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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Le legs d'Ehoud Olmert

18 Septembre 2008 , Rédigé par mordeh'ai

Le legs malingre d'Ehoud Olmert

Par C. GLICK


Il y a tout juste un an, l'armée de l'air israélienne détruisait en Syrie un réacteur nucléaire nord-coréen financé par l'Iran.


L'attaque révèle brusquement l'engagement à part entière de la Syrie dans l'axe djihadiste conduit par l'Iran. Damas doit alors faire face à un isolement diplomatique prolongé.


Mais un an plus tard, la France lui offre une superbe récompense : la signature d'un accord d'un milliard de dollars avec Total, le géant pétrolier et gazier français.


Le président Bachar Assad triomphant demande aussitôt aux Etats-Unis d'imiter Paris et de lui lécher les bottes à son tour. La Syrie doit remercier Israël pour ce stupéfiant renversement de situation.


C'est en participant aux pourparlers sur le Golan avec la Syrie par l'intermédiaire de la Turquie qu'Israël a ouvert la porte au président syrien. Bien que les deux parties s'y réfèrent en termes de "négociations de paix", il est évident qu'aucune paix n'en résultera.


Assad peut en attendant jouer la comédie du leader international responsable, tout en restant loyal à l'Iran, au Hezbollah, au Hamas et aux milices terroristes en Irak.

Depuis le début des années 1990, la Syrie sait que les discussions intermittentes et stériles sur le Golan constituent le meilleur moyen de maintenir ou de rétablir sa respectabilité auprès de l'Occident.

Après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri en février 2005, Assad s'est immédiatement tourné vers Israël en proposant une reprise des négociations sur le Golan. L'Etat juif a tenu bon deux ans et demi durant lesquels Assad s'est vu contraint de subir l'isolement international.


Mais le Premier ministre israélien est venu soudainement à sa rescousse. Grâce à Ehoud Olmert, la Syrie retrouve sa place de conducteur et comme on pouvait s'y attendre, le premier ordre d'Assad est de jeter Israël hors du bus.


Fier de pouvoir s'afficher auprès du président français Nicolas Sarkozy, Assad annonce alors que les "pourparlers de paix" sont suspendus. Assad et Sarkozy en imputent tous deux la faute à Israël : son "instabilité politique" rend toute discussion impossible.


Il ne fait aucun doute que le pays paiera le prix de la décision d'Olmert. Et il est tout aussi certain que le prochain gouvernement, qu'il soit mené par Kadima ou le Likoud, ne reproduira pas les mêmes erreurs.

Ehoud Olmert a été prévenu par ses opposants politiques que son geste mettrait Israël en danger en légitimant la Syrie et en la récompensant pour son alliance stratégique avec l'Iran. Une opinion d'ailleurs suivie par la majorité des électeurs et des médias.

En effet, depuis qu'Israël a commencé à négocier sur la question du Golan en 1992, les Israéliens ont constamment exprimé leur attachement au plateau et leur détermination à le conserver au risque de devoir renoncer à un traité de paix avec la Syrie.

 

Expulser 100 000 Israéliens

Si la reprise par Ehoud Olmert des négociations israélo-syriennes ne doit pas causer de dégâts irréparables et risque fort d'être abandonnée par ses successeurs, on ne peut pas en dire autant de sa politique envers les Palestiniens. Dans ce dossier, l'actuel Premier ministre est confronté à une opposition peu organisée et incohérente.

Et ses actions sont ouvertement soutenues par ses collègues de Kadima, qui se sont engagés à suivre sa voie. Le parti a été fondé puis élu dans la perspective d'un retrait unilatéral de la Judée-Samarie. Kadima n'a jamais démenti son intention d'expulser 100 000 Israéliens des zones de retrait.

Mais - après la prise de contrôle du Hamas sur Gaza et la guerre contre le Hezbollah en 2006 - le gouvernement avait prétendu qu'une telle opération n'aurait pas lieu sans signature d'un traité sur la délimitation d'un Etat palestinien avec le chef du Fatah Mahmoud Abbas.

