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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

"L'IDEE D'UNE JERUSALEM INDIVISIBLE RELEVE DE L'ILLUSION

6 Avril 2010 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

source : IsraelValley

Par Mati Ben-Avraham
Publié le 6 avril 2010

ETATS-UNIS – ISRAËL-PALESTINE : "L'IDEE D'UNE JERUSALEM INDIVISIBLE RELEVE DE L'ILLUSION, DIXIT DENIS ROSS"

Il ne faut pas s’y tromper: la querelle actuelle entre Washington et Jérusalem ne porte pas sur le fond de la disputation israélo-palestinienne – le tracé de la frontière, le statut de Jérusalem, la question des réfugiés – mais sur la liberté de manœuvre d’Israël en matière de construction, dans les territoires en général, et à Jérusalem en particulier.

Le gouvernement israélien, pris de court, s’en étonne, se raidit. S’en étonne? Il suffit de lire un petit passage dans l’ouvrage de Denis Ross " De la politique " pour se convaincre d’une belle continuité de la pensée américaine sur ce point. Denis Ross qui, 10 ans durant, a été mêlé de très près aux dessus et dessous de la situation au Proche-Orient, écrit ceci " …Au bout du compte, il n’y aura pas d’autre choix que de renoncer aux mythologies, ce qui est effectivement douloureux au double plan psychologique et politique… Il n’y aura pas de paix tant que les israéliens ne seront pas prêts à admettre que l’idée d’une Jérusalem indivisible, en particulier à ce qui touche Jérusalem-Est, relève de l’illusion."

Ce propos a été rédigé bien avant que Barak Obama n’accède à la Maison blanche. Il est dans le droit fil du plan présenté, en décembre 2000, par Bill Clinton à Ehud Barak et Yasser Arafat. Un plan opératif qui allait à l’essentiel, dans les moindres détails. Ni Barak, ni Arafat n’en ont voulu. Depuis, ce plan a servi de base à la feuille de route d’avril 2003. Puis à la formule " deux Etats pour deux peuples ", adopté par les palestiniens d’une part, les israéliens d’autre part. Y compris Binyamin Netanyahou.

Mais, à l’arrivée, une formule creuse, qui n’engageait personne. Elle n’avait de valeur que déclamatoire. Hormis quelques haussements de sourcils (le président Bush en 2005, qui a entraîné le retrait de la bande de Gaza), les palestiniens et les israéliens ont mené chacun sa barque, suivant leur ligne idéologique respective. A l’arrivée, des pourparlers indirects, qui voient Georges Mitchell faire la navette Jérusalem-Ramallah pour transmettre questions et réponses.

(Une sacrée récession, soit dit en passant! Nous revoici renvoyé au bon temps de 1974, après la guerre de Kippour, avec Henri Kissinger dans le rôle de commis-voyageur. Sinon même à février 1939, à la pompeuse Conférence de la paix, convoquée par les britanniques à Londres, et qui a vu l’Egypte, l’Irak, la Transjordanie, l’Arabie saoudite regroupés dans une pièce et les dirigeants sionistes dans une autre pièce, tandis que les diplomates britanniques allaient et venaient des uns aux autres. Un échec total pour l’apaisement dans la Palestine mandataire. Mais une victoire pour les représentants arabes dont l’intransigeance a payé : le livre blanc, 3ème du nom, d 17 mai 1939 annulait en fait la Déclaration Balfour de 1917. Il y était dit, en effet : Le gouvernement de Sa Majesté déclare aujourd’hui sans équivoque qu’il n’est nullement dans ses intentions de transformer la Palestine en un État juif. Il considérerait comme une chose contraire à ses obligations envers les Arabes placés sous son mandat, et contraire aux assurances fournies précédemment aux Arabes, que la population arabe de Palestine doive devenir, contre sa volonté, les sujets d’un État juif.)

Aujourd’hui, tout se passe comme si l’administration Obama secouait l’imaginaire pour imposer le passage au concret, la fin des atermoiements. Le 12 avril, à priori, Binyamin Netanyahou devrait donner la réponse de son gouvernement aux exigences et demande d’éclaircissements formulées par la Maison blanche lors de la dernière visite du premier ministre israélien dans la capitale fédérale. Les principaux points : prolonger le gel de la construction au-delà du 26 septembre, autoriser la réouverture de la Maison de l’Orient, rue Salah Ha Din, en tant que siège des institutions de l’Autorité palestinienne à Jérusalem-Est, transfert à la souveraineté palestinienne de l’ensemble des territoires classés A, libération de 1000 prisonniers en guise de geste de bonne volonté, fixer une date-butoir aux pourparlers sur l’accord de paix définitif, veiller à empêcher toute nouvelle construction à Jérusalem-Est et, enfin, débattre du statut de Jérusalem dès maintenant, lors des négociations indirectes.

Selon certaines sources, du côté du Potomac, de la réponse israélienne dépend la pression que Barak Obama entend exercer sur Mahmoud Abbas, pour amener celui-ci à meilleure composition.

En attendant, l’Autorité palestinienne marque des points, dans sa démarche menant à la création d’un Etat palestinien dans les meilleurs délais. Voici trois semaines, le Quartet, réuni à Moscou,affirmait son intention de soutenir cette intention palestinienne. Et dans une interview publiée vendredi dernier par le quotidien israélien Haaretz, le premier ministre palestinien Salam Fayyad précisait que la proclamation d’Indépendance interviendrait courant 2011, soulignant que : “…ce n’est plus là un projet palestinien, mais un projet international.”

Et quand Salam Fayyad ajoute :" Je n’ai rien contre l’idée sioniste. Ce que je dis est qu’il y a suffisamment d’hauteurs, de collines en Israël pour y construire des villages et nous permettre à nous, palestiniens, de respirer et de vivre notre vie.", le propos fait tilt, en Europe, aux Etats-Unis et sur la place mondiale en général.

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