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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

La volte-face « pro-israélienne » d’Obama

27 Septembre 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Réflexions

 Par Daniel Haïk,

Hamodia No 187 26 septembre 2011,

 http://www.hamodia.fr/

 

  Le 19 mai dernier, Barack Obama avait tendu une stupéfiante embuscade à Binyamin Nétnayaou. Quelques heures avant l’arrivée du Premier ministre israélien aux États-Unis, le président américain avait ouvertement prêché en faveur de la création d’un État palestinien sur les frontières de juin 67. Pourtant, quatre mois plus tard, au cours de la séance inaugurale de l’Assemblée générale des Nations unies, Obama a totalement changé son fusil d’épaule. Non seulement il a carrément fait abstraction de ces « frontières de juin 67 » et a omis d’utiliser le terme « d’occupation israélienne dans les Territoires », mais il a surtout adressé une vive réprimande diplomatique aux Palestiniens et à leur leader Mahmoud Abbas pour avoir voulu aller au bout de leur démarche unilatérale de reconnaissance d’un État palestinien indépendant : « Vous avez certes le droit à un État, mais pas en passant par l’ONU. Il n’y a pas de raccourci pour la paix. Si cela avait été si simple, nous aurions déjà conclu cette paix » a affirmé Obama du haut de la tribune des Nations unies. Dans une allocution, que certains ont qualifiée de « sioniste », le président américain s’est clairement positionné aux côtés d’Israël, rappelant ses besoins sécuritaires et en usant pour l’occasion d’une sémantique historique très peu courante dans un forum aussi hostile que l’ONU : « Soyons honnêtes, a-t-il dit, Israël est entouré de voisins qui n’ont cessé de déclencher des guerres contre lui. Des citoyens israéliens ont été tués pas des missiles ou dans des attentats suicidaires. Les enfants israéliens grandissent en sachant que les enfants de leurs voisins apprennent à les haïr. Le peuple juif porte le fardeau de générations d’exil, de persécution et des six millions de Juifs qui ont été assassinés pour ce qu’ils étaient ». Même Avigdor Lieberman n’aurait pas pu rédiger un tel discours. Et le chef de la diplomatie l’a confirmé en affirmant qu’il « signait des deux mains cette allocution ». Quant à Binyamin Nétanyaou, il a rencontré Obama tout de suite après ce discours et l’a remercié : « Votre prise de position ferme est un honneur pour nous. Nous sommes d’accord avec vous sur le fait que les Palestiniens et les Israéliens doivent négocier un accord. Et c’est pourquoi leurs tentatives d’obtenir un État sans négociations est voué à l’échec », a lancé un Premier ministre israélien ravi de pouvoir faire mentir ceux qui l’accusent d’avoir, par sa politique, isolé Israël sur la scène internationale. Quant aux Palestiniens, ils ont brusquement découvert que leur puissant allié à la Maison Blanche leur tournait le dos et ils ont réagi avec déception et colère : « Il ne manque plus qu’Obama rejoigne le Congre Sioniste » a déclaré un responsable palestinien à l’ONU tandis que Saeb Arekat affirmait que les États-Unis venaient de perdre leur statut de médiateur impartial. Deux explications à ce changement/ Que s’est-il donc passé entre les deux discours d’Obama, entre celui le 19 mai et celui du 22 septembre. On peut avancer deux raisons essentielles :

 - La première est purement électorale : si Obama s’affiche ouvertement aux côtés d’Israël en se démarquant des Palestiniens, ce n’est certainement pas parce qu’il a adhéré au mouvement sioniste. Non, le Barack Obama qui s’est présenté à la tribune de l’ONU est un président affaibli politiquement par la crise économique et surtout c’est un président qui a compris que s’il voulait être réélu en novembre 2012, il devait absolument reconquérir le cœur d’une partie de l’électorat juif américain qui le désavoue pour sa conduite envers son chouchou « Bibi » Nétanyaou. Pour Obama, la principale sonnette d’alarme, mais pas la première, a été tirée, il y a trois semaines avec la victoire du républicain Bob Turner à New York dans une circonscription « juive » et traditionnellement démocrate. Cette victoire a confirmé le désaveu d’une partie des juifs démocrates envers la politique proche-orientale d’Obama. D’ailleurs, au cours des derniers mois, le soutien des Juifs américains à leur président a chuté d’un tiers, de 78 à 54 % ! Et, comme par hasard, Obama s’engage dans cette année électorale sans avoir réussi à collecter… un tiers des fonds qui lui seront nécessaires pour espérer l’emporter l’an prochain ! Là-dessus se greffent les critiques de plus en plus acerbes adressées par le Congrès et par le candidat à l’investiture républicaine Rick Pery qui dénoncent la complaisance voire la mansuétude avec laquelle Obama a traité Mahmoud Abbas depuis deux ans et la fermeté avec laquelle il s’est conduit envers l’ami et l’allié israélien.

 - Justement, l’attitude d’Abbas est la seconde explication majeure au discours chaleureux d’Obama envers Israël. En effet, Obama n’a pas du tout apprécié que le raїs palestinien le défie en allant jusqu’au bout dans sa démarche de reconnaissance unilatérale d’un État palestinien, alors qu’il l’avait presque supplié de se rasseoir sans condition à la table des négociations. Et ce alors que Nétanyaou avait, lui, accepté une relance du dialogue. En annonçant sa décision de déposer une demande de reconnaissance devant le Conseil de Sécurité et donc en poussant Obama a faire usage de son droit de veto, Abbas est allé un pont trop loin et le président américain l’a sanctionné.

 Une chose est sure, cette volte-face, continue de prouver qu’Obama n’a toujours rien compris à la complexité proche-orientale. Il y a quelques mois Tom Friedman, la voix d’Obama au New York Times avait qualifié Nétanyaou de conducteur saoul qui met en danger par sa conduite l’État d’Israël. Aujourd’hui, on peut lui renvoyer l’ascenseur : en se projetant d’un extrême à l’autre, Obama ressemble certainement à un chauffeur en état d’ébriété qui par la naïveté de sa gestion du Proche-Orient, risque de plonger la région dans une période d’instabilité plus aiguë que celle dans laquelle elle se trouve déjà.

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