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Malaassot - le blog de mordehai              -           ! ברוך הבא

Seul Lieberman semble capable de remettre Kerry à sa place

16 Novembre 2013 , Rédigé par mordeh'ai

Par Emmanuel Navon

http://www.jerusalemplus.com/?p=7841

 

L’ancien Président américain Richard Nixon fit remarquer un jour à Golda Meir, sur le ton de la plaisanterie, qu’ils avaient tous les deux un Ministre des Affaires étrangères juif (Henry Kissinger et Abba Eban). Ce à quoi Golda répondit avec son flegme légendaire : « Oui, mais le mien parle Anglais sans accent.»

Elle faisait allusion à la forte intonation allemande de Kissinger et à l’éloquence shakespearienne d’Eban.

 

Mais l’accent n’était pas la seule différence entre les deux diplomates. Kissinger était un bismarckien cynique qui poussa la Realpolitik à ses limites, tandis qu’Eban était un idéaliste qui sacrifia une carrière prometteuse en Grande-Bretagne pour être la « voix d’Israël » après la Shoah. Trop policé pour la politique israélienne, Eban était surnommé par le Premier Ministre Levy Eshkol « der gelernter naar » — l’idot érudit.

 

Quarante ans plus tard, les Ministres des Affaires étrangères d’Israël et des Etats-Unis ont échangé les rôles. Non seulement Avigdor Lieberman parle l'Anglais avec un accent russe, mais il est aussi la quintessence du réalisme politique. Quant à John Kerry, le sobriquet « idiot érudit » lui irait comme un gant si ce n’était pour son manque d’érudition. Lors de son premier voyage à l’étranger en tant que Secrétaire d’Etat en février 2013, John Kerry déclara en Allemagne qu' « En Amérique, on a le droit d’être stupide. »

 

Heureusement pour lui, John Kerry vit dans un pays libre. En août 2013, il compara les victimes de l’attentat terroriste de Boston aux terroristes de l’IHH à bord du Mavi Marmara qui furent tués après avoir tenté de lyncher des soldats israéliens. Puis, Kerry qualifia le coup d’Etat militaire en Égypte contre un président démocratiquement élu de « retour à la démocratie.» Plus récemment, alors que l’armée américaine s’apprêtait à bombarder les installations militaires d’Assad en Syrie, Kerry déclara que l’Amérique n’aurait  pas besoin d’attaquer si Assad se défaisait de ses armes chimiques. C’est à cause de cette déclaration impromptue que Vladimir Putin prit publiquement les États-Unis au mot et fit avorter l’opération militaire.

 

Les remarques de Kerry lors de son dernier voyage en Israël, cependant, ne sont pas une simple addition à l’anthologie de l’idiot du village. Elles ont ruiné les maigres chances de parvenir à un accord entre Israël et les Palestiniens, et elles ont encouragé les Palestiniens à recourir à la violence. En accusant Israël et en absolvant l’Autorité palestinienne de l’échec possible des négociations en cours, et en menaçant uniquement Israël des conséquences d’un tel échec tout en justifiant la violence palestinienne, Kerry a convaincu les Palestiniens qu’ils n’ont pas besoin de faire preuve de souplesse et que l’Amérique les comprendra s’ils décident une nouvelle fois d’embraser la région.

 

Le fait que Kerry n’ait pas d’autre explication que la soit disant intransigeance d’Israël pour l’échec du « processus de paix » signifie apparemment qu’il n’a pas lu ou écouté les informations ces vingt dernières années. Car c’est l’OLP qui a rejeté les offres de paix généreuses d’Ehud Barak en juillet 2000, de Bill Clinton en décembre 2000, et d’Ehoud Olmert en 2008.

 

Le rejet de ces propositions s’explique avant tout par l’insistance des Palestiniens à réclamer le « droit au retour » qui transformerait Israël en un Etat binational. Kerry n’a pas appelé les Palestiniens à renoncer à cette fantaisie au nom de la paix. Il ne les a pas non plus fustigé pour leur incitation antisémite sans fin, pour leur glorification des terroristes, et pour leurs appels à la « libération de toute la Palestine.» Kerry n’a pas menacé les Palestiniens qu’ils paieront un prix s’ils continuent de faire échouer la paix en exigeant qu’Israël accepte cinq millions d’immigrés arabes et en enseignant à leurs enfant que tout accord avec Israël n’est qu’une ruse temporaire pour la « libération » de Jaffa et de Nazareth.

 

Après de telles déclarations, pourquoi l’Autorité palestinienne ferait-elle des compromis ? John Kerry est, de fait, devenu un obstacle majeur et supplémentaire à la paix entre Israël et les Palestiniens. Et pourtant, Kerry est largement perçu comme un artisan de la paix, tandis que son homologue israélien nouvellement installé Avigdor Lieberman est accusé de ruiner le “processus de paix”.

 

Lieberman n’est pourtant pas responsable du rejet, par les Palestiniens, des offres de paix ci-dessus. Et ses positions sur la question palestinienne ne sont pas plus fermes que celles de son Premier ministre. Au contraire: le programme politique de Lieberman inclut la possibilité de concessions sur Jérusalem, ainsi que des échanges de territoires entre Israël et un futur Etat palestinien.

 

La vraie raison pour laquelle Lieberman est vilipendé est qu’il est le trouble-fête d’universitaires, de diplomates et de journalistes qui n’aiment pas qu’on bouscule leurs illusions et leur langage politiquement correct. Et c’est précisément pourquoi son retour au ministère des Affaires étrangères est une bonne nouvelle. Si Lieberman avait été dans l’actuel gouvernement depuis sa formation, Israël n’aurait pas présenté des excuses au Premier ministre turc Erdogan, et n’aurait pas consenti à la libération de terroristes palestiniens pour le simple « privilège » de reprendre des négociations vaines avec l’Autorité palestinienne.

 

Je ne suis ni un admirateur ni un ami de Lieberman. Ses tendances autoritaires et son amitié avec le milliardaire autrichien Martin Schlaff ne sont pas ma tasse de thé. J’ai fermement et publiquement critiqué ses machinations politiques avec le chef du parti Shas, Aryeh Deri, pour prendre la place du talentueux maire de Jérusalem Nir Barkat.

 

Mais l’arrogance de John Kerry, de Catherine Ashton et de Mahmoud Abbas ont atteint de tels sommets que l’irrévérence et le franc-parler de Lieberman sont les bienvenus pour qu’Israël se fasse respecter.

 

Le réalisme et l’assurance de Lieberman sont nécessaires pour rappeler aux avocats du   « droit à la stupidité » que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

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