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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

PLUS DURE SERA LA CHUTE

7 Janvier 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Société

 6 janvier 2012

Par Jacques Benillouche

Chroniqueur

Pour israel-chronique-en-ligne.over-blog.com


Ceux qui pensaient qu’Israël se distinguait des autres pays du monde sont à

présent convaincus que l’Etat juif est entré dans l’ère normalisée avec ses génies, ses voleurs, ses héros, ses gangsters, ses assassins et ses pervers sexuels. Plus rien ne distingue l’Etat imaginé par Théodore Hertz de n’importe quelle contrée des Etats-Unis ou de l’Europe. Mais le créateur du pays, l’idéaliste et visionnaire David Ben Gourion, doit se retourner dans sa tombe devant les évènements néfastes qui se renouvellent de mois en mois et qui ternissent l’image de marque d’Israël. Son personnage austère et sa réputation d’ascète le ferait paraitre aujourd’hui comme un extra-terrestre, débarqué d’une planète inconnue dans un monde touché par le vice et la prévarication. Mais les temps ont changé et les intérêts personnels ont pris le dessus sur les idées, les dogmes et l’abnégation.

  
Malversations
  La mise en accusation de hauts personnages de l’Etat, de ministres, d’avocats de renom, de maires et de soldats de Tsahal, en indélicatesse avec la justice, sonne comme un signal que le pays suit des traces qui l’éloignent de ses concepts originaux de probité. Les commentateurs étrangers s’en donnent à cœur joie et, quand les prévenus sont poursuivis pour des malversations financières, certains n’hésitent pas à rappeler les rapports conflictuels des juifs avec l’argent, l’affaire Bernard Madoff étant donnée en exemple.
        Des scandales à répétition ont tendance à généraliser le concept d’hommes politiques «tous pourris» et justifient le désintérêt des israéliens pour les affaires de l’Etat. D’ailleurs l’élite du pays ne s’y est pas trompée puisqu’elle déserte les cabinets ministériels au profit des hauts postes privés, à haute valeur ajoutée et à l’abri des tentations et des fluctuations électorales. Cette multiplication d’affaires, qui sentent le souffre financier, donne à l’opinion israélienne l’impression néfaste que l’engagement politique reste le moyen le plus rapide pour s’enrichir à bon compte.
Libido d’un président
 L’ancien président de l’Etat Moshé Katsav, poursuivi pour viol et harcèlement sexuel dans le cadre de ses activités en tant que ministre du tourisme, a été condamné et emprisonné pour sept ans. Il aurait eu des relations avec une collaboratrice licenciée, sans raisons professionnelles, parce qu’elle l’aurait menacé de tout dévoiler. Le cas ne serait pas unique puisque d’autres femmes, fonctionnaires de son ministère, ont subi à plusieurs reprises des «accolades amicales», euphémisme choisi par l’accusé pour qualifier certaines familiarités avec ses plaignantes. Ce qui aurait été considéré dans certains pays, l’Italie par exemple, comme une péripétie naturelle pour un homme politique, a pris en Israël des proportions imprévues. Cette affaire a pollué le pays pendant plusieurs mois, dans une atmosphère pesante et douloureuse. Mais l’ancien président a fini par être désavoué par la justice après avoir bénéficié pendant les mois de son procès de tous les avantages liés à son ancienne fonction : voiture, secrétariat, budget d’Etat,gardes du corps et indemnités de voyages.
 Des religieux dévoyés 
    Mais la particularité d’affaires, impliquant quelques religieux dévoyés parce qu’ils se sont écartés de leur synagogue, fait perdre l’auréole et le respect dus à des hommes dont la fonction est de dire la morale et de représenter l’exemplarité. Lorsque les religieux sépharades se sont constitués en parti politique en 1988, ils avaient effectivement la mission de défendre les couches populaires défavorisées mais leur chef se mouilla dans un scandale de pots de vins qui l’envoya directement en prison pour quelques années. L’ancien ministre des finances Avraham Hirshon qui a piqué dans la caisse de l’organisation qu’il dirigeait est encore en prison. L’ancien ministre de la santé et des affaires sociales, le rabbin Shlomo Benizri a été condamné à quatre ans de prison ferme après avoir été reconnu coupable de pots de vins et de transfert d’argent public sur son propre compte mais il se rachète en aidant moralement son compagnon de chambrée, l’ancien président de l’Etat. 
Le procès en corruption de l’ancien premier ministre Ehoud Olmert poursuit son feuilleton depuis plusieurs mois. Il est poursuivi pour des libéralités du temps où il était maire de Jérusalem puis ministre du commerce et de l’industrie. Si les accusations concernant l’achat sous-payé de sa maison rue Crémieux à Jérusalem ont été écartées, la justice lui impute un système de doubles factures qui lui aurait permis d’être remboursé plusieurs fois pour le même voyage. L’acte d’accusation stipule qu’Olmert s’est fait attribuer indûment la somme de 92.164 dollars (71.000 euros) «par des moyens contraires aux normes et aux principes que doit respecter un ministre, en utilisant la fraude et l’abus de confiance. Ces sommes recueillies frauduleusement ont servi pour couvrir ses dépenses personnelles».
L’accusation d’avoir favorisé, lors des privatisations, la prise de participation de la deuxième banque israélienne Léumi par l’un de ses amis a été abandonnée, faute de preuves. D’ailleurs, lancée en pleine guerre du Liban en 2006, elle l’avait fragilisé auprès de ses collègues du gouvernement au point de le mener à un échec et à son retrait de la vie politique.
Inculpation de l’ancien premier ministre
         
    L’ex-premier ministre n’est pas au bout de ses peines puisqu’il est impliqué, du temps où il était maire de Jérusalem, dans le plus grand scandale de corruption depuis la création de l’Etat juif. Il est inculpé, avec son bras droit de l’époque qui lui a succédé à la mairie, le rabbin Uri Lupolianski, et onze autres personnes dont l’ancienne chef de cabinet Shula Zaken, d’avoir touché un million de dollars pour favoriser l’émergence d’un luxueux projet immobilier «Holyland». Les pots de vins leur auraient été remis par un de leurs amis, l’avocat de renom et homme de confiance d’Olmert, Ouri Messer, qui a été incarcéré durant l’enquête.
     Les exemples viennent d’en haut et pourrissent une jeunesse qui ne peut plus s’accrocher aux fondamentaux hérités du temps des personnages historiques qui ont créé l’Etat avec beaucoup d’esprit de sacrifice. Le temps des pionniers est dépassé et la course à l’argent est enclenchée.
      Même une institution vénérée  comme Tsahal a été ébranlée par ses mêmes enfants qui se chargent de défendre les frontières menacées. Avec l’affaire Anat Kam, des documents secrets et volés sont passés entre les mains des journalistes. La limite étant à présent franchie, d’autres actions plus dramatiques, qui n’auraient que le profit comme intérêt, pourraient aider un jour ceux qui sérieusement envisagent d’éradiquer l’Etat juif. Certes chaque acte pourrait toujours trouver justification dans des motivations politiques, ou des déviations intellectuelles ou la  recherche du sensationnel.
      A cette allure, les ennemis d’Israël n’ont pas besoin de s’activer. Il leur suffit de cueillir les conséquences des turpitudes de quelques dirigeants pourris par les méfaits et la soif de l’argent. Les citoyens, qui voient leurs rabbins, dignes représentants de la morale et du désintérêt financier, se comporter en hommes d’affaires douteux, perdent leurs repères. L’Etat d’Israël est devenu un pays semblable à tous les autres puisqu’il perd peu à peu de son auréole originelle. Plus dure sera la chute. 
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