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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Le Juif et le « Juif », entre guillemets

16 Juin 2010 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Point de vue

Par Arié pour geopolitiquebiblique.com

15/06/2010

L’idée d’entourer les Juifs de guillemets m’a été fournie, entre autres par, l’inénarrable Figaro qui annonçait la « circoncision » du petit Solal et qui s’intitulait: Le petit-fils de Sarkozy, a été

« circoncis ». Je me suis alors posé une question légitime: comment peut-on être circoncis entre guillemets ? Et très sincèrement je n’ai pas trouvé de réponse satisfaisante sur le plan halakhique ( la Loi juive), ni médical. Par contre, j’y ai découvert les vertus des guillemets. Les guillemets ironiques, nous dit Wikipedia-je-sais-tout, sont souvent utilisés de façon péjorative ou pour prendre ses distances avec le terme ou l’expression mise en exergue? Wiki de nous apporter un exemple tiré du Livre d’Onfray: Freud a voulu bâtir une « science », et il n’y est pas parvenu; il a voulu « prouver » que l’inconscient avait ses lois, sa logique intrinsèque, ses protocoles expérimentaux, mais, hélas, il a un peu menti.

Dans un excellent article, Shmuel Trigano nous parle des Juifs « autorisés », qui sont seuls à avoir le droit de s’exprimer dans un micro parce qu’ils sont les gardiens d’un « autre » judaïsme, éclairé, cultivé, rationnel, aux antipodes du …. votre, en quelque sorte. Il les définit ainsi parce qu’ils commencent toujours leur phrase ainsi: Je suis pour Israël, mais, attention ! Je suis contre ceci ou cela : « Sharon », « l’occupation », les « colons », etc.. Le maître mot est évidemment leur « mais » systématique qui suit leur déclaration d’amour. Ainsi, tel philosophe amoureux d’Israël, qui possède des amis à Sderot, invite à signer pour l’appel de J Call, vomit Netanyaahou pour ne pas parler de Liebermann qu’il exècre./ Je me suis donc longuement interrogé: pourquoi toujours placer les guillemets sur le qualificatif qui suit le mot Juif, « autorisé » ou « autre »? C’est carrément autour le mot « Juif » qu’il faudrait les placer, comme procède l’auguste Figaro avec « circoncis ». Qui suis-je moi, pauvre Français naturalisé, pour prétendre donner des leçons au chantre de la langue française qu’est le Figaro ?

Certes, il est plus aisé de placer des guillemets autour d’ « Israélien », surtout si on dit un Arabe « israélien », car, comment un Arabe peut-il être « israélien » ? D’accord, il bénéficie d’une citoyenneté, d’un passeport qui lui donne les mêmes droits et privilèges que le pauvre bougre de Sderot , y compris celui d’être élu député à la Knesset, mais peut-on réellement soutenir qu’il, ou elle, est israélien(ne) . Ainsi, la député Passionaria embarquée sur la flottille de libération de Gaza est, de droit israélienne, mais, l’est-elle de cœur ?

En faisant un distinguo entre Juif et « Juif », mon intention n’est pas d’ironiser mais de tenter d’expliquer la différence entre un Juif-tout-court et ce que l’on pourrait appeler un Juif approximatif. Certes, pas approximatif au regard de la Loi juive, car le Juif comme le « Juif » sont considérés par la Loi comme des juifs à part entière. Vous savez, parce que sa mère est juive, qu’il a été circoncis lorsqu’il était tout petit, qu’il a peut-être même fait sa Bar-Mitsva. Halakhiquement Casher à 100 %, quoi !

En hébreu, il existe une expression difficilement traduisible en français kéilou, qui signifierait « comme si « ou « une sorte de ». Il traduit assez bien la notion des guillemets Kéilou Yéhoudi, comme s’il était juif, Ce kéilou autoriserait l’usage des guillemets. Il l’est tout en ne l’étant pas vraiment, presque, mais pas tout à fait.

Juif, feu Monseigneur Lustiger l’était aussi, le Chef d’orchestre Barenboïm qui possède la double nationalité palestinienne et israélienne, est juif sans conteste ? Il n’en demeure pas moins que je le perçois comme un « Juif » palestinien, sans ironie aucune, mais avec un léger pincement au cœur.

Le Juif-approximatif, l’alter-Juif, le Juif-autorisé par les médias, le Juif-mais, le Juif-entre guillemets, le Juif-palestinien serait « le Juif ».

Les « Juifs » ont existé de tous temps. En -167, les Grecs font irruption dans la ville de Modiin, près de Jérusalem, et exigent que les Juifs sacrifient un porc aux dieux grecs. Un Juif hellénisé accepte, mais, sur le point de sacrifier la bête, il se fait égorger par le Cohen Gadol (le grand prêtre), Mattathias, qui donne le coup d’envoi à la révolte des Macchabées.

Cent ans auparavant, à la demande de Ptolémée II, la Bible fut traduite en grec, par, selon la tradition, 70 rabbins et le Talmud nous dit : « et ce jour fut aussi grave pour Israël que le jour du veau d’or, car la Torah ne put être traduite convenablement ». Par extension, on appelle Septante la version grecque de la totalité des Écritures bibliques, soit l’Ancien Testament chrétien. Ce qui est fort étrange, car tout ce qui n’est pas le Tanakh, n’apparut sur la scène que 300 ans plus tard. Il y a donc la Bible et la « Bible »…. des Septante.

Freud, en fin helléniste, a continué à perpétuer la tradition des juifs hellénisés, car chaque fois qu’il avait un flash il l’habillait par un récit mythologique grec. En fin connaisseur de la Bible, il continua l’œuvre des Septante en donnant au monde sa version de Moïse. Désormais il y a le Moïse de la Torah et le « Moïse » de Freud. Le premier nous a transmis, entre autres, les 10 Commandements et le Chéma Israël (profession de foi juive sur l’unicité de D.), le second nous a transmis le complexe d’Oedipe et une version réactualisée du « Chema Israël, Aton ton dieu, est le dieu un».

