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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Merci Abou Mazen! Mais jusqu'à quand rendra-t-il service ?

9 Décembre 2009 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

par Shraga Blum                                                                                                                                                                           Mercredi 09/12/2009

Durant son premier mandat, de 1996 à 1999, le Premier ministre Binyamin Netanyahou avait dû manœuvrer avec une extrême subtilité – et avec grandes difficultés – pour limiter les dégâts subséquents aux décisions de ses prédécesseurs, Itsh’ak Rabin et Shimon Pérès, qui avaient mis Israël devant le fait accompli des Accords d’Oslo. Les énormes engagements pris par ces dirigeants imprudents au nom et sur le compte d’Israël, avaient créé chez les Arabes palestiniens des espoirs immenses, qui loin de satisfaire leurs désirs et réduire leur animosité envers Israël avaient au contraire décuplé leur appétit. On connaît la suite: Intifadas et terrorisme. Pris au piège de la démocratie à outrance et du respect des engagements précédents – contrairement aux Palestiniens – chaque gouvernement israélien, se retrouve ainsi pieds et poings liés par les engagements pris par l’équipe qui l’a précédé.

Pire que cela. Certains dirigeants politiques qui voyaient qu’ils allaient perdre les prochaines élections, n’ont pas hésité à sciemment hâter les choses et s’engager très loin envers les Palestiniens uniquement pour empêcher tout retour en arrière par ceux qui viendraient après eux, alors que ces derniers étaient élus justement parce qu’ils s’opposaient à la politique suivie précédemment! Cela a été le cas d’Ehoud Barak à Camp David, en 2000, et cela a été le cas d’Ehoud Olmert et Tsipi Livni en 2008.

Les Palestiniens – tout comme les Syriens – ont très bien senti la faille de ce pays démocratique, et ont systématiquement exigé ce qui est devenu un leitmotiv chez eux: « la reprise des pourparlers au point où ils se sont arrêtés avec le gouvernement israélien précédent. ». Une stratégie par escaliers qu’Israël a bien du mal à contourner, tant la communauté internationale soutient cette stratégie dangereuse.

Le dernier exemple en date a été révélé mardi par la chaîne israélienne de TV, « Arutz 10″ qui décrit une politique de surenchère de générosité pratiquée par Tsipi Livni et Ehoud Olmert, l’un voulant être « celui qui va donner le plus aux Palestiniens ». Les détails font frémir. Chronologiquement, c’est Tsipi Livni, alors ministre des Affaires Etrangères et cheffe de l’équipe des négociations, qui a fait la première offre, plus généreuse encore que celle de Barak à Arafat à Camp David. Offre à laquelle, rappelons-le, le chef palestinien avait répondu par le déclenchement de l’Intifada qui fit périr plus de 1000 Israéliens.

En 2008, après près de 270 rencontres entre équipes de négociateurs, Tsipi Livni proposait donc à Abou Mazen la création d’un Etat palestinien sur 92,7% de la Judée-Samarie. Et pour combler la différence, Israël donnerait encore en compensation 3% de territoires répartis dans le Néguev, la Arava, la région du couloir de Jérusalem, et dans le nord du pays. Selon les cartes présentées par Tsipi Livni à Abou Ala, la vallée du Jourdain, par exemple, ne faisait plus partie d’Israël, et Ariel devenait une enclave isolée en territoire israéliens. Les Américains avaient même proposé un « deal » aux deux parties, comme on fait dans un jeu de société: les Palestiniens étaient invités à renoncer à Maalé Adoumim, et Israël renoncerait à Ariel!! Les Palestiniens, comme à l’accoutumée, refusèrent l’offre israélienne.

Vint alors le Premier ministre Ehoud Olmert, pourtant en fin de mandat, et empêtré dans ses scandales judiciaires, qui doublait sa ministre en faisant une nouvelle offre, la plus généreuse jamais faite par un gouvernement israélien: il offrait 93,5% de la Judée-Samarie, plus 5,8% de territoires en compensation, le retour d’une partie des « refugiés », la division de Jérusalem en deux capitales sur une base démographique, et la cession des « lieux saints » – dont le Kotel – à un contrôle international dont feraient partie entre autre 5 pays arabes!!! Comme fait le forain pour appâter le badaud, avec tout cela Olmert offrait en plus un document au nom d’Israël qui « reconnaît la souffrance du peuple palestinien » sans toutefois en « assumer la responsabilité exclusive ». Les Palestiniens refusèrent une nouvelle fois la proposition israélienne.

Merci Abou Mazen, mais le risque existe qu’un jour les Palestiniens cessent de rendre service à Israël de par leur entêtement, et que la partie de poker entamée par différents dirigeants israéliens se révèle alors extrêmement coûteuse.

Une autre question très sérieuse se pose également: comment des dirigeants Israéliens peuvent-ils ainsi négocier dans le plus grand secret, et prendre des engagements aussi graves et risqués au nom des citoyens – voire de tout le Peuple juif – sur des enjeux aussi cruciaux pour l’avenir d’Israël, sans avoir à en référer auparavant à une quelconque instance dans le pays?

 

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