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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Question d'époque – עינין של זמן

11 Mars 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Tribune libre

 Professeur Abraham Ben-Zvi

http://www.israelhayom.com/site/newsletter_article.php?id=3442

 9, Mars 2012

Adaptation Mordeh'aï pour malaassot.com © 2012

 

133128135958117370a_b.jpgObama considère les dires de Netanyahu sur l'Iran comme un levier pour faire pression sur Téhéran · Après la visite de Netanyahu à Washington, la Maison Blanche est peut-être arrivée à la conclusion qu'il n'y a aucune alternative à plus de sanctions contraignantes .

 

En juin 1964, Levi Eshkol le Premier-ministre d'alors fut invité à la Maison Blanche pour sa première visite officielle. Dans les années 1950, l'attitude des U.S.A envers Israël était plutôt froide, plus réservée et plus distante. Lorsque le prédécesseur d'Eshkol, David Ben-Gurion, s'était rendu à Washington, il avait aussi rencontré les Présidents Harry Truman, Dwight Eisenhower et John F. Kennedy, seulement ces visites ont été tenues d'une façon informelle et sans le battage qui s'y rattachent et les galas que nous sommes maintenant habitués à voir dans les hôtels élégants de New York.

Contrairement à Ben-Gurion, Eshkol avait été reçu chaleureusement par son hôte le président Lyndon Johnson. La visite officielle historique avait été organisée d'une manière digne de l'apparat et cérémonie de toutes les visites d'un chef d'État. C'était une visite qui avait été arrangée dans le contexte de l'approfondissement et le renforcement des liens stratégiques, dont les bases avaient été mises en sourdine pendant l'ère Ben-Gurion et des 1000 jours de la présidence de JFK et elles commençaient à reprendre le dessus entre Washington et Jérusalem.

L'invitation présidentielle d'Eshkol avait également annoncé le rapprochement idéologique entre Jérusalem et Washington, un rapprochement incarné par l'entrée de Johnson à la Maison Blanche. En effet, la rencontre de la Maison Blanche a été marquée par un éloge débordant et l'admiration de Johnson canalises sur Eshkol. Le sommet de 1964 fut peut-être la plus pure expression du point de vue d'un président Américain, désignant Israël comme un bastion essentiel, pro-occidental dans un Moyen-Orient agité et sa croyance profondément ancrée, telle que la société israélienne représentait un reflet des valeurs et des traditions sur lesquelles la nation américaine a été fondée.

Ces démonstrations d'affection ont également étaient évidentes lors de la seconde visite d' Eshkol aux États-Unis en janvier 1968. C'etait une visite qui incluait un voyage à la Maison Blanche, mais aussi une visite à la ferme de Johnson au Texas.

Depuis ce tournant, les rencontres au sommet entre les dirigeants sont devenues partie intégrante des règles du jeu qui régissent des relations entre alliés. Ces relations sont ancrées dans la perception d'Israël par les Américains comme un atout stratégique et régional clé pour les États-Unis, aussi bien qu'un partenaire idéologique pour faire progresser la vision morale et culturelle de la société américaine dans le monde d'aujourd'hui. Pourtant à côtés des réunions au sommet, qui étaient généralement des occasions de féliciter les dirigeants Israëliens (comme lors de la plupart des réunions au sommet même quand George w. Bush était Président), il y a eu aussi de la tension dans des rencontres au sommet qui se caractérisaient par des frictions et des désaccords (comme mars 1977 entre Jimmy Carter et Yitzhak Rabin aussi bien que celle de novembre 1982 entre Ronald Reagan et Menahem Begin).

Compte tenu de cette vision, qui présente un large éventail depuis l'étreinte chaleureuse à la réprimande froide, il apparaît que le sommet de Washington le plus récent qui a eu lieu cette semaine entre le Président Barack Obama et le Premier Ministre Benjamin Netanyahu peut être décrit précisément comme étant " quelque part au milieu ", un point équidistant des deux pôles. Alors que le sommet était dépourvu de sentiment d'amitié qui était "dans l'air du temps" chaque fois que Johnson et Eshkol se sont rencontrés, on a réglé dans une atmosphère qui était à des années lumière de l'atonie terrible qui avait caractérisé les autres réunions conflictuelles entre les deux hommes, dont celle qui eut lieu en avril 2010.

Malgré le désaccord aigü, fondamental sur un certain nombre de questions, y compris la mesure dans laquelle des sanctions internationales ont touché l'Iran , la gravité de la menace nucléaire iranienne dans le court terme et les risques inhérents à l'exercice de l'option militaire, il est bon de rappeler qu'Obama et Netanyahu se sont rejoints pratiquement sur le même point. Comme en témoignent les remarques claires du président avant la conférence de l'AIPAC, les deux hommes reconnaissent qu'Israël a un plein droit de prendre des mesures nécessaires pour défendre son existence et sa sécurité face à la rhétorique belliqueuse et aux menaces venant de Téhéran et qu'il n'y aurait aucune réconciliation avec l'entité cléricale fanatique,  qui entrerait en possession de l'arme nucléaire.

