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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Tom, Gédéon, Yossi et Amira

23 Décembre 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Point de vue

Par Emmanuel Navon

http://navonsblog.blogspot.com/

21,Décembre 2011

Adapté par Mordeh'aï ©2011 pour le blog malaassot

http://malaassot.over-blog.com/

 

Tom Friedman dans un article récent du New York Times, du 13 Décembre "Newt, Mitt, Bibi et Vladimir" fait deux points:

a. Les prétendus amis d'Israël tels que Newt Gingrich et Mitt Romney sont aveugles ne voyant pas qu'Israël s'enfonce dans l'Age des Ténèbres à cause des politiques folles de Netanyahu et Lieberman,

b. Les voix critiques que Tom Friedman et Gideon Levy ont injustement tancées comme «anti-Israëlienne» quand, en vérité, ces voix sont les seules aujourd'hui qui tentent de sauver Israël de lui-même, hors de la prévoyance et du vrai amour. Il y a aussi un message subliminal dans le titre de l'article de Friedman: l'Axe du Mal du monde est composé des deux leaders Républicains, du Premier ministre d'Israël, et du Président à vie de la Russie.

 

La démarche de Newt Gingrich arguant que les Palestiniens étaient un peuple "inventé" a enflammé l'edito de Friedman.

Friedman dit que cette formule de Gingrich “ est une nouvelle bassesse.” Ainsi pour Friedman exposer la vérité constitue une "bassesse" (pour Hillary Clinton c’est tout simplement «inutile»).

Qu’en est-il exactement, qu’a dit Gingrich? Qu'il n'y a jamais eu un pays souverain appelé “la Palestine,” et que les Arabes qui ont vécu au Sud-est de l'Empire d'Ottomane étaient connus comme Arabes et pas comme “Palestiniens”. Ces deux faits sont indiscutables.

Maintenant,les Palestiniens ont-ils été "inventés" ? Oui,ils l’ont été.

Pendant la domination ottomane du Moyen-Orient (1516-1918), il n'y avait pas de «Palestine», mais des «sandjaks» (c'est-à-dire les divisions administratives): Le sandjak d'Acre, le sandjak de Naplouse, et le sandjak de Jérusalem. Les Arabes qui vivaient dans ces «sandjaks" étaient un groupe décousu de tribus qui avaient peu en commun.Il n'y avait pas de culture "palestinienne", de langue, de religion ou d'identité nationale distincte de celle de l'ensemble de la nation arabe.

 

Le nom «Palestine» est apparu au 20e siècle lorsque la Grande-Bretagne a établi sa domination sur les ruines de l'Empire ottoman (les Britanniques ont ranimé le mot latin "Palestina" inventé par les Romains pour remplacer le nom de «Judée» (avec une allusion aux Philistins, - les ennemis historiques des Juifs). Toutes les personnes vivant dans le mandat britannique étaient "des Palestiniens", y compris les Juifs. The Jerusalem Post que l'on appelait The Palestine Post, ce n'est seulement qu'après l'indépendance d'Israël que l'Orchestre Philharmonique de la Palestine est devenu l'Orchestre de Philharmonique d'Israël.

 

En février 1919,le premier Congrès des Associations musulmanes et chrétiennes s'est réuni pour examiner l'avenir des territoires autrefois gouvernés par l'Empire d'Ottoman. Le Congrès a déclaré : “Nous considérons la Palestine comme partie de la Syrie arabe puisqu'elle n'en a jamais été séparée.” Le Bey Abdul-Hadi Auni chef arabe a dit à la Commission britannique Peel en 1937 : “Il n'y a aucun pays s’appelant Palestine. 'La Palestine' est un terme inventé par les Sionistes. Il n'y a pas de Palestine dans la Bible. Notre pays a été une partie de la Syrie durant des siècles. 'La Palestine' nous est étrangère. Ce sont les Sionistes qui ont introduit ce nom.

” En 1946 Philip Hitti chercheur respecté des arabes a témoigné devant le Comité anglo-américain qu'il n'y avait jamais eu une telle terre nommée "Palestine" dans l'histoire.

 

Le Comité spécial des Nations Unies sur la Palestine (UNSCOP) a écrit dans son rapport de septembre 1947 indiquant que le nationalisme palestinien était un phénomène nouveau. En effet, l’UNSCOP a recommandé la partition du mandat britannique entre un Etat juif et un Etat arabe (et non un «Etat palestinien»). Le porte-parole de l'OLP Ahmad Shuqeiri a dit au Conseil de sécurité en 1956 que la Palestine n'était rien d'autre que la Syrie du sud. Le chef du Département des opérations militaires de l'OLP, Zuheir Muhsein, a déclaré le 31 Mars 1977: "Il n'y a aucune différence entre Jordaniens, Palestiniens, Syriens et Libanais. Nous faisons tous partie d'une même nation. C'est seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identité palestinienne...... Oui, l'existence d'une identité palestinienne distincte ne sert seulement qu'à des fins tactiques. La fondation d'un Etat palestinien est un nouvel outil dans la bataille ininterrompue contre Israël".

