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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

La quadrature du gel

15 Septembre 2010 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Réflexions

Par Daniel Haïk,

Hamodia No 138

15 septembre 2010,

Lorsque l'on demandait au Premier ministre Lévy Eshkol s'il voulait du thé ou du café, il répondait : « Moitié-moitié »…. Or à l'approche de la date butoir du 26 septembre qui doit marquer la fin des dix mois de gel de la construction en Judée- Samarie, il semble bien que Binyamin Nétanyaou ait été contaminé par l'indécision de son prédécesseur. En effet, à la veille même du sommet de Sharm-el-Sheikh, le Premier ministre israélien avait confié à l'émissaire du Quartet, Tony Blair : « La construction va se poursuivre, mais de manière discrète et réduite au sein des grands blocs d'implantation. Dans ce dossier tout n'est pas blanc ou noir… ». Une tournure destinée à satisfaire l'aile droite de son gouvernement, sans pour autant froisser les Américains, les Palestiniens et le monde arabe !

Car la grande inconnue - à l'heure où nous mettions sous presse au soir du 14 septembre - était de savoir si, à l'issue du sommet de Sharm-el-Sheikh, le Premier ministre israélien était parvenu à convaincre ses interlocuteurs d'adopter sa position. De prime abord, les dirigeants de l'Autorité palestinienne (AP) étaient arrivés dans la cité balnéaire égyptienne sans aucune illusion et prêts à repousser des deux mains le compromis israélien. Or on a pu constater que le dialogue entre Nétanyaou et Abbas en présence d'Hillary Clinton s'est prolongé. Une seconde rencontre entre les deux leaders, non programmée au départ, a même eu lieu dans l'après-midi, suite à quoi les deux parties ont convenu de se retrouver le lendemain à Jérusalem pour poursuivre les pourparlers.

Alors comment expliquer ce souffle d'optimisme aussi prudent que provisoire ? Deux réponses peuvent être avancées : soit Binyamin Nétanyaou a fait à Mahmoud Abbas une concession majeure sur un autre dossier - peut-être la libération massive de prisonniers du Fatah- en échange d'une acceptation tacite par l'AP de la reprise de la construction « discrète » dans les seuls blocs d'implantations. Soit Mahmoud Abbas a compris qu'il ne pouvait pas se permettre le luxe de mettre en difficulté l'administration Obama à l'approche des élections américaines décisives du 2 novembre en torpillant d'emblée les pourparlers. Et en échange, il aurait obtenu d'Hillary Clinton et de George Mitchell des déclarations plus fermes de Washington sur la nécessité de « poursuivre le gel » en cas de dialogue réellement constructif.

Bref, cette ardue question du gel de la construction - qui ne s'était en fait jamais posée comme condition de l'AP pour accepter de négocier avec Israël même à l'époque pourtant plus dure de Yasser Arafat - continuait à faire planer une ombre menaçante sur l'avenir des pourparlers…

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