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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

L'échec d'Obama : une opportunité pour Netanyahou

18 Novembre 2009 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

Par CAROLINE GLICK
17.11.09
   

Une fois de plus, Barack Obama n'a pas cherché à cacher son intention d'envenimer les relations entre les Etats-Unis et Israël. L'hostilité manifestée au Premier ministre Binyamin Netanyahou lors de sa visite à Washington la semaine dernière était on ne peut plus claire.


Ce n'est pas tous les jours qu'un président américain laisse le Premier ministre d'un gouvernement allié mariner pendant des semaines avant de lui accorder une audience à la Maison Blanche.


Ce n'est pas tous les jours non plus que le dirigeant d'un allié vital des Etats-Unis est conduit à la Maison Blanche en pleine nuit et dans un minibus anonyme, qu'il se voit interdire toute photographie avec le président, doit quitter la Maison Blanche seul, par une porte dérobée, et est sommé de garder pour lui le contenu de ses entretiens avec le président.


Avant la rencontre, lors de son discours devant l'Assemblée générale des fédérations juives, Obama avait tenté de conditionner la visite du Premier ministre israélien à un engagement à faire des concessions tangibles aux Palestiniens, avait affirmé le Wall Street Journal. Si le quotidien dit vrai, en dépit des dénégations de l'administration Obama, un tel stratagème serait une première dans l'histoire des relations entre les Etats-Unis et Israël.

Dans le cas contraire, le seul fait que ces suppositions sonnent vrai en dit long sur le délabrement des relations entre les deux pays depuis l'entrée en fonction d'Obama. Déjà, la semaine dernière, l'hostilité du président américain était manifeste lors de sa rencontre avec 50 leaders d'institutions juives à la Maison Blanche.


Une volonté évidente de creuser un fossé entre la communauté juive américaine et Israël : Obama s'est refusé à évoquer Israël et l'Iran devant les dirigeants juifs. Ce rendez-vous devait pourtant faire office de prix de consolation, après l'annulation par Obama de son premier discours public aux Juifs américains depuis sa prise de fonction.


Un désistement attribué par la Maison Blanche à la cérémonie funéraire de Fort Hood, auquel le président devait assister après la tuerie qui venait d'y avoir lieu. Mais vu que le sommet des dirigeants communautaires juifs dure trois jours, il aurait été aisé de trouver un autre créneau pour le président...


Mal-aimé des Juifs et des Musulmans

L'attitude cavalière d'Obama a ceci d'ironique que, si elle fait de lui le premier président américain dénué de crédibilité parmi les Israéliens et victime d'une baisse de soutien de 14 % de la part des Juifs américains, elle ne lui a pas pour autant valu la confiance du monde musulman.

Aujourd'hui, le Fatah connaît le désarroi le plus total. Son président Mahmoud Abbas attribue la responsabilité de son éventuel retrait politique à Obama et à Israël. D'importants porte-parole palestiniens, comme Saeb Erekat, ont simultanément déclaré la mort du processus de paix et appelé à une reprise du djihad contre Israël.

Par ailleurs, selon un article du New York Times, l'Arabie Saoudite et l'Egypte, alliés-clés des Etats-Unis, se seraient nettement fragilisés depuis l'arrivée au pouvoir d'Obama, tandis que l'Iran et la Syrie gagneraient en influence dans la région. Deux Etats voyous auxquels la nouvelle administration américaine n'a cessé de faire la cour, prête à tout, ou presque, pour les apaiser.


L'échec manifeste de la politique d'Obama offre à Jérusalem une opportunité unique d'avancer ses pions dans une direction nouvelle et audacieuse.

Beaucoup de commentateurs ont déclaré qu'il revenait à Israël d'aider Obama. Pour eux, l'Etat juif doit favoriser l'établissement d'un Etat palestinien pendant le mandat d'Obama. Sous peine de porter le blâme d'une reprise du terrorisme palestinien. Ainsi, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner et l'éditorialiste du New York Times Thomas Friedman, entre autres, veulent-ils imputer à la prétendue intransigeance d'Israël l'échec des tentatives d'Obama pour relancer les négociations.

En réaction, Netanyahou a soudain manifesté, cette semaine, une volonté aussi profonde que soudaine de négocier avec Abbas. Empressement qui, en réalité, ne paraît guère avisé. S'il est vrai qu'en proclamant sa dévotion au soi-disant processus de paix, Netanyahou a pu désamorcer certaines attaques de la Maison Blanche, les avantages à court terme qu'il en a tirés cette semaine à Washington sont éclipsés par les dommages de cette approche.


A long terme, en effet, c'est Israël qui subit les conséquences chaque fois que ses dirigeants croient en la possibilité de parvenir à un accord susceptible de faire émerger un Etat palestinien pacifique.