En effet, le voeu explicite d'Obama d'empêcher l'Iran de réaliser le scénario cauchemardesque d'une capacité nucléaire cachée - au moins partiellement - les points de désaccord qui sont restés non résolu sur des questions comme de combien de temps il faudra attendre pour manoeuvrer, quelles options sont disponibles, qui prendra des options de priorité la plus élevée et les délais impartis pour l'hégémonie américaine et la communauté internationale pour relever le défi qui se présente à eux.

Bien qu' Obama ne veuille pour rien au monde  voir le calme perturbé sur le front économique, au moins jusqu'aux élections  présidentielles du 6 novembre (notamment en raison de la crainte qu'une crise dans le golfe Persique serait un cauchemar et le  verrait dégringoler vers le temps et les jours de l'administration George w. Bush et de son agenda stratégique sans parler des contraintes et des  pics économiques que tout conflit est susceptible d'entrainer).

Il ne faudrait pas écarter la possibilité qu'il voit un certain avantage dans les déclarations énergiques de Netanyahu sur la question iranienne, sans soutenir apparemment  la réalisation effective de la menace réelle.

Dans la décennie qui a mené à la guerre des Six jours, l'administration Eisenhower, Kennedy et Johnson n'ont fait que  répéter l'utilisation des menaces israéliennes d'exercer le contrôle sur la Rive Occidentale du Jourdain dans le cas où le Royaume hachémite se désintègrait. La vision du contrôle israélien sur la Cisjordanie(la Rive ouest) a été l'arme la plus efficace que les États-Unis pouvaient espérer brandir afin de dissuader Gamal Abdel Nasser d'Égypte de poursuivre ses efforts d'affaiblir le régime du roi Hussein, ceci malgré l'opposition véhémente de Washington à Israël d'entreprendre une telle prise de contrôle.

Malgré les circonstances très différentes entre hier et aujourd'hui aussi bien que les déclarations apparemment contradictoires émanant de l'administration, on a l'impression que lorsqu'il s'agit de la question iranienne, la Maison Blanche, comme elle l'a fait dans les années 1950 et le début des années 1960, voit la tactique israélienne de plus en plus agressive comme moyen efficace de pression sur Téhéran et les autres acteurs mondiaux qui sont hésitants, apathiques ou hostiles au régime des sanctions. Bien sûr, ceci dépend de l'Iran qui s'est s'abstiendrait de toute réponse provocatrice.

Autrement dit, la menace israélienne est l'un des nombreux outils vitaux à la disposition des Américains. Ces outils, qui incluent un certain nombre d'évolution possible de l'action, qui sont utilisés par l'administration pour bricoler une large coalition qui serait plus déterminée à arrêter la menace imminente. Washington brandira ces menaces sans adopter chaque aspect de l'argumentaire israélien, tout en espérant que le durcissement de sa position ne conduira pas à une escalade qui deviendrait incontrôlable et à une crise qui échapperait à tout contrôle.

 

Un rappel douloureux

Mis à part la volonté de se pencher sur la menace israélienne encore un autre moyen de décourager l'Iran et de convaincre la communauté internationale d'adopter des sanctions encore plus sévères, on peut considérer le sommet de cette semaine comme une indication claire que les Américains ont formulé une stratégie plus agressive et pro-active  à ce point quand il s'agit de traiter avec le cinoche iranien.

Non seulement à la Maison Blanche on montre sa volonté d'utiliser les menaces israéliennes d'action militaire comme un levier contre l'Iran, mais il semblerait que l'on soit aussi venu à la conclusion qu'il n'y a aucune autre option, mais faire augmenter la gravité des sanctions contre Téhéran. L'espoir de Washington est qu'une combinaison de language dur, puissant émanant de Jérusalem et des Etats-Unis et l'activité diplomatique internationale seront suffisants pour empêcher l'apparition de la bombe nucléaire iranienne. 

Contrairement à la doctrine du président Theodore Roosevelt (à laquelle Obama a fait allusion dans son discours de l'AIPAC) qui pose le principe qu'il est préférable de parler paisiblement et tenir un gros bâton, comportement futur de l'Amérique en matière iranienne va probablement arrêter un principe tout à fait différent, compte tenu de la pensée stratégique contemporaine. Cela pourrait être attribué en partie aux pressions israéliennes. En effet, la rhétorique de la Maison Banche va probablement être émoussée et belliqueuse plutôt que douce, et elle sera sauvegardée d'un certain nombre de dégâts, par des bâtons menaçants. L'intention est de réduire l'écart entre les mots et l'action dans l'espoir que les fanatiques Islamiques réévalueront la faisabilité du projet nucléaire.

