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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Le post-sionisme des années 1990, c’est fini

29 Avril 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Réflexions

Par CAROLINE B. GLICK

Jerusalem Post 27/04/2012

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=267726

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

 

La politique des portes ouvertes aux radicaux israéliens était défendable dans les années 1990 quand une fraction significative du public israélien les soutenait.

Vous pouvez en apprendre beaucoup sur la santé d’une nation en observant comment il célèbre ses fêtes nationales. Dans le cas d’Israël, comparez la façon dont nous avons célébré notre 50ème anniversaire de l’indépendance en 1998 aux célébrations d’aujourd’hui.

Pendant les années 1990, l’élite d’Israël se mettait en vacances de la réalité et de l’histoire et entraînait une grande part du public avec elle.

Le ministre des affaires étrangères d’alors, Shimon Peres, déclarait que l’histoire était consommée. Les prétendus « Nouveaux Historiens » fouillant dans le placard de David Ben Gourion à la recherche de squelettes, étaient le chic du monde universitaire. Des radicaux comme Yossi Beilin, Shulamit Aloni et Avrum Burg dictaient leur politique au gouvernement.

Les media, l’establishment des loisirs et le ministère de l’éducation adoptaient et faisaient massivement la promotion des pièces, des films, des spectacles télévisés, des chansons, des danses et des livres qui « pourfendaient les vaches sacrées ». Partout où vous vous tourniez, le post-sionisme était à la mode. Le post-judaïsme était à la mode. Et le sionisme et le judaïsme étaient tous les deux décidément hors jeu.

De même qu’il l’est aujourd’hui, Benyamin Netanyahou était Premier ministre en 1998, et alors comme maintenant il y avait des voix éminentes qui cherchaient à lui reprocher l’absence de paix et toutes les autres plaies de la terre.

En 1998, le gouvernement avait investi une fortune pour marquer le 50ème anniversaire de l’indépendance d’Israël.

La principale célébration officielle fut une affaire énorme appelée les ‘Cloches du Jubilé’ qui eut lieu au stade Teddy à Jerusalem. Plus de 2000 artistes y participèrent. Mais plutôt que de servir d’évènement unifiant la société israélienne en fêtant 50 ans de libre souveraineté, l’évènement démontra seulement à quel point l’élite politique et culturelle d’Israël voulait attaquer les valeurs fondamentales de la société.

La troupe de danse ‘Bat Sheva’ était programmée au spectacle et présenta une danse composée sur le chant traditionnel de Pessah’ « Eh’ad mi yodeah » (Qui connaît l’Un ?). Le chant contenait 13 strophes louant D.ieu, louant la Loi juive, et soulignant le cycle de la vie juive. Dans le numéro que ‘Bar Sheva’ devait présenter, les danseurs venaient sur la scène habillés en hommes juifs ultra-orthodoxes et à la fin du chant, tout ce qu’ils portaient, c’était leurs sous-vêtements.

La chorégraphie fit enrager des membres du cabinet de Netanyahou, dont le ministre de l’éducation Yitsh’ak Levy. Ils insistèrent pour que le programme ne contienne aucune partie insultant des secteurs de la société israélienne. Les organisateurs essayèrent de réaliser un compromis. Mais les danseurs choisirent de boycotter le festival. L’establishment culturel et des media d’Israël exprimèrent leur scandale et leur horreur à la vue de la tentative du gouvernement d’attenter à la liberté artistique. L’Association des Artistes Israéliens exigea la formation d’une commission publique pour assurer que le gouvernement ne serait pas en mesure d’interférer dans la liberté artistique à l’avenir. Des icônes culturelles majeures déclarèrent une guerre culturelle contre les Juifs religieux.

La question de savoir si la danse était appropriée pour la célébration officielle, financée par l’Etat, du jour de l’Indépendance ne fut jamais posée. De même, personne ne demanda si une danse décrivant des Juifs ultra-orthodoxes se déplaçant sensuellement au son d’une chanson juive traditionnelle en enlevant leurs vêtements reflétait les valeurs de la société.

Pour comprendre la distance qu’Israël a parcourue depuis, pensez à la cérémonie du Jour du Mémorial mardi soir au Square Rabin à Tel Aviv. Aucun des artistes ne s’attaqua à ses compatriotes israéliens. Et l’artiste et la chanson qui eurent le meilleur accueil, ce furent Moshe Ben Ari et son interprétation du Psaume 121 – Chant de l’Ascension.

