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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Des armes américaines aux mains des Arabes

7 Janvier 2012 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Sécurité

Par Dore Gold

Pour Israel Hayom

http://www.israelhayom.com/site/newsletter_opinion.php?id=1150/

Adaptation française par Mordeh'aï pour malaassot ©2012

http://malaassot.over-blog.com/

 

La semaine dernière, l'administration Obama a annoncé une série de ventes d'armes massives à des pays arabes. Il y en avait pour 29,4 milliards de dollars pour l'Arabie Saoudite qui comprenait 84 avions de chasse F-15, ainsi que la modernisation de 70 autres existants. La vente inclura la dernière génération de missiles air-air  à guidage de précision et des missiles air-sol qui fonctionnent sous toutes les conditions météorologiques, de jour comme de nuit. Les éléments de ce "package" étaient déjà parues l'an dernier lors d’une vente de 60,5 milliards de dollars qui avait été annoncé en Octobre 2010.

La semaine dernière, il y avait aussi une autre vente beaucoup plus petite de 3,8 milliards de dollars de matériel américain pour les Emirats Arabes Unis, y compris la plupart des systèmes anti-missiles comme le THAAD - qui, comme le H’etz (Flèche) Israëlien, a été conçu pour intercepter les missiles balistiques d'Etats hostiles comme l'Iran. Enfin, il apparaît que l'administration va de l'avant avec un "package" de 11 milliards de dollars, d’avions de combat et de tanks, qui seront fournis à la nouvelle armée irakienne. Ce développement est particulièrement préoccupant étant donné l'orientation pro-iranienne de son Premier ministre, Nouri al-Maliki, qui occupe également les fonctions de ministre de la défense de l'Irak.

 

Israël et les Etats-Unis ont discuté de ces ventes pendant des décennies. Parfois, les deux parties sont entrées en âpres conflits, comme lorsque l'administration Reagan a cherché à vendre le système aéroporté d'alerte et de contrôle (AWACS) aux Saoudiens en 1981. D'autres fois, les Etats-Unis et Israël ont mis au point des accords de compréhension. En 1978, lorsque l'administration Carter a vendu le premier F-15 à l'Arabie Saoudite, Israël a eu des assurances qu'ils ne seraient pas équipés de réservoirs supplémentaires de carburant, ou de supports spéciaux pour de lourdes charges de bombe, ou du dernier missile air-air. Par ailleurs, les F-15 ne seraient déployés que sur les bases aériennes éloignées comme Dhahran, Khamis Mushayt, et Taif, mais pas à Tabouk, qui est à environ 150 kilomètres de la frontière israélienne.

Israël craignait que même si l'Armée de l'air saoudienne n'a pas attaqué Israël, l'Aviation Israelienne a dû prendre en compte cette possibilité dans le contexte d'une guerre générale avec les Etats arabes, et elle devrait donc réduire le nombre d'avions opérationnels, qu’elle avait de disponible pour le front principal dans un futur conflit, afin de les tenir en réserve dans le cas ou les Saoudiens rejoignaient les belligérants. Washington laissera tomber la plupart de ces limitations sur l'Armée de l'air saoudienne dans quelques années, mais elles ont néanmoins servi à montrer comment Israël et les Etats-Unis traitaient l'intérêt américain dans le montage de l'aviation saoudienne .

 

Après la lutte pour la vente des AWACS à l'Arabie Saoudite, l'administration Reagan a commencé à parler

explicitement d'un engagement américain à maintenir " un avantage qualitatif militaire d’Israël " qui a été maintenu par toutes les administrations depuis lors. En annonçant le dernier "package" d'armes pour l'Arabie saoudite, Andrew Shapiro, le secrétaire d'État adjoint pour les affaires politico-militaires, lors d'un briefing au Département d'Etat a assuré les journalistes que la vente " ne diminuerait pas l’avantage qualitatif militaire d’Israël ".

 

Quel devrait être l'approche israélienne à ces ventes importantes? De toute évidence, le contexte stratégique pour Israël au Moyen-Orient a changé complètement. Dans la lutte contre l'Iran, la principale menace aujourd'hui au Moyen-Orient, Israël et l'Arabie Saoudite sont effectivement du même côté, même si ils n'ont pas de relations diplomatiques. Néanmoins, il y a certaines considérations qu’Israël doit prendre en compte et soulever dans son dialogue avec les Etats-Unis, surtout quand il aborde la manière de préserver l’avantage qualitatif militaire d'Israël.

Il ya le risque que les technologies avancées occidentales transférées à certains Etats arabes se retrouveront dans les mains des Iraniens. Dans les années 1970 et 80, les porte-parole israéliens parlaient de l'instabilité des régimes arabes. A cette époque c’était un faux argument, même si il a plu sur les chaînes de télévision américaines. Aujourd'hui, avec les insurrections continues dans le monde arabe, cette opposition est devenue un argument légitime. Personne ne peut dire avec certitude que les régimes arabes qui entourent Israël seront toujours là dans deux ou trois ans avec la propagation des révoltes de la rue arabe.

 

En outre, si certains pays arabes estiment que les Etats-Unis et ses alliés occidentaux vont se concilier avec une bombe iranienne, offrant seulement une politique incertaine de confinement, certains seront sans doute prêts à changer de camp et rejoindre le bloc iranien. C'est exactement ce qui s'est passé au Qatar en 2007, lorsque l'administration Bush a publié l'Estimation d'Intelligence nationale (NIE), qui a affirmé à tort que l'Iran avait arrêté son programme d'armes nucléaires. Ce qui suit généralement un changement de cette sorte sont des exercices communs et une opportunité pour les Iraniens d'inspecter les armes américaines utilisées par leurs nouveaux alliés arabes. En raison de ces sortes de préoccupations, Israël a lui-même annulé une vente de 141 M $ de systèmes de renseignement aérien à la Turquie.

 

Une question qui revient de temps à autre, est de savoir si la vente de systèmes avancés d'armes américaines devrait être liée à des progrès du processus de paix. Dans les années 1970, les Etats-Unis avaient l'habitude de compenser ainsi les risques pris par Israël, lorsqu’Israël a accepté de se retirer de Giddi et de la passe de Mitla dans le Sinaï et ensuite a accepté de se retirer entièrement du Sinaï lors de la signature des Accords de Camp David, il avait été récompensé par la livraison de nouvelles générations d'avions de combat.

Récemment, Israël a conclu un accord avec les Etats-Unis pour la fourniture d'avions furtifs F-35, mais alors l'idée a été soulevée d'augmenter la taille de la vente si Israël convenait d'un gel de la colonisation. Lier l’avantage qualitatif militaire d'Israël au processus de paix, Mahmoud Abbas aurait un droit de veto sur la modernisation de l'Armée de l'Air israélienne, et ceci devrait toujours être évité.

 

Les Ventes d'armes aux Etats arabes sont susceptibles de devenir plus controversée dans les années à venir. Si un régime arabe comprend les Frères musulmans, il y aura des voix à Washington qui diront que les Etats-Unis ont besoin de les garder du côté de l'Occident, en dépit des risques clairs qui en résulteraient.

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