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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Du sang dans les rues

21 Août 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

Par CAROLINE B. GLICK

http://www.carolineglick.com/e/

Jerusalem Post 19/08/2011

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=234386

Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

 

Bien que la révolution en Egypte ne concernât pas Israël, Israël sera sa première victime étrangère alors que la nouvelle Egypte rejette la pais de l’ancien régime avec l’Etat juif.

La préparation de l’armée israélienne suit un modèle déprimant. Tsahal ne modifie pas son évaluation de l’environnement stratégique jusqu’à ce que le sang israélien coule dans les rues.

En Judée et en Samarie, de 1994 à 2000, l’armée a fermé les yeux sur les liens ouverts, chaleureux et de soutien mutuel des forces de sécurité palestiniennes avec les groupes terroristes.

 

L’armée a seulement commencé à reconsidérer son évaluation des forces armées palestiniennes armées par les Israéliens et entraînées par les USA et les Européens après que le caporal de police des frontières Mahdat Youssef eût été saigné à mort au Tombeau de Joseph en octobre 2.000 Youssef est mort parce que les chefs de la sécurité palestinienne à qui Israël se fiait pour coopérer, refusèrent de coordonner l’évacuation du policier blessé.

Youssef fut blessé lorsqu’une foule palestinienne, soutenue par les forces de sécurité palestiniennes, attaqua le Tombeau juif sacré. Ils tirèrent sur des fidèles et sur les soldats de Tsahal positionnés au Tombeau de Joseph selon les accords signés par Israël avec les Palestiniens.

 

Au Liban, Tsahal ne reconsidéra sa politique ignorant la constitution massive de réserves d’armes du Hezbollah dans le Sud qu’après que le groupe shi’ite eût lancé sa guerre contre Israël en 2006.

 

A Gaza, Tsahal ne reconsidéra sa volonté d’autoriser le Hamas à s’armer massivement de missiles et de roquettes qu’après que le groupe terroriste dirigeant la bande de territoire eût augmenté massivement l’échelle de sa guerre contre Israël en décembre 2008.

 

Il faut espérer que l’attaque armée sophistiquée de jeudi, mortelle, de plusieurs bords avec des armements combinés, par des forces ennemies encore non identifiées le long de la frontière avec l’Egypte, sera suffisante pour obliger Tsahal à modifier sa vision de l’Egypte.

Jeudi après-midi, sept Israéliens ont été tués et 26 blessés par des agresseurs non identifiés qui ont pénétré en Israël à partir du Sinaï contrôlé par l’Egypte et ont mis en scène une attaque de quatre provenances. Celle-ci comprenait deux agressions sur des bus de passagers civils et des voitures privées. Les assaillants utilisaient des fusils automatiques lors de la première attaque, et des fusils ainsi que des roquettes antitanks ou encore des grenades propulsées par des roquettes pour la seconde attaque.

L’agression impliqua aussi l’usage de missiles et de bombes dissimulées en bord de route contre une patrouille des frontières de Tsahal, et un combat ouvert entre les attaquants et les équipes de police antiterroristes.

 

Il y a peu de doute que le plan et la formation sophistiqués sont nécessaires pour exécuter cette attaque. La compétence des assaillants indique que leurs organisations sont hautement professionnelles, bien entraînées et en possession d’une information exacte sur le trafic civil israélien et les opérations militaires le long de la frontière avec l’Egypte.

Sans le bénéfice de la surprise, les agresseurs de jeudi auront une grande difficulté pour maintenir leur offensive dans les jours à venir. Mais l’éventualité que l’agression ait juste été un round d’ouverture d’une nouvelle guerre irrégulière provenant du Sinaï ne peut être écartée. Malheureusement, du fait de l’opposition institutionnelle de Tsahal à faire face aux menaces émergentes avant qu’elles ne deviennent mortelles, Israël est confronté à la perspective d’une agression croissante à partir du Sinaï sans stratégie claire pour contenir les acteurs ennemis opérant dans la péninsule.

 

Le système ennemi comprend le Hamas, les ‘Frères Musulmans’, et les cellules terroristes islamiste affiliées à

al Qaïda. Il comprend aussi l’armée égyptienne et les forces de sécurité opérant dans la zone, dont les intentions envers Israël sont au mieux peu claires.

Comme la ligne de partage des évènements en Judée, Samarie, au Liban et à Gaza, l’attaque de jeudi depuis le Sinaï ne vient pas de nulle part. C’était une progression naturelle de la détérioration de la situation sécuritaire dans le Sinaï ces derniers mois et années.

