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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Un fossé de mécompréhension culturelle paralyse le combat des Occidentaux contre le nucléaire iranien

15 Février 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

Par Richard Darmon,

No 206 15 février 2012,

http://www.hamodia.fr/

 

Harold Rhodes, un ancien analyste du Pentagone spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient et celles de l’Iran - et qui maîtrise à la fois l’arabe, le perse, le turc et l’hébreu - a fait sensation à la dernière Conférence de Herzlya en mettant en exergue « la profonde mécompréhension » et « les regrettables carences culturelles » des pays occidentaux dans leur lutte contre les visées nucléaires du régime iranien…

« Admettons que nous savons où se trouvent la plupart des infrastructures atomiques iraniennes et que nous disposons des moyens technologiques pour les frapper. Cela peut d’ailleurs se faire par divers moyens…, a fait remarquer Rhodes. Or l’essentiel, c’est de ne surtout pas montrer vos cartes aux Iraniens, mais de les utiliser concrètement pour gagner. (…) Toutefois, il s’avère que les Occidentaux ne cessent de parler et parler encore - et de trop parler - à propos de l’Iran, alors qu’une décision doit être maintenant prise et appliquée ! Et ce, même si j’estime quant à moi que la seule réponse adéquate serait un changement de régime à Téhéran… »

Un régime religieux fanatique misant sur le retour du messie chiite…

Selon Rhodes, qui se trouvait déjà à l’université de Téhéran en 1978 à la veille de la Révolution islamique, l’ayatollah Khomeini détestait les gens actuellement au pouvoir en Iran qu’il avait justement éloignés du gouvernement parce qu’il craignait qu’ils ne provoquent la destruction du pays. « Les leaders religieux actuels estiment que s’ils provoquent une conflagration régionale ou même mondiale, leur douzième ‘imam caché’ - le mahdi - va revenir pour les sauver… Il est vrai qu’à leur époque les Soviétiques avaient eu recours aux menaces de la ‘Destruction mutuelle assurée’ face aux Américains, mais ce n’était qu’une tactique pour arriver à ‘l’équilibre de la terreur’ pendant la Guerre froide, et non un réel moyen de dissuasion comme le conçoivent aujourd’hui les Iraniens ! »

Pour lui, cette profonde mécompréhension des Occidentaux sur la culture religieuse et le mode de pensée et de vie des dirigeants iraniens actuels et du monde chiite islamique en général neutralise en quelque sorte leurs efforts d’aujourd’hui pour s’opposer au régime en place à Téhéran : « Les Iraniens pensent comme ils pensent… Mais, quoi que nous fassions, il nous faut comprendre leur contexte et nous en servir pour agir à bon escient ! Car c’est une évidence que les Iraniens ne pensent pas comme les Chinois ou les Américains. Et il est dangereux, surtout dans le domaine géostratégique, de se servir des outils liés à votre propre mentalité pour comprendre une autre culture ».

Il faut s’imprégner des « mentalités moyen-orientales » pour bien agir !

« Dans tous les codes et langages du Moyen-Orient, le concept du ‘compromis’ n’a aucune place et n’est même pas du tout compris ! Car toute personne désirant un ‘compromis’ est considérée comme attirant sur elle de la honte [‘aib en arabe] - ce qui explique pourquoi le Moyen-Orient reste une région à haute tension. Ici, on considère en effet que jusqu’à ce qu’on l’emporte sur son adversaire, il ne faut en aucun cas lui montrer de la compassion… Et ce n’est qu’après la victoire que vous pouvez, le cas échéant, vous montrer magnanime avec lui ! Voilà pourquoi tout est compliqué et sophistiqué dans cette région où il n’existe pas d’emblée de ‘solution gagnante’. Ainsi, la politique occidentale des ‘mesures de confiances’ et des ‘gestes d’apaisement’ sont toujours interprétés comme de la faiblesse. Car il faut parlementer après la victoire sur le terrain et surtout pas avant le combat ! »/ Pour Rhodes, le fait que l’occident parle sans cesse de la « paix » comme s’il s’agissait de l’équivalent du « salam » musulman constitue une grossière erreur culturelle avec des conséquences stratégiques catastrophiques sur le terrain :

« En arabe, le ‘salam’ est généralement vu comme la joie à laquelle le croyant parvient en soumettant telle ou telle personne ou tel ou tel peuple à l’islam et à la loi du prophète Mahomet. Or ce n’est pas exactement, que je sache, ce qu’entendant les occidentaux quand ils utilisent le mot ‘paix’ à tort et à travers… ! »

Et de conclure en citant l’exemple édifiant en la matière, selon lui, de l’ex-Premier ministre David Ben Gourion, qui, en son temps « savait parfaitement y faire avec les Arabes » : « Il commençait toujours ses discours en déclarant

" Nous, Juifs, revenons ici chez nous après 2 000 ans d’exil, car cette terre est la patrie dont nous fûmes exilés. Nous savons certes qu’il y a ici un autre peuple - qui devra jouir des mêmes droits que nous dans une société moderne et démocratique -, mais cette terre est à nous ! "  En fait Ben Gourion était prêt à des compromis en la matière, mais il avait intuitivement compris ce qu’étaient ses adversaires et aussi le peuple juif revenant à Sion et il n’avait pas honte de le dire aux Arabes ! »

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