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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Edito: Un dernier mot … avant votre départ

3 Mars 2009 , Rédigé par mordeh'ai

Mardi 03/03/2009

Monsieur le Premier Ministre,

 

Je viens d’apprendre en écoutant les infos que vous avez fermement l’intention de régler l’Affaire Shalit avant la fin de votre mandat. Autrement dit, que nous avons de bonnes raisons d’espérer qu’un de ces proches matins, nous sirotions notre café en tournant machinalement le bouton sur notre station de radio préférée et que nous entendions annoncer que Guilad Shalit vient de rentrer chez lui. Je comprends très bien les raisons qui vous poussent à mettre fin au supplice du jeune caporal avant de passer les clefs à Binyamin Netanyahou. Outre la satisfaction de mettre ainsi un point final à une affaire qui débuta alors que vous occupiez déjà le poste qui est, pour quelques semaines encore, le vôtre aujourd’hui et dont vous vous sentez donc, à juste titre, responsable, outre le légitime besoin qui vous anime de boucler ainsi la boucle en rendant le sourire aux malheureux parents, vous vous dites qu’il vaut quand même mieux rendre le tablier sur une photo vous montrant accueillant Guilad que sur une autre vous surprenant à la sortie de votre dernier interrogatoire de police portant sur l’une de vos nombreuses casseroles politico judiciaires. Comme je vous comprends! Permettez-moi cependant de modestement vous conseiller de renoncer à ce projet et de résister à la tentation.


Le retour de Shalit, selon toute vraisemblance, ne sera pas dû à l’une de ces audacieuses opérations militaires qui font la réputation des forces de défense d’Israël. Ni même à une pression diplomatique ou militaire appliquée sur nos charmants voisins islamistes. Si l’on en croit les journaux, la seule option actuellement sur le tapis est celle de la libération en masse de centaines d’assassins, tous plus fanatiques les uns que les autres, sanguinaires représentants de l’islamisme le plus radical, libération à laquelle jusqu’à présent vous vous êtes toujours opposé. 

Vous vous y êtes opposé, parce que, davantage sans doute que quiconque, vous savez pertinemment ce qu’une telle libération signifierait pour toute la région. Elle marquerait tout d’abord la capitulation de l’Etat juif devant le chantage des fous d’Allah. La proposition de capitulation que vous vous apprêtez à accepter est la même, à quelques assassins près, que celle que l’organisation terroriste nous avait faite au lendemain de l’enlèvement du soldat. Y céder aujourd’hui, trois ans et deux guerres plus tard, c’est reconnaître l’incapacité israélienne à répondre efficacement à ce genre d’agression; c’est reconnaître que l’opération “Plomb fondu” n’a servi à rien; c’est redorer le blason du Hamas aux yeux des arabes de la région; c’est saboter le seul succès diplomatique israélo-américain qui, malgré l’élection d’Obama et la lâcheté habituelle des gouvernants européens, maintient encore le Hamas dans le camp (de plus en plus restreint) des organisations pestiférées avec lesquelles les gouvernements respectables ne peuvent entretenir des relations ou des négociations sans se compromettre; c’est affaiblir le fragile parti des palestiniens modérés, si tant est que celui-ci ait jamais existé; c’est assurer le maintien du Hamastan dans la Bande de Gaza pour de longues années encore et favoriser sa prochaine extension aux territoires de Judée et de Samarie; c’est faire de la Justice israélienne qui condamna ces criminels un tigre en papier qui n’impressionnera plus personne; c’est conforter l’idée rependue chez nos ennemis, que, décidemment, Israël ne comprend que le langage de la force et du chantage; c’est porter un coup fatal à notre force de dissuasion si difficilement retrouvée (partiellement du moins) après avoir été profondément atteinte par l’irresponsable évacuation des courageux habitants juifs de Gouch Katif, évacuation dont vous aviez été naguère l’un des partisans les plus acharnés et dont même le président Shimon Peres reconnaît aujourd’hui qu’elle fut une erreur tragique; c’est aussi augmenter formidablement la motivation chez nos nombreux ennemis de redoubler d’efforts pour kidnapper le prochain soldat dont la capture s’avère être si rentable dans la lutte contre l’”entité sioniste”. Mais c’est surtout, monsieur le premier ministre, mettre sciemment en danger la vie de milliers de citoyens israéliens qui deviendront dès le lendemain la cible de ces assassins libérés, célébrés en héros par leurs “libérateurs”.