 

Depuis plus d’une décennie, tous les courants sécuritaires dans le Sinaï ont été négatifs.

 

Le Sinaï est surtout peuplé de Bédouins. Quand Israël a contrôlé le Sinaï de 1967 à 1981, les Bédouins étaient volontaires pour coopérer avec Israël, aussi bien pour les affaires civiles et militaires. Quand l’Egypte en a repris le contrôle en 1981, elle a puni les Bédouins pour leur bonne volonté à travailler avec Israël. Peut-être en conséquence de cela, peut-être davantage du fait de courants régionaux émanant de l’Arabie saoudite, depuis la moitié des années 1990, les Bédouins du Sinaï, comme les tribus voisines dans le désert jordanien et dans une certaine mesure, leurs frères bédouins israéliens, ont entamé un processus d’islamisation alors que la loyauté de plus en plus de tribus a été transférée aux forces jihadistes mondiales.

 

Le premier indice le plus tangible de cela est survenu avec l’attentat à la bombe de l’hôtel Hilton à Taba en 2004. Cette attaque a été suivie des attentats à la bombe à Sharm el Sheikh et Dahab en 2005 et 2006. Toutes ces attaques auraient été réalisées par des cellules terroristes bédouines affiliées à al Qaïda./ Depuis la guerre terroriste palestinienne commencée en 2.000, le président égyptien d’alors, Hosni Moubarak ne fit pratiquement rien pour empêcher la contrebande massive d’armes par des groupes terroristes palestiniens à travers le Sinaï. Les Palestiniens – depuis le Hamas, le Fatah et le jihad islamique – étaient aidés par les Bédouins du Sinaï ainsi que par les ‘Frères Musulmans’ égyptiens et le Hezbollah. Moubarak ne fit également pratiquement rien pour empêcher le trafic de drogues et d’êtres humains du Sinaï vers Israël et Gaza.

 

Cependant, Moubarak protégea le contrôle du régime sur le Sinaï en scellant, entre autre choses, la frontières terrestre officielle de l’Egypte vers Gaza à Rafah, défendant des stations de police égyptienne et d’autres installations de sécurité et l’infrastructure vitale comme le gazoduc contre une attaque. Des forces de son ministère de l’intérieur tenaient la poigne fermement sur les tribus bédouines.

 

Aussi mauvais et de plus en plus complexes que la sécurité soit devenue dans le Sinaï sous Moubarak, elle s’est drastiquement détériorée depuis qu’il a été renversé en février. Vraiment, le gouvernement aurait perdu le contrôle sur la Sinaï pendant que Moubarak était renversé, et jusqu’à la fin de la semaine dernière, elle n’a fait aucune tentative pour réévaluer sa souveraineté sur la zone.

 

Alors que les media du monde rapportaient dans l’extase les protestataires anti-Moubarak photogéniques sur la Place Tahrir, on ne prêta presqu’aucune attention à l’insurrection se déployant dans le Sinaï. Peu après que les manifestations eurent commencé au Caire à la mi-janvier, le Hamas envoya des forces au-delà de la frontière vers Rafah côté égyptien et El Arish pour attaquer des stations de police avec des fusils et des canons RPG.

 

Les combattants du Hamas seraient descendus aussi loin au Sud qu’à Suez. Là ils se joignirent à d’autres forces terroristes pour bombarder et descendre sur le poste de police de la ville qui touche le Canal de Suez. En association avec d’autres éléments locaux, le Hamas exécuta le premier des cinq attentats contre le gazoduc d’Egypte vers Israël et la Jordanie.

En opposition aiguë avec la stratégie politique de Moubarak, la junte militaire au pouvoir a ouvert la frontière de l’Egypte avec Gaza et donné ainsi aux jihadistes locaux et régionaux la possibilité de traverser librement la frontière internationale. Le Hamas et ses acolytes terroristes ont usé de cette liberté non seulement pour accroître rapidement les transferts de missiles et de personnels vers la Bande de Gaza, mais ils ont aussi accentué leur défi contre le contrôle du régime égyptien sur le Sinaï.

 

 Au cours des quelques mois écoulés, en plus d’attentats à la bombe répétés contre le gazoduc, ces forces ont attaqué des postes de police et le port de Nueiba. A la suite de leur attaque du 30 juillet contre El Arish au cours de laquelle deux policiers et trois civils ont été tués, des cellules jihadistes ont distribué des tracts pour imposer la loi islamique sur le Sinaï.

 

Selon les articles des media, des jihadistes se sont aussi emparés de nombre des principales routes dans le Sinaï au début août.

