Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Netanyahou exige d’abord, avant de parler des concessions.

17 Avril 2009 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Politique

par Shraga Blum pour A7
Vendredi 04/17/2009


Dans cette tournée de George Mitchell au Proche-Orient, c’est sans doute sa rencontre avec le nouveau Premier ministre Binyamin Netanyahou qui était attendue avec le plus d’intérêt mais aussi de tension. Depuis le début des pourparlers de coalition et jusqu’à ce jour, personne n’avait réussi à arracher des lèvres du Premier ministre une acceptation de la solution des « Deux Etats pour deux peuples », alors qu’à l’opposé - et pour cette raison même - les dirigeants américains, Président Obama en tête, mais aussi l’Union Européenne et le monde arabe, ne cessent de scander ce slogan comme étant la seule solution possible au conflit du Proche-Orient. L’émissaire américain l’a encore rappelé ce jeudi après-midi pendant son entrevue avec la cheffe de l’opposition, Tsipi Livni, lui procurant sans aucun doute une joie incommensurable. Et la semaine dernière, pour se ranger derrière la position américaine et mettre Netanyahou au pied du mur, Abou Mazen avait adopté un ton autoritaire, déclarant que « les négociations avec Israël ne reprendraient que lorsque le gouvernement israélien aurait officiellement adhéré à la solution des’ deux Etats pour deux peuples’ » Tout le monde attendait donc comment allait se dérouler cette première rencontre entre les deux hommes, et comment allait réagir Netanyahou aux insistants appels du pied de la communauté internationale.

 Avant la rencontre, les services du Premier ministre avaient déjà donné le ton, laissant entendre que Netanyahou allait assurer à son invité « qu’Israël ne tenait certes pas à contrôler la vie des Palestiniens de Judée-Samarie, mais qu’il ne tolérerait pas une solution politique qui transformerait ces territoires en nouveau Hamastan, sur le modèle de Gaza, menaçant la capitale Jérusalem et toute la plaine côtière ».
Netanyahou a également fait savoir que « dans le cadre d’un règlement définitif, il exigerait des Palestiniens que Jérusalem soit reconnue comme la capitale d’Israël et du Peuple juif » D’après un proche du Premier ministre qui était présent lors de cette rencontre, qui a duré près de deux heures et « dans une très bonne atmosphère », Binyamin Netanyahou n’aurait pas une seul fois prononcé la « formule magique » tant attendue par la Communauté internationale.
lI aurait même renversé les rôles de manière très habile, en posant une exigence de base à toute progression dans les négociations avec l’Autorité palestinienne : « tant que les Palestiniens n’auront pas reconnu le droit d’Israël à vivre en tant qu’Etat juif, il sera inutile de parler d’un Etat palestinien ». La question est d’importance et peut modifier la teneur de toutes les prochaines négociations, si toutefois elles ont lieu. Dans le plan américain qui prévoit la création de deux Etats côte à côte, si l’intitulé est clair, le flou artistique est cependant maintenu sur le contenu, notamment quant à la nature de chacun de ces Etats. Or, selon la vision palestinienne - et arabe israélienne - il s’agirait d’un Etat palestinien « Judenrein », c’est-à-dire « sans Juifs », aux côtés d’un Etat d’Israël « de tous ses citoyens », dans lequel vit déjà plus d’un million d’Arabes, et dans lequel auraient le droit de « revenir » les réfugiés palestiniens, ce qui transformerait un jour Israël en Etat majoritairement arabe. Et le tour serait joué : deux Etats arabes côte à côte, puis un seul, la Palestine arabe. Sans avoir eu besoin de faire la guerre ! Pour les Palestiniens, « reconnaître un Etat d’Israël » est à la rigueur acceptable, et bien moins difficile que de « reconnaître le droit d’Israël à être l’Etat du peuple juif » ce qui serait en fait accepter le principe de base…du Sionisme !! Selon les analystes politiques, et contrairement aux prédictions alarmistes de l’opposition, la fermeté montrée depuis le début par le gouvernement Netanyahou a porté ses fruits aux Etats-Unis : le vice-ministre des Affaires Etrangères et ancien ambassadeur à Washington, Dany Ayalon, a fait remarquer que George Mitchell a utilisé à plusieurs reprises l’expression « Jewish State », « Etat juif », en parlant d’Israël, ce qui est très rare dans le jargon diplomatique américain, et qui constitue sans doute un geste de l’Administration Obama envers Israël.

 Du côté palestinien, les réactions négatives et affolées au contenu de cette rencontre et aux déclarations de Binyamin Netanyahou, ne peuvent que nous rassurer, et semblent indiquer qu’un réel changement est - enfin - en train de s’opérer dans la politique israélienne. Certes nous n’en sommes qu’au début, mais il est bon que notre Premier ministre ait repris l’initiative et ait mis en avant dès le départ certaines lignes rouges, et posé certaines exigences, telles que Jérusalem, les réfugiés, la reconnaissance de l’Etat du peuple juif, ou le refus d’un Etat palestinien en Judée-Samarie, telle que l’entend la communauté internationale.

Cela change énormément des discours et de l’atmosphère sous le gouvernement Olmert, ou l’on entendait sempiternellement la « volonté israélienne de faire d’énormes concessions et de vouloir négocier sur tous les points sans exception ». Mais c’est sur le résultat qu’il faudra juger, et l’étape suivante pour le Premier ministre israélien est son voyage à Washington, sur invitation du Président Obama, confirmée aujourd’hui par George Mitchell pour le courant du mois de mai. Arrivera-t-il une nouvelle fois à « s’en sortir » face au Président Obama et à Hillary Clinton ? En tous cas, pour ce premier test, c’est un bon point pour le gouvernement Netanyahou.

Et une bouffée d’air pour nous !
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :