Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

La ‘Com’ de la politique étrangère d’Obama

1 Janvier 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Revue de presse

Par Caroline B. Glick

Jerusalem Post 30 décembre 2011

http://www.carolineglick.com/e/2011/12/obamas-foreign-policy-spin.php

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

 

« Un homme averti en vaut deux ».

 

Ces derniers mois, un curieux argument a émergé en faveur du président des USA Barack Obama. Ses partisans mettent en avant que la politique étrangère d’Obama a été un succès massif. S’il avait eu autant de liberté d’action en politique intérieure qu’en politique étrangère disent-ils, ses réalisations dans tous les domaines seraient sans égales.

En exprimant cette opinion, Karen Finney, ancienne porte-parole Démocrate qui défend souvent ce Parti dans les media américains, a déclaré au ‘Huffington Post’ : « Voyez les progrès que le président peut faire quand il n’a pas les Républicains en travers de sa route ».

Selon un sondage Gallup au début novembre, le public américain croit aussi que la politique étrangère d’Obama a été un succès. Alors que 67 % des Américains désapprouvaient la prise en charge de l’économie et du déficit du budget fédéral, 63 % des Américains approuvaient sa stratégie contre le terrorisme. De même, 52 % approuvaient sa décision de retirer les forces américaines d’Irak. De façon générale, 49 % des Américains approuvaient la prise en charge des affaires étrangères par Obama alors que 44 % la désapprouvaient.

Ces taux d’approbation nous en disent beaucoup sur l’isolationnisme du public américain. Car si l’on évalue l’impact à ce jour de la politique étrangère d’Obama, il est impossible d’échapper à la conclusion que si le public américain était plus conscient des conséquences réelles de sa stratégie politique, son taux d’approbation en politique étrangère serait encore plus bas que son taux d’approbation en politique intérieure. De fait, un examen superficiel de l’impact à ce jour de la stratégie politique d’Obama, pays après pays et région après région, montre que sa politique a fait plus de mal aux intérêts nationaux américains que celle de tout autre président depuis Jimmy Carter. A l’opposé d’Obama, les Américains ont largement reconnu que la politique étrangère de Carter était un échec dangereux.

L’échec de la politique étrangère d’Obama à ce jour n’a été nulle part plus évident qu’au Moyen-Orient.

Prenez l’Irak par exemple. Obama et ses partisans prétendent que le retrait de toutes les forces américaines d’Irak est l’une des ses plus grandes réussites. En se retirant, Obama a tenu sa promesse aux électeurs de mettre fin à la guerre de « façon responsable ». Et comme les données du sondage le montrent, la plupart des Américains veulent bien lui accorder crédit pour cette décision.

Mais la situation sur le terrain est dangereuse et empire chaque jour. Au début décembre, juste avant le départ des dernières forces des USA d’Irak, le Premier ministre d’Irak Nouri al-Maliki a rendu visite à Obama à la Maison Blanche. Immédiatement après son retour, le Premier ministre shiite a entamé une campagne impitoyable contre ses partenaires sunnites de la coalition dans une tentative sans frein pour transformer le gouvernement irakien et les forces armées en institutions partisanes contrôlées par son Parti Dawa.

Les forces commandées par le fils de Maliki ont arrêté et auraient torturé plusieurs gardes du corps du vice-président Tariq al Hashimi. Elles ont obligé les gardes à impliquer Hashimi dans des complots terroristes. Maliki a ensuite délivré un mandat d’arrêt contre Hashimi. De même, il a émis un mandat d’arrêt contre le Premier ministre adjoint Saleh Mutlaq et l’a démis de ses fonctions sans l’autorisation du Parlement irakien. 

Hashimi et Mutlaq se cachent désormais à Erbil. Maliki exige que le gouvernement régional kurde les extrade à Bagdad pour les juger. Les actes de Maliki ont conduit les chefs sunnites des provinces sunnites de Diyala, Anbar et Salahadin à revendiquer l’autonomie selon le système fédéral irakien. Il a répondu en déployant des forces loyalistes dans les provinces pour combattre les milices locales.

