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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 16:53

Par Khaled Abu Toameh

http://www.gatestoneinstitute.org/7271/palestinians-western-media

 

  • Les journalistes étrangers basés à Jérusalem et Tel-Aviv ont refusé pendant des années de faire un rapport sur les corruptions financières et les violations des droits de l'Homme qui sévissent sous l'Autorité palestinienne (AP) et les régimes du Hamas. La "souffrance" Palestinienne et le "mal" de "l'occupation" israélienne sont les seuls sujets admissibles.

 

Deux journalistes occidentaux ont récemment demandé à être accompagné dans la bande de Gaza pour interviewer les colons juifs qui y vivent.

 

Non, ce ne sont pas la ligne d'une blague d'ouverture. Ces journalistes étaient en Israël à la fin de 2015, et ils étaient très sérieux.

 

Imaginez leur embarras quand il leur a été signifié qu'Israël avait complètement évacué la bande de Gaza il y a dix ans.

 

Vous devez avoir une certaine pitié pour eux. Ces collègues étrangers étaient des recrues qui tentaient de faire une impression en se rendant dans un endroit «dangereux» tel que la bande de Gaza pour faire un reportage sur les «colons» qui y vivent. Leur demande, cependant, n'a même pas pris tout le monde,  par surprise pas mêmes les collègues locaux .

 

Ces "journalistes parachutés" comme ils sont parfois surnommés, sont catapultés dans la région sans avoir été informé sur les faits de base du conflit israélo-palestinien. Malheureusement, les correspondants tels que ceux-ci sont plus la règle que l'exception. Un journaliste britannique particulièrement ignare me vient à l'esprit:

Lorsque Israël a assassiné le fondateur du Hamas et chef spirituel, Ahmed Yasmin, en 2004, un journal britannique a dépêché son journaliste spécialiste du crime à Jérusalem pour couvrir l'événement. Pour ce journaliste, la région, ainsi que le Hamas, étaient un territoire vierge. Ses éditeurs l'avaient envoyé au Moyen-Orient, a-t-il dit, parce que personne d'autre n'était prêt à y aller.

 

Eh bien, notre héros a fait son reportage sur l'assassinat de Ahmed Yassine au bar de l'American Colony Hotel. Sa signature a affirmé qu'il était dans la bande de Gaza et avait interviewé des proches du chef du Hamas tué.

 

Parfois, on se sent comme si on est une sorte de paratonnerre pour ces contes. Un autre collègue basé à Ramallah l'a partagé il y a quelques années, il a reçu une demande d'un jeune correspondant pour l'aider à organiser une entrevue avec Yasser Arafat. Sauf qu'à ce point, Arafat était mort depuis plusieurs années. Fraîchement sorti de l'école de journalisme et sans documentation sur le Moyen-Orient, le journaliste avait été apparemment considéré par ses rédacteurs comme le parfait candidat pour couvrir le conflit israélo-palestinien.

 

Au cours des trois décennies de couverture à ce rythme, les journalistes de ce type me sont devenus très familier. Ils montent à bord d'un avion, lisent un article ou deux dans leTimes et se sentent prêts à être des experts sur le conflit israélo-palestinien.

 

Certains d'entre eux m'ont même assuré qu'avant 1948, il y avait ici un Etat palestinien avec Jérusalem Est comme capitale. Comme les jeunes collègues mal informés qui souhaitaient interviewer les colons juifs inexistants dans la bande de Gaza en 2015, ils ont été quelque peu surpris d'apprendre qu'avant 1967, la Cisjordanie avait été sous le contrôle de la Jordanie, tandis que la bande de Gaza avait été gouverné par l'Egypte.

 

Y a-t-il une différence entre un citoyen arabe d'Israël et un Palestinien de Cisjordanie ou de la bande de Gaza? Mes collègues étrangers peuvent bien ne pas être en mesure de dire. Est-ce que la charte du Hamas déclarent vraiment que le mouvement islamiste cherche à remplacer Israël par un empire islamique? Si oui, aucun de mes collègues internationaux est en mesure de vous le dire.

 

Une journaliste mémorable, il y a plusieurs années, a demandé à visiter la ville "détruite" de Jénine, où " des milliers de Palestiniens avaient été massacré par Israël en 2002."  Elle faisait allusion à l'opération de Tsahal dans le camp de réfugiés de Jénine, où près de 60 Palestiniens, dont de nombreux hommes armés, et 23 soldats de Tsahal ont été tués dans la bataille.

 

Dommage, ce degré d'incompréhension - et cette paresse professionnelle - c'est difficile de l'imaginer à l'ère d'Internet.

 

Mais quand on arrive à la couverture du conflit israélo-palestinien, l'ignorance c'est apparemment le bonheur absolu. Les fausses idées continuent à être le fléau des médias internationaux sur ce qui se passe ici.. La désignation binaire du bon gars, ou du mauvais gars vient en tête de liste. Quelqu'un doit être le bon gars (les Palestiniens y sont affectés à ce job) et quelqu'un doit être le méchant (les Israéliens obtiennent celui-là). Et tout y est renvoyé à travers ce prisme.

 

Pourtant, le problème est plus profond encore. Beaucoup de journalistes occidentaux couvrant le Moyen-Orient ne sentent pas la nécessité de dissimuler leur haine pour Israël et pour les uifs. Mais lorsqu'il s'agit de Palestiniens, ces journalistes ne voient aucune mal. Les journalistes étrangers basés à Jérusalem et Tel-Aviv ont refusé pendant des années de faire des reportages sur les corruptions financières et les violations des droits de l'homme qui sévissent sous l'Autorité palestinienne (AP) et le régime du Hamas. Ils craignent d'être éventuellement considérés comme des «agents sionistes» ou «propagandistes» pour Israël.

 

Enfin, il ya les journalistes locaux embauchés par des journalistes occidentaux et les médias pour les aider à la couverture du conflit. Ces journalistes peuvent refuser de coopérer sur une histoire qui est considérée comme «anti-palestinienne.» La "souffrance" palestinienne  et le "mal" de "l'occupation" israélienne sont les seuls sujets admissibles. Les journalistes occidentaux, pour leur part, sont soucieux de ne pas fâcher leurs collègues palestiniens: ils ne veulent pas se voir refuser l'accès à des sources palestiniennes.

 

Ainsi, l'indifférence des médias internationaux face à la vague actuelle de terrorisme de coups de couteau et voiture-béliers contre les Israéliens ne devrait pas surprendre. On aurait bien du mal à trouver un journaliste occidental ou d'une organisation de médias se référant aux assaillants palestiniens comme «terroristes». En fait, les manchettes internationales montrent souvent plus de sympathie envers  les assaillants palestiniens tués dans la ligne de l'agression qu'envers les Israéliens qui ont été attaqué en premier lieu.

 

Bien sûr, les histoires ci-dessus ne valent guère pour tous les journalistes étrangers. Certains correspondants des États-Unis, du Canada, d'Australie et d'Europe sont à la fois très compétents et très justes. Malheureusement, ceux-ci ne représentent, qu'un petit groupe parmi les médias traditionnels à l'Ouest.

 

Les journalistes occidentaux, en particulier ceux qui sont "parachutés" au Moyen-Orient, feraient bien de se rappeler que le journalisme dans cette région ce n'est pas d'être pro-israélien ou pro-palestinien. C'est plutôt, d'être "pro" vérité, même quand la vérité va à l'encontre de ce qu'ils préfèreraient croire.

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