Le psaume, qui loue D.ieu comme l’éternel gardien d’Israël, est devenu l’hymne officieux de l’Opération Plomb Durci à Gaza en 2008-2009. Et l’interprétation du chant par Ben Ari a propulsé l’artiste musicien international, portant des anneaux de cheveux bouclés aux oreilles, vers la super célébrité en Israël.

Il était impossible d’imaginer le Psaume 121 ou tout autre poème ou chant juif traditionnel interprété comme rien d’autre qu’un objet de mépris en 1998. A l’époque, il aurait été impossible de contempler un foule de plusieurs dizaines d’Israéliens non religieux chantant avec respect pendant que Ben Ari chantonnait « D.ieu est mon secours / l’Auteur du Paradis et de la Terre / Il ne laissera pas votre pied trébucher / Votre Gardien ne sommeillera pas / Car il ne dort ni ne sommeille – le Gardien d’Israël ».

Ce n’est pas que la foule aurait forcément hué la scène. Le chanteur n’aurait tout simplement jamais été autorisé à monter sur la scène. Les années 1990 furent la décennie qui lancèrent Aviv Gefen, le plus célèbre déserteur laïc, vers la célébrité.

Israël n’est plus dans les jérémiades d’une rébellion adolescente. Il a repris ses esprits.

C’est vrai, ses célébrités ressemblent à Ben Ari et pas à Naomi Shemer. Mais le message est le même. Israël est un grand pays et une grande nation. Le sionisme est à la mode. Le post-sionisme est dépassé. Le post-judaïsme est dépassé.

Quand l’an dernier un groupe d’artistes annonça qu’ils boycotteraient le Centre Ariel pour les Arts du Spectacle, le public réagit avec colère et dégoût, et pas avec compréhension.

Craignant de perdre des subventions de l’Etat, leurs directeurs de théâtre cherchèrent vite à prendre leurs distances vis-à-vis des artistes.

Le retour d’Israël vers ses racines sionistes est le plus grand évènement culturel de la décennie passée. C’est aussi un évènement survenu sous l’écran radar du monde. Personne hors du pays ne semble l’avoir remarqué.

L’échec du monde extérieur à observer le changement culturel en Israël vient de son incapacité à reconnaître la signification de l’échec du processus de paix avec les Palestiniens d’un côté, et de l’échec du retrait d’Israël de Gaza de l’autre. La disparition du processus de paix à Camp David en Juillet 2000 et la guerre terroriste qui s’ensuivit lancèrent le public israélien sur sa voie éloignée de la rébellion radicale post-sioniste et de nouveau vers ses racines sionistes. L’échec du retrait de Gaza, et la réponse de la communauté internationale à l’Opération Plomb Durci, marquèrent la conclusion du périple.

Le processus de paix d’Oslo était fondé sur la croyance radicale qu’il est possible de faire la paix en donnant le pouvoir aux terroristes ainsi que la terre, la légitimité politique, de l’argent et des fusils. Pour adhérer à cette absurdité, le public devait vouloir tolérer la notion qu’il y avait quelque chose d’injuste dans la révolution sioniste. Parce que si le sionisme et la cause de la libération nationale juive sont justes, alors il est impossible de justifier l’accès au pouvoir de l’OLP, mouvement terroriste dédié à la destruction d’Israël et à la délégitimation du sionisme.

La majorité des Israéliens n’a jamais adopté la narration post-sioniste. Mais ils ont accepté la doctrine du compromis. Et ils ont partagé l’opinion que si le compromis échouait, le monde se placerait aux côtés d’Israël.

Par conséquent, le début du réveil de la société sur le mensonge du post-sionisme au coeur du processus de paix ét

ait fonction non seulement de l’agression terroriste palestinienne qui commença après que Yasser Arafat eût rejeté la paix et son Etat à camp David. Il était aussi fonction de la Conférence de l’ONU en août 2000 à Durban et de sa suite au cours de laquelle la communauté internationale se plaça du côté palestinien. Cette démontra que alors que l’OLP avait mis en danger la vie de ses citoyens, l’octroi de la légitimité politique par Israël à l’OLP avait mis en péril la réputation du pays.

La leçon que les Israéliens retirèrent de l’échec du processus de paix était qu’Israël n’avait pas de partenaire palestinien pour la paix.

Et jusqu’à ce que les Palestiniens changent, Israël n’a personne à qui parler. Alors qu’une petite majorité d’Israéliens continue de soutenir la partition de la terre entre Israël et un Etat palestinien, une immense majorité d’Israéliens croit qu’Israël n’a personne avec qui faire la paix et donc aucune possibilité de partager la terre avec succès.