 

Ces toutes dernières agressions et le défi ouvert que les tracts et la prise de contrôle des routes pose à l’autorité de l’Etat égyptien a conduit l’armée à déployer deux bataillons de forces blindées au Sinaï en fin de semaine dernière. L’objectif déclaré de cette opération est de vaincre les cellules jihadistes affiliées à al Qaïda opérant dans la péninsule. Comme le traité de paix avec Israël interdit le déploiement de forces militaires égyptiennes au Sinaï, le régime militaire égyptien a demandé et reçu d’Israël la permission pour ce déploiement.

 

On ne savait pas à quel point le tout dernier déploiement militaire égyptien a été efficace jusqu’aux attaques à travers la frontière contre Israël. Ce qui est assez clair est qu’Israël ne peut pas s’attendre à recevoir une coopération efficace de l’armée égyptienne pour combattre des forces ennemies en provenance du Sinaï. De fait, à ce stade il est impossible d’exclure la possibilité que du personnel militaire égyptien ait participé aux attaques meurtrières.

 

Des passagers de l’une des voitures civiles attaquées par des agresseurs armés à la première étape de l’opération ont déclaré aux media que leurs attaquants portaient des uniformes de l’armée égyptienne.

Presque immédiatement après le déroulement des attaques, les autorités militaires égyptiennes ont nié que les agresseurs soient entrés en Israël à partir du Sinaï. Ces dénégations signalent que le gouvernement militaire égyptien n’assistera pas Israël dans ses efforts pour se défendre contre les menaces rapidement croissantes qu’il affronte désormais depuis le Sinaï.

 

Et cela n’est pas surprenant. Depuis qu’elle a renversé Moubarak, la junte au pouvoir a cultivé avec assiduité des liens étroits avec les ‘Frères Musulmans’ montant politiquement. Trois jours avant l’attaque, Tsahal a annoncé que son budget quinquennal 2012 – 2017 ne comprend aucune augmentation, que ce soit pour la dimension des forces ou les niveaux d’équipements. Comme un officiel de Tsahal l’a déclaré à l’agence de presse ‘Reuters’ : « Nos capacités actuelles sont suffisantes pour nos besoins prévisibles, bien que nous devions investir de nouveau dans la formation et l’amélioration d’une mobilité à réponse rapide pour permettre plus de flexibilité pendant les urgences ».

 

Récemment, le chef d’Etat Major Général, le Rav Alouf Benny Gantz a expliqué que la raison pour laquelle Tsahal n’a pas l’intention de modifier la formation ou la dimension du commandement Sud, en dépit de l’hostilité croissante de l’Egypte envers Israël, c’est parce qu’Israël ne veut pas provoquer l’Egypte en se préparant pour le pire. Immédiatement après l’attaque, le ministre de la défense Ehud Barak a tôt fait d’ignorer l’Egypte et de pointer le doigt vers le suspects habituels à Gaza.

 

Alors qu’il est raisonnable de supposer que les Palestiniens étaient impliqués dans l’attaque, il n’est pas raisonnable de supposer qu’ils sont les seuls coupables. Et suivant la détérioration de la situation sécuritaire dans le Sinaï et l’hostilité croissante de l’Egypte, c’est folie que de limiter l’attention d’Israël sur Gaza à la suite de l’attaque.

Ce que l’attaque démontre, c’est qu’Israël dot se préparer à une nouvelle réalité stratégique émergeant en Egypte.

 

C’est vrai, il est encore tôt pour prédire comment l’Egypte va se comporter dans les années à venir. Mais nous n’avons pas besoin d’une information parfaite sur la réalité stratégique émergente pour nous y préparer.

 

Les besoins d’Israël sont clairs. Nous devons investir les ressources nécessaires pour fortifier la frontière de 240 km de frontière avec l’Egypte en terminant la barrière de sécurité.

 

Nous devons augmenter le niveau des forces du Commandement Sud d’au moins une division régulière, de préférence une division blindée. Nous devons équiper Tsahal de plus de tanks et d’autres plateformes conçues pour la guerre du désert. Il faut que Tsahal commence à s’entraîner à la guerre du désert pour la première fois depuis 30 ans./ Nous devons drastiquement augmenter la qualité de notre renseignement sur l’Egypte.

Jeudi, il nous a été démontré que bien que la révolution en Egypte ne concernât pas Israël, Israël sera sa première victime étrangère alors que la nouvelle Egypte rejette la paix de l’ancien régime avec l’Etat juif.

 

C’est une amère réalité. Mais c’est une réalité tout de même et nous devons y faire face, comme le sang dans nos rues le démontre clairement.

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