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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

La cause perdue de Biden

6 Mars 2010 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Tribune libre

 

Par CAROLINE GLICK
Jerusalem Post  05 Mars 2010

 

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=170266

Adaptation française de Sentinelle 5770

 

La tâche du vice-président des USA Joseph Biden va cesser d’être aisée. En fait, elle va devenir impossible.

Lundi, il va venir en Israël pour une visite de trois jours. Biden, qui va rencontrer les dirigeants d’Israël, sera l’officiel de plus haut rang dans la cavalcade des officiels américains venus en Israël ces dernières semaines. Il suivra le sénateur John Kerry, président du comité sénatorial des affaires étrangères, qui était là cette semaine. Kerry lui-même succédait à l’amiral Michael Mullen, chef d’Etat Major Général des armées, qui était là il y a deux semaines.

Dans sa conférence de presse lundi, Kerry expliquait l’objectif de ces visites : « Je suis là et d’autres sont venus et le vice-président Biden va venir sous peu… pour s’assurer que nous sommes tous sur la même longueur d’ondes et que nous sommes d’accord sur [l’Iran] ».

Bien que Biden soit simplement le dernier officiel américain en visite en Israël pour tenter de contraindre le gouvernement à ne pas empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire, sa visite est une nouveauté en un sens. En plus de ses rencontres avec le Premier Ministre Benyamin Netanyahou et le reste des officiels israéliens de haut rang, Biden a l’intention de défendre le dossier de la politique du gouvernement Obama envers l’Iran, les Palestiniens et Israël, directement devant le public israélien. Pendant son voyage, il délivrera ce qui est qualifié de discours politique majeur à l’Université de Tel Aviv.
 
A la lumière de la disparité croissante entre la politique du gouvernement Obama et celle du gouvernement israélien, l’objectif apparent du discours de Biden est d’étayer la position de la Gauche israélienne comme alternative à Netanyahu. Apparemment, le tableau qui ressort de toutes les rencontres des officiels américains de haut rang avec Netanyahu, c’est que le dirigeant d’Israël continue d’être à l’aise en les défiant. Sans doute croient-ils maintenant que la seule manière de l’obliger à marcher droit, c’est de lui faire croire que le prix du défi sera son poste de Premier Ministre.

Il s’agit bien sûr d’une tâche difficile. Après tout la Gauche a été largement battue lors de l’élection l’an passé. En faire une alternative crédible n’est pas une tâche aisée.

La Gauche israélienne de son côté fait de son mieux pour lier ses propres destinées au gouvernement US. La chef de l’opposition, Tzipi Livni s’est elle-même carrément placée dans le camp d’Obama cette semaine pendant sa confrontation avec Netanyahou à la Knesset. Négligeant les résultats du sondage Gallup du mois dernier montrant qu’Israël bénéficie du soutien des deux tiers de Américains, (et de 80 % des Républicains contre 53 % des Démocrates), Livni a reproché au Premier Ministre l’image internationale d’Israël.

En ne s’inclinant pas devant les exigences d’Obama, en ne mettant pas fin à toute construction juive à Jérusalem et en n’acceptant pas les propositions radicales de paix qu’elle et son ancien premier ministre Ehud Olmert avaient faites aux Palestiniens pendant leur mandat aux responsabilités, Livni a déclaré que Netanyahou ruine la position diplomatique d’Israël aux USA et à travers le monde.

Il n’y a rien de neuf ou de surprenant quant à l’usage que Livni fait de l’animosité du gouvernement Obama envers notre gouvernement comme moyen de se positionner en alternative au gouvernement. Superficiellement, cela fait sens pour elle de l’utiliser. Après tout, c’était en construisant un partenariat avec l’administration Clinton contre Netanyahou la dernière fois qu’il était au pouvoir que la Gauche israélienne a pu faire tomber son gouvernement et gagner l’élection de 1999.