Il serait fort aisé de situer Freud sur l’échiquier politique actuel en Israël et ailleurs. S’il avait vécu à notre époque, il se serait certainement joint à la flottille de la paix pour Gaza.

De nos jours, les juifs hellénisés seraient les Juifs palestinisés.

Il est clair qu’un Juif a toujours parmi ses connaissances un « Juif » entre guillemets, ou qu’il considère qu’un tel, vu à la télévision, ou dont il a entendu parler, en est un. Les Juifs laïcs considèrent que ceux qui passent leurs temps sur le banc des Yeshivot ou Kollelim sont des

« Juifs » d’un autre âge, inappropriés au monde moderne, « idolâtres, centrés sur une terre divinisée et prisonniers de croyances archaïques », comme le dit Elie Barnavi, qui fut en son temps Ambassadeur d’Israël en France, donc tenu à une certaine impartialité. A l’inverse, ceux qui étudient la Torah considèrent que les ignorants des choses du Kodech (sacré, essentiellement du Talmud) sont des presque Juifs; des « Juifs », quoi ! Nous sommes tous en quelque sorte le « Juif » d’un autre Juif. La catégorisation binaire peut être poussée à l’infini, mais il faut tout de même prendre partie.

La plupart des Juifs considèrent que leur état de juif leur a été fourni à leur naissance. Une chance, pour certains, une malédiction, pour d’autres. Cet héritage, acquis de leurs ancêtres, les suivra toute leur vie et ils le transmettront, qu’ils le veuillent ou non, à leur progéniture. Beaucoup oublient qu’une des caractéristiques de leur état consiste à respecter une solidarité envers leurs semblables qui ont reçu le même lourd héritage. Il est écrit Kol Israel Arévim zé la zé. Tous les juifs sont responsables, ou, plutôt garants, l’un de l’autre. Je suis garant d’une dette contractée par un Juif que je ne connais pas, si cette dette, non remboursée, peut jeter l’opprobre sur la Communauté toute entière. Et, à fortiori, je dois me sentir responsable si un Juif a été placé en captivité, et me dois d’agir dans la limite de mes moyens et même au delà, pour le faire libérer.

De la même façon, si Israël est conspué, vilipendé, mis au ban des Nations, démonisé, comme disent certains, je suis tenu à une solidarité minimale. A moins de considérer, comme font les Neturey Karta, que l’Etat d’Israël n’a pas de base légale pour exister; fondant cette légalité sur la Torah. La logique de cette mouvance est imparable: l’Etat d’Israël a été construit alors que les « conditions messianiques » (encore des guillemets) n’étaient pas remplies. Il faut donc revenir à un état ante, qui suppose la disparition de l’Etat. Il est donc permis et recommandé de se lier à ceux qui prônent ou œuvrent à sa destruction.

Mais si je ne partage pas les vues des Neturey Karta et considère que l’existence d’Israël est légale et justifiée, alors comment puis-je me lier à ceux qui prônent sa disparition et œuvrent en ce sens?

La première flottille sera suivie par d’autres. Vraisemblablement en provenance d’Iran. Les navires « humanitaires » iraniens arriveront au large des côtes israéliennes, avec les intentions que même un « Juif » est capable d’imaginer. Puis-je approuver et soutenir cette

« action humanitaire » en faveur des Gazzaoui, averti que je suis des risques que coure Israël à laisser passer ces bateaux ?

Ne suis-je pas un peu garant de la vie des habitants de Sderot qui seront les premiers concernés par un afflux d’armement déchargé par la flottille humanitaire iranienne ? A moins que je me considère garant du bien être et du niveau de vie des habitants de Gaza ? Il est impossible de courir les deux lièvres à la fois; je souhaite le bien être des Gazzaouis et l’armement Hamas, mais aussi la sécurité des habitants de Sderot. Le beurre et l’argent du beurre…

Il existe une différence fondamentale entre les Arabes et les Juifs. Les premiers sont fondamentalement et complètement Arabes; ils choisissent leur camp sans s’encombrer d’aucune nuance ou sollicitude à l’égard des Autres. Il est de ce fait impossible de leur accoler des guillemets. Et c’est ce qui fait leur force. La maxime arévim zé la zé devrait leur être appliquée. Les motifs de division qui peuvent intervenir entre eux sont uniquement de nature politique. Ainsi un Mahmoud Abbas est opposé à la levée du blocus à Gaza pour ne pas renforcer politiquement le Hamas. La Guerre des Juifs est, à l’inverse, d’ordre moral et existentiel. Les Juifs défendent leur camp, même quand ils ne sont pas complètement d’accord avec certaines options prises par les dirigeants israéliens, les « Juifs », qu’ils vivent en Israël ou en Diaspora, justifient, ou mieux encore, se portent au secours du camp d’en face; pour ne pas dire carrément du camp des ennemis d’Israël.

Il ne faut pas s’interroger si la Guerre des Juifs aura lieu, parce qu’elle a lieu, sous nos yeux. Les médias l’ont bien compris et l’exploitent à fond en ne donnant la parole qu’aux Juifs « autorisés » autrement dit à ceux qui ont choisi d’être le moins juif possible, et qui ont délibérément choisi leur « Judaïsme compassionnel ».

Je suis parfaitement conscient des imperfections de cet article et des partis-pris scabreux qu’on voudra m’attribuer, mais que faire, ça m’est venu comme ça, et je préfère le publier plutôt que d’attraper un ulcère à l’estomac.

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