La situation est si explosive que trois chefs sunnites éminents, l’ancien Premier ministre Ayad Allawi, qui dirige la Parti Iraqiya, le président du Parlement Oussama Nujaifi, et le ministre des finances Rafe al-Essawi ont publié un éditorial de couverture dans le ‘New York Times’ mardi pour prier Obama de maîtriser Maliki de façon à empêcher l’Irak de plonger dans la guerre civile.

Puis il y a l’Egypte. La décision d’Obama en février d’abandonner le président d’alors Hosni Moubarak, l’allié le plus sûr des USA dans le monde arabe, en faveur des protestataires de la place Tahrir, a été saluée par ses partisans comme une victoire de la démocratie et de la liberté contre la tyrannie. En soutenant les protestataires contre l’allié des USA, Obama a mis en avant qu’il défendait les intérêts des Etats Unis en montrant au monde arabe que les USA choisissaient le peuple plutôt que ses dirigeants.

Dix mois plus tard, le peuple égyptien a répondu à cette politique démagogique en donnant aux Partis jihadistes une majorité des deux tiers aux élections parlementaires en Egypte. Pour la première fois en trente ans, l’ancrage stratégique du pouvoir américain dans le monde arabe – le traité de paix égypto-israélien – est en péril. De fait, il n’y a aucune raison de croire qu’il y survivra.

Selon le sondage Gallup, 48 % des Américains approuvent la prise en charge par Obama de la guerre en Afghanistan et 44 % la désapprouvent. Là aussi, on est loin de comprendre ce qu’il y a à approuver. A l’encontre des demandes publiques des commandants militaires américains sur le terrain, Obama poursuit sa promesse de retrait d’Afghanistan de tous les soldats après leur montée en puissance, d’ici les élections présidentielles américaines en novembre. Dans le même temps, les USA on entamé des négociations avec les Talibans. L’objectif de ces négociations est de parvenir à un accord politique qui poserait les conditions d’un retour des Talibans au pouvoir après le retrait des USA. C’est-à-dire que l’objectif des pourparlers est de poser les conditions de la défaite des USA en Afghanistan.

Le gouvernement vante son succès dans la chute du dictateur libyen Mouammar Khaddafi sans avoir sacrifié un seul soldat américain. Et certainement, cela a été un succès. Cependant, les opposants à Khaddafi, qui prennent aujourd’hui les rênes du pays, sont probablement pires pour les USA que ne l’était Khaddafi. Ils comprennent un nombre significatif de terroristes d’al Qaïda et sont dominés par des forces jihadistes. Des tentatives du gouvernement provisoire soutenu par l’OTAN pour les convaincre de désarmer ont complètement échoué.

Depuis que Khaddafi a été renversé, de grandes quantités d’armes sophistiquées de son arsenal – qui comprendraient des réserves d’armes de destruction massive – sont portées manquantes. Des quantités significatives de missiles sol-air portables à l’épaule sont parties vers Gaza depuis la chute de Khaddafi.

En Syrie, alors que le gouvernement des USA insiste pour dire que les jours de Bashar Assad au pouvoir sont comptés, il ne fait pratiquement rien pour soutenir l’opposition syrienne. Craignant l’instabilité qui s’ensuivrait si une guerre civile devait éclater dans ce protectorat arabe de l’Iran, les USA ont choisi effectivement de rester attentistes et donc d’annuler tout levier qu’ils pourraient exercer sur les formes des évènements à venir.

De même en Iran, la stratégie politique d’Obama a conduit à une situation où le régime de Téhéran ne craint pas une frappe militaire américaine sur ses installations nucléaires. L’opposition ouverte d’Obama à la perspective d’une frappe israélienne contre les installations nucléaires de l’Iran a aussi convaincu le régime qu’il peut faire avancer sans crainte son projet nucléaire.

