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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 22:47

par Jean-Pierre Bensimon, le mardi 29 avril 2008


Le 3 août 1939, la France et le Royaume Uni déclaraient la guerre à l'Allemagne. Il ne se passa rien de vraiment significatif avant que le 19ème Panzerkorps se mette en route en avril 40, perce les défenses de Sedan en mai 1940 pour entrer dans Paris le 14 juin. La drôle de guerre se terminait en une défaite, en bonne et due forme. Aujourd'hui, au Proche Orient, le Hamas vient de demander deux trêves successives tout en déployant un effort de guerre toujours plus intense. Si l'on retient les avances israéliennes en direction de la Syrie, le comportement du Hezbollah qui se dispose en ordre de bataille, le Proche Orient est plongé dans une situation de grande incertitude que l'on peut baptiser "la drôle de paix".

Le Hamas a d'abord fait passer son message par Jimmy Carter, sous la forme d'une proposition de trêve de 10 ans. Ce n'est pas la première fois que le Hamas fait ce genre d'ouverture, et à chaque fois il propose 10 ans. Pourquoi dix et pas cinq ou quinze ans ou n'importe quelle autre durée ? Parce qu'en 628, le Prophète conclut à Houdaïbya une trêve de 10 ans, la hudna, avec les tribus insoumises qui dominaient La Mecque. Les circonstances ne lui étaient pas favorables. Quand 18 mois plus tard le vent tourna, il rompit la hudna et conquit La Mecque.

On peut tirer deux observations de cette référence historico-religieuse du Hamas. La première, c'est qu'un accord de ce genre est fait pour être violé dès que le rapport des forces a changé. Il s'agit donc d'une ruse de guerre. La seconde est que cette offre de trêve est une continuation de la guerre, puisqu'elle sert le but de guerre, la victoire totale sur l'ennemi, en reportant l'estocade au moment le plus opportun.

Cette tradition islamique qui consiste à utiliser la ruse de guerre comme prescription religieuse pour étendre le périmètre du Dar al Islam, et à mépriser tout engagement passé avec l'Infidèle, est parfaitement connue. Yasser Arafat en avait usé à loisir. Mais curieusement, à la différence du vieux raïs, avec sa proposition de hudna de 10 ans, le Hamas n'esquisse pas le moindre geste pour dissimuler ses intentions. Seuls des personnages formidablement éloignés des exigences intellectuelles et déontologiques de leur profession, comme les correspondants locaux du Monde et du Figaro, peuvent suggérer à leurs lecteurs que l'on peut y croire. N'empêche qu'en quelques jours, la hudna a fait long feu et nul n'en parle plus.

Et voila que c'est la tadiyeh, l'accalmie, qui vient à l'ordre du jour. Il s'agit encore d'une proposition du Hamas. A la suite d'une négociation orchestrée par l'Égypte, l'offre consiste en un arrêt des combats durant 6 mois, assorti de l'ouverture de tous les points de passages frontaliers. Le plus radical des chefs du Hamas, Khaled Meschaal, qui vit à Damas, s'est chargé d'en donner toute la signification dans une dépêche d'Associated Press reprise par le New York Times (1)

C'est dit-il "une tactique dans la conduite du combat…Il est normal qu'il y ait dans toute résistance, parfois une intensification et parfois une désescalade des combats. En 2003 il y a eu une tadiyeh, et puis les combats ont repris….Si Israël ne l'accepte pas, alors nous verrons d'un bon œil la reprise de la lutte."

Israël, bien sur, perçoit très bien l'intention du Hamas : mettre l'accalmie à profit pour panser ses plaies, se regrouper, compléter et perfectionner ses armements, fortifier ses défenses sur le modèle du Hezbollah au sud-Liban, dans l'attente du prochain round. Israël exige donc avant de donner sa réponse définitive, un arrêt effectif des trafics d'armes et une cessation effective des combats (durant les "accalmies" le Hamas passe le relais au Djihad islamique, au Comité de Résistance Populaire ou toute autre organisation commanditée qui continuent les tirs de fusées et les raids armés). Naturellement, l'État Hébreu a commencé par refuser la tadiyeh, mais voilà que des pressions intenses des Égyptiens et surtout des Américains, le conduisent à différer sa position ultime.

