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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Spontanée ou programmée par la gauche ?

8 Septembre 2011 , Rédigé par mordeh'ai

Par Daniel Haïk

http://www.hamodia.fr/

No 184 07 septembre 2011,

 

 Depuis le déclenchement de la révolte sociale vers le début du mois de juillet, de nombreux observateurs s'interrogent sur la spontanéité de ce mouvement. Est-ce que c'est de leur propre initiative que Dafni Lif et ses camarades sont descendus le 14 juillet pour planter leurs tentes sur le boulevard Rothschild ou bien sont-ils, manipulés depuis le début par des forces anarchiques ou d'extrême gauche qui n'auraient d'autre objectif que de faire chuter le gouvernement Nétanyaou ?

À plusieurs reprises au cours de ces sept semaines de protestation, les polémiques entre le noyau dur conduit par Dafni Lif, Stav Shafir et Reguef Kontass et le courant plus pragmatique conduit par le président de l'union des étudiants israéliens Itzhik Shmouli ont donné à penser que les premiers servaient des intérêts occultes tandis que le second souhaitait réellement apporter un changement bénéfique dans la société israélienne. Ce serait la raison pour laquelle Lif and Co avaient refusé le moindre dialogue avec la commission Trachtenberg nommée par Nétanyaou tandis que Shmouli lui s'était déclaré favorable à un tel dialogue.
Dans ce débat, deux données se sont rajoutées au cours des derniers jours : le mouvement sioniste Israël Shéli a révélé que Dafni Lif n'avait pas dit toute la vérité sur son exemption de service militaire. Depuis qu'elle a été projetée devant les feux des projecteurs la jeune femme, dont les parents sont particulièrement aisés avait prétendu qu'elle avait été dispensée de service dans Tsahal pour cause d'épilepsie. Or, il s'avère, selon « Israël Sheli » qu'en 2002, en pleine Intifada, alors qu'elle terminait sa scolarité, Lif avait signé la fameuse « lettre des Terminales » contre le service militaire au sein de Tsahal qui était qualifié, dans cette lettre « d'armée d'occupation ». Lif se posait donc là en objectrice de conscience. Interrogée sur ce point obscur par un courageux journaliste de la télévision, la jeune femme avait manifesté son mécontentement avant d'interrompre en direct l'interview !
 

Le second élément à rajouter à ce dossier, ce sont les révélations faites, vendredi dernier par l'un des plus célèbres journalistes d'investigations, Kalman Lipskind du Maariv. Celui-ci a en effet, affirmé dans son journal qu'au mois de mars dernier, un groupe d'experts en communication, qui avaient orchestré en 1999, la campagne électorale victorieuse d'Ehoud Barak, s'étaient réunis dans une galerie de Tel-Aviv dans un but bien précis : étudier les moyens de provoquer la chute du gouvernement Nétanyaou en provoquant une révolution sociale d'envergure. Parmi ces conseillers, les frères Boaz et Moché Gaon, Tal Zilberstein, l'incontournable leader de la « gauche nationale » Eldad Yaniv et, en bonus, le célèbre expert juif américain Stanley Grinberg qui fut l'artisan de la victoire de Barak ainsi que l'un des conseillers de Bill Clinton. Lipskind explique même qu'il y a deux mois et demi, peu avant le début des vacances… et de la révolte sociale, Yaniv avait envoyé un message sur sa page Facebook dans lequel il annonçait l'imminence du lancement d'un « mouvement social autour des prix du logement ». Interrogé à ce sujet, le principal intéressé a formellement démenti ces accusations affirmant qu'il s'était joint avec son mouvement à la plus émouvante révolte sociale de l'histoire d'Israël : « Ne nous fatiguez pas avec ces sornettes que Bibi et Nou'hi Dankner (le puissant patron du Maariv) nous servent dans leurs journaux ».

Pour un autre journaliste du Maariv, Ben Dror Yémini, il ne fait aucun doute qu'il y a eu au cours de cet été deux tendances dans ce mouvement : celle qui aspire à un véritable changement, à un bouleversement des priorités sociales et à laquelle l'ensemble des manifestants ont adhéré : « La seconde tendance est anarchique, et elle est conduite par des chefs de file qui veulent " foutre la pagaille " dans le style " plus tout ira mal, plus tout ira bien '' »….« Il est temps, écrivait Ben Dror Yémini au lendemain de la grande manifestation du 3 septembre, de mettre un terme à cette duperie. Car si certains des leaders et parmi eux Dafni Lif cherchent autre chose alors ils deviennent les ennemis de la protestation et ils doivent être destitués ».
Difficile de porter un jugement catégorique à propos des accusations de " Mon Israël " sur Dafni Lif, au sujet des révélations de Lipskind sur une sorte de conspiration gauchisante, ou enfin sur le jugement de Ben Dror Yémini.

Une chose est sure : face à la campagne de mobilisation à outrance orchestrée ces dernières semaines par la presse et les médias en faveur du mouvement social, au mépris outrancier de toute éthique professionnelle, il est heureux de constater qu'il reste en Israël une poignée de journalistes honnêtes qui n'adhèrent pas à la pensée unique et qui continuent malgré les pressions sociales, à prendre des risques pour faire ce qui est la quintessence de leur métier, à savoir informer.

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