Cette semaine, la menace par l’Iran de fermer le détroit d’Ormuz dans le cas où les USA imposeraient un embargo sur les exportations de pétrole iranien est largement désignée par les media américains comme un signe de désespoir de la part du régime. Mais il est difficile de comprendre comment cette qualification est en phase avec la réalité. Il est bien plus approprié de considérer les menaces directes de l’Iran comme un signe de mépris pour Obama et pour la projection du pouvoir américain sous sa direction.

Si les ambitions de l’Iran d’acquérir des armes nucléaires sont entravées, ce sera en dépit d’Obama, et pas à cause de lui.

Puis il y a le soi-disant processus de paix entre Israël et les Palestiniens. Du fait de l’hostilité débridée d’Obama envers Israël, il n’y a aucune chance pour qu’Israël et l’OLP parviennent à un accord de paix dans le futur prévisible. Au lieu de cela, le Fatah et le Hamas se sont accordés pour unifier leurs forces. La seule chose qui s’oppose à la prise de contrôle de l’OLP par le Hamas, c’est la menace du Congrès des USA de couper l’aide américaine à l’Autorité Palestinienne. Pour sa part, Obama a fait tout son possible pour discréditer la menace du Congrès en se comportant comme un infatigable défenseur du maintien du soutien financier des USA à l’AP. Bien sûr, le Moyen-Orient n’est pas la seule région où les conséquences néfastes de la politique étrangère d’Obama sont ressenties. Depuis l’Europe, à l’Afrique, en passant par l’Asie et l’Amérique Latine, la détermination d’Obama d’adouber les adversaires des USA comme Vladimir Poutine et Hugo Chavez a affaibli les forces pro-américaines et renforcé ses ennemis.

Aussi comment se fait-il que, alors que Carter était perçu par la majorité du public américain comme un désastre de la politique étrangère américaine, une grande variété d’Américains considère la politique étrangère d’Obama comme un succès ?

La réussite d’Obama pour masquer ses échecs au public américain est liée à deux facteurs. D’abord, jusqu’à présent, les USA n’ont pas été obligés de faire face directement aux conséquences de ses échecs.

Les échecs de Carter étaient impossibles à ignorer parce que leur contrecoup a été immédiat, indubitable et sévère. Sa trahison du Shah d’Iran a conduit directement à la prise de l’ambassade des USA à Téhéran et à la crise des otages. Carter ne pouvait pas faire tourner à son avantage la communication quotidienne sur les otages. Il ne pouvait pas influencer la décision du célèbre Walter Cronkite sur la chaîne ‘CBS News’ d’achever chaque émission en rappelant aux téléspectateurs depuis combien de jours les otages étaient retenus en captivité.

De même, les conséquences de la faiblesse de Carter pour s’opposer à l’Union Soviétique étaient impossibles à ignorer ou à minimiser avec les images des colonnes de tanks soviétiques envahissant l’Afghanistan, qui dominaient les informations.

A ce jour, les échecs de la politique étrangère d’Obama doivent encore éclater pour que l’Américain moyen en prenne conscience.

De plus, Obama et ses conseillers ont été extrêmement habiles à présenter ses réalisations tactiques comme des victoires stratégiques. C’est ainsi que son gouvernement a projeté avec succès l’élimination d’Oussama ben Laden comme une victoire stratégique dans la guerre contre le terrorisme. Obama a défendu la mission, de même que l’élimination du chef d’al Qaïda Anwar al-Awlaki, comme une preuve de sa compétence pour assurer les intérêts des USA. Et dans une large mesure, le public américain a admis ses prétentions.

Parce qu’il est impossible de savoir quand les échecs d’Obama commenceront d’avoir un impact direct sur le Peuple américain, il est possible qu’il n’en paie pas le prix politique aux élections de 2012. S’il en est ainsi, les concurrents Républicains à la présidentielle offriraient un service inestimable aussi bien à eux-mêmes qu’au public américain dans son ensemble, s’ils faisaient de la démonstration de la prestation désastreuse d’Obama en politique étrangère un argument central de leurs campagnes [électorales].

 

 « Un homme averti en vaut deux ». La dimension des échecs d’Obama est si énorme qu’il est clair que le Peuple américain souffrira de leurs conséquences pendant les années à venir.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :