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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Avigdor Lieberman: “c’est un clash des civilisations!”

22 Mars 2010 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

Par Spiegel -adaptation française JSSNews
le Mar 22nd, 2010

Avidor Lieberman, le Ministre Israélien des Affaires Etrangères vient de donner une interview au très sérieux Spiegel. Il revient sur le conflit israélo-palestinien qu’il qualifie davantage de “clash des civilisations”, mais il parle également du statut non-négociable de Jérusalem, le ma menace iranienne et évite tant bien que mal de parler du meurtre d’Al Mabhouh à Dubaï. En exclusivité, voilà l’interview intégrale en français pour JSSNews.

SPIEGEL: M. le ministre des Affaires étrangères, la semaine, alors que les Palestiniens ont finalement accepté de négocier indirectement la paix, votre gouvernement a annoncé des plans pour construire 1.600 nouveaux logements dans une localité juive à Jérusalem-Est. Vous avez provoqué non seulement les Palestiniens, mais également votre allié le plus important. Pourquoi?
Lieberman: Nous ne provoquons personne. J’entends toutes les condamnations d’Israël concernant de prétendues Jérusalem-Est. Dans la même semaine, 60 personnes ont été tuées au Pakistan dans des attaques terroristes. Dans tous les pays autour de nous il y a des effusions de sang et de la tension. Mais tout le monde préfère critiquer Israël. J’attends le jour où au Bundestag allemand, les débats sur la violation des droits de l’homme en Arabie saoudite se tiendront

SPIEGEL: Mais nous parlons au ministre israélien des Affaires étrangères, et non d’Arabie Saoudite.
Lieberman: Mettre toute la faute sur le dos d’Israël est de l’hypocrisie. Nous sommes la seule démocratie au Moyen-Orient. Le conflit israélo-palestinien représente peut-être 3% de tous les conflits dans la région. Les membres du Congrès américain et les sénateurs américains nous disent que, pendant leurs visites dans les pays du Golfe, en Égypte, Arabie saoudite ou Jordanie, leurs homologues arabes ne parlent que que très brièvement des Palestiniens, et que c’est du bout des lèvres. 85% du temps, ils mettent en garde contre la menace iranienne.

SPIEGEL: Mais pour le moment tout le monde parle d’Israël. Les États-Unis font porter à votre gouvernement l’accusation de saper le processus de paix et a annulé une visite de son envoyé spécial de George Mitchell.
LIEBERMAN: Même entre les meilleurs amis du monde des malentendus peuvent survenir. Nous n’avons jamais promis d’arrêter de construire à Jérusalem. Mais l’annonce au cours de la visite de la Vice-Président Joe Biden a été une erreur – une erreur bureaucratique du comité de construction.


SPIEGEL: Vous critiquez donc seulement le calendrier mais pas le plan d’expansion des colonies existantes?
Lieberman: Vous devez comprendre: ce n’est pas des colonies. 65% de la population juive de Jérusalem vit dans des nouveaux quartiers que nous avons commencé à construire après la guerre des Six Jours en 1967.

SPIEGEL: Même les Américains les considèrent comme des colonies. Elles se trouvent au-delà des frontières de 67 et c’est un problème.
Lieberman: Elles sont situées au-delà des frontières de 67, mais elles ne sont pas des villes ou des petits villages. Ce sont des quartiers de Jérusaelm avec des dizaines de milliers de résidents.

SPIEGEL: Donc, votre problème est encore plus grand!
Lieberman: Ce n’est pas un problème, c’est une partie intégrante de notre capitale. Nous ne sommes pas prêts à négocier sur Jérusalem.

SPIEGEL: Pourquoi avez-vous besoin des localités juives en Territoire Disputés?
Lieberman: Tout d’abord, la Judée et la Samarie sont le berceau de notre nation depuis l’époque de la Bible. Mais les localités sont également importantes pour notre sécurité.

SPIEGEL: Les colonies? Ne sont-elles pas un danger votre sécurité?
Lieberman: Non, les localités de Judée et de Samarie sont comme une barrière de sécurité pour nous.

SPIEGEL: Mais vous avez déjà construit un mur qui sépare Jérusalem de la Cisjordanie.
Lieberman: Les localités juives sont comme un anneau de sécurité. Nous avons besoin d’elles. Mais nous sommes prêts à négocier sur certaines d’entre-elles.

SPIEGEL: Vous vivez vous-même dans une colonie: Nokdim, au sud de Bethléem.
Lieberman: Et j’ai dit que je suis prêt à y renoncer. Mais je dois être sûr qu’il y ait un partenaire de l’autre côté qui est en mesure de faire la paix. De notre expérience, nous constatons qu’il n’y a pas de partenaire et pas de résultats.

SPIEGEL: Peut-être qu’Israël n’a tout simplement pas offert suffisamment?
Lieberman: Il ya un malentendu fondamental sur la nature de ce conflit. Il a commencé comme un conflit national entre deux peuples sur une parcelle de terre. Mais il s’est transformé en un conflit religieux. C’est un choc des civilisations que vous ne pouvez pas résoudre avec un compromis territorial.

SPIEGEL: Les motifs d’Israël sont aussi en partie religieux, votre gouvernement a récemment déclaré le tombeau du patriarche biblique Abraham, à Hébron, un patrimoine “sioniste”. Toutefois, il est également un lieu saint pour les musulmans.
Lieberman: Hébron a été la première ville juive de l’histoire. Le roi David a commencé à bâtir notre nation à partir de là. Nous n’avons pas modifié le statut quo de la tombe d’Abraham, les musulmans ont le libre accès à la mosquée. Ce genre de tolérance n’existe pas du côté musulman. La semaine dernière, le Hamas a appelé à une “journée de la rage”, parce que nous avons ouvert la synagogue Hurva dans la Vieille Ville de Jérusalem, qui a été détruite en 1948.

