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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Le Conflit de Gaza n'a pas été lancé pour aider la réélection de Bibi

17 Novembre 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

  Par Jonathan S. Tobin

http://www.commentarymagazine.com/

Adapté par Mordeh'aï pour le blog malaassot.com©2012

 

Alors que les tirs de barrage des terroristes continuaient de s'abattre sur Israel des roquettes du Hamas ont atteint  Jérusalem aujourd'hui.  Plutôt que de réduire les islamistes  au silence par les contre-attaques israéliennes, les tirs sont montés d'un cran dans le conflit et semblent avoir été encouragé par les soutiens actifs de l'Egypte et de la Turquie. Cela laisse au gouvernement israélien d'avoir à choisir entre un cessez-le feu qui va donner au Hamas une victoire ou lancer une invasion terrestre de Gaza coûteuse qui pourrait causer de sérieux dommages aux terroristes et peut-être remettre un peu plus de dissuasion. Mais ce qui pèse sur l'ensemble des discussions pour les options à prendre par le pays c'est l'accusation que le conflit de cette semaine a été plus motivé par la campagne de réélection du Premier ministre Netanyahu que celui de la sécurité d'Israël.

 

C'est le thème des critiques reproduit en chœur par la gauche contre le Premier Ministre dans les pages des opinions et des éditos du Haaretz et c'est même repris par un bon ami du président Obama et  allié du Hamas le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan aujourd'hui selon Ynet . Laissant de côté l'idiotie énorme et abracadabrante d'Erdoğan que les quelques centaines de roquettes qui ont été tirées sur Israël étaient de «fabrication» artisanale, et l'idée que la décision de stopper les attaques à la roquette soit connectée aux élections législatives d'Israël prévues de Janvier.

 

Compte tenu de l'impopularité de M. Netanyahu  en dehors des frontières de son pays ainsi que dans les médias israéliens, il n'est guère surprenant que ce genre de chose soit dite. Mais il faut aussi comprendre qu'elle est complètement absurde. Le moment du conflit a été déterminé par le Hamas, pas par Israël et loin de renforcer les chances de Netanyahou de gagner sa réélection, la violence croissante est beaucoup plus un handicap qu'un atout, de gagner des voix.

 

Tout d'abord, l'idée que Netanyahu a besoin d'un "détournement d'attention" par la guerre du style à être assuré de remporter les élections de Janvier est irrationnelle. Le Likoud du Premier ministre a été un favori intouchable pendant des mois. Même s'il y a eu une quasi-unanimité sur le fait que le Likoud va former la prochaine coalition, tous les doutes que son parti reçoivent le plus de votes a été effacé par la fusion avec le groupe du Ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, Yisrael Beitenou. Bien qu'un Likoud plus large ne peut pas dominer autant que Netanyahu l'espère, c'est probablement la clé pour percevoir plus de sièges à la Knesset que n'importe quel autre parti n'en a gagné en 20 ans.

 

Une guerre peut accroître la popularité personnelle de Netanyahou alors que les combats se passent, mais qui n'est pas susceptible de se traduire par des votes supplémentaires pour son parti en Janvier. Après tout, les électeurs centristes qui ne sont pas à l'aise avec Lieberman, voire avec le Premier ministre sont plus susceptibles de se rallier à Yair Lapid ou l'une des autres solutions de rechange qui va probablement se retrouver dans des coalitions de Netanyahou de toute façon.

 

Le plus important dans ce conflit c'est qu'il peut y avoir beaucoup plus de voix à perdre qu'à y gagner. 

 

Il est vrai que si Netanyahu avait permis au Hamas de continuer à pilonner le sud comme il l'a fait le week-end dernier, cela aurait porté atteinte à sa crédibilité en tant que leader. Pas plus que les Israéliens (environ un million de personnes) qui vivent à proximité de la bande de Gaza n'auraient apprécié de les laisser sans protection. Mais la contre-attaque, l'expose à la critique sur un certain nombre de points clés.

 

Après avoir exposé cette semaine de couper les ailes au Hamas et restaurer le facteur de dissuasion d'Israël, comment va-t-on le regarder si les combats cessent avec un pouvoir intact, et  une déclaration de  victoire du groupe islamiste. En effet,  plus de la moitié des centaines de roquettes lancées par le Hamas sont passées au travers de la protection "Israël Iron Dome" vanté comme le système anti-missiles et à la chute des roquettes sur Tel Aviv et sur Jérusalem depuis que l'offensive a commencé, il est difficile d'argumenter que même les coups durs administrés aux terroristes cette semaine ont fait une brèche dans leur capacité à menacer l'Etat juif.

 

Si Netanyahou décide de ne pas accepter un cessez-le feu dans ces conditions et lance une attaque terrestre contre Gaza ce qui en quelque sorte satisfera certains Israéliens, mais les lourdes pertes qui seront subies par les deux camps pourront également être retenues contre lui, ainsi que d'augmenter la pression de l'étranger pour un retrait avant que l'infrastructure du Hamas ne soit fortement endommagée. Tandis qu'un franc succès lui donnerait bonne apparence, peut-on vraiment croire aux circonstances et aux avantages du Hamas dans cette guerre asymétrique, il est probable qu'une telle issue soit  plausible.

 

Plus important encore, il faut se rappeler que le Hamas a lancé ce conflit à ses propres fins. C'est le Hamas qui a creusé le tunnel sous la frontière avec Israël pour faciliter de futures attaques terroristes et dont la découverte a défini les premières attaques du mouvement islamique. C'est le Hamas qui a choisi de tirer sur le véhicule de l'armée israélienne à la frontière. Et c'est le Hamas qui a décidé que, plutôt que de n'avoir qu'un échange limité de feu après ces incidents, de lancer un tir de barrage de plus de 150 missiles sur Israël de dimanche à lundi.

 

Cette décision était liée au désir du Hamas de reléguer au second plan l'Autorité palestinienne et sa candidature pour la reconnaissance d'un état aux Nations Unies. Leur volonté de renforcer la popularité du groupe, les obligeait à rétablir leur réputation de groupe palestinien le mieux à même de tuer des Israéliens. Rien de tout cela a beaucoup à voir avec les élections en Israël, et encore moins avec les intérêts politiques de Netanyahu.

 

L'impact à long terme du conflit que le Hamas a fomenté n'a pas encore été déterminé. Mais quoi qu'il en soit,

l'attribuer  à un complot visant à réélire, Benjamin Netanyahu, reflète la malignité que de nombreux observateurs ont pour le premier ministre, et non pas d'une analyse lucide de la situation.

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