Vers une solution à un Etat ?                                                                                                                                              
Au moment où Netanyahou s'apprêtait à décoller pour Washington, Abbas faisait savoir qu'il n'accepterait aucune concession. Tout comme le Hamas, a-t-il déclaré, le Fatah ne reconnaît pas le droit à l'existence d'Israël, n'est pas favorable à une coexistence pacifique et partage avec le Hamas la volonté de poursuivre la lutte contre l'Etat juif.

Pour leur part, les lobbyistes pro-palestiniens Robert Malley et Hussein Agha affirment à présent que la solution à deux Etats a fait long feu et préconisent la solution à un Etat, avec la fin d'Israël comme Etat juif, et des Palestiniens citoyens à part entière d'une entité bi-nationale.

Tout comme les Américains et plusieurs pays européens, la gauche israélienne s'est ralliée au plan du Premier ministre palestinien non élu Salaam Fayyad : déclarer unilatéralement l'indépendance palestinienne en Judée-Samarie, à Gaza et à Jérusalem dans deux ans. Et obliger Israël à renoncer à tous les territoires dont il a pris le contrôle après la guerre des Six-Jours, avec, en menace implicite, le déploiement en "Palestine" de forces internationales pour "protéger" le nouvel Etat palestinien de l'armée israélienne.

Les adeptes de ce plan et ceux de la solution à un Etat pensent ainsi, indirectement, faire avancer ce qu'on appelle le processus de paix. Selon eux, effrayé à la perspective d'une déclaration d'indépendance palestinienne unilatérale ou d'un Etat binational, Netanyahou cessera d'exiger un Etat palestinien démilitarisé et des frontières défendables pour Israël et retirera de son plein gré ses troupes, mais aussi les 250 000 résidents juifs de Judée-Samarie, pour les ramener à l'intérieur des frontières de l'armistice de 1949.
Rien n'est moins sûr, mais il est grand temps qu'Israël dénonce le bluff.


La démographie : une menace infondée

La vérité qui dérange, c'est qu'en fait, la menace démographique n'en est pas une. Les scénarios catastrophes dans ce domaine se fondent en effet sur des chiffres falsifiés : le recensement palestinien de 1997 a gonflé de 50 % le nombre de Palestiniens d'Israël, de Judée-Samarie et de Gaza.

Selon un institut de recherches américain indépendant, Israël n'a aucune crainte à avoir : aujourd'hui, la population juive d'Israël, de Judée et de Samarie l'emporte sur la population arabe, avec une majorité de deux-tiers. Avec l'immigration et le taux de fertilité en progression côté juif, l'émigration et le taux de fertilité décroissant côté arabe, les projections à long terme de la viabilité démographique d'Israël sont toutes positives.

Comme le sait Netanyahou, il existe un consensus en Israël pour assurer sa pérennité dans des frontières défendables à perpétuité. A savoir : l'établissement d'un contrôle permanent sur la vallée du Jourdain et les grands blocs de population de Judée-Samarie.

Devant l'échec évident de la solution à deux Etats, la prise du pouvoir du Hamas à Gaza et la désintégration - assortie de l'ébranlement du mythe de la modération - du Fatah, Israël doit emprunter une nouvelle voie et travailler à l'intégration de la Judée-Samarie dans la société israélienne, population palestinienne comprise. Et, pour commencer, faire appliquer la législation israélienne dans la vallée du Jourdain.

Remplacer dans ces zones le gouvernement militaire par une législation plus libérale permettra de faire progresser le plan de paix de Netanyahou, qui prévoit de favoriser l'économie palestinienne, entre autres en l'intégrant à la dynamique économie israélienne. Un plan qui encouragerait la modération politique tout en marginalisant le terrorisme. Alors que loin d'engendrer la paix, le paradigme de deux Etats donnait le pouvoir aux éléments les plus corrompus et les plus violents de la société palestinienne.


Le traitement peu aimable qu'a réservé Obama à Israël et, par la même occasion, à la majorité de ses alliés dans la région et dans le monde, a renforcé les pires ennemis de l'Amérique. Mais cet échec manifeste donne à Israël l'opportunité de reprendre le contrôle des événements et d'améliorer le sort des Israéliens et des Palestiniens.

Appliquer la justice israélienne à la vallée du Jourdain et aux grands blocs de population israélienne de Judée-Samarie ne permettra sans doute pas à Netanyahou de se faire beaucoup d'amis à la Maison Blanche, mais, s'il faut tirer les enseignements du traitement insultant dévolu à notre Premier ministre et aux Juifs américains cette semaine, nous pouvons conclure que, quoi que fasse Israël, l'administration d'Obama ne voit aucun intérêt à rester son ami.

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