SPIEGEL: Alors, quelle est votre solution?
Lieberman: Je ne vois pas de solution pour le moment. Nous devrions nous concentrer sur la gestion du conflit. Voyez-vous une solution en Afghanistan? En Irak?

SPIEGEL: En Afghanistan, moins, en Irak plus.
Lieberman: Si l’Occident a échoué dans de nombreuses parties du monde, vous ne pouvez pas vous attendre à ce que le conflit israélo-palestinien soit résolu plus rapidement. Vous ne pouvez pas arrêter un tsunami islamiste par la construction d’une petite île, quelque part dans l’océan. Le plus gros problème est l’influence agressive de l’Iran.

SPIEGEL: Le Conseil de sécurité des Nations Unies discute actuellement de nouvelles mesures punitives contre l’Iran. La Chine et la Russie ont déjà annoncé qu’ils s’opposaient à des “sanctions paralysantes”. Sans eux, est-il encore possible d’empêcher l’Iran de construire la bombe nucléaire?
Lieberman: Le problème n’est pas seulement la Russie ou la Chine, mais aussi l’Inde, la Turquie et d’autres. Mais il suffirait d’avoir des sanctions sévères au sein de l’Union Européenne ou des Etats-Unis ainsi qu’au Japon, en Australie et au Canada. Ce serait suffisant pour étouffer le programme nucléaire iranien.

SPIEGEL: L’Allemagne en fait-elle assez, selon vous?
Lieberman: L’Allemagne joue un rôle très positif. Lors de ma dernière visite, j’ai ressenti pour la première fois que le gouvernement allemand considère que des sanctions sévères sont nécessaires. Mais je crains que les désaccords et un manque de volonté politique au sein de la communauté internationale pourrait empêcher de véritables sanctions.

SPIEGEL: Il ne reste que la frappe militaire alors?
Lieberman: Je ne pense pas qu’Israël doit se charger de cette question. Mais toutes les options restent sur la table.

SPIEGEL: Quel est le plus grand danger pour Israël: un Iran nucléaire ou le soutien de Téhéran au Hamas et au Hezbollah libanais?
Lieberman: Le plus grand danger est l’indécision de la communauté internationale. L’Iran menace le monde entier. Ce n’est pas une coïncidence s’ils ne célèbrent pas une “fête de l’indépendance” mais la “Journée de la Révolution islamique”. Les Révolutionnaires essayeront toujours d’exporter la révolution, ce qui a été le cas avec les bolcheviks, et aussi avec le Che Guevara. Aussi, nous observons les activités iraniennes dans le monde entier: en Afrique, en Amérique du Sud et bien sûr au Moyen-Orient: le Hamas, le Hezbollah ou Muqtada al-Sadr en Irak. Ce sont tous des mandataires de l’Iran.

SPIEGEL: Et c’est pourquoi Mahmoud al-Mabhouh a dû être tué par le Mossad à Dubai?
Lieberman: Vous devez avoir vu trop de films James Bond. J’ai aussi vu la vidéo de la police de Dubaï sur la TV, mais il ya aucune preuve de que ce soit.

SPIEGEL: Tous les éléments accusent Israël: Les agents utilisés ont étés identifiés comme des juifs qui ont immigré en Israël à partir de la Grande-Bretagne et d’Australie.
Lieberman: Nous coopérons avec la Grande-Bretagne et l’Australie dans leurs enquêtes. Ils ont envoyé des inspecteurs de police en Israël.

SPIEGEL: Donc vous dites que ce n’était pas le Mossad?
Lieberman: Nous luttons contre la terreur chaque jour. Nous essayons malgré tout de rester une démocratie avec des règles claires. Je m’attends à plus de compréhension de nos problèmes dans le monde.

SPIEGEL: Un des assassins présumé a utilisé un passeport allemand qu’il a reçu car ses parents étaient des rescapés de la Shoah. Le procureur fédéral allemand a ouvert une enquête sur des accusations d’assassinat des d’espionnage. La volonté d’Israël de répondre à une demande d’aide de l’Allemagne est-elle reçue positivement ?
Lieberman: Nous aiderons autant que nous le pouvons. Nous avons une coopération très étroite entre l’Allemagne et Israël, à tous les niveaux.

SPIEGEL: Cette affaire irrite énormément les renseignements extérieur allemand, le BND, parce qu’Israël a tué un homme du Hamas alors que le BND est au cœur des négociations sur la libération de Gilad Shalit.
Lieberman: Nous apprécions tous vos efforts, dans le cas de Gilad Shalit.

SPIEGEL: Le BND, dit que le gouvernement israélien à fait marche arrière à la dernière minute lors d’un possible échange de prisonniers.
Lieberman: Je ne suis pas là pour commenter sur ce sujet. Nous ferons tout notre possible pour clore ce chapitre très sensible.

SPIEGEL: Il semble y avoir une bonne chimie entre vous et le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle. Vous avez fumé un cigare ensemble à Jérusalem.
Lieberman: Westerwelle est un homme politique très sérieux. Je crois qu’il représente l’Allemagne dans la dignité.

SPIEGEL: La plupart des Allemands ont une opinion différente. Ils pensent que Westerwelle se comporte davantage comme le leader de l’opposition que comme un ministre des Affaires étrangères. Pourquoi êtes-vous toujours perçu comme le méchant?
Lieberman: Les gens peuvent choisir entre le mensonge sucré ou l’amère vérité. Je dis la vérité amère, mais beaucoup de gens ne veulent pas l’entendre.

SPIEGEL: M. le ministre des Affaires étrangères, nous vous remercions pour cette interview.

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