Ce n’est pas la leçon que les étrangers ont apprise. De Bill Clinton à George W. Bush et de Tony Blair à Barack Obama et Nicolas Sarkozy, les dirigeants étrangers ont insisté pour dire que le processus d’Oslo avait presque réussi et que son échec était un coup de hasard.

Tout au plus, ce que les fractions de la communauté internationale qui ne sont pas complètement anti-Israël ont voulu accorder à l’échec du processus de paix, c’est qu’il a échoué à cause d’un manque de courage. En disant cela, le problème n’est pas le concept d’un compromis avec des terroristes sur la terre, des fusils et la légitimité. Le problème est plutôt l’étroitesse d’esprit de dirigeants lâches. Donc la voie de progrès pour eux est claire : imaginer un ensemble de compromis plus attractif et jeter Israël dans le feu pour lui faire cracher les concessions requises.

 

Ensuite il y a les suites du retrait de Gaza.

Le retrait unilatéral par Israël de Gaza a été un événement traumatisant national. L’expulsion forcée de milliers d’Israéliens de leurs foyers a conduit la société israélienne au bord de la désintégration. Cette décision a représenté le dernier espoir du ‘Mouvement pour la Paix’.

Si les Palestiniens ne s’assoient pas avec Israël, ainsi allait l’opinion, Israël pourra toujours les apaiser simplement en leur donnant ce qu’ils voulaient sans aucun accord.

Mais non seulement le retrait n’apporta pas la paix, mais encore il mena le Hamas au pouvoir. Il conduisit à des dizaines de milliers de projectiles sur le Sud d’Israël. Les Israéliens attendaient que le monde reconnaisse la signification de ce chapelet d’évènements.

 

Mais cela ne se produisit pas.

Au lieu de voir les efforts que les Israéliens avaient fait pour apaiser les Palestiniens et se ranger de leur côté quand le compromis échoua de nouveau, la communauté internationale refusa même de reconnaître qu’Israël s’était retiré de Gaza. Condoleezza Rice força Israël à continuer de fournir de l’électricité et de l’eau à Gaza et de fournir des soins médicaux aux Gazaouis dans les hôpitaux israéliens comme si rien ne s’était produit. Personne n’accepta qu’Israël n’en n’ait plus la responsabilité.

En ce qui concernait la majorité des Israéliens, l’issue finale de notre désertion de la réalité survint avec la publication du Rapport Goldstone à la suite de ’Plomb Durci’. Là, Israël fut obligé de se défendre lui-même contre Gaza dirigé par le Hamas qui menait une guerre illégale de missiles contre des civils israéliens. 

Plutôt que de se placer aux côtés d’Israël qui avait tout fait pour la paix, la commission de l’ONU accusa Israël d’avoir commis des crimes de guerre. 

Sans aucun doute, la raison pour laquelle des personnes étrangères n’avaient pas tiré les mêmes leçons que le public israélien de l’échec du processus de paix et du retrait de Gaza, c’était parce que les seuls Israéliens qu’ils entendirent étaient les quelques vieux restes des années 1990. Des gens comme l’ancien directeur du ‘Shin Bet’ (Agence des services secrets d’Israël).

 Ami Ayalon peut s’attendre à voir chacun de ses éditoriaux de couverture sur les retraits de territoire et les destructions d’implantations publiés dans le ‘New York Times’, alors que Richard Goldstone ne fut même pas capable d’obtenir que le ‘Times’ publie son aveu que les conclusions de sa commission éponyme étaient fausses.

Cette politique de porte ouverte aux radicaux israéliens était défendable dans les années 1990 quand une fraction significative du public israélien les soutenait. Maintenant cela ne constitue rien de plus qu’une campagne de propagande anti-Israël.

 

Depuis Obama à ‘J Street’ et à l’Union Européenne, les acteurs internationaux intéressés à forcer Israël à faire plus de concessions aux Palestiniens, ne peuvent pas comprendre pourquoi leurs tentatives continuent d’échouer. Comment est-il possible qu’en dépit de leurs meilleurs efforts, Netanyahou demeure au pouvoir et que la Gauche n’exerce aucune attraction sur le public ? Pour répondre, ils n’ont pas besoin de regarder plus loin que Moshe Ben Ari, ses cheveux bouclés aux oreilles, et son interprétation du Psaume 121. La rébellion adolescente d’Israël est terminée.

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