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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Le peuple juif est le « Peuple Elu. » Pourquoi ?

21 Janvier 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Monde juif (halakha-min'hag)

 L’élection d’Israël est souvent vue comme un privilège immérité !  Les lignes ci-dessous vont tenter de démontrer que le courage, la vertu, le caractère et l’envergure de deux hommes sont à l’origine de la désignation  du Peuple Juif,  comme « porteur » de la promesse messianique. 

 

Longue et périlleuse histoire que celle qui conduisit à l’élection ou désignation d’Israël comme peuple phare de l’humanité. Le choix n’est pas arbitraire. Il va même dans le sens des grandes consultations démocratiques des temps modernes et tout comme l’individu fonde son choix sur des critères, la désignation d’Israël reste fonction d’une singularité objective et rare: la morale ne peut se vivre que dans, et jamais hors, l’histoire.

Cette promotion d’un peuple devenu messianique  n’est pas un caprice de l’absolutisme divin. Elle correspond à une difficile gestation où le Juif en exprimant son refus, sa rébellion contre les dieux,  définira son exceptionnelle destinée. D’abord, comme pour bien montrer que l’humanité prise en chacun de ses peuples avait de sérieuses chances d’être appelée à la magistrature universelle, surgira un personnage atypique, Abraham qui ne sait pas encore où aller mais qui sait d’une certitude absolue, fruit de son cheminement personnel, là où il ne faut pas, où il ne faut plus aller.

 

 On ne dira jamais assez, que la condamnation de l’idolâtrie est d’abord une   décision personnelle d’Abraham que le C.iel confirmera en …seconde main. L’élimination de cette conception polythéiste  procède d’un parcours intérieur, d’un voyage initiatique de type humaniste où l’homme Abraham avant de savoir où le mènera son voyage, comprend la nécessité de la rupture. « Détruire les idoles de son père » c’est prendre le risque d’une solitude absolue si le « vide » n’est pas comblé.  Et, la lutte en vue d’éloigner le risque polythéiste fut un combat  où l’objet était moins de définir un nouvel idéal que de détruire l’ordre ancien établi sur la superstition . Lorsqu’il « renversa » le monde de son père, Abraham était seul,  le C.iel silencieux ! Il y a « quelque chose » de nietzschéen dans le combat d’Abraham !  Le premier humanisme est donc d’abord celui de la solitude de l’homme face à son refus de l’absurde. Le vide est préférable au trop plein hérétique.

 

Les ténèbres dissipées, il fallait savoir utiliser la découverte d’Abraham. Car la liberté, si elle devient une fin en soi, aboutit à l’impasse de la solitude qui conduit à la tragédie. C’est là toute l’ambigüité de la Grèce,  que seule la lumière peut combattre. Le miracle de Hanouca, c’est l’affirmation que la lumière permettant de tout appréhender est plus forte que la vérité ou même l’amour. La différence entre la Grèce et la Judée, c’est qu’Hermione dira : « Je ne suis pas venue sur terre partager la haine » alors que la voix des prophètes s’élèvera pour proclamer : Nous sommes venus vous offrir la Vérité ! »

 

Il fallut qu’Abraham détruisît l’illusion du polythéisme pour qu’apparut, l’homme qui put donner un sens à cette révolte. Deux issues se présentèrent à celui, qui restera pour une raison précise le plus grand des prophètes : Moïse notre Maître : soit affirmer que l’homme est trop petit,  qu’il n’a pas la stature pour arracher la vérité du ciel et  la faire germer sur la terre des hommes.

 Ce sera le triomphe des grandes spiritualités d’Orient et d’Occident. Soit, au contraire, en dépit de son bégaiement, c’est-à-dire de son hésitation, à arracher au divin la part qui revient à l’homme, opter malgré pour la lutte de l’homme contre les forces du destin. C’est ainsi que tout comme Abraham comprit seul par où la vérité ne pouvait passer, Moïse comprit sans l’aide du divin que l’injustice était le frein à toute option morale et, de lui-même,  il mit un terme à la vie de l’Egyptien qui martyrisait ses frères, inaugurant ainsi une nouvelle humanité où l’homme ne priera pas pour un monde meilleur mais le façonnera de ses « mains frêles et périssables. »

Ainsi s’imposa le peuple Juif en Peuple Elu !

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