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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

''L'homo israelus''

10 Février 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Société

Reçu par e-mail

Editorial de la semaine du 11/02/2012

Par Marc Femsohn pour Guysen International News

Jeudi 9 février 2012

 

Après un dernier édito un peu apocalyptique, j'ai choisi, cette semaine de traiter d'un sujet plus léger, reflétant néanmoins la réalité de notre pays et brossant le portrait de l'Israélien moyen avec ses travers et ses contradictions. Bien sûr, seul un Israélien a le droit d'évoquer le comportement de ses concitoyens, on ne va quand même pas autoriser un étranger à s'exprimer sur ce sujet, manquerait plus que cela !

Et ne me dites pas le contraire, les meilleures blagues juives sont racontées par les Juifs, mais la même blague répétée par un non-Juif ne nous fait pas rire du tout. Nous sommes d'un chauvinisme qui n'a rien à envier à celui des Français.

Les Israéliens produisent les plus grands génies de l'informatique, mais aussi les blondes les plus stupides, je ne donnerai pas les noms de ces dernières, mais qu'elles se rassurent, il y a autant de brunes. Et oui, en plus, l'Israélien est aussi macho que l'Italien.

Nous sommes capables d'appeler un chanteur de variétés "Maestro" et de siffler Zubin Mehta, le chef d'orchestre du Philharmonique d'Israël.

Nous achetons des 4X4 tout en nous plaignant de la vie chère et de l'absence de politique environnementale.

Les rues d'Israël sont désertées les soirs du passage de l'émission Master Chef, nous sommes accrocs de la gastronomie télévisée tout en nous enfournant des pitot de shawarma, hoummous, tehina et salade turque.

Toute la semaine, on grignote à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit, puis arrive le repas du Shabbat lors duquel on avale des quantités astronomiques tout en concluant le repas par des garinim (graines de tournesol salées) et des pistaches en discutant politique. Et le dimanche matin, on téléphone à la Koupat Holim (caisse assurance maladie) pour prendre rendez-vous avec une diététicienne…

Nous critiquons la dictature de l'audimat, mais nous ne raterons aucun reality show ou feuilleton.

Nous pestons contre nos gosses que nous traitons d'enfants gâtés, mais rien n'est trop cher pour satisfaire leur égo. Nous espérons l'arrivée, outre du Messie, d'un homme providentiel, d'un dirigeant charismatique, mais nous détestons les politiciens qui sont "tous pourris". Nous sommes convaincus que Bibi, Barak, Tsipi, Mofaz et d'autres ont échoué, pourtant nous les soutiendrons aux prochaines élections pour le poste de Premier ministre. Nous sommes indulgents et complaisants envers ceux qui ont servi le pays, mais seulement à leur retraite ou à leur mort. Nous n'obéissons pas aux ordres, mais nous aimons commander.

Les Israéliens font des mariages fabuleux, dignes des mille et une nuits, qui coûtent des fortunes, et divorcent dès la première crise.

Le jeune Israélien voyage jusqu'au bout du monde à la recherche de lui-même, mais n'a de cesse de se retrouver avec d'autres Israéliens. Et les plus laïcs d'entre eux ne rateront pour rien au monde le repas du Shabbat dans un centre Habad en Inde, en Thaïlande, au Chili ou en Nouvelle-Zélande.

En Israël, lorsque deux personnes se rencontrent ; la première dit : מה קורה que se passe-t-il ? L'autre lui répond : מה המצב quelle est la situation ? Ici, on célèbre la vie et on se sent bien en écoutant des chansons tristes.

On aime le service militaire, surtout lorsqu'on en est libéré et qu'on retourne à la vie civile, ce qui nous autorise néanmoins à être tous des chefs d'état-major, et fait de chacun d'entre nous un expert militaire qui sait, bien entendu, quelles mesures devrait prendre Israël pour assurer sa sécurité.

L'Israélien dit à tout un chacun : "fais-moi confiance" סמוך עלי, puis il espère avec l'aide de D.ieu בעזרת השם.

Il ne respecte pas les mitsvot (commandements), mais sollicite les brahot (bénédictions) de son rabbin.

Il se dit que si les Ofer, Dankner, Arison, Tshouva et autres Levaïev (les plus fortunés d'Israël) vivent bien, pourquoi lui, il ne vivrait pas comme les riches, tout en discutant et marchandant pour le moindre shekel, en ayant un découvert bancaire rampant et en réussissant cependant à obtenir un prêt immobilier avantageux. N'oubliez pas, on est ici au pays des miracles.

L'Israélien dénonce la corruption et la tricherie, mais est un adepte de la "vitamine P" comme "proteksia".

Il en est ainsi dans une société où l'expression חבל על הזמן, littéralement, quelle perte de temps, signifie en fait formidable, géant, génial. Dans ce drôle de pays où un capuccino s'appelle קפה הפוך, un café renversé.

Et pourquoi sommes-nous tout de même si attachants en dépit de notre houtspah (culot), de nos certitudes, de notre grande gueule ? Parce que nous avons le sens de l'autodérision, que nous sommes des névrosés, que nous nous remettons constamment en question.

Peut-être aussi parce que nous sommes "un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur", comme disait De Gaulle, peut-être aussi parce que nous sommes le Peuple du Livre. Peut-être aussi et surtout parce que nous avons le niveau d'éducation le plus élevé au monde après le Canada (source : OCDE).

L'émission préférée des Israéliens est un show satirique qui s'appelle ארץ נהדרת, un pays merveilleux. Tout un programme.

Finalement, pas si mal que cela, "l'homo israelus", tout cela en moins de 64 ans en dépit de quelques guerres passées et malheureusement à venir.

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