L’espoir de la Gauche de former une coalition avec Obama contre Netanyahou a reçu son expression la plus explicite en juillet dernier dans un éditorial de couverture d’Aluf Benn du journal ‘Haaretz’s’ publié dans le ‘New York Times’. Après s’être exprimé en faveur de la politique d’Obama, Benn déplorait que du fait des faibles taux d’approbation d’Obama parmi les Juifs israéliens (à l’époque ils étaient de 6 % et les derniers ont plongé à 4 %), il serait difficile pour lui de convaincre le public israélien d’abandonner son soutien à Netanyahou en faveur de la politique d’Obama – c'est-à-dire pour la Gauche israélienne. Pour améliorer cet état de choses lamentable, Benn suggérait qu’Obama avait seulement besoin de défendre son cas devant le public israélien, qui « l’écoutera sûrement ».

En ce qui concerne Benn et ses amis gauchistes, les problèmes de crédibilité d’Obama n’étaient pas liés à sa politique, que la Gauche soutient. Bien plutôt, ils étaient liés à son incapacité à éblouir le peuple israélien avec la même magie rhétorique que celle utilisée avec les Arabes et les Européens. C’était le ton d’Obama, pas ses programmes, qui devait être amélioré.

Argumentant ainsi, Benn et Livni et leurs collègues de la Gauche, agissent en mémoire de leurs jours de gloire avec l’administration Clinton. Comme président, Bill Clinton était capable d’étreindre simultanément Yasser Arafat, et de faire tomber Netanyahou sans que jamais personne ne le mît en question sur son amour éternel pour Israël et les Juifs. De ce fait, il devint le héros de la Gauche israélienne qu’il fit revenir au pouvoir en 1999.

Comme la Gauche le voit, Clinton conserva sa réputation de plus grand ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison Blanche, bien que sa politique fût la plus hostile des USA jamais adoptée envers Israël, parce qu’il savait comment charmer l’électorat israélien. Ses fréquentes visites en Israël et son susucre, ses déclarations la bouche en coeur pour Yitzhak Rabin et Israël étaient tout ce qu’il fallait dans leur opinion pour convaincre le public de rejeter la Droite. Si Obama se contentait de répéter les pratiques de Clinton, lui aussi pourrait faire tomber Netanyahou et convaincre le public israélien de lui faire confiance.

Quand l’article de Benn a été publié, sa recommandation a été ignorée par le gouvernement US. De même, la Maison Blanche rejeta des demandes répétées des media locaux d’entretiens avec le président. Maintenant cependant, avec les taux de soutien américain d’Obama en chute et sa politique avec l’Iran en lambeaux, la Maison Blanche a semble-t-il décidé qu’elle doit lancer une offensive de charme en Israël pour rendre Netanyahou plus vulnérable à la coercition.

Biden a été retenu pour cette tâche parce qu’il est largement perçu comme le plus pro israélien des membres de haut rang du gouvernement. Le fait qu’avant de devenir vice président, Biden disposait du taux le plus élevé d’approbation en faveur de l’Iran au Sénat n’a rien fait pour tempérer cette perception.

De fait, bien que Biden ait voté de façon répétée contre des sanctions envers l’Iran et déclaré que la recherche par l’Iran d’une bombe nucléaire était compréhensible, et appelé les USA à signer un pacte de non agression avec la mollahcratie, tout en menaçant de mettre en oeuvre une procédure “d’impeachment” à l’encontre du président George W. Bush s’il devait ordonner une frappe militaire contre les armes nucléaires de l’Iran, Biden continue d’être considéré comme un solide partisan d’Israël.

De fait, en ligne avec cette perception, on peut s’attendre à ce qu’il déclare plusieurs fois son amour éternel pour l’Etat juif pendant son discours à l’Université de Tel Aviv. Pourtant, et malheureusement pour la Gauche israélienne et le gouvernement Obama, son offensive de charme échouera à séduire la promise. Le mieux que sa visite puisse obtenir est une hausse momentanée du soutien des Israéliens qui redescendra bien vite. Il y a quatre raisons à cela.

D’abord, Obama lui-même est beaucoup plus faible que ne l’était Clinton. Ses tentatives obséquieuses de chercher à se faire bien voir des Arabes et de l’Iran ont été encore plus troublantes pour les Israéliens que son refus de visiter le pays. De plus, à l’inverse de Clinton, populaire avec les Israéliens avant même son élection, Obama n’a jamais été populaire en Israël. Cela peut être dû en partie au timing. Bien sûr Clinton a succédé à George H.W. Bush (père), profondément impopulaire en Israël. Obama a remplacé son fils – considéré comme un grand ami d’Israël.
 
