rapport du contrôleur de l’État qui pourrait recommander la démission d’Élie Ichaï et par là même le départ de Chas de la coalition, le prolongement ou l’annulation du rapport Tal sur l’enrôlement des élèves des yéchivot, qui pourrait faire fuir soit Israël Béteinou soit les orthodoxes du gouvernement. Sans parler des développements sur l’axe iranien et de l’échéance présidentielle de novembre aux États-Unis qui pourrait conduire le Premier ministre à provoquer des élections anticipées. En attendant, M. Nétanyaou aura tout le loisir de suivre les primaires de Kadima, primaires annoncées pour le 27 mars et qui laissent présager, à leur issue, un éclatement du parti centriste. Un rêve que le Premier ministre n’a jamais cessé de caresser depuis le schisme provoqué par Ariel Sharon en novembre 2005.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :