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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Pourquoi Israël attaquera l'Iran

16 Avril 2009 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Sécurité

Une attaque contre les installations nucléaire iranienne est risquée, mais elle prouverait que l'Etat hébreu est toujours capable de changer les rapports de force.

jeudi 16 avril 2009

 

Plus les dirigeants israéliens bombent le torse et claironnent leur détermination à mettre fin aux ambitions nucléaires de l'Iran, plus les experts ont tendance à penser qu'ils bluffent. Après tout, si George W. Bush a refusé en 2008 de fournir à Israël les bombes anti-bunker et le ravitaillement en vol nécessaires à la destruction des sites nucléaires iraniens, les chances qu'Obama fasse le contraire peuvent sembler très minces. Surtout si l'on sait que le président américain a réagi à l'annonce d'un test de missile par la Corée du Nord en se contentant d'évoquer son rêve d'un monde sans armes nucléaires.

 

De nombreux analystes ont mis en évidence les performances catastrophiques de l'armée israélienne pendant l'attaque du Liban en 2006 et l'image d'Israël dans le monde s'est encore dégradée suite aux atroces images de destructions commises dans la bande de Gaza. Dans ces conditions, les conséquences diplomatiques d'une attaque réussie contre l'Iran pourraient être pires que celles d'un échec militaire. De plus, personne ne sait vraiment où se trouvent les sites nucléaires iraniens.

Pour toutes ces raisons, des personnes parfaitement censées relativisent les excès rhétoriques des deux parties et estiment qu'il ne se passera rien de bien grave, que l'Iran devienne une puissance nucléaire, ou non. Du point de vue américain, en tout cas, il semble acquis que si l'Iran possédait quelques dizaines de bombes, il pourrait être contenu de manière relativement simple, par les mêmes moyens qui ont permis de contenir un empire soviétique armé de 45.000 ogives. Mais l'erreur de ces experts est de raisonner avec un point de vue américain, alors que c'est Israël qui est menacé par le programme nucléaire iranien. A ce titre, la stratégie de notre allié au Moyen-Orient diffère radicalement de la nôtre.

 

Les commentateurs moins optimistes, qui estiment qu'Israël ne bluffe pas, se divisent en deux catégories. Ceux qui pensent que les Israéliens sont fous et que les Etats-Unis doivent continuer à les encadrer étroitement pour les empêcher d'aller trop loin. Et ceux qui pensent que les dirigeants iraniens vivent sur une autre planète et sont prêts à utiliser des armes nucléaires contre Israël. Mais est-il vraiment nécessaire de considérer qu'un des deux camps a perdu les pédales pour comprendre qu'Israël a de bonnes raisons d'attaquer?(.....................)


Comme Israël en 1967, l'Iran est un Etat non-arabe dont les tactiques militaires innovantes font très peur aux Arabes. Mais la ressemblance s'arrête là. L'Iran est vaste et compte plus de 70 millions d'habitants. Israël est un pays minuscule de 7 millions d'habitants, dont les dirigeants ont l'habitude de gouverner à vue. En l'absence de toute stratégie d'expansion ou de diplomatie cohérentes, Israël a décidé, depuis 1967, d'utiliser sa puissance militaire pour s'emparer de territoires qu'il pourrait ensuite échanger contre l'aide de son puissant allié américain.

Israël a gagné sa place d'Etat satellite des Etats-Unis grâce à une série d'exploits accomplis par un pays minuscule, sans réels moyens financiers et acculé à la mer : la prise du canal de Suez en 1956, la victoire en 1967 et le développement de l'arme atomique.

Mais les termes du contrat passés avec le grand frère américain ont relégué ces faits d'arme à un passé aussi glorieux que révolu. En effet, Israël a échangé la liberté de prendre des initiatives risquées mais pouvant rapporter très gros, contre la sécurité militaire et diplomatique garantie par le pays le plus riche et le plus puissant du monde. Le marché était, et est toujours, très simple : l'appui quasi inconditionnel des Etats-Unis contre la soumission d'Israël aux ambitions diplomatique et stratégiques américaines dans la région, et notamment vis-à-vis des nations arabes voisines.

 

A chaque nouveau traité de paix chapeauté par les Américains, de Camp David à la conférence de Madrid en passant par Oslo et Annapolis, les Etats-Unis se sont servis de leur pouvoir sur Israël comme d'un puissant levier vis-à-vis du monde arabe : «Faites ce qu'on vous dit, et nous forcerons les Israéliens à se calmer.» Et la «relation privilégiée», qui permet à Washington d'imposer sa volonté au Moyen-Orient, repose sur deux piliers. La capacité américaine à imposer des solutions concrètes, comme le retour du Sinaï à l'Egypte ou l'engagement de créer un Etat palestinien. (..................................)


