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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Nous ne le pleurerons pas

1 Octobre 2008 , Rédigé par mordeh'ai Publié dans #Réflexions

Nous ne pleurerons pas Mr. Olmert
1er octobre 2008
- M. Halkin, rédacteur associé au journal ‘The New York Sun’.
Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

Il est difficile de se sentir vraiment désolé pour le premier ministre d’Israël, Ehud Olmert, qui a démissionné de son poste il y a deux jours. On dit de lui que c’est une personne agréable, chaleureux avec ses amis, et estimé de son personnel. C’est peut-être vrai, exactement comme il est vrai qu’il est un habile politicien. Mais il a provoqué sa propre chute - et il l’a fait non pas comme dans une tragédie grecque, en trébuchant à l’aveugle, mais en courant après les yeux ouverts.

 

Le politicien qui prend l’habitude de se remplir les poches illégalement parce qu’il pense pouvoir en réchapper ne nous inspire pas, comme Aristote le dit du héros de tragédie, de la pitié et de la terreur. S’il nous fait ressentir quelque chose de plus fort que la dérision, c’est du dégoût.

Excepté de devenir peut-être le premier Premier ministre d’Israël à aller en prison, on se souviendra de M. Olmert certainement pour une, et potentiellement pour deux choses. La chose certaine est la guerre ratée au Liban en 2006. La chose possible, ce sont les négociations de paix qu’il a conduites avec l’Autorité Palestinienne et le gouvernement de Syrie.

Pourtant, ironiquement, alors que tous ont fustigé M. Olmert pour la guerre au Liban, et que beaucoup l’ont félicité pour ses pourparlers avec les Palestiniens et les Syriens, ce devrait être le contraire. La guerre ne fut pas vraiment sa faute. Les pourparlers sont une bourde qui lui reviennent totalement.

Quand M. Olmert décida d’aller en guerre à l’été 2006, il agissait, dans les limites de ce qu’il savait, de façon parfaitement raisonnable. Il n’était Premier ministre que depuis quelques mois. Le hezbollah avait livré une provocation intolérable, traversant la frontière internationale pour tuer et kidnapper des soldats israéliens. C’était là une opportunité de lui donner une leçon, ainsi qu’à tous les ennemis d’Israël, tout en le chassant du Sud Liban et en détruisant là son infrastructure.

L’armée dit à Olmert que ce serait du gâteau. Les quelques centaines de combattants irréguliers tenant les positions du hezbollah dans le Sud libanais seraient écrasées par la puissance aérienne israélienne avant qu’ils ne puissent parvenir à tirer leurs roquettes Katyousha vers le Nord d’Israël.

Il se trouva que l’armée se trompait. La puissance aérienne d’Israël ne pouvait pas faire ce travail. Le renseignement militaire avait sous-estimé à quel point le hezbollah était bien enterré. Les Katyousha continuèrent de pleuvoir jour après jour. Et quand l’armée décida que la seule manière de déraciner le hezbollah était d’envoyer les fantassins, elle assura de nouveau à M. Olmert que c’en serait fini rapidement. Les combattants du hezbollah accroupis dans leurs bunkers pourraient bien être à l’abri des bombes, mais ils ne pourraient pas tenir contre les divisions d’infanterie d’Israël.

L’armée se trompait encore. La plupart des bunkers tinrent le choc, les Katyousha continuèrent de pleuvoir, et la guerre se termina sans conclusion, ce qui signifiait une victoire pour le hezbollah. Au lieu de renforcer le pouvoir dissuasif d’Israël, elle ne fit que l’affaiblir, au pris de plus de cent morts et de la démoralisation du public. Ce fut en vérité un désastre - mais personne ne pouvait blâmer M. Olmert pour cela.

Il n’avait aucun moyen de savoir que l’armée vivait dans un monde de fantasmes. S’il avait ignoré son conseil sans réagir puissamment à la provocation du hezbollah, ou en arrêtant la guerre sans envoyer l’infanterie, on le lui aurait reproché aussi. La seule différence alors est qu’il aurait été appelé une mauviette indécise, plutôt qu’un aventurier tirant plus vite que son ombre.

Mais les pourparlers de paix de M. Olmert ont été autre chose. Oui, ils résultèrent de la guerre de 2006. Incapable, du fait de ses conséquences, de poursuivre l’exécution du plan de désengagement unilatéral d’Ariel Sharon, qui avait été son programme électoral, M. Olmert chercha une stratégie politique alternative et trouva la stratégie pré Sharon du Parti Travailliste, d’échange de territoire contre la paix.

Au départ, ce fut probablement un stratagème bien connu, pour créer l’illusion de la résolution dans laquelle lui-même, ancien homme de Droite, ne croyait pas beaucoup. Pourtant, plus il s’enfonçait dans ses problèmes à cause des accusations de corruption pesant contre lui, plus le stratagème devenait un radeau de sauvetage auquel il s’accrochait, dans l’espoir que personne ne jetterait par-dessus bord un artisan de paix dévoué.

Et pour garder le radeau à flots, il commença à faire concession après concession aussi bien sur le front des Palestiniens que des Syriens, sans obtenir rien de substantiel en retour, alors que le marchandage aida le régime syrien à s’extraire lui-même de son isolement international.

Heureusement, M. Olmert, bien qu’il continue d’expédier les affaires courantes comme premier ministre pendant encore plusieurs semaines ou mois, jusqu’à ce qu’un successeur soit choisi, ne dispose pas du temps ou du levier politique pour faire beaucoup avancer les pourparlers de paix entamés par lui. Et pourtant, les concessions qu’il a déjà faites, et qu’il peut encore faire avant de quitter le bureau du premier ministre, reviendront hanter Israël dans le futur.

Peu importe comment les gouvernements d’Israël essaieront légitimement de mettre en avant qu’ils ne sont pas liés par les offres que M. Olmert a faites pour re-diviser Jérusalem, pour donner des dizaines de kilomètres carrés de territoire d’Israël à un Etat palestinien, pour réadmettre un nombre de réfugiés palestiniens à négocier, et pour se retirer de la totalité des Hauteurs du Golan : la ‘Communauté Internationale’, sans parler des Etats arabes, considèrera cela à partir de maintenant comme les positions d’Israël sur lesquelles on ne pourra pas revenir en arrière.

Il est vraiment difficile de se sentir désolé pour lui. Il est bien plus facile de se sentir désolé pour le pays qu’il a dirigé.

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