La stratégie fut la même pour les pourparlers avec la Syrie. Le trio gouvernemental Olmert-Livni Barak a évité un débat public en étouffant le contenu des discussions avec le soutien de l'administration Bush, qui a supervisé les négociations.

En parallèle, il a calmé ses adversaires en proclamant haut et fort que les chances de conclusion d'un accord avant la fin des mandats de Bush, d'Abbas et d'Olmert étaient minces.

De surcroît, le gouvernement israélien et l'administration Bush ont soutenu qu'un éventuel accord ne serait de toute façon pas appliqué à cause de la situation précaire des territoires palestiniens : le contrôle de Gaza par le Hamas et l'affaiblissement du Fatah en Judée-Samarie.

Un accord ne pourra être appliqué qu'à condition que les Palestiniens reconnaissent le droit à l'existence de l'Etat juif et acceptent de vivre en paix à ses côtés.

Selon le trio Olmert-Livni-Barak, un règlement permettra aux Palestiniens d'accepter Israël parce qu'il engagera tous les gouvernements israéliens futurs à considérer la Judée, la Samarie et certaines parties de Jérusalem comme un territoire palestinien.

Des craintes se font récemment fait entendre. Les Palestiniens ne respecteront probablement pas leur part de l'accord alors que les Israéliens se retireront bel et bien de la Judée-Samarie.

Cette situation fait pourtant l'objet d'un consensus. La ministre des Affaires étrangères, Kadima, le parti travailliste et les médias soutiennent, tout comme Ehoud Olmert, l'accord avec le Fatah.

La crainte de voir le gouvernement Olmert-Livni-Barak ou son successeur amorcer un retrait unilatéral s'est amplifiée ces dernières semaines. Les autorités militaires et la police entreprennent d'abroger les droits légaux des résidents de Judée-Samarie avec un zèle semblable à celui manifesté lors des expulsions de Gaza en 2005.

 

Abandonner la Judée-Samarie plutôt que le Golan

La raison de ce consensus est que l'opinion publique ne place pas le Golan et la Judée-Samarie sur le même plan. La majorité de la population israélienne croit que le pays est plus en sécurité avec le Golan. Elle pense l'inverse en ce qui concerne les implantations juives.

Depuis les accords d'Oslo en 1993, le sentiment prédominant est que le pays se porterait mieux sans la Judée-Samarie. Cette vision a été défendue par les activistes de gauche et leurs soutiens dans les médias.

Ils prétendent que la menace majeure n'est pas l'axe iranien mais la présence d'une population palestinienne considérée comme inassimilable en Judée-Samarie.

Cette croyance est une absurdité. Au-delà de la question de son intégration dans la société israélienne ou de ses réticences à reconnaître l'Etat juif, il ne fait aucun doute que la population palestinienne constitue un danger mineur.

Et ce parce que Tsahal contrôle la Judée-Samarie. Gaza, l'Iran, le Liban et la Syrie sont les principales menaces qui pèsent sur Israël. La bande de Gaza et l'Etat libanais représentent des dangers précisément parce qu'Israël a suivi les arguments démographiques et politiques de la gauche.

Le retrait de Judée-Samarie restera d'actualité jusqu'à ce que le triumvirat Kadima-travailliste-Shas soit écarté du pouvoir.

Mais cette perspective restera sur la table même avec l'élection d'un gouvernement Likoud, à moins d'organiser un grand débat public sur le sort de la Judée-Samarie. Une telle discussion ne pourra que mettre en évidence les certitudes suivantes : Israël ne doit pas récompenser les Palestiniens pour leurs actions terroristes.

L'Etat a le devoir de pourvoir à sa sécurité. Avec de telles conclusions, le remède est le suivant : Israël ne doit en aucun cas céder ses droits en Judée-Samarie mais plutôt appliquer sa loi dans des zones en situation critique, comme le Goush Etzion, le Goush Emounim, le Goush Ariel et la vallée du Jourdain.

Le dialogue avec les Palestiniens met en péril la sécurité d'Israël en fixant des conditions de retraits désastreuses. Malheureusement, le danger persistera aussi longtemps que les Israéliens croiront que l'unique option envisageable en Judée-Samarie est le désengagement.

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