Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Silwan : le rêve fou d'un illuminé ?

9 Avril 2010 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Société

Par PEGGY CIDOR

Pour JPost

08.04.10

 

Au début du mois de mars, l'édile de la Ville sainte annonçait lors d'une conférence de presse un plan qui allait dominer l'actualité : El-Boustan ou Gan Hamelech à Silwan. L'objectif : transformer le vieux quartier usé avec ses 88 immeubles illégaux en un site touristique attractif. Le plan prévoit la destruction de dizaines de maisons dans les flancs de la vallée de Kidron pour accueillir un parc national. Les habitants seront relogés pendant la durée des travaux avant de s'installer définitivement dans de nouveaux complexes à plusieurs étages, accueillant également des magasins, des restaurants ou des galeries d'art. Nir Barkat rêve de transformer Silwan en un immense site touristique.

 

 Photo: Ariel Jerozolimski , JPost

 

lI suffit d'écouter Nir Barkat pour savoir que le projet fourmille dans sa tête depuis bien longtemps. Quelques mois seulement après avoir pris ses quartiers, l'édile convoque ses principaux collaborateurs pour une réunion de travail. Avec entre autres, Shlomo Eshkol l'ingénieur de la ville, Kobi Kahlon le maire-adjoint à la tête de la commission de l'aménagement de Jérusalem, ou encore le conseiller municipal en charge de Jérusalem-Est, Yakir Séguev. Dès le début, Nir Barkat se laisse aller au lyrisme : "Je ne parle pas de démolir ou d'évacuer. Je parle d'un rêve, celui de transformer un taudis en un site attractif. Je veux entendre vos idées" .

Silence dans la salle. Echange de regards interrogatifs. Puis certains se lancent et soulignent l'importance des obstacles : le contexte explosif de Jérusalem-Est, la question délicate des droits de propriété et de l'illégalité des structures à détruire.

Nir Barkat coupe court : "Je ne veux pas entendre parler des problèmes. Je les connais déjà. Je veux entendre vos idées en fonction de vos portefeuilles respectifs."  L'assistance se crispe. Shlomo Eshkol se hasarde néanmoins à évoquer les coûts exorbitants de tels travaux.

Barkat s'agace : "Vous ne me comprenez pas. Je ne veux pas entendre parler des difficultés. Je veux vos idées et vos propositions. Vous devez en avoir conscience : mon succès en tant que maire de Jérusalem sera jugé sur ce projet. Alors arrêtez de penser et commencez à rêver avec moi." 

 

Jerusalem Post : Vous avez peaufiné votre plan depuis le début de votre mandat. Pourquoi ?

Nir Barkat : Depuis le jour où je suis devenu maire, je savais qu'il fallait changer de direction. Bien sûr, je connaissais la dure réalité sur le terrain mais je n'ai pas pris les responsabilités de maire pour perdre mon temps. Je suis arrivé avec le sens du devoir à accomplir.

 J.P. : Avez-vous pris en compte les problèmes, les pressions et les tensions qui entourent chaque dossier à Jérusalem-Est ?

N.B. : Je n'ai jamais eu peur d'accomplir les choses en lesquelles je crois. A Silwan, c'est la bonne chose à faire. Je n'ai aucun doute là-dessus.

J.P. : Pourquoi avez-vous décidé de rendre votre plan public malgré votre engagement à Netanyahou de le présenter d'abord à la commission d'aménagement de la ville ?

N.B. : Il y avait trop de rumeurs et de fausses informations commençaient à circuler. Elles auraient pu compromettre l'ensemble du plan, en particulier parmi les résidents arabes qui ont déjà donné leur accord. Certains disaient que j'avais prévu de tout démolir et que les habitants seraient expulsés de la ville. Je n'avais pas d'autre choix que de m'expliquer publiquement.

J.P. : Les organisations de droite, comme la fondation Ir David, seront-elles partie prenante du projet comme dans d'autres zones de Jérusalem-Est ?

N.B. : Absolument pas. Ni dans la conception, ni dans la mise en place. D'un autre côté, je serai plus que ravi d'accueillir des promoteurs arabes dans ce projet.

J.P. : Il y a des résistances parmi les habitants et certains membres de votre coalition. Quelle est votre réponse ?

N.B. : Le fait que les extrémistes des deux bords, gauche et droite, soient contre le projet est suffisamment révélateur. Nous connaissons les efforts des associations de la gauche israélienne pour convaincre les habitants arabes de rejeter le plan parce qu'elles sont convaincues que la ville devrait être divisée en deux. Tout comme la droite qui voit dans le plan un cadeau à ceux qui enfreignent la loi en construisant sans permis. S'agissant des habitants, il est évident qu'ils ne peuvent pas se risquer à exprimer publiquement leur soutien, mais après des négociations, la plupart ont accepté de signer un accord.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :