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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Palestine, Israël

3 Octobre 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Monde juif (halakha-min'hag)

par Yéochoua Sultan

http://www.israel7.com/

03/10/2011

 

Ne pas aimer le terme Palestine, c’est comme ne pas aimer le mot Israël. Nous allons l’expliquer en ces lignes.

 

Cela signifie en premier lieu que, malheureusement, la propagande contre le peuple juif porte ses fruits. Certes, le terme n’est pas un mot hébreu, malgré une étymologie trilitère possible, la racine plš signifiant en hébreu envahir. Quoi qu’il en soit, il a toujours désigné la terre du peuple juif, du moins depuis que l’empereur Hadrien l’a imposé, et même si son intention était de couper définitivement les amarres rattachant le peuple d’Israël à sa terre. Sa tentative a échoué, mais le terme est resté, de sorte qu’aujourd’hui, la traduction de l’hébreu vers le français du groupe nominal ארץ ישראל est rendu par Palestine. Napoléon a parlé de la possible restauration du royaume de Palestine et du Sanhédrin, certains Allemands n’étaient pas opposés dans un premier temps (avant l’intervention notamment d’Amin Husseini) à ce que leur judenrein se fasse en renvoyant les Juifs en Palestine. La banque de Palestine est devenue la Bank Leumi, ma grand-tante parlait à Tunis de son beau-frère qui avait émigré pour la Palestine, Asher Mizrahi était connu à l’étranger en tant que Palestinien, et on y recevait des cartes postales avec des timbres portant la mention Palestine que l’on montrait avec une certaine fierté et nostalgie aux proches et aux voisins.

 

Cette Palestine, dépeinte dans les voyages de Mark Twain et de Chateaubriand, n’a jamais rien désigné d’autre que la patrie du peuple juif. Si donc, aujourd’hui, le mot Palestine choque, c’est que la propagande et l’usurpation sont parvenues à leur fin. Si des individus venus du Maghreb à la Turquie en passant par l’Arabie, attirés par la manne résultant de la bénédiction de la présence juive qui a fait reverdir le désert – aujourd’hui encore les regroupements familiaux, dont beaucoup son feints, ne se font que dans le sens qui les place sous les ailes de l’«occupation sioniste» – loin d’être reconnaissants envers leurs bienfaiteurs, ont décidé de s’approprier l’identité géographique du peuple juif, en tâchant de l’évincer pour prendre sa place, sans que personne ne trouve à redire, c’est que la propagande est efficace.

 

Le travail a été tellement bien fait qu’un politicien vert ne put s’empêcher un jour en France de se taire en cueillant le fruit de la haine: «J’appelle ce pays la Palestine parce que c’est son nom». C’est vrai, c’est le nom de la terre d’Israël tel qu’il figure dans les langues européennes. Ce qui est faux, c’est toute la teneur mensongère qui a plu à ce négationniste qui conteste la relation entre le peuple juif et sa terre, le Juif ayant été dépalestinisé au profit d’un tiers. Par analogie, imaginons qu’une campagne de publicité très agressive vienne nous vanter les vertus du lait de truie, à longueur d’onde et de journée pendant cinquante ans. Si vous dites qu’il vous arrive de boire du lait, on vous regardera de travers: «Comment, toi qui ne consomme que de la nourriture cachère!?» Il faudra alors que vous précisiez qu’il s’agit du produit de la vache et que vous n’avez rien à voir avec cette tierce bête. Imaginons, pourquoi pas, que la jeune génération européenne, celle qui est désignée sous l’appellation de «jeunes», au pluriel et sans précision, dans les médias, se fasse peu à peu appeler la nouvelle France, ou les Françaouis. Si un jour vous déclarez que vous aimez la France, et que vos interlocuteurs s’en étonnent, vous devrez alors préciser que vous parler de ce peuple dont la langue est le français, qui s’est distingué par les Carolingiens et Capétiens, par une série de Louis numérotés jusqu’à dix-huit, de Napoléons allant de un à trois, et surtout par une révolution qui fait encore parler d’elle plus de deux siècles plus tard. Ce travail semble avoir réussi en ce qui concerne le dénominateur Palestine, qui oblige à ajouter maintes précisions pour se faire comprendre, d’autant que tout le monde s’y met, y compris les plus sionistes.

 

Ce piège dans lequel presque tout le monde tombe met Israël en mauvaise posture, et c’est exactement ce qui est recherché par cette propagande. J’ai eu maille à partir avec le directeur d’un média qui défend Israël et à qui j’avais expliqué qu’accepter que cette dénomination s’applique exclusivement aux ressortissant plus ou moins anciens des pays arabes consistait à en faire les propriétaires. Alors qu’il semblait presque convaincu, il a rétorqué:

 

«Bon, d’accord, alors comment voulez-vous qu’on les appelle?

 - C’est à vous de voir, c’est vous le responsable médiatique, tout sauf palestiniens.

 - Vous voulez peut-être qu’on les appelle les usurpateurs, ou les envahisseurs, pour être fidèles à l’étymologie que vous semblez voir? Mais nous passerions pour parti pris!»

 

J’avais tantôt illustré ce problème par une entrevue imaginaire entre le propriétaire d’un appartement et un squatter ayant profité d’une absence du premier, où le journaliste appellerait le squatter propriétaire et le propriétaire nouveau-venu. Les dés sont donc pipés dès le départ de tout débat prétendu équitable. Herbert Pagani avait bien démarré son plaidoyer pour sa terre, en affirmant qu’il était un Palestinien d’il y a deux mille ans. Le Juif, israélien ou qui le deviendra potentiellement un jour, doit affirmer lui aussi qu’il est le Palestinien de tous les temps, qu’il est palestinien non pas d’il y a quatre mille ans (et non deux puisqu’il nous faut remonter à l’an 1948 du calendrier hébraïque, donc à la naissance d’Abraham), mais depuis quatre mille ans. Et, de la même façon que lorsqu’on parle de lait, on parle de lait de vache, ou lorsque l’on parle de la France, on parle de ce peuple européen qu’on peut encore y voir, de même que propriétaire d’un appartement couperait la parole à un journaliste qui le taxerait de nouveau venu, on ne doit pas avoir peur de contredire la propagande et d’affirmer que les Palestiniens, c’est le peuple juif.

 

Dans le même ordre d’idées, pendant longtemps, l’Eglise s’est appropriée le nom de Verus Israël. Un politicien a très bien pu s’écrier un jour: «Je parle d’Israël, car il s’agit de l’élu de D.», en sous-entendant, de la même manière que le politicien cité plus haut, que les Juifs auraient été déchus au profit d’un autre groupe, avec une propagande bien agencée. Les adeptes de cette religion ont cherché à dépouiller le peuple d’Israël de sa particularité temporelle, et c’est à l’instar de cette tentative de s’emparer de l’identité d’Israël en prenant sa place spirituelle, que d’autre tentent aujourd’hui de s’emparer de sa particularité terrestre et temporelle. Les premiers voulaient lui voler son nom, les derniers veulent lui voler sa terre, mais tous cherchent d’abord à se persuader de la pseudo légitimité de leur combat, se positionnant comme victimes et justiciers tout en accordant à Israël la place de l’accusé. Ce qui manque à Israël dans ce combat, c’est la détermination d’affirmer qu’il n’a jamais cessé d’être Israël dans le message qu’il porte, ni d’être palestinien, même s’il a été largement exilé, et pour longtemps, de sa terre.

 

Quand un Netanyahou s’emportera en affirmant «Les Palestiniens, c’est nous», et qu’il pourra compter sur le consensus national, la planète se penchera sur ses vrais problèmes.

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