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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

La foule s’est ruée sur la frontière dans le Golan. La crainte d’un « effet Bilin » à la frontière syrienne

6 Juin 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Revue de presse

 Publié le 6 juin 2011

Par Yoav Rheims

www.israelvalley.com/news/

Source: Ambassade de France en Israël

 

 

1. La foule s’est ruée sur la frontière dans le Golan ; en Syrie on affirme : 22 manifestants ont été tués par les tirs de Tsahal

 

Plusieurs centaines de manifestants ont tenté hier de franchir la frontière entre la Syrie et Israël. Tsahal qui, contrairement à ce qui s’était passé lors de la journée de la nakba, a déployé hier des renforts, a ouvert le feu en direction des jambes des manifestants. Selon la télévision syrienne, vingt-deux personnes ont été tuées et trois cent cinquante ont été blessées par ces tirs.

 

De hauts responsables militaires estimaient hier que le véritable bilan est moins lourd et que les chiffres ont été grossis par les autorités syriennes. Plusieurs dizaines de manifestants ont passé la nuit à proximité de la frontière et le commandement militaire de la région nord se prépare à la possibilité que les émeutes et les tentatives de franchir la clôture se poursuivent dans les jours à venir, ce qui obligerait Tsahal à mobiliser plusieurs bataillons le long de la frontière.

 

Au sein de l’armée on estime que les émeutes d’hier comportaient un élément spontané mais que le régime syrien les a encouragées ou, tout au moins, n’a rien fait pour les empêcher. Ici et là on a pu voir quelques tentatives timides de la part de soldats et de policiers syriens d’éloigner les manifestants, des efforts qui ont pris fin très rapidement.

Selon les hauts responsables militaires, les événements d’hier témoignent d’un « effondrement progressif du régime d’Assad et de l’affaiblissement de son contrôle »

 

Ces hauts responsables ont accusé la Syrie d’être responsable de la situation le long de la frontière et des victimes, les autorités n’ayant pas empêché les manifestants d’approcher la clôture. Ils mettent en avant le fait que l’attitude du gouvernement libanais a été radicalement différente et que le fait d’avoir empêché hier les manifestations le long de la frontière libanaise a permis d’éviter la mort de civils. Tsahal souligne que les victimes d’hier ont été touchées par « des tirs précis et mesurés » en direction de la partie inférieure du corps. D’autres ont été blessés par l’explosion de mines à cause, semble-t-il, d’un incendie provoqué par des cocktails Molotov.

 

Les affrontements entre Tsahal et les manifestants ont duré toute la journée d’hier, surtout à proximité de Majdal Shams, dans le nord du Golan. D’autres affrontements ont eu lieu dans le secteur de Quneitra. Dans la soirée, des habitants de Majdal Shams ont jeté des pierres vers les soldats. Contrairement à ce qui s’est passé il y a trois semaines lors de la journée de la nakba, aucun manifestant n’a réussi hier à franchir la frontière et à s’introduire en Israël.

 

Au-delà des renforts déployés hier et de l’ajout de dispositifs d’observation et de renseignement, Tsahal avait réparé les clôtures qui avaient été forcées il y a trois semaines, avait renforcé les deux clôtures et approfondi la tranchée entre les deux clôtures.

 

Pendant toute la journée, les manifestants ont tenté de parvenir à la clôture. Les soldats de Tsahal ont tiré en l’air puis en direction des jambes des meneurs. A un moment, un groupe d’enfants a tenté lui aussi de s’approcher de la clôture et certains d’entre eux ont également été touchés par les tirs. Vers 17 heures, un incendie s’est déclaré dans un champ de ronces situé dans le no man’s land face au poste-frontière de Quneitra à cause, semble-t-il, de cocktails Molotov lancés par les manifestants. Le feu a provoqué l’explosion de plusieurs mines antichars ce qui aurait fait plusieurs morts et plusieurs dizaines de blessés.

 

Le commandement militaire de la région nord a justifié hier le tir à balles réelles car, comme l’a déclaré un officier supérieur : « Il s’agit d’une frontière internationale, pas d’émeutes en Cisjordanie. La souveraineté doit être préservée à tout prix ».

 

Face à la localité libanaise de Maroun a-Ras, l’autre endroit où, il y a trois semaines, Tsahal avait ouvert le feu, il n’y a pas eu hier de manifestation, l’armée libanaise ayant déclaré le secteur zone interdite. En Cisjordanie il y a eu hier plusieurs manifestations dont la plus importante, à Qalandia au nord de Jérusalem, a réuni près de trois cents personnes qui ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre. Plusieurs dizaines de manifestants et un garde-frontière ont été très légèrement blessés. Dans le nord de la bande de Gaza, une centaine de Palestiniens ont manifesté près de Beit Hanun mais les autorités du Hamas les ont empêchés de s’approcher de la clôture.

 

 2. La crainte d’un « effet Bilin *» à la frontière syrienne

 

Des responsables des services de sécurité ont exprimé hier la crainte que les forces de Tsahal soient désormais obligées de manifester une présence permanente le long de la frontière syrienne qui pourrait devenir le lieu de manifestations et d’affrontements réguliers, comme à Bilin.

 

Pas moins de trois bataillons, auxquels se sont joints la brigade cynophile de Tsahal et de nombreux policiers, ont lutté hier pour empêcher les manifestants de s’introduire en Israël. C’est là un prix lourd à payer en termes de déploiement de forces. Des responsables du commandement militaire de la région nord estiment que le secteur, devenu un symbole pour les Syriens, continuera à être le lieu de manifestations.

 

Selon un responsable militaire, Israël tente d’adresser, par l’intermédiaire de la force des Nations-Unies, des messages à la Syrie afin qu’elle empêche les manifestants de se rendre dans le secteur. « Ces messages ont été adressés avant les événements. Soit les Syriens ont perdu le contrôle de la situation le long de la frontière, soit, ce qui semble être le cas, il s’agit d’une provocation délibérée dont le but est de détourner l’attention des événements internes en Syrie », a déclaré ce responsable.

 

3. Les émissaires d’Assad

 

Le plateau du Golan a cessé d’être le front le plus calme d’Israël. En Israël on estime que tant que le président Assad se battra pour la survie de son régime, la Golan continuera à faire les gros titres de l’actualité. Les Syriens pousseront les Palestiniens à affronter Tsahal le long de la frontière afin de détourner l’attention de la crise en Syrie. Le round actuel durera au moins jusqu’à mardi mais, après cela non plus, on ne retrouvera pas la frontière paisible qu’on a connue ces quarante dernières années, celle qui n’était franchie que par des bergers ou des espions.

 

L’autre leçon d’hier est que ces manifestations populaires ne s’organisent pas grâce aux réseaux sociaux sur internet, c’est une légende. Facebook joue peut-être un rôle important en Egypte, en Libye ou en Tunisie, mais sur le front palestinien, rien de nouveau. Les Palestiniens continuent à être utilisés par les régimes en Syrie, au Liban, en Jordanie, en Egypte et par l’Autorité palestinienne. En Cisjordanie par exemple, l’Autorité a contrôlé la situation en coordination avec Israël.

 

* Note de Mordeh'aï

Bil'in est une petite ville de Cisjordanie située à 12 km à l'ouest de Ramallah, à côté de la barrière de séparation israélienne ....

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