Selon la faiblesse d’Obama, il est difficile de voir comment il peut convaincre le public israélien qu’il sera capable de protéger le pays d’un Iran doté de l’arme nucléaire ou qu’il pourra obliger les Palestiniens et les Syriens à mette fin à leur soutien au terrorisme dans l’hypothèse d’un retrait israélien de Judée, de Samarie ou des Hauteurs du Golan.

Ensuite, le Netanyahou auquel Obama est confronté n’est pas celui auquel Clinton était confronté dans les années 1990. Aujourd’hui, le Premier Ministre dirige une coalition beaucoup plus large que dans son précédent gouvernement. Elle est aussi beaucoup plus stable. Le ministre de la défense, Ehud Barak, chef du Parti Travailliste, sait qu’il ne peut déloger Netanyahu. En fait, il sait qu’il ne peut même pas se fier à son parti pour continuer à le soutenir s’il abandonne le gouvernement Netanyahou. De même, pour Tzipi Livni, chef de l’opposition, les derniers sondages montrent qu’elle se traîne loin derrière Netanyahou dans le choix du public comme Premier Ministre. Le niveau de popularité de son parti diminue. Celui du Likoud monte.
 
Troisièmement, il y a le fait qu’aujourd’hui la Gauche ne contrôle pas l’opinion publique au point où elle y parvenait la dernière fois que Netanyahou était au pouvoir. Pendant son premier gouvernement, du fait en grande partie de la délégitimation de la Droite par les media à la suite de l’assassinat de Rabin, les media étaient en mesure de vendre l’OLP comme partenaire de paix crédible. Yasser Arafat lui-même était dépeint par une émission de télévision populaire comme une adorable marionnette pacifiste qui ne voulait que faire la paix avec un Netanyahou lâche et belliqueux.

Par conséquent, il devenait socialement inacceptable dans les cercles bien élevés d’admettre qu’Arafat et les Palestiniens étaient moins dédiés à la  notion de coexistence pacifique avec Israël, ou que Netanyahou avait raison de ne pas abandonner la boutique. De même, il était socialement inacceptable dans certains quartiers de critiquer Clinton, qui se présentait comme le plus grand ami de Rabin. Aujourd’hui, le public est bien moins embarrassé pour faire ces remarques.

C’est le cas bien sûr pour la quatrième raison de l’échec de la mission Biden. Au cours des onze années depuis que Netanyahou a été chassé de son poste, la plateforme politique de la Gauche a été discréditée par les évènements. Depuis 1999, les Palestiniens – de même que les Libanais – ont démontré que la politique de compromis de la Gauche est désastreuse. Les 1.500 Israéliens qui ont été tués depuis lors par les Palestiniens et le Hezbollah, la transformation du Sud Liban et de Gaza après le retrait israélien en enclaves jihadistes, la montée de l’Iran, et le rejet ouvert par le Fatah du droit à l’existence d’Israël ont tous contribuer à rendre inacceptable la politique de la Gauche pour une large majorité d’Israéliens.

Le rejet par le public de la politique de la Gauche est si impressionnant qu’il y a même rejet de la déclaration centrale actuelle de la Gauche – à savoir qu’Israël va perdre sa majorité juive s’il refuse de rendre la Judée et la Samarie. Selon une répartition de 53 contre 28 %, un sondage du Haaretz le mois dernier a montré que les Israéliens ne croient pas que la présence continue d’Israël dans ces régions conduira à sa destruction comme Etat juif. 

Ce que tout cela démontre bien sûr, c’est qu’il va falloir bien plus qu’un changement de ton au gouvernement Obama pour gagner le public israélien. L’hostilité ouverte d’Obama envers Netanyahou a été probablement un facteur significatif pour étayer le taux d’approbation publique dans ses réalisations à son poste.

Le public israélien n’est pas intéressé par un changement de ton – de la part d’Obama ou de la Gauche israélienne. Il est intéressé par un changement de politique. Jusqu’à ce qu’il l’obtienne, le public, selon toute probabilité, restera loyal à Netanyahou


caroline@carolineglick.com

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