Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

La coalition de la gauche israélienne pour Obama

8 Avril 2010 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

 Jeudi 08/04/2010

Article traduit en français et diffusé par Le Lien,

avec l’accord de Caroline Glick

Les Américains, qui s’aperçoivent avec horreur que Barack Obama se révèle être clairement un ennemi et non un ami d’Israël, seront choqués d’apprendre que, tandis que le public israélien partage leur opinion, les médias israéliens et la gauche politique prennent le parti d’Obama contre Israël…

Il est important de comprendre le contexte sous jacent, car la gauche israélienne au pouvoir avance différents plans visant tous à déstabiliser Netanyahu.

Yediot Aharonot, Maariv, et le canal TV2 – appartenant plus ou moins aux mêmes personnes que Yediot – sont tous contre Netanyahu et son soutien politique, le milliardaire américain Sheldon Adelson. Adelson possède le nouveau quotidien gratuit israélien Israël Hayom – distribué librement à 350 000 exemplaires par jour. Depuis peu, ce quotidien publie également un magazine gratuit de fin de semaine.

Avant de créer Israël Hayom, Adelson a fait deux tentatives pour racheter Maariv, véritable gouffre financier depuis des années. Après que l’establishment des médias de gauche ait tenté de bloquer cet achat, l’actionnaire principal de Maariv, la famille Nimrodi, a rejeté l’offre d’achat.

Ce mois ci, la famille Nimrodi a vendu une part importante du journal au multimillionnaire « high tech », Zaki Rakib. Les analystes des médias soupçonnent qu’un intérêt autre que financier a pu jouer un rôle dans la transaction, car personne ne croit que Maariv ait un avenir financier prévisible après la conquête par Adelson du marché publicitaire des « news » avec son journal gratuit. Entre autre, il s’est révélé que Rakib venait de créer un fond d’investissement avec l’héritière du journal Yediot, Judy Shalom Nir Moses.

Ainsi donc, en Juillet 2008, Yediot a perdu son monopole ( plus de 50 % des parts) en raison de l’érosion du même lectorat à cause d’Israël HaYom. Les deux quotidiens israéliens, Yediot et Maariv ont déclaré une guerre commune au premier ministre israélien, dans l’espoir de faire pression sur lui pour faire réduire la distribution gratuite d’Israel HaYom. Des intérêts financiers sembleraient avoir aussi joué dans l’animosité de la chaîne Canal TV2 contre le premier ministre./ Les intérêts financiers des médias israéliens vont de pair avec leurs intérêts idéologiques, généralement de gauche. Comme beaucoup d’entre vous le savent, l’année dernière, grâce à ma position de « senior fellow » au Centre de la sécurité politique au Moyen-Orient, j’ai lancé Latma en hébreu, un site web critique satyrique des médias, pour dénoncer le parti pris politique et l’incompétence des publications et diffusions des médias d’audience nationale en Israël. Ces dernières semaines, j’ai publié les versions sous titrées en Anglais, de nos videocasts hebdomadaires The Tribal Update.

Ainsi, par idéologie, les médias israéliens ont conduit la presse locale à prendre parti pour Obama contre le premier ministre israélien Binyamin Netanyahu. Depuis le retour des Etats Unis de Netanyahu, Yediot, Maariv et le journal d’extrême gauche, Ha’aretz, l’ont pressé à adhérer aux diktats d’Obama pour faire de Kadima le principal membre de la coalition, en évinçant Shas et Israel Beitenu. Cette dernière semaine, Ha’aretz a publié les résultats manipulés de sondages, afin de créer la fausse impression que Barak Obama est l’allié d’Israël.

Maariv et Yediot ont tous deux blâmés Netanyahu pour son désaccord avec Obama. Ha’aretz a plusieurs fois appelé au renversement du gouvernement ( au nom de l’intérêt d’une relation cruciale entre Israël et Washington !)

Ajouter à cela le comportement politique de la gauche. Premièrement nous avons le chœur anti Ehud Barak du parti travailliste. Depuis que Barak a rejoint le gouvernement, la moitié de son parti a rejeté ce changement et a voté avec l’opposition, contre le gouvernement. Cela signifie que nous avons assisté à une chute du parti travailliste cette dernière année. Dans l’intérêt de maintenir l’illusion d’un Barak continuant à être le leader de la gauche, Netanyahu a donné à Barak des signes d’apaisements afin de calmer les membres de son parti et les empêcher de rompre en formant un nouveau parti.

Les cinq ministres travaillistes n’ont, pour leur part, aucun intérêt à quitter le gouvernement, mais pour apaiser les principaux électeurs – la faction décisive que constituent les Arabes israéliens - ils acceptent, du bout des lèvres, le souhait de l’administration d’Obama, pour faire entrer Kadima dans le gouvernement de Netanyahu. Ils savent, bien sûr, que si Kadima rejoint la coalition, ils perdront leurs ministères, aussi il n’y a aucune raison de prendre les déclarations de Ben Eliezer et Shalom Shimshon au sérieux. Mais les médias, dont l’ambition est d’affaiblir Netanyahu, se sont basés sur les déclarations de Ben Eliezer, de Shimshon et d’Avishai Braverman, pour attaquer Netanyahu. Puis il y a Kadima et à sa tête, Tzippi Livni. Comme je l’ai écrit la semaine dernière, il est inquiétant de voir Kadima faire connivence avec l’administration d’Obama pour ouvrir l’actuelle crise des relations. Depuis le retour de Netanyahu en Israël, Tzippi Livni a versé de l’huile sur le feu, blâmant publiquement Netanyahu, mettant en doute son désir sérieux d’instaurer la paix et craignant qu’il ne plie pas, par lâcheté, aux demandes d’Obama.

Ainsi Livni et ses laquais, exigent qu’en échange de leur accord pour sauver Netanyahu de lui-même, le premier ministre recompose son gouvernement, en réécrive ses lignes directrices, modifie tous les ministères et donne à Kadima le plein contrôle de la politique.

Tout cela démontre que pour Netanyahu et Israël, l’instant de vérité est arrivé. Son défi en politique intérieure doit être de démasquer le Parti Kadima, comme un parti de gauche radicale. Le bon moyen serait de scinder le parti en faisant entrer au gouvernement tous les éléments de centre-droit sous la direction du rival de Tzippi Livni, Shaul Mofaz. De même, Netanyahu doit agir pour enhardir les éléments d’extrême gauche à quitter le parti travailliste. Si le parti travailliste se scinde, Netanyahu aurait alors la possibilité de transmettre une partie des ministères aux réchappés de Kadima. C’est la seule technique qui pourrait être envisagée par Netanyahu pour se libérer du gambit d’Obama en vue de démanteler la coalition. Netanyahu semble d’ailleurs agir selon cette logique.

Netanyahu dirige le pays à l’heure du plus grand péril. La bataille de cette semaine le long de la frontière avec Gaza, ainsi que les émeutes de Jérusalem doivent être maîtrisées avec vigueur, et si une guerre à grande échelle doit être évitée, Israël doit aussi garder l’initiative d’une éventuelle attaque – quand et comment ? - contre l’Iran. Pour l’instant, Netanyahu a besoin d’une opposition affaiblie pour empêcher son adversaire, le président américain, d’avoir la possibilité de renverser son gouvernement.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :