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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Obama contre Israël

9 Mars 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Point de vue

Par Charles Krauthammer,

Washington Post 08/03/2012 http://www.washingtonpost.com/opinions/obama-vs-israel-priority-no-1-stop-israel/2012/03/08/gIQAXKM1zR_story.html

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

 

C’est Lucy et sa balle de foot, dans le style iranien. Après un discours ostensiblement dur sur la façon d’empêcher l’Iran d’accéder au nucléaire, le gouvernement Obama a accepté cette semaine une autre série de pourparlers avec les mollahs.

Cela 14 mois après que la dernière tentative de négociations à six se soit effondrée à Istanbul du fait d’un blocage et d’un manque de sérieux éhontés côté iranien. Néanmoins, les nouvelles négociations seront à la fois sans pré-condition et précédées par encore davantage de discussions pour décider de futilités comme le changement de lieu.

Ces négociations ne font pas que gagner du temps pour un programme nucléaire dont l’objectif militaire a fait l’objet de déclarations alarmantes de la part de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Pour Israël, elles rendent extrêmement difficile de faire quoi que ce soit à ce sujet (pendant qu’il le peut encore), à moins qu’Israël ne soit universellement condamné pour avoir fait avorté une solution diplomatique.

Si le gouvernement [américain] était vraiment sérieux quant à la réalisation plutôt que sur l’apparence, il aurait prévenu que c’était la dernière chance pour l’Iran de montrer son honnêteté et aurait exigé une date limite à court terme. Après tout, le président Obama a insisté sur les dates limites pour le retrait d’Irak, la montée en puissance en Afghanistan et les négociations israélo-palestiniennes. Pourquoi laisser ces pourparlers cruciaux ouverts alors que l’horloge nucléaire s’égrène ?

Cette reprise des pourparlers vient tout de suite après la posture de la campagne d’Obama pendant un an sur les têtes nucléaires de l’Iran. S’adressant dimanche à l’AIPAC (Le Comité Amérique Israël des Affaires Publiques), il a averti que les « dirigeants de l’Iran ne doivent pas douter de la résolution des Etats-Unis ». Cela seulement deux jours après qu’il ait affirmé (au journal ‘The Atlantic’) une action militaire possible des USA. « Je ne bluffe pas ». Pourtant mardi, il est revenu à la politique de pourparlers dont il avait admis l’échec précédent.

Les sanctions feront-elles la différence cette fois-ci, cependant ? Des sanctions frappent en effet l’Iran économiquement. Mais quand le comité du renseignement du Sénat demandait au directeur du renseignement national d’Obama lui-même si des sanctions avaient eu le moindre effet sur le cours du programme nucléaire de l’Iran, la réponse fut simple : « Non. Aucun effet, quoi qu’il en soit ».

Obama a recueilli beaucoup d’applaudissements devant l’AIPAC en disant que sa politique n’est pas de contention mais que c’est une politique de prévention. Mais qu’a-t-il empêché ? Maintenir une coalition de six pays n’est pas de la prévention. Mener des pourparlers n’est pas de la prévention. Imposer des sanctions n’est pas de la prévention.

La prévention, c’est stopper et faire régresser le programme. Pourtant l’Iran triple sa production d’uranium, déplace ses installations d’enrichissement profondément dans une montagne près de Qom et empêche les inspections de l’AIEA sur les installations d’armement.

Alors quel est le véritable objectif d’Obama ? « Nous essayons de rendre la décision d’attaquer aussi difficile que possible pour Israël » a déclaré un officiel du gouvernement au Washington Post dans la révélation la plus troublante de la Maison Blanche depuis « diriger par derrière ».

Révélatrice et choquante. Le plus grand exportateur mondial de terrorisme (selon le département d’Etat), le tueur systématique d’Américains en Irak et en Afghanistan, l’ennemi autoproclamé qui a inventé le « Jour de Mort à l’Amérique » approche de la capacité nucléaire – et la stratégie politique des USA est de se focaliser pour empêcher un allié démocratique menacé d’annihilation de prévenir la menace?

Et en effet c’est cela. Ces nouvelles négociations ouvertes avec l’Iran correspondent bien à cette stratégie de ligaturer Israël. Comme le fait la réassurance d’Obama « J’ai Israël derrière moi », conçue pour persuader Israël et ses partisans de se retirer et de s’en remettre à Obama pour les décisions concernant la vie et la mort d’Israël.

Pourtant, 48 heures plus tard, Obama déclare lors d’une nouvelle conférence que cette phrase est seulement une référence historique au soutien à des alliés comme la Grande Bretagne et le Japon – contredisant l’impression qu’il a voulue donner à l’AIPAC qu’il offrait une protection spéciale à un allié sous la menace d’une annihilation physique.

Devant l’AIPAC il déclare : « Aucun gouvernement israélien ne peut tolérer une arme nucléaire entre les mains d’un régime qui nie l’Holocauste, menace d’effacer Israël de la carte, et parraine des groupes terroristes jurés à la destruction d’Israël » et il affirme : « Le droit souverain d’Israël de prendre lui-même ses décisions pour assurer ses besoins de sécurité ».

Et ensuite il poursuit sa politique – négociations ouvertes, promesses trompeuses de franc soutien des USA à Israël, il vante l’efficacité des sanctions, des avertissements sérieux sur le « langage de guerre », destinés, comme son propre officiel l’a admis, à empêcher Israël d’exercer précisément ce droit souverain à l’autoprotection.

Pourtant au-delà de ces évidentes contradictions et ces mensonges de pas de clerc, il y a une logique transcendante : comme avec le retard de l’oléoduc de Keystone, comme avec l’extension du plafond de la dette, comme avec le programme du retrait d’Afghanistan, Obama veut arriver après le 6 novembre sans action fâcheuse qui pourrait menacer sa réélection.

Pour Israël cependant, les risques sont quelque peu plus élevés : l’existence même d’une nation vibrante et de ses six millions de Juifs. L’asymétrie est saisissante. Un observateur de bon aloi pourrait s’aviser que le désir d’Israël de ne pas aller entrer doucement dans les ténèbres comporte une urgence morale plus élevée que l’avenir politique d’un homme, même si c’est le président des Etats-Unis.

letters@charleskrauthammer.com

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