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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Sarkozy s’est-il trompé dans ses calculs ?

27 Septembre 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Réflexions

Par Michel Gurfinkiel,

No 187 26 septembre 2011, Editorial

http://www.hamodia.fr/

 

 

Il était pro-israélien, il se veut pro-palestinien. Il perd d’un côté et ne gagne rien de l’autre.

 

Nicolas Sarkozy s’était présenté, avant les élections présidentielles de 2007, comme un ami vigilant du peuple juif et d’Israël. Cette prise de position, assez originale dans le contexte politique français, avait sans doute contribué à son succès. Elle lui avait valu le ralliement de la plus grande partie de la communauté juive, ainsi que celui des non-Juifs passionnément attachés à Israël. Deux petites minorités, sans doute. Mais une majorité présidentielle s’obtient en additionnant des minorités plus ou moins grandes. Toutes comptent, à cet égard. À condition qu’elles soient compatibles entre elles

 Cinq ans plus tard, Sarkozy se veut défenseur des Arabes et des Palestiniens. Il n’est pas tant intervenu en Libye pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi que pour soutenir « le printemps arabe », c'est-à-dire le droit des masses arabes de vivre leurs fantasmes. Il prend position, à l’ONU, pour un État palestinien souverain, délimité par ce qu’il appelle « les frontières de 1967 », en ignorant ou rejetant par le même fait un processus de paix inscrit dans le droit international et garanti par la diplomatie internationale, européenne et française. Cette position rencontre a priori l’approbation de la plus grande partie de l’opinion publique française, pétrie de bons sentiments et d’inculture géopolitique. Mais aidera-t-elle à sa réélection ? Ce n’est pas sûr. Car elle ne lui permet pas de se distinguer de ses adversaires, qui professent en général la même analyse, surtout la question palestinienne. De la gauche socialiste à Marine Le Pen. En revanche, elle peut lui coûter le soutien des Juifs et des non-Juifs pro-israéliens. C’est à dire des minorités restreintes, mais actives qui font les victoires électorales. Regardons froidement les chiffres. Sarkozy a été très populaire - plus de 60 % d’opinions favorables - pendant les cinq premiers mois de son mandat. Ensuite, il s’est effondré : 50 % en janvier 2008, moins de 40 % en avril 2008, moins de 30 % en 2010, et même un abyssal 23 % en avril 2011. Il est ensuite remonté à 35 % et mis sur ce rebond pour croire à ses chances pour 2012. Incontestablement, le gros de l’électorat de droite va peu à peu se résigner, secteur après secteur, à revoter pour lui : « Il faut avoir le courage de voter pour Louis XVI », comme disait Jean-Paul Casanova voici plus de trente ans. Mais un électorat, revenons sans cesse sur cette idée, c’est à la fois de gros bataillons - la gauche ou la droite « sociologiques » - et des minorités à forte individualité. Celles-ci hésiteront jusqu'au dernier moment. Quand elles n’ont pas déjà décidé de l’abandonner à son sort et de confier au Ciel celui de la France.

 Il n’y a pas de statistiques religieuses ou communautaires en France. Mais on sait que l’électorat musulman ne représente pour l’instant que moins de 5 % de l’électorat global (de nombreux musulmans vivant en France sont étrangers ou trop jeunes pour voter). Qu’il était acquis à la gauche à plus de 80 % en 2007 ! Et qu’il le restera en 2012, parce Sarkozy, en mettant en avant l’identité nationale pendant la plus grande partie de son mandat, s’est conduit comme un ennemi à son égard. On sait aussi que si les Juifs se définissant comme tels ne constituent que 1 % du corps électoral, l’audience juive ou pro-israélienne, qui réunit les Français de toutes origines et confessions fortement attachés à Israël, représente 4 % au moins de l’électorat. Autant que les musulmans.

 

À Roch Hachana, les nations et leurs rois sont jugés. Eux aussi.

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