Je sais, vous ne serez pas le premier à faire la bêtise. Déjà en 1983, on échangea 4765 terroristes contre 6 de nos soldats, en 1985, on en libéra 1150 (parmi eux le tristement célèbre Kozo Okamoto et un certain Ahmed Yassin) contre 3 soldats et en 2003 on libéra 400 terroristes contre un civil israélien aux activités douteuses kidnappé au Liban. Dois-je vous rappeler ce que la première et la deuxième intifada doivent à ces scandaleux échanges? Dois-je vous rappeler combien d’israéliens, soldats ou civils, juifs ou arabes, payèrent de leur vie le prix de ces honteux accords? Une stupidité réitérée de nombreuses fois n’en reste pas moins stupide. Au vu de l’expérience accumulée, elle en devient même criminelle. Je sais qu’une certaine presse mène campagne pour que vous cédiez au Hamas. Ils appellent cela: “avoir le courage de prendre des décisions douloureuses”. Je sais que Ehoud Barak, qui n’en est plus à une gaffe près, vous encourage dans ce sens. J’ai même vu des veuves dont le mari fut tué par un de ces criminels “renoncer” généreusement à ce que les assassins de leur époux restent sous les verrous, comme si leur arrestation et leur détention était une affaire privée, comme si ces criminels avaient été jugés pour faire plaisir à la veuve! Pourquoi l’immense douleur de cette dernière lui donnerait-elle le droit de mettre ma vie, celle de mes voisins ou celle de mes enfants en danger?

Tout cela ne signifie d’ailleurs pas qu’il fasse se désintéresser du sort de Guilad ou renoncer à obtenir sa libération. Bien au contraire Mais il faut impérativement changer de disque. Si une opération de sauvetage n’est pas possible (et seuls les spécialistes militaires le savent), il faut s’en tenir aux pressions diplomatiques et économiques. Kouchner et ses amis nous ayant rappelé ces derniers temps l’importance de maintenir proportionnée l’attitude que nous devons avoir envers les organisations terroristes, commençons donc, dans un premier temps, par annoncer d’une voix assurée que le temps des échanges disproportionnés est définitivement révolu. Si négociations il doit y avoir, le tarif doit être fixé d’avance: un contre un. Un être vivant contre un être vivant et un corps inanimé contre un corps inanimé. Tout le monde doit savoir qu’Israël ne cédera plus au chantage. Ensuite, il faut donc s’assurer de la santé et de la survie du captif. Tant que ses ravisseurs se comporteront comme des barbares et refuseront à la Croix Rouge le droit de lui rendre visite, aucun prisonnier du Hamas détenu en Israël n’aura le droit de recevoir de visite. Ni de la Croix Rouge, ni de la famille. Il n’y a aucune raison pour que nous nous entêtions à jouer aux dames avec un adversaire qui a depuis longtemps décidé de disputer avec nous un match de boxe! Pas de discussion directe ou indirecte avec le Hamas sur l’ouverture des points de passage ou sur tout autre sujet tant que Shalit ne reçoit pas de visite. Kouchner qui, dans une vie précédente, faisait dans l’humanitaire, trouverait enfin là un vrai rôle à faire jouer à la diplomatie française. Il pourrait exiger avant toute aide financière l’obtention pour Guilad de ce droit humanitaire élémentaire.

Monsieur le premier ministre, j’ai lu dans la même interview fin-de-règne que vous êtes à deux doigts de signer un accord (de plus?) avec Abou Mazen sur les problèmes de fond. Cette hyper-activité soudaine, à quelques pas de la fin, n’est pas très saine pour votre santé, ni même pour votre image. Croyez-moi, trois ans ont largement suffi a nos concitoyens pour se faire une opinion sur vous. Ce dernier forcing ne changera rien. Jusqu’à ce que Bibi ne vienne vous relayer rue Balfour, contentez-vous de gérer les affaires courantes qui, dans ce pays, sont suffisamment complexes pour accaparer toute votre énergie. En attendant, de grâce, n’entreprenez plus rien de dramatique: ne libérez pas Shalit, ne signez rien avec Abou Mazen, ou avec Assad ou avec les princes saoudiens. N’envahissez pas non plus l’Iran. Ne nationalisez aucune banque, ne changez rien au système électoral. Reposez-vous donc un peu, faites moi plaisir. Vous en avez bien besoin. Et nous aussi…

Arrêtez moi si je dis des bêtises…


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