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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Eternelle Jérusalem

29 Avril 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Tribune libre

Appelés israéliens devant le mur des lamentationsDepuis sa création, l'état hébreu est engagé dans une course-poursuite avec ses adversaires. Finirait-il par la perdre ? Jérusalem en a tant vu dans son histoire...

La ville blanche se détache sur un ciel limpide. En face, le soleil illumine le mont des Oliviers, le jardin de Gethsémani, le cimetière juif, le mont du Temple et la mosquée du Dôme du Rocher. Plus bas, les murailles, les portes, les ruelles se succèdent par paliers successifs. Sur une terrasse nue qui domine ce décor biblique, un groupe de soldats est assis en demi-cercle, garçons et filles, détendus et attentifs, le fusil d’assaut et les chargeurs sur les jambes. Devant eux, debout, une fille en pantalon et tee-shirt, à peine plus âgée : elle seule parle, le doigt en avant, insistante, démonstrative. Elle a tout de l’instructeur, si ce n’est qu’elle ne porte aucun insigne de grade. Leçon de contre-guérilla urbaine, de tactique en milieu hostile ? Pas du tout ; elle donne un cours d’histoire – la Bible, Jérusalem, le peuple juif ; elle dit ce que sont ces murs, ces églises, ces mosquées, ces synagogues, bref, ces quartiers de la vieille ville.

La scène se répète ainsi, de place en place et de groupe en groupe, le matin comme le soir, avec d’autres instructeurs. Séance obligatoire et renouvelée durant le service militaire. Là on n’apprend pas à faire la guerre, mais à comprendre pourquoi cette ville de Jérusalem, aujourd’hui si prospère, si animée, si propre, fut le théâtre de tant d’atroces et sanglants épisodes – et pourquoi, malgré l’apparente insouciance de ces soldats de 20 ans, ce n’est peut-être pas fini.

Michel Gurfinkiel, que les lecteurs de Valeurs actuelles connaissent depuis trente-sept ans, publie un essai au titre volontairement provocant, Israël peut-il survivre ?, dans lequel il passe minutieusement en revue toutes les pièces du procès fait et refait au peuple juif et à l’État d’Israël, sous les angles historique, démographique, stratégique, diplomatique… Et dans la langue admirable qu’on lui connaît.

Depuis sa création, en 1948, Israël n’a pas cessé de se battre. « Avec des fortunes diverses, même s’il a été dans l’ensemble victorieux. Soit pour repousser une agression. Soit pour en prévenir une. » En soixante-trois ans, onze guerres, depuis celle de l’indépendance jusqu’à celle de Gaza, en janvier 2009. Michel Gurfinkiel insiste sur ce trait propre au destin de l’État hébreu : « Être promis à la destruction par les uns, être abandonné à son sort par les autres…» Tragique et extraordinaire destinée que celle de ce peuple identifié à la Bible que rappelle Michel Gurfinkiel : « Le peuple juif garde dans sa mémoire collective d’autres génocides et d’autres trahisons: l’Égypte pharaonique, la Perse achéménide, la Rome d’Hadrien, l’extermination des juifs et des judaïsants d’Arabie, les expulsions d’Angleterre, de France, d’Espagne, les pogroms d’Occident et de Russie, et enfin la Shoah.» Mais pas seulement, puisque, depuis la Shoah, les Israéliens ont dû livrer toutes ces guerres et subir en plus les imprécations des fanatiques de Téhéran pour les « anéantir ».

Ce pays ne couvre que l’équivalent de quatre départements français (21 000 kilomètres carrés) avec une population proche de celle de la Suisse (7,5 millions d’âmes), mais cela ne rend compte que d’une partie de sa réalité physique ; on ne la ressent vraiment que sur place. Du désert du Néguev au nord de la Galilée, on passe des ravins de sable aux champs de blé en moins de trois heures d’autocar ; de Tel-Aviv à la frontière jordanienne, l’avion de chasse survole le territoire dans sa largeur en cinq minutes. Dans les maisons d’Ashkelon et de Beersheba, les habitants ont deux minutes pour descendre dans leur abri quand sonne l’alerte des départs de roquettes tirées par les hommes du Hamas depuis Gaza ; le jour où la folie conduirait les Iraniens à lancer un missile sur Israël, le pays aurait dix minutes pour se protéger et décider de sa riposte…

Israël est en état de veille depuis sa création. Il a été le premier, il y a vingt ans, à mettre au point et à fabriquer ces avions sans pilote radiocommandés à distance, les drones, dont tout le monde parle désormais. Ces appareils patrouillent de jour comme de nuit, en voyant les images de leurs caméras à des centres d’analyse et d’écoute. Les Israéliens veulent savoir à tout moment ce qui se cache de l’autre côté de la colline. Tant de combats ont été livrés entre ces plateaux et ces montagnes à pâturages à brebis qu’ils ont pris leurs précautions. Quant aux pilotes de chasse, l’élite de l’élite, ils ne s’entraînent sur simulateur que pour la forme : leur entraînement, c’est la mission quotidienne, quand ce n’est pas plusieurs fois par jour, en vol par deux ou par quatre, pour dissuader ou pour frapper.

Ce qui a été réuni peut-il être à nouveau séparé ?.........Lire la suite. ............ Et la Cité renaîtra

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