Dans cette veine, nous pouvons pointer vers un  certain nombre d'étapes d'une grande portée, punitives potentielles qui pourraient inclure des sanctions plus sévères contre contre les secteurs bancaires et de l'énergie d'Iran ainsi que les tactiques de guerre économique semblable à celles employées par l'administration Nixon contre le gouvernement de Salvador Allende au Chili, il y a quatre décennies. Il peut également inclure diverses actions et schémas qui ont éclos en coulisses par les États-Unis et la Grande-Bretagne qui ont conduit à la chute prématurée de Mohammad Mosaddeqh, le premier ministre iranien, en 1953.

Une autre variable – qui, dans une large mesure, pourrait être créditée au voyage du premier ministre à Washington cette semaine – pourrait contraindre les Américains à prendre une position plus sévère envers le régime de Téhéran. Ce facteur a trouvé son expression dans le discours de Netanyahu à la convention de l'AIPAC, qui vise à rassembler la communauté juive et son organisation pourrait entreprendre une campagne sans compromis, contre le programme nucléaire iranien. L'espoir israélien, c'est que la communauté juive organisée apportera son influence considérable pour s'assurer de l'administration d'Obama au cours de cette saison électorale.

En effet, les références poignantes du premier ministre aux dernières blessures et traumatismes – y compris l'effort futile du Congrès juif mondial à faire pression sur l'administration de Franklin.D.Roosevelt à intervenir au nom de la Communauté juive européenne pendant l'Holocauste - lors de son discours de l'AIPAC visait à rappeler à la foule les jours ou les dirigeants juifs des U.S.A, parmi eux le rabbin Stephen Wise, (pendant les années de guerre, Wise  a été élu coprésident du Conseil d'urgence sioniste américain, un précurseur de l'AIPAC ) dans la pratique menait la divulgation des plus horribles atrocités (pour qu'elles ne tombent pas dans l'oubli apparemment impardonnable et insondable de l'inaction de Roosevelt lui-même). Cela a dû être un douloureux rappel d'efforts à enrôler d'autres dans la lutte contre les menaces de destruction faites quotidiennement par Téhéran.

Il faudrait garder à l'esprit que la communauté juive aux Etats-Unis a pendant huit décennies été liée par le cordon ombilical proverbial au parti Démocrate.  Les juifs américains ont été une partie intégrante du parti depuis les jours de Roosevelt  "la grande coalition", formée dans les années 1930. Ces attitudes enracinées, traditionnels se sont manifestées une fois de plus en 2008, où pas moins de 78 % de Juifs américains ont voté pour Obama. Le Président aspire à nouveau de recueillir une fois de plus une majorité de voix juives, particulièrement à la lumière du fait que les Juifs américains ont dans le passé « punis » les présidents ou les candidats à la présidence, y compris des Démocrates, qui ont été considéré trop conflictuels envers Israël. À la lumière de la lutte pour les votes juifs, de la communauté, l'Iran prend une importance supplémentaire.

Il en est ainsi quand on prend en compte le fait que trois des quatre grands candidats à l'investiture Républicaine  soutiennent la position d'Israël sur ce front. Parallèlement à la pression croissante d'Israël sur les américains (ainsi que la pression sur la Maison Blanche qui est actuellement exercée par Mitt Romney, Rick Santorum et Newt Gingrich), il va aussi probablement  y avoir  susceptible la pression sur  Obama par cette source essentielle d'appui, la communauté juive, qui a un taux de participation élevé, vaste influence financière et qui est capable de faire pencher la balance dans les États de fluctuation critique où les votes du Collège électoral sont à gagner.

 

Quant aux Républicains...

Le Soutien juif a pris plus d'importance lorsque l'on considère la hausse relative du candidat  Républicain Mitt Romney,  après sa série fructueuse de victoires aux primaires dans le récent Super mardi. Romney commande maintenant la fidélité d'un nombre beaucoup plus grand de délégués qui se décideront  quel candidat  devra faire face à Obama comparé à la plus grande menace Santorum bloquant les espoirs de Romney à la Maison Blanche , . Cependant, malgré Romney, l'ancien gouverneur du Massachusetts, gagnant dans six des dix états où se sont tenus les primaires cette semaine, des Républicains ne se sont pas encore  ralliés autour de lui comme leur candidat majeur. Si, toutefois, Romney pouvait finir le travail et s'assurer la victoire, cela forcerait Obama, qui a jusqu'à présent observé avec la jubilation  les Républicains se querellaient entre eux, mais dont l'avantage dans les sondages par rapport à ses rivaux potentiels demeure fragile, à consacrer la plupart de ses énergies à s'assurer d'un second mandat.

 

Ces prochains mois (peut-être ces semaines) révéleront si le 44ème président  est prêt à faire des compromis sérieux avec "le vote juif" sur la question de sa politique Iranienne dans un effort pour répéter son exploit électoral de novembre 2008, parmi les partisans juifs, qui peuvent représenter simplement  le tremplin qui le catapultera vers son but suprême: la conquête de la Maison Blanche pour la deuxième fois.

 

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