 

Le Palestinisme est une réaction au Sionisme. Si le mouvement Sioniste n'avait pas existé, personne n'aurait jamais entendu parler d'un peuple palestinien. En 1925, par exemple, le nouveau Haut-commissaire britannique pour la Palestine, Sir Herbert Plumer, a assisté à une compétition sportive à la fin de laquelle les deux hymnes The God Save the Queen et la Hatikvah ont été joués. Les représentants arabes ont protesté auprès de Plumer à propos de l'hymne national juif. Plumer qui était en faveur d'un statu-quo strict entre Juifs et Arabes, s'est excusé de son faux pas et a promis que la prochaine fois l'hymne arabe serait joué aussi. À ce moment, les chefs arabes ont dû l'admettre: ils n'avaient pas “d'hymne arabe palestinien.” Eh bien, vous feriez mieux de commencer à travailler sur un, leur a dit Plumer.

 

Donc Gingrich a raison. Le fait que dire la vérité au sujet du Moyen-Orient est devenu un acte de pyromane qui tend à démontrer que le terrorisme intellectuel fonctionne effectivement. Mais il va aussi demontrer que les "Gardiens de la Vérité du Moyen-Orient" (comme Tom Friedman, Gideon Levy, Yossi Beilin, et Amira Hass) ont un double langage.

 

Thomas Friedman n'a pas exprimé d'indignation quand Shlomo Sand a publié son livre "L'invention du peuple juif" (pas plus qu’Hillary Clinton n'a protesté qu'il est "inutile" de prétendre que le peuple juif a été inventé). Prétendre que le peuple palestinien a été inventé est "vil" et "inutile", mais revendiquer la même chose à propos des juifs est un acte vieux jeu de courage.

 

Friedman a écrit que les ovations que Netanyahu a obtenu au Congrès américain en mai 2011 «ont été achetées et payées par le lobby pro-israélien» (une accusation dont le Représentant de New Jersey Steve Rothman a demandé des excuses). Mais alors, pourquoi Freidman n'a pas écrit que le boycottage probable auquel Netanyahu aurait fait face à l'université de Wisconsin serait acheté par le lobby saoudien? Pourquoi cette logique ne s'applique seulement qu'à Israël?

 

Si le lobby juif est si fort et si riche, comment se fait-il qu’il n'a pas encore acheté le soutien des campus universitaires d’Amérique? Comme Walt et Mersheimer, Friedman ne peut pas penser à une raison autre que celle de "l'argent juif” pour justifier de la position pro-Israëlienne du Congrès américain. Mais, comme eux, il ne se hasarderait pas à dire que le discours pro-arabe sur les campus américains n’a rien à faire avec les millions de dollars donnés par l'Arabie Saoudite.

 

Seul l'argent juif serait capable de corrompre l'esprit américain.

 

Finalement, Friedman est un hypocrite ou un ignorant (ou les deux).lorsqu'il décrit un Israël plongeant dans le fascisme et la description de la descente aux enfers d'Israël est une alléguation. Dans son article, Friedman ne cite que le New Israel Fund, le Haaretz et le Financial Times comme sources d'information. Avec de telles sources pluralistes, Friedman sait sûrement comment cela se passe en Israël: Gideon Levy cite Thomas Friedman et Thomas Friedman cite Gideon Levy. C'est le cercle vicieux des logiques circulaires.

 

Friedman cite le Financial Times pour accorder du crédit à ses affirmations, mais l'article du ‘Times’ est plein de faits inexacts et d’accusations calomnieuses.

 

Premièrement, il n'y a aucune loi en Israël qui permette aux communautés israéliennes d'exclure des familles arabes.

 Deuxièmement, la “loi du boycott” n'impose pas de pénalités aux Israéliens qui préconisent un boycott de produits de Cisjordanie sous statut juif. La loi permet simplement aux victimes de boycotts de remplir une action civile pour perte économique. La loi n'a rien en commun avec l’arbitrage tel que: un boucher non-kascher de Tel-Aviv, par exemple, peut maintenant intenter un procès à un rabbin demandant le boycott de son magasin.

Troisièmement, en Israël, les juges de la Cour suprême sont nommés par un comité dans lequel le pouvoir judiciaire a un droit de veto. Une des propositions est de permettre à la Knesset d'approuver la nomination de juges à la Cour suprême (“erreur politique!” s'écrie Friedman). En Amérique, les juges de la Cour suprême sont nommés par le président et approuvés par le Congrès, mais ce n'est pas une «erreur politique».

Le but des récentes propositions de réforme de la procédure de nomination des juges est de mettre un terme au système de cooptation de la Cour suprême, qui génère une uniformité idéologique et empêche toute nomination de juges conservateurs à la Cour.

 

Friedman termine son article en affirmant que plus d'un Israélien se demande " qui sommes-nous? " (il le sait, parce que Gideon Yossi et Amira lui ont dit). Je me demande si lui,Tom Friedman se demande parfois qui il est lui-même. Mais j'ai la réponse pour lui: un tartufe hypochondriaque.

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