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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Mon dieu, comme tes juifs ont changé!

14 Février 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Société

http://www.geopolitiquebiblique.com/

 

Une photo vaut mieux qu’un long discours, auquel vous n’échapperez pas de toute façon. Reconnaissez-vous le couple qui figure dans cette photo en noir et blanc qui date de quelques 65 ans ? Ce pourrait être n’importe quelle famille juive sépharade : Monsieur, Madame et leurs deux gamins. Banale, comme la photo de vos grands parents nés à l’orée du siècle dernier. Sauf qu’il ne s’agit pas de n’importe quel juif. Il s’agit d’une photo du Rav Ovadia Yosef et de sa femme la rabbanit Margalit Zal, que j’ai découverte dans Yédiot Aharonot. La photo a été prise en Egypte, entre 1947 et 1950, alors que le Rav exerçait au Caire les fonctions de Président du Grand Tribunal rabbinique.  Ovadia Yosef émigre à l’âge de 4 ans en Israël, étudie à la Yeshiva Porat Yosef à Jérusalem et sera nommé Rav à l’âge de 20 ans ; ce qui est assez exceptionnel. Ovadia Yosef se distingue par sa mémoire prodigieuse. Il a tout lu, tout retenu et deviendra en 1973 le Grand Rabbin Sépharade de l’Etat d’Israël. Il est avant tout un Possék halakha, un décisionnaire ; et pas des plus tolérants. Lors de son séjour en Egypte, il s’élèvera avec véhémence contre les décisions  permissives de ses pairs. Ce qui ne l’empêche pas de permettre à sa femme de se faire photographier tête nue et cou découvert. Il est exact que Rav Yosef n’a jamais été particulièrement intransigeant pour ce qui est de la voix de la femme ou de manifestations excessives de  pudeur, n’a jamais manifesté contre les femmes qui chantaient à la radio et n’a pas exigé que les femmes portent systématiquement des bas, quelle que soit la saison. De là à montrer sa femme le cou à l’air et surtout  sans foulard qui lui couvre totalement sa chevelure, il y a un pas, qui ferait hurler au blasphème, le monde religieux actuel, qu’il soit ashkénaze ou sépharade.

La question qui se pose est : qu’est-ce qui a changé dans le milieu Harédi (les craignants dieu) pour que ce qui était toléré au milieu du XXe siècle ne le soit plus aujourd’hui, alors qu’à l’inverse, la permissivité dans la tenue vestimentaire des femmes dans le  monde Hiloni (non religieux, pour faire simple) est allée en se libéralisant ; sachant que ce constat s’applique, quelle que soit la religion ou la non religion des intéressées. Comme souvent la réponse réside dans la question : c’est justement parce que les femmes, en général,  dévoilent de plus en plus leur anatomie que ceux et celles qui se réclament « religieuses » mettent un point d’honneur à en montrer le moins possibles. Pour que le fossé entre les deux mondes  devienne proprement infranchissable.  Les lépreux, c’est les autres !

Jusqu’à une époque récente pas grand-chose ne distinguait un juif qui se voulait religieux par rapport à l’un qui ne l’était pas ; la preuve en est dans la photo ci dessus. La  religiosité ne se mesurait pas au nombre de centimètres carrés de gorge, de bras, de jambes ou de chevelure découverts chez une femme. La crainte de dieu se trouvait dans la tête de l’intéressée et  dans son comportement. Pour reprendre  un jeu de mots de Manitou (Rav Léon Ashkénazy) qui en avait ras le bol que les Juifs le bassinent avec leur Cacherout obsessionnelle, il avait coutume de dire :  » la cacherout, cache la route« . Le mot « cacherout » ne s’applique pas qu’à la nourriture ; bien des choses peuvent être cacher ou ne pas l’être et tout particulièrement la façon de réfléchir et d’agir. La dérive de l’excès vestimentaire risque de se transformer en commode alibi pour se comporter n’importe comment et pour rejeter l’Autre, qui pense différemment de vous.  

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