Ces offres de hudna et de tadiyeh coïncident avec les attaques meurtrières aux points de passage de Nahal Oz et de Keren Shalom. Les tirs de fusées Kassam continuent, et une fusée Grad a encore été lancée hier en direction d'Ashkelon. On a appris il y a deux jours que l'Égypte avait arrêté deux membres de la redoutable confrérie des Frères musulmans qui s'apprêtaient à vendre du carburant utilisé par les drones à Gaza. Le Hamas ajoute donc à sa panoplie, de petits avions sans pilotes bourrés d'explosifs…

On pourrait penser que les choses sont plus limpides avec l'autre coté, celui des modérés de Mahmoud Abbas. Mais l'Orient est compliqué, aussi, du coté de Ramallah. Il y a quelques semaines, en février, Mahmoud Abbas a donné une interview surprenante au journal jordanien Al Dustour. Pourquoi se disait-il opposé à la guerre ? "…nous sommes aujourd'hui incapable de la soutenir. Mais dans les étapes futures, les choses pourraient être différentes…" Il se vantait du même mouvement d'avoir été le premier palestinien à tirer des balles sur Israël en 1965. Mieux, il aurait été un enseignant du terrorisme dont l'OLP et le Fatah, son organisation, était alors le grand laboratoire international : "Nous avons enseigné ce qu'est la résistance à tout le monde, y compris au Hezbollah, qui s'entrainait dans nos camps …". Et il réitérait logiquement son refus de reconnaître l'État juif à sa porte. D'ailleurs, à l'approche du 60ème anniversaire d'Israël, il vient d'interdire la participation de tout Palestinien aux cérémonies ; il interdit même aux responsables politiques de son équipe de rencontrer les chefs d'état étrangers qui les auraient honorées de leur présence.

Pour quelqu'un qui doit signer un accord de paix dans les six mois qui viennent et qui reçoit plus de 7 milliards de dollars pour y parvenir, on ne peut pas dire que ces propos et cette attitude soient très encourageants. D'ailleurs, un des gros bonnets de l'Autorité palestinienne, son ambassadeur au Liban, Abbas Ziki, (2) vient lui aussi de donner une interview à la principale chaîne de TV libanaise, qui en dit long sur la façon de penser des Palestiniens du courant "pacifique modéré".

Il y explique avec beaucoup de pédagogie que l'OLP n'a pas modifié sa stratégie d'un iota, qu'elle est toujours contrainte de procéder par étapes. Le terme "étape" que l'on retrouvait dans la bouche de Mahmoud Abbas, est la notion principale de la stratégie de feu Arafat. Elle fut consignée dans une résolution célèbre du Conseil national palestinien de juin 1974. Il s'agissait de se fixer des objectifs intermédiaires successifs dans une stratégie d'élimination progressive d'Israël. Abbas Ziki, qui recommande de combiner toujours les avancées politiques et l'affrontement armé, fixe aujourd'hui comme objectif intermédiaire la récupération de Jérusalem, car alors, "le moral des sionistes s'effondrera et nous les mettrons dehors de la Palestine."

De quelque coté que l'on se tourne, les processus de paix ou de trêve des Palestiniens se présentent comme des déclarations de guerre différée. Différée parce que le rapport des forces ne leur est pas favorable aujourd'hui. Mais halte aux illusions, dans le personnel palestinien aux commandes, qu'il soit financé par l'ONU à Gaza, ou principalement par l'Europe en Judée et Samarie, les buts de guerre demeurent limpides : l'effacement des effets du plan de partage de l'ONU du 29 novembre 1947 et l'élimination d'Israël. C'est aujourd'hui la drôle de paix. Israël le sait et saura ajuster sa tactique aux évènements qui vont se précipiter ces prochaines semaines.


voir l'interview d'Abbas Ziki, haut responsable palestinien appartenant au courant dirigé par Mahmoud Abbas, vient de déclarer sur la principale chaîne TV du Liban, qu'il faut associer la lutte politique à la lutte armée, et que la stratégie de son organisation visant à mettre les Juifs dehors de la Palestine n'a pas changé d'un iota. Cela laisse planer beaucoup d'interrogation sur la démarche de paix des Palestiniens
Notes:

(1) Hamas Chief Sees Truce as a ‘Tactic’ New-York Times du 27 avril 2008 http://www.nytimes.com/2008/04/27/world/middleeast/27mideast.html?_r=1&oref=slogin
(2) Voir la vidéo : "Arafat est vivant!"

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mordehai - dans Point de vue