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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

L'Heure de la Vérité a-t-elle Sonnée pour le Moyen-Orient,

2 Février 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Réflexions

Par Thérèse Zrihen-Dvir

HTTP://THERESE-DVIR.COM

(Inspirée du texte de David Hornik) Mercredi 2 février 2011

Pendant plus d'un quart de siècle Israël avait combattu l'Égypte : en 1948 c'était la guerre de l'Indépendance, en 1956, la guerre de Sinaï, en 1967, la guerre des six-jours, de 1967-1970 la guerre d'érosion, et finalement en 1973 celle de Yom Kippour. Depuis, pendant plus de 37 ans, Israël et l'Égypte ont cessé de se battre. Cela était essentiellement dû au traité de paix israélo-égyptien de 1979, lorsque semblait-il, tant de guerres perdues avaient dissuadé l'Égypte de perpétuer sa belligérance, ainsi qu'un désir vif de se rallier à l'Occident. Quoiqu'il en soit, la paix fut maintenue.

Étant donné l'écart rigide entre l'époque de 1948-1973 à celui de 1973-2011, la réaction d'Israël envers la crise actuelle en Égypte semble très réfléchie, faisant fi des spéculations illogiques émises partout dans l'Occident concernant la supposée modération octroyée aux Frères Musulmans ou à leur acolyte Mohammed ElBaradei. Cet éventail politique effraie mes israéliens.

Le chroniqueur du journal Haaretz, aux penchants politiques centre-gauche, Aluf Ben écrivait : "L'histoire se souviendra d'Obama comme le président qui a «perdu l'Egypte…. Si [une superpuissance] abandonne ses alliés dans des moments critiques, qui pourra se fier à elle demain?" Un autre chroniqueur centre-gauche du même journal, Ari Shavit, écrivit sans ambages "Obama a trahit Hosni Moubarak, président égyptien modéré qui est resté fidèle aux États-Unis…. Le monde entier a saisi le message : Les promesses américaines ne pèsent pas lourd, ne valent rien – Une alliance avec les USA est incertaine; les USA ont perdu leur crédibilité."

Et le président Shimon Peres, qui croyait il n'y a pas si longtemps en "un nouveau Moyen-Orient" et a été une figure centrale en Israël du porteur de rameau d'olivier, déclara à son tour, "nous avons encore beaucoup de respect pour Moubarak. Pas tout ce qu'il avait fait n'a été tout à fait été correct, mais il a contribué pour maintenir la paix au Moyen-Orient." Et se référant aux développements possibles en Égypte: "une oligarchie de religieux fanatiques n'est pas meilleure qu'une pénurie de démocratie."

Les israéliens n'ignorent pas que la "paix" de Moubarak (depuis 1981, lorsqu'il avait succédé au défunt Anouar Sadate) était froide et distante, et que l'Égypte continue de traiter Israël comme un ennemi surtout dans les tribunes internationales, et que sa société demeure intensément anti-israélienne et antisémite.

Lors du déclenchement de la crise la semaine dernière, quelques centaines de touristes juifs voisinaient officiellement et amicalement avec l'Égypte. Cela ne change en rien au faite, qu'afin de taire les fusils, l'Égypte avait durant ces dernières années, agit en allié tacite contre l'axe radical du Moyen Orient formé par l'Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. Les services d'intelligence israéliens aidèrent l'Égypte à restreindre le cercle dangereux d'espionnage du Hezbollah en 2009. En contrepartie, l'Égypte avait apparemment lutté pour diminuer la contrebande d'armes vers le Hamas à Gaza.

L'insistance d'Israël est donc compréhensible lorsqu'il s'adresse aux USA et aux autres pays d'arrêter leur pression sur Moubarak et d'apprécier son régime relativement modéré, comparé à certaines alternatives beaucoup plus mauvaises. De toute façon, en ce qui concerne Israël, cette crise ne présage rien de bon.

C'était grâce à l'avènement de la paix formelle israélo-égyptienne que le terme "conflit israélo-arabe" a été remplacé par le terme "processus de paix." la signature du traité par la tripartite formée par les chefs des gouvernements israéliens, égyptiens et américains avait été considérée par plusieurs occidentaux, et particulièrement par Israël, comme ayant une signification près-messianique. La quête pour des réalisations analogues avec les Palestiniens et la Syrie, résultant en l'ultime admission d'Israël dans le Moyen-Orient, est devenue une obsession extravagante et une industrie politique et académique.

Au courant de ces dernières années, le soutien de ces visions a été extrêmement désavantageux pour les Israéliens. Le "processus" face aux Palestiniens n'a mené qu'à une impasse et à la terreur. Un autre ancien allié régional, la Turquie, sous le régime islamique est devenu hostile à l'état juif, alors que le Liban sombrait plus profondément sous l'asphyxiante étreinte du Hezbollah.

Le spectre de l'Égypte devient, encore une fois, une ligne de front, requérant un nouveau déploiement militaire énorme et coûteux, hantant les israéliens, qui n'ignorent pas que l'unique force puissante et bien huilée présente dans les rangs des opposants au régime, quelques soient la nature des foules qui se déversent dans les rues du Caire, de Suez et d'Alexandrie, sont les islamistes.

Mais l'instabilité de la région, avec pour objectif une "Paix" fragile, revêts des aspects et implications par delà le petit état juif. Comme l'avait écrit Aluf Ben le lundi dernier dans son article suivant :

Quand Obama et ses conseillers se penchent sur une carte de la région, ils ne voient qu'un seul état sur lequel ils peuvent réellement compter : Israël. Son régime est stable et son support à l'Amérique est bien ancré. Obama peut mépriser Netanyahu et sa politique envers les palestiniens, mais après avoir perdu en chemin ses alliés turques, libanais et égyptiens, et avec l'irritable poigne de ses dits amis jordaniens et au Golfe, Washington ne peut plus se permettre de faire un choix./ L'Égypte après tout, n'est peut-être pas encore perdue. Mais si c'est le cas, Israël prouvera être l'unique étalon de la région qui s'alignera auprès de l'Occident contre les radicaux.

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