L'idée selon laquelle le monde musulman se soulèverait alors contre Israël a perdu beaucoup de crédibilité. Les pays du Golfe et l'Egypte soutiennent ouvertement Israël contre le Hezbollah et le Hamas. De fait, Israël étant le seul pays capable de tenir tête à l'Iran et à ses satellites, l'Etat hébreu est indirectement devenu le mercenaire des pays sunnites, le gros bras chargé par Washington de protéger ce nectar si prisé par les Américains, le pétrole.'agir, et d'agir vite. Le fait que l'Iran soit de plus en plus courtisé inquiète les Israéliens non seulement à cause des propos peu amènes tenus par les dirigeants de ce pays, mais surtout parce que tout rapprochement entre les Etats-Unis et l'Iran menace la «relation privilégiée» entre la superpuissance et son allié. Si on peut penser que l'Amérique mettrait Israël et l'Iran en concurrence afin de tirer le plus de bénéfices possibles de ses relations avec chacun d'eux, on ne voit pas comment les Etats-Unis pourraient contenter les deux pays (...........................)

Le seul véritable problème pour Israël serait la réaction de Washington face à la colère de l'opinion publique dans les pays arabes et en Europe, qui ne manqueraient pas d'exprimer leur profonde indignation. Le prix à payer serait alors évident : la création d'un Etat palestinien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Ehoud Barak estiment que cela représenterait un danger réel pour Israël. Mais ils ont également conscience du caractère inévitable de l'établissement d'un tel Etat.

Et à bien y réfléchir, l'idée selon laquelle le prix à payer pour pouvoir attaquer l'Iran serait la création d'un Etat palestinien légitime encore davantage une telle prise de risque. Les dirigeants israéliens savent que les bénéfices liés au retrait de Cisjordanie dépendent largement des conditions de ce retrait. A ce titre, il est impératif qu'Israël cède ce territoire de son plein gré, après avoir fait la démonstration indiscutable de sa force. Ariel Sharon a pu retirer les troupes de Gaza parce qu'il avait vaincu Arafat et écrasé la deuxième intifada. Tout aussi pressés de se débarrasser de territoires qui posent de graves problèmes diplomatiques et démographiques, les successeurs de Sharon n'ont pas encore réussi à produire une victoire suffisamment éclatante pour légitimer un retrait de Cisjordanie.

D'autant que leur pire cauchemar serait de voir l'armée israélienne contrainte de quitter Naplouse et Hébron sous les huées de militants du Hamas, organisation soutenue par... l'Iran. Dans cette optique, le caractère inévitable de la création d'un Etat palestinien devient le meilleur argument en faveur du caractère inévitable d'une attaque contre l'Iran.

Réduire à néant le programme nucléaire de Téhéran apparaît ainsi comme le meilleur moyen de mettre un coup d'arrêt à l'enchaînement des reculades territoriales et des condamnations internationales qui minent de plus en plus l'Etat hébreu, et de renouer avec les brillantes victoires militaires qui ont donné à Israël sa place aux côtés des Américains. Détruire un nombre suffisant de centrifugeuses mettrait également fin, pour un temps, aux ambitions iraniennes dans la région et éliminerait le seul rival potentiel d'Israël dans la course aux faveurs américaines. Enfin, cela permettrait à l'Etat hébreu, grâce à la création d'un Etat palestinien, de sortir par le haut du bourbier cisjordanien.

 

Certes, la méthode israélienne pour résoudre la question du nucléaire iranien et ramener la paix au Moyen-Orient est plus hasardeuse et violente que celle imaginée par l'administration américaine, avec des sanctions et l'évocation du second prénom de Barack Obama. Mais qui pourrait rejeter d'emblée l'idée d'échanger la bombe iranienne contre un Etat palestinien ? L'Arabie Saoudite serait contente. L'Egypte serait contente. Le Bahreïn, les Emirats Arabes Unis et le Koweït seraient contents. La Jordanie serait contente. L'Irak serait content. Les deux tiers des Libanais seraient contents. Les Palestiniens pourraient construire leur pays et Israël s'offrirait plusieurs décennies de tranquillité en restant la seule puissance nucléaire de la région.

 

L'Iran ne serait pas content. Mais la paix exige des sacrifices, non ?

pour lire tout l'article slate.fr


Source Article de David Samuels
Traduit par Sylvestre Meininger

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