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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

B. Netanyahou cède aux pressions internationales ?

2 Mars 2011 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

Par Astrid Ribois et Roxane Tran-Van

Pour www.guysen.com

1 mars 2011

 

"Peut-être n'aimez-vous pas ce mot mais il s'agit bien d'une occupation. Le contrôle d'Israël sur les Palestiniens ne peut continuer sans fin. Voulez-vous demeurer pour toujours à Jenine, Nablus, Ramallah et Bethléem. Cela n'est pas bien", avait déclaré Ariel Sharon lors d'une réunion parlementaire des députés du Likoud en 2003.

 Huit ans plus tard, c'est au tour de Benyamin Netanyahou, lui aussi issu du Likoud, de remettre en question la politique de construction menée par Israël et de condamner ce qu'il a lui même défendu jadis.

 

  Les implantations juives sont habitées aujourd'hui par plus de 300 000 citoyens israéliens. Selon les critères retenus, le nombre d'implantations israéliennes dans les territoires que se disputent Israéliens et Palestiniens varie considérablement. On en dénombre environ une centaine. Initialement considérées comme des " atouts " échangeables avec les pays arabes en cas de négociations après la guerre des Six Jours (1967) ainsi que comme des remparts contre les infiltrations de terroristes palestiniens au coeur des villes israéliennes, les localités juives de Judée-Samarie sont devenues partie intégrante de l'Etat d'Israël. Promue avec vigueur par la gauche israélienne, puis par la droite, les constructions dans ces territoires se sont poursuivies depuis pour répondre aux besoin d'une population grandissante. En effet, tandis que certains ont choisi d'y habiter pour des motifs idéologiques et/ou religieux, la plupart d'entre eux ont été avant tout attirés par des loyers plus faibles que dans les grandes villes et des avantages fiscaux attribués par le gouvernement.

De son côté la communauté internationale n'a jamais cessé de considérer ces villes et villages comme illégaux. Depuis les Accords d'Oslo (1993), les dirigeants israéliens et palestiniens savent que lorsque la population juive de Judée-Samarie aura dépassé les 600 000 habitants, il sera devenu quasiment impossible de les déloger./ Secouées par de fréquents affrontements depuis leurs créations, les violences dans les implantions ont redoublé d'intensité ces jours-ci. En effet les récents démantèlements de l'implantation de Havat Gilad décidés par Benyamin Netanyahou ont engendré une escalade de la colère à la fois des résidents des implantations mais également des Palestiniens qui commencent à perdre patience. Les habitants des constructions ont ainsi ont manifesté dans Jérusalem face à une situation qu'ils ne "comprennent pas".

En effet le Premier ministre s'est toujours montré favorable à la construction en Judée-Samarie et s'est toujours opposé à la communauté internationale sur ces questions.

Le veto américain au Conseil de Sécurité des Nations Unies (contre une résolution condamnant les constructions israéliennes) intervenu la semaine dernière a été le déclencheur de la décision surprenante de Benyamin Netanyahou. Le chef du gouvernement a déjà vécu une situation de disgrâce, lorsqu'il était considéré comme un paria par les institutions internationales. Souvenons nous qu'il ne franchissait pas la grande porte de la Maison Blanche pour ses entretiens avec les présidents américains, mais qu'il y entrait par une porte dérobée. Il en était de même pour l'ancien chef du gouvernement, Ariel Sharon, boudé par la communauté internationale, jusqu'à ce qu'il fasse des concessions aux Palestiniens. Ainsi après avoir accompli le retrait de la Bande de Gaza, M. Sharon avait enfin reçu tous les honneurs d'un chef d'Etat lors de ses voyages diplomatiques, notamment à Paris. Son discours à l'Assemblée Générale des Nations-Unies en septembre 2005 avait notamment été suivi par des centaines de diplomates et de chefs d'Etats.

En prenant la décision de démanteler les implantations, Israël cherche à rompre l'isolement dans lequel il est plongé, tous les pays ,exceptés Etats-Unis, ayant voté pour la résolution condamnant les constructions juives. Bien qu'ils aient mis un veto sur ce texte, les Etats-Unis dénoncent verbalement la politique israélienne en Judée-Samarie. La procédure engagée par les Etats arabes au Conseil de Sécurité de l'ONU a sonné le glas du dernier avertissement à Israël.

S'adaptant au contexte régional et international, Israël a pris acte des avertissements qui lui étaient adressés. Réalisant que Washington se montrera moins conciliant lors de la réunion du Quartet qui doit se tenir dans quelques jours, le chef du gouvernement tente surtout d'apaiser les esprits. En outre les Etats-Unis n'étant pas les seuls à diminuer leur soutien à Israël, Benyamin Netanyahou craint également la réaction des nouveaux dirigeants égyptiens, dont l'attitude vis-à-vis de l'Etat juif reste incertaine. Israël est entouré de pays arabes traversés par le " printemps des peuples ", il pourrait à l'avenir se retrouver en véritable danger si Israël reste considéré comme un ennemi des Arabes.

Le moment de redorer le blason semble être venu aux yeux du Premier ministre. Comme l'a fait son prédécesseur face à une pression internationale de plus en plus intense, il lâche donc du lest. Les Européens ne se montrant pas plus favorables au gouvernement, le président du Likoud a finalement plié.

S'il s'accorde ainsi les faveurs des pays étrangers, il ne l'obtiendra peut-être pas au sein de son propre pays. Le Likoud, son parti, s'est toujours prononcé pour la poursuite des constructions dans les implantations juives. De coutume, le parti mène une politique de peuplement dans les territoires contestés et n'est certainement pas prêt à renoncer à cela. Le Shaas, également membre de la coalition, n'envisage aucunement la fin des constructions. Toutefois il est intéressant de noter qu'en l'échange d'allocations aux institutions religieuses tenues par ce mouvement, Benyamin Netanyahou pourrait s'assurer leur soutien. Ainsi, le Shaas s'était abstenu de voter contre le retrait de Gaza à la Knesset alors que la majorité de ses sympathisant y étaient opposés. Déjà, en 1993, les députés de ce parti orthodoxe séfarade avaient approuvé les Accords d'Oslo. C'est là une politique animée par des intérêts financiers qu'ils risqueraient de perdre en se retirant du gouvernement.

Le parti Israel Beitenou de son côté refuse toute idée de concession territoriale mais ne s'oppose à un moratoire sur les constructions dans l'optique de relancer les négociations de paix. Le Premier ministre pourra néanmoins certainement compter sur l'appui de son ministre de la Défense, Ehoud Barak, et de ses (quelques) sympathisants d'Atzmaout. L'opposition ne s'est pas encore prononcée sur la récente décision du chef du gouvernement, mais le scénario qui avait permis à Ariel Sharon de faire adopter le retrait de la Bande de Gaza (et donc de rester au pouvoir) grâce aux voix de l'opposition pourrait se répéter.

Reste cependant à savoir quelle sera la réaction des électeurs, probablement déçus par le revirement de

M. Netanyahou et qui s'étaient déjà sentis trahis en 1998 lorsque, au cours de son premier mandat de

Premier ministre, l'actuel chef du gouvernement avait signé les Accords de Wye Plantations avec Yasser Arafat. Déjà en perte de vitesse dans les sondages, le Premier ministre ne se risque-t-il pas à une fin prématurée de son mandat ?

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