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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Cette maudite kippa…

29 Mars 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Point de vue

 par Shraga Blum 

pour Israel 7

29/03/2011

 

La kippa, qui est somme toute l’un des accessoires typiques du Juif, donne apparemment des boutons à ceux qui espéraient que l’Etat d’Israël serait le fossoyeur du « lourd fardeau » de la tradition juive, et qui dominent le microcosme médiatique israélien.

Il y a deux mois, un journaliste du « Haaretz » s’inquiétait « de la multiplication des kippot dans l’entourage du Premier ministre Binyamin Netanyahou ». Quelques jours plus tard, la candidature annoncée du général de réserve Yaakov Amidror au poste de Conseiller à la Sécurité nationale avait fait monter au créneau tout un échantillon d’intellectuels et artistes de gauche, affirmant dans une lettre nauséabonde de protestation « que la nomination de cet homme (religieux et de droite) à cette fonction allait plonger le pays dans l’ambiance fasciste des années 1930 en Europe ».

Lundi soir, lors du journal télévisé de la 2e chaîne, après que le Premier ministre ait annoncé en direct la nomination de Yoram Cohen comme Directeur du Shin-Bet, le commentateur Amnon Abramovitz trouvait utile de préciser « que l’intéressé portait un kippa MAIS qu’il était loyal envers l’Etat » !!! Il enfonçait le clou en disant « qu’il s’agissait du premier religieux nommé à ce poste délicat », et comme si cela ne suffisait pas, il rajoutait pour bien appuyer « que les milieux des Juifs de Judée-Samarie avaient beaucoup redouté le choix d’un autre candidat, appelé ‘Youd’, l’adjoint du Directeur sortant, Youval Diskin ».

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Mardi matin, sur « Kol Israël », la célèbre journaliste Carmela Menashé, qui a du mal à cacher ses sympathies bien à gauche, a voulu créer un scoop en interviewant le député et ancien sous-directeur du Shabak, Israël Hasson, en lui ‘apprenant’ « que des pressions avaient été exercées sur le Premier ministre par des Rabbins de Judée-Samarie afin qu’il renonce à nommer ce fameux ‘Youd’, responsable de la ‘section juive’ au Shin Beth, et qui avait eu la main lourde avec les habitants de Judée-Samarie ».

Israël Hasson (Kadima), qui a travaillé avec Yoram Cohen, avait beau répondre « qu’il n’en savait rien », et que « le choix de Yoram Cohen était excellent à tout points de vue », la journaliste n’en démordait pas et posait à plusieurs reprises la même question : « Est-ce que vous pensez que le Premier ministre a cédé aux pressions de ces milieux en ne nommant pas ‘Youd’, alors que son nom circulait comme le successeur naturel de Diskin ? » Israël Hasson eut alors cette réponse judicieuse : « Les médias prennent une énorme responsabilité lorsqu’ils sacrent et couronnent d’avance une personne avant qu’elle ne soit effectivement nommée à un poste».

Cette série de « montée aux barricades » dès qu’une personne portant kippa est nommée à un poste important est indigne autant que ridicule, car paradoxalement, le fait d’être religieux n’est pas forcément le gage d’une politique « favorable » aux milieux de droite.

C’est d’ailleurs la réaction qui se dégage parmi les Juifs de Judée-Samarie. Certes, on se réjouit de la non nomination de « Youd » car ce candidat était devenu la bête noire d’une bonne partie de cette population. En tant que responsable de la « Section juive » du Shin Bet, il a souvent donné le sentiment que les pionniers de Judée-Samarie étaient le véritable ennemi du pays, plus encore que les Arabes palestiniens. Mais la nomination inattendue de Yoram Cohen ne calme pas forcément les craintes des Juifs de Yesha : Meïr Bretler, membre des « Jeunes des collines » résume l’impression globale : « Un directeur du Shabak portant kippa peut encore être plus dur avec nous car il voudra tout faire pour montrer qu’il ne nous fait pas de faveurs et qu’il n’est pas à droite, que les médias haïssent plus que tout. Et avec le lynchage médiatique qui s’est mis en marche dès sa nomination, il aura encore plus de raisons de vouloir justifier sa nomination en se démarquant de nous ».

Mais au-delà des procès d’intention et des délits de « sale gueule » récurrents de la part des médias, tout le monde est d’accord pour dire que la tâche du nouveau directeur du Shin Bet sera probablement la plus dure qu’aient connue ses prédécesseurs. Au menu : le terrorisme du Hamas et de l’Autorité palestinienne, le Hezbollah, l’Iran, l’irrédentisme croissant des Arabes israéliens, l’appel à une nouvelle Intifada, le dossier Shalit et les retombées des changements profonds dans le monde arabe…

En Israël, quand on devient chef, il n’est pas toujours bon d’avoir…un couvre-chef !

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