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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Les dangereux dérapages de la Maison-Blanche

21 Septembre 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

Par Daniel Pipes,

No 186 21 septembre 2011,

http://www.hamodia.fr/

 

La Maison-Blanche s'est lancée tout récemment dans deux manœuvres qui attestent une fois encore de l'amateurisme de la politique du gouvernement Obama pour ce qui est de ses positions sur l'islamisme au Moyen-Orient.

La première manœuvre Photo Maison Blancheconcerne l'épineuse question du statut de Jérusalem selon la loi américaine. En 1947, les Nations unies avaient statué que la ville sainte devait être dotée d’un corpus separatum (un corps ou statut séparé) et qu’elle serait par conséquent placée sous la souveraineté d'aucun État.

Or, après toutes ces décennies passées et malgré les nombreuses évolutions enregistrées sur le terrain, la position américaine officielle a toujours voulu conserver ce statut spécifique pour Jérusalem. Ainsi, les États-Unis ont-ils tout bonnement méprisé le fait que le gouvernement israélien avait déclaré en 1950 Jérusalem-Ouest comme sa capitale et qu’il avait fait de même en 1980 en unifiant toute la ville par l’annexion de la partie Est.

Le pouvoir exécutif américain a même ignoré la loi américaine de 1995 qui prévoyait que l'ambassade américaine soit déplacée de Tel-Aviv à Jérusalem, ou bien encore celle de 2002 qui exigeait de reconnaître que les citoyens américains nés à Jérusalem soient reconnus comme natifs d'Israël. Au mépris de tout cela, l’administration américaine exige que la ville fasse l'objet d'une « réorganisation par les voies diplomatiques ».

Défiant toutes les mesures prises ces dernières décennies par les autorités israéliennes, le gouvernement américain refuse donc à un citoyen américain né à Jérusalem de mentionner l'État d'Israël comme « lieu de naissance » sur son certificat de naissance et sur son passeport américain.

Les « tours de passe-passe » de l’administration Obama sur Jérusalem…

Ainsi, devant le refus obstiné du Département d’État américain d'inscrire ce « détail » sur les papiers d’état civil du petit Menahem Zivotofsky, ses parents ont saisi la justice qui vient de présenter ce cas devant la Cour suprême américaine.

Mais là où les choses prennent une tournure intéressante, c'est lorsque Rick Richman, journaliste du New York Sun, écrit le 4 août dernier : « La Maison-Blanche reconnaît sur son site Internet que Jérusalem se trouve en Israël - ce qu'avaient déjà reconnu le Département d’État et la CIA sur leurs propres sites ». Une évidence en forme de contradiction qui embarrasse pas mal les avocats de la Maison-Blanche dans cette affaire…

Par ailleurs, l'expression « Jérusalem - Israël » apparaît trois fois dans des légendes des photos officielles du voyage du vice-président américain, Joe Biden, en Israël en mars 2010, où l’on trouve les textes suivants : « Le vice-président rit ici avec le président israélien, Shimon Pérès, à Jérusalem, Israël », ou encore : « Le vice-président, Joe Biden, rencontre le Premier ministre israélien, Binyamin Nétanyaou, à Jérusalem, Israël », et enfin : « Le vice-président, Joe Biden, prend un petit-déjeuner avec l'ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, à Jérusalem, Israël. » Richman considère que ces formulations constituent des « preuves irréfutables » contre la position officielle de l’administration Obama ! Lorsqu'un autre journaliste, Daniel Halper, du Weekly Standard, publie quant à lui l'une de ces photos avec sa légende, voilà qu’il constate que, deux heures plus tard, « la Maison Blanche a modifié son site internet et effacé toute trace et toute référence de Jérusalem comme partie d'Israël ! ». Mais selon James Taranto, journaliste au Wall Street Journal, la Cour Suprême américaine risque de ne pas prendre au sérieux ces tours de passe-passe de l’entourage d’Obama…

Une impasse volontaire sur les militants islamistes américains !

La seconde manœuvre concerne la liste des invités officiels de la Maison Blanche pour célébrer la fin du mois de jeûne du ramadan, le 10 août dernier, à Washington.

La Maison-Blanche avait en effet publié une liste de « quelques-uns des convives attendus, parmi lesquels figuraient quatre membres du Congrès, trente-six diplomates, et onze membres de la communauté » ; et ce, sans nullement mentionner que certains islamistes notoires faisaient également partie de ces « invités » - dont Haris Tarin, du Conseil musulman des Affaires publiques, Mohammed Magid, de la Société islamique d'Amérique du Nord, et Awais Sufi, de l'Association des Avocats musulmans. À noter que la Maison-Blanche n'avait en revanche pas convié un seul des douze représentants des associations anti-islamistes, dont le but proclamé est « de défendre la constitution américaine, de soutenir un pluralisme religieux, de protéger la sécurité américaine et de nourrir une diversité de la pratique de notre foi en l'islam »… Que faut-il penser de ces deux dérapages simultanés de l'administration américaine qui remettent en question la morale et même le bon discernement de l'équipe dirigeante actuellement au pouvoir aux États-Unis ?

De tels tours de passe-passe ne sont pas sérieux. Si chacune de ces supercheries mérite bel et bien une condamnation, ensemble, elles illustrent le sérieux début de panique de l'échec qui s’étend au sein même du gouvernement fédéral, alors même que tous les sondages font état d'une cote de popularité des plus basses pour Obama… et que - conséquence -naturelle » - tous les procédés lui semblent bons pour essayer de remonter dans ces sondages !

Ces deux manœuvres récentes illustrent en plein l'échec des politiques américaines concernant le Moyen-Orient et l'islam. L'arrogance de janvier 2009 subsiste toujours, mais elle est maintenant fortement affaiblie par l'échec et le désespoir.

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