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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

L’eau potable en Israël ne coule pas de source

1 Octobre 2010 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Société

http://www.un-echo-israel.net/Dossier-L-eau-potable-en-Israel-ne,10472

par André Moisan
1er octobre 2010,

L’Usine de dessalement d’Ashkelon (Visite de l’usine)

En 2002, Veolia Water et ses partenaires israéliens ont remporté le contrat B.O.T. de l’usine de dessalement d’Ashkelon, située à une quarantaine de km au sud de Tel Aviv, à quelques km de la Bande de Gaza. L’usine a été livrée au cours de l’année 2005 pour la première tranche et en décembre 2005 pour la seconde, les deux tranches pouvant fournir chacune 54 millions de m3, soit un total de 108 millions par an.

La région d’Ashkelon est confrontée à une sévère pénurie d’eau. A cause des changements climatiques et de la surexploitation des ressources, le niveau des nappes souterraines n’a jamais été aussi bas. Afin de satisfaire les besoins croissants en eau, les autorités locales ont décidé de s’approvisionner dans la mer.

Avec une capacité de 320 000m3 par jour, elle alimente environ 1,4 millions d’habitants (plus de 220 litres/jour/habitant, avec une eau de très haute qualité. L’usine d’Ashkelon est une des plus grandes références au monde dans le domaine du dessalement par osmose inverse.

L’eau de mer alimentant l’usine arrive par deux canalisations (une par tranche) de 1,60 m de diamètre allant chercher l’eau au large et placées à une profondeur d’une dizaine de mètres, où s’engouffrent poissons, algues et divers animaux marins, si bien qu’à l’arrivée à l’usine des habitués autorisés viennent récolter leurs provisions de pêche ! A noter que les coquillages tapissent tellement l’intérieur des tuyauteries que les techniciens ont dû mettre au point une sorte de « gigantesque suppositoire » en plastique, poussé hydrauliquement pour racler l’intérieur des tuyauteries tous les mois !

Le processus de dessalement par osmose inverse repose sur 3 grandes étapes :

Le prétraitement :

La qualité de l’eau de mer changeant avec la température, les conditions météorologiques, les courants…il est nécessaire de la traiter pour la rendre « claire » avant dessalement. Cette première étape est appelée « prétraitement », qui consiste en des opérations complexes (coagulation, floculation, flottation, filtration). Ceci afin d’éliminer des sédiments, des matières organiques, d’algues…, pour ne pas colmater les membranes de dessalement. Ensuite il faut filtrer l’eau brute. Les filtres les plus courants, sont les les filtres gravitaires bicouches, sable/anthracite ou sable/pierre ponce. Les boues de flottation ainsi que les eaux de lavage des filtres sont traitées par une unité spécifique.

L’osmose inverse :

L’eau de mer filtrée est stockée dans un immense réservoir d’où elle est injectée vers la salle d’osmose inverse, Imposant hall (photo) où sont installées les membranes, sous l’aspect de cartouches (30 000 modules de membranes au total), et que va traverser l’eau poussée par une pression énorme (60-65 bars, soit l’équivalent de plus de soixante fois la pression atmosphérique). Cela nécessite un équipement exceptionnel : moteur électrique de très grande puissance actionnant une pompe très haute pression, tuyauteries en acier spécial anticorrosion avec joints à toute épreuve… On est ici au cœur névralgique du procédé.

Les molécules sont retenues d’un côté de la membrane, ce qui augmente la concentration de l’eau et nécessite une pression plus importante. La solution salée est balayée par un flux d’eau continu. Ainsi, on obtient une eau filtrée de manière extrêmement fine. Pour limiter la consommation d’énergie, il est possible d’aménager un circuit permettant de récupérer une partie de l’énergie liée à la pression.

La filtration permet de supprimer 99% des sels minéraux et organiques. Une eau de mer concentrée à 35.000 ppm peut ainsi ressortir selon l’effort de pression réalisé sur la membrane OI, à moins de 200 ppm(partie par million). Le seuil de potabilité des eaux en réseau est généralement admis à 500 ppm.

Le post traitement. Il ne reste plus qu’à procéder à la reminéralisation, habituellement par dissolution de carbonate de calcium, à ajuster le pH pour obtenir le bon équilibre calco-carbonique suivant le diagramme de Langelier (pour le calcul du bon équilbre de l’eau) et à injecter quelques doses de chlore pour le transport vers le Distributeur.
Si bien que l’usine est complétée par un labo sophistiqué pour le dosage des minéraux et les contrôles permanents. Le cerveau de surveillance est assurée, jour et nuit, par deux techniciens qui se relayent devant des écrans de contrôle où sont affichés en temps réel tous les paramètres essentiels au bon fonctionnement de l’usine qui totalise un effectif d’une cinquantaine de personnes.

A la fin de la visite, on m’a fait goûter un « Château la Pompe millésimé 2008 ! » et on m’offrit en cadeau de bienvenue une bouteille de ce crû, ma foi plus que buvable, même excellent !

Enfin ce précieux liquide est alors injecté dans le système de Distribution nationale (Sté Mékorot), situé à quelques km de là.

Le Trésor israélien rachète l’eau produite au tarif fixe de 2,6 NIS le m3 (env.0,52 Euros) (Source : Jacques Bendelac).

Les points négatifs du traitement par osmose inverse

L’agressivité de l’eau de mer surtout avec des températures élevées a plusieurs raisons : composition chimique et en particulier, teneur élevée en ions chlorures, conductibilité élevée et par suite facilité du développement des effets galvaniques, corrosion résultant de l’oxygène dissous, présence de bactéries, d’organismes marins…

Les principaux types de corrosion sont : galvanique, par piqures, caverneuse, intergranulaire. Le choix des matériaux, en particulier pour le circuit haute pression, est donc critique.

D’autre part, il se pose la question des rejets de concentrats dans la mer, des eaux de filtre chargées en produits chimiques… Cela ne risque-t-il pas de changer le pH ou d’autres caractéristiques de la mer, ne serait-ce que localement, et à long terme de modifier l’écosystème, de voir s’éteindre la faune et la flore… Jusqu’à présent, aucune étude n’a démontré que le dessalement était néfaste pour l’environnement. Il semble donc avoir un bel avenir devant lui et la mer, si l’eau douce devient de plus en plus rare, pourrait bien devenir le nouvel « or … bleu ». (Référence : Séverine Cabon et Stéphane Rouxel, ingénieurs ICAM95, en poste sur l’Usine d’Ashkelon, en 2008).

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