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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Ruth Gabizon enfonce la Cour Suprême !

7 Janvier 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

Ruth Gabizon, professeur de Droit et lauréate du Prix Israël 2011, est aussi l’une des figures

les plus éminentes dans le domaine du Droit en Israël. Ses analyses sont toujours étayées et souvent pertinentes, et n’épargnent personne, ce qui lui donne une réputation d’honnêteté intellectuelle et de probité.


Lors d’une soirée organisée en son honneur par l’Université hébraïque de Jérusalem, Ruth Gabizon s’est lancée dans une critique en règle contre la Cour Suprême, justifiant ainsi sans l’avouer toutes les propositions de loi de ces derniers mois visant à rééquilibrer la composition de la Cour afin qu’elle revienne à ses fonctions constitutionnelles premières et ne s’immisce plus dans des domaines qui lui sont interdits.


Gabizon dénonce « une intervention de plus en plus grossière des juges de la Cour dans les affaires relevant de la Knesset » qu’elle qualifie « d’attitude incorrecte et dénuée d’intelligence ».

Chose étonnante mais bienvenue, la professeure a choisi d’illustrer sa critique en utilisant le cas de l’avant-poste de Migron, dont la destruction a été ordonnée par la Cour sans que les plaignants arabes – aidés d’organisations gauchistes israéliennes – n’aient fourni la moindre preuve de la propriété des terrains en question. L’accusation de Gabizon est tranchante : « Dans le cas de Migron, la Cour Suprême a utilisé de manière cynique la notion d’Etat de Droit ! » Et de poursuivre: « En matière de maintien ou d’évacuation de localités juives, la Cour Suprême s’est engouffrée dans un domaine où toute personne sage n’aurait pas mis les pieds, avec comme conséquence une fracture entre le système judiciaire et la Knesset mais aussi la population ».


Mais Ruth Gabizon va encore plus loin et enfonce le clou, apportant de l’eau au moulin des députés de droite qui veulent légiférer en ce domaine : « L’ingérence de la Cour Suprême dans ces domaines sensibles fait le jeu de la communauté internationale et des Palestiniens, encourageant ces derniers à ne rien faire d’autre qu’utiliser le système judiciaire israélien pour atteindre leurs objectifs ». Ce genre de propos justifie donc pleinement par exemple les propositions de loi visant à interdire l’aide financière fournie à des ONG israéliennes par des Etats étrangers, car ce sont justement ces associations qui assaillent les tribunaux de requêtes à visées anti- ou post-sionistes, au service des Etats étrangers qui les financent.


La juriste a conclu « qu’il vaudrait mieux que le débat politique reste dans la sphère de la Knesset et que la Cour Suprême dise ‘je ne peux pas intervenir dans ce domaine sauf à risquer d’affaiblir et ébranler l’édifice sociopolitique du pays’ ». C’est ce qu’avait fait cette même Cour Suprême lorsqu’elle avait été saisie à propos du désengagement du Goush Katif. La décision de Sharon ayant correspondu aux idéaux politiques de l’élite laïque et libérale du pays dont font généralement partie les juges, ces derniers avaient donné un blanc-seing à Sharon en refusant soudainement d’intervenir, contrairement à leur habitude.


Les critiques émises par Ruth Gabizon, qui est une sommité respectée et écoutée dans la société israélienne relativisent ainsi la campagne alarmiste lancée depuis quelques mois par les autoproclamés « défenseurs de l’Etat de Droit et de la démocratie israélienne », et elles donnent paradoxalement raison à ceux qui veulent redonner une consistance plus authentique à ces concepts galvaudés et invoqués à tort et à travers.

par Shraga Blum

http://www.israel7.com